Diffembach-lès-Hellimer

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Diffembach-lès-Hellimer
L'orgue Verschneider de l'église Saint-François-de-Sales
L'orgue Verschneider de l'église Saint-François-de-Sales
Blason de Diffembach-lès-Hellimer
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Lorraine
Département Moselle
Arrondissement Forbach
Canton Grostenquin
Intercommunalité Communauté de communes du Centre mosellan
Maire
Mandat
Gaston Risse
2014-2020
Code postal 57660
Code commune 57178
Démographie
Gentilé Diffembachois et Diffembachoises
Population
municipale
381 hab. (2011)
Densité 66 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 00′ 12″ N 6° 50′ 33″ E / 49.0033, 6.8425 ()49° 00′ 12″ Nord 6° 50′ 33″ Est / 49.0033, 6.8425 ()  
Altitude Min. 216 m – Max. 265 m
Superficie 5,79 km2
Localisation

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Diffembach-lès-Hellimer est une commune française située dans le département de la Moselle et le bassin de vie de la Moselle-est.

Géographie[modifier | modifier le code]

  • Situé sur la route départementale 674 (anciennement route nationale 74) entre les communes de Saint-Jean-Rohrbach à l'est (4,8 km) et Hellimer à l'ouest (0,8 km), Diffembach est un petit village rural.
  • Très centré dans l'est mosellan, il est distant de 22 km de Sarreguemines, 24 km de Forbach, 23 km de Saint-Avold, 20 km de Morhange, 27 km de Dieuze et 22 km de Sarralbe.
  • Il s'étire sur près de 1,4 km et comporte sept rues : Rue Principale, Rue des vergers, Rue de la forêt, Impasse Sainte-Marguerite, Rue de l’Église, Impasse des jardins, Impasse des noyers. Son ban est traversé par les ruisseaux Sainte-Marguerite au sud-ouest et Schnappbach au nord-est. On y trouve également deux étangs privés.

Toponymie[modifier | modifier le code]

  • Son nom est d'origine germanique et fait allusion à un "cours d'eau profond" (en allemand : tiefen bach. en francique : dieffen bach).
  • Successivement : Diffenbach (1320) Tiefenbach (1509), Tiefenbach & Tiffenbach (1681), Tiffembach (1703)[1], Diffembach (1750) Diffembach-les-Hellimer (1801).
  • Pendant les annexions allemandes (1871 à 1918 & 1940 à 1944), le village était nommé : Diefenbach bei Hellmer.
  • Hellmer-Difebach en francique lorrain.

Histoire[modifier | modifier le code]

  • Diffembach est un petit bourg qui se développe autour d'une ferme fortifiée dont on fait état dans des écrits épiscopaux du XIIIe siècle comme étant partie intégrante de la Seigneurie de Hellimer, elle-même au sein de la châtellenie d'Albestroff. Bailliage de Dieuze, possession de l'évêché de Metz.
  • En 1571, Un traité partagea la seigneurie de Hellimer pour un quart à l'évêque de Metz, qui restait suzerain des voués, et trois quarts au duc de Lorraine qui devint celui des seigneurs. Cela eut pour conséquence de partager chaque village en