Berviller-en-Moselle

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Ne doit pas être confondu avec Berrwiller.
Berviller-en-Moselle
Le chevet de l'église Saint-Fiacre
Le chevet de l'église Saint-Fiacre
Blason de Berviller-en-Moselle
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Lorraine
Département Moselle
Arrondissement Boulay-Moselle
Canton Bouzonville
Intercommunalité Communauté de communes de la Houve
Maire
Mandat
Christine Thiel
2014-2020
Code postal 57550
Code commune 57069
Démographie
Population
municipale
496 hab. (2011)
Densité 90 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 16′ 20″ N 6° 38′ 55″ E / 49.2722222222, 6.64861111111 ()49° 16′ 20″ Nord 6° 38′ 55″ Est / 49.2722222222, 6.64861111111 ()  
Altitude Min. 207 m – Max. 362 m
Superficie 5,52 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Moselle

Voir sur la carte administrative de Moselle
City locator 14.svg
Berviller-en-Moselle

Géolocalisation sur la carte : Moselle

Voir sur la carte topographique de Moselle
City locator 14.svg
Berviller-en-Moselle

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte administrative de France
City locator 14.svg
Berviller-en-Moselle

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte topographique de France
City locator 14.svg
Berviller-en-Moselle

Berviller-en-Moselle est une commune française située dans le département de la Moselle et le bassin de vie de la Moselle-est.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le village se situe à 8,5 kilomètres de Bouzonville, le chef-lieu de canton, directement à la frontière franco-allemande et plus particulièrement entre la Lorraine et la Sarre, sur les hauteurs du Saargau. Les localités voisines sont au Nord Villing et Vaudrevange (Sarre), à l'Ouest Rémering, au Sud Merten et à l'Est Berus (Sarre).

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Berviller est niché dans une petite vallée, ouverte vers l'Ouest et traversée d'Est en Ouest par le Weissbach, ruisseau qui s'unit au sortir de la vallée avec le Dorrbach, pour former ensemble le Berweillerbach qui file vers le Sud.

Toponymie[modifier | modifier le code]

  • En francique lorrain : Beerweller et Bersch. En allemand : Berweiler.
  • 1361: Berwilre[1], 1544: Berviller, 1625: Berscheweiler, 1667: Bersweiler, 1681: Bervoyler[2], 1793: Berweiler, 1801: Belvillere, XIXe siècle: Berweiller et Berveiller, 1932: Berviller-en-Moselle[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

La première mention écrite du village date de 1293, sous la forme Berwure, qui pourrait provenir du nom d'homme germanique Bero avec le suffixe villa, transformé par la suite en weiler. Mais il est plus probable que par opposition aux communes du Warnt qui se trouvent à une altitude moins élevée avec un sol sablonneux: "le griis" et Berviller qui fait la transition entre le sable et le calcaire "le gau" qui est une couche géologique qui se trouve surélevé par rapport au sable du bassin houiller. En associant berg et Villa cela donne Bergvilla. Le "g" aurait simplement disparu au fil du temps. D’ailleurs en 1625 on appelait le village Berscheweiler "Berg" se prononçant Bersch en francique mosellan. "Villa" étant simplement l’appellation romaine d’une habitation. "Viller" se prononçant "villa" en francique mosellan.

La commune s'est choisie des armoiries portant deux roses d'argent et une étoile de même, pour rappeler la famille d'Ahr qui possédait la seigneurie, en y ajoutant la bêche de saint Fiacre, patron de la paroisse. Au plus loin qu'il est possible de remonter, Berviller fait partie des fiefs du duché de Lorraine, d'abord dans l'office de Berus, puis dans la prévôté de Bouzonville. La propriété foncière était au seigneur de Metternich de Château-Rouge en 1611, puis aux barons de Hausen et d'Ahr en 1681. Enfin, lors de la Révolution française, Nicolas de Lasalle, seigneur de Merten, se revendique également seigneur de Berviller[4].

Parmi les activités des habitants, il est intéressant de citer une exploitation de minerai de fer, mentionnée à partir de la Révolution. Il s'agissait d'une exploitation à ciel ouvert par de petits puits, permettant d'extraire du fer en dragées dont on récoltait environ 1000 quintaux par an. Il était destiné à la fonte de moulage. Plus tard, une mine en galerie est exploitée sous les communes de Berviller, Tromborn et Rémering ; une dizaine de galeries emploient alors vingt à vingt-quatre mineurs. Un tuilier et deux cloutiers ont également exercé dans le village.

La commune comptait aussi deux moulins. Le plus ancien, celui de Felschling, était le moulin banal pour les habitants de Berviller ; reconstruit après la guerre de Trente Ans, il dépend de la seigneurie d'Ahr et d'Hausen. Dans un extrait de « Unsere Heimat » Mitteilungsblatt des Landkreises Saarlouis für Kultur und Landschaft. 13. und 15. Jahrgang, Hefte Nr ½, 1988-3, 1989-1, 1990-3, 1990, on peut traduire ceci: "En 1572 Ehrard Ölschleger mentionne un moulin entre Berviller et Rémering sur un inventaire des biens de la comtesse Anna von Isenburg, châtelaine de Berus, ce qui ne peut correspondre qu’à un moulin de Felschling". Ce dernier se trouvant à moins de vingt mètres au nord-est du bâtiment du moulin de Felschling construit en 1737 car des fondations ont été découvertes plus près de la rivière.

Le Moulin-Neuf ou Weissbachmühle ne date que du début du XIXe siècle et est construit par Antoine Schidler. En 1812, la statistique industrielle de la Moselle parle de trois moulins à Berviller, mais il est probable qu'on comptait aussi un moulin à huile. Ce dernier, situé à l'extrémité du village sur le chemin de la chapelle Sainte-Oranne, est construit en 1825 par Mathias Folschweiller et Maria Kuhn. On peut admirer l'entrée de la maison, chapeautée d'un magnifique linteau. On comptait au XIXe siècle pas moins de 300 ou 400 noyers dans les vergers de Berviller. Il doit en rester une trentaine de nos jours. C'est après la Seconde Guerre mondiale que Victor Bur et son épouse Catherine Schmitt acquirent la bâtisse qui, depuis longtemps, avait cessé toute activité huilière[5].

La grotte de Lourdes surplombant le village

Les habitants de Berviller étaient affublés par leurs voisins du sobriquet de Essig Loch (les Trous à vinaigre), la tradition avançant deux hypothèses comme explication : la première affirme que la petite vigne du Hanfreutz ne produisait qu'une piquette devenant vite vinaigre, alors que d'autres avancent qu'à Berviller on faisait du vinaigre de poires revendu aux villages environnants.

Cultes[modifier | modifier le code]

Les droits sur la paroisse sont initialement liés au couvent cistercien de Freistroff, avant de passer à partir de 1582 aux familles d'Ahr et d'Hausen, qui perçoivent l'ensemble des dîmes et des revenus qu'elles partagent avec le curé, nommé par celles-ci. On sait qu'en 1686, à la suite de la guerre de Trente Ans, l'église est petite et en mauvais état. Il paraîtrait même qu'elle a été brûlée vers 1650, tandis que le presbytère est complètement détruit. L'église est reconstruite en 1751, puis à nouveau restaurée au XIXe siècle. Le clocher contient une petite cloche datant de 1779, la Wedaglock, qui échappe à toutes les réquisitions. La paroisse de Berviller était souvent desservie par un curé voisin de Rémering ou de Merten.

Le village présente aussi une petite chapelle votive, datant de 1894, sur la route de la chapelle Sainte-Oranne. Son origine est liée à un accident ; en effet, Jean Kaas décède en 1890 malgré son transport à l'hôpital et les invocations à saint Blaise par sa femme Marie. La veuve fait alors construire par deux maçons du village cette chapelle et la dédie au saint[4], étant persuadée que le saint avait sauvé l'âme de son mari. La famille Bur acquit la propriété après la Seconde Guerre mondiale et Gérard, le fils de Catherine Bur, restaure avec l'aide de bénévoles le petit oratoire en 1994, à l'occasion du centième anniversaire de sa construction. Il en fait un petit joyau architectural, qui attire aujourd'hui des visiteurs nombreux[5].

L'ancien moulin à huile
La chapelle Saint-Blaise

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
mars 1983 mars 2008 Hubert Gehl    
mars 2008 en cours Christine Thiel    

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 496 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1800. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1800 1806 1821 1836 1841 1861 1866 1871 1875
428 422 418 658 633 545 527 473 460
1880 1885 1890 1895 1900 1905 1910 1921 1926
447 403 405 396 384 362 357 366 352
1931 1936 1946 1954 1962 1968 1982 1990 1999
316 321 326 353 379 370 454 479 447
2006 2007 2011 - - - - - -
477 481 496 - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[3] puis Insee à partir de 2004[6].)
Histogramme de l'évolution démographique


La communauté de Berviller est déjà connue avant la guerre de Trente Ans et en 1547, on sait que cinq habitants sont imposables, alors qu'en 1602 ils seront treize. Après la guerre, lors de la reconstitution du terrier, l'ancêtre du cadastre, on compte quarante-deux propriétaires dans le village et, parmi les étrangers, on relève des religieux comme l'abbaye Sainte-Croix de Bouzonville ou l'église de Merten, ainsi que divers seigneurs : les barons d'Eltz ou de Metternich, le marquis d'Harraucourt et les seigneurs de Varsberg.

Les divers recensements modernes nous montrent que la population depuis 1802 partant de 428 personnes, diminue régulièrement jusqu'en 1936, la croissance reprenant alors pour atteindre actuellement plus de 450 personnes[4].

Maison lorraine typique au centre du village
L'intérieur de la chapelle Saint-Blaise
La fontaine de l'ancien lavoir sur la place du village

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • L'ancien moulin de Felschling construit en 1737.
  • L'église paroissiale, construite en 1751 et restaurée au XIXe siècle.
  • La chapelle Saint-Blaise, érigée en 1894 sur la route de la chapelle Sainte-Oranne, à proximité d'un ancien moulin à huile.
  • Une réplique de la grotte de Lourdes est érigée en périphérie du village. Une procession aux flambeaux est organisée chaque année lors de la fête de l'Assomption, à la tombée de la nuit. Sur un parcours menant de l'église Saint-Fiacre à la grotte, elle rassemble des fidèles de toutes les localités environnantes, lorraines et sarroises.
  • Un circuit transfrontalier est aménagé depuis 2005 et nommé chemin de la frontière (en allemand Alter Grenzweg). Il relie les villages voisins de Berviller et Berus, ainsi que la chapelle Sainte-Oranne et le monument des grands européens.
  • La place du marché, avec la fontaine de l'ancien lavoir.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Morlet - Les Noms de personne sur le territoire de l'ancienne Gaule, Tome 3
  2. Bouteiller - Dictionnaire topographique de l'ancien département de la Moselle, rédigé en 1868
  3. a et b Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  4. a, b et c De la bêche de saint Fiacre aux vignes du Hanfreutz, article paru dans Le Républicain lorrain du 22 juillet 2007.
  5. a et b Informations fournies par les plaquettes descriptives balisant le chemin de la frontière - Alter Grenzweg.
  6. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2011
  7. La famille Guldner a organisé sa première réunion de famille à Berus le 27 mai 2007 et, à cette occasion, la SHAN a mis en souscription un fascicule d'inventaire des œuvres retrouvées avec de nombreuses photographies, au prix de vingt euros.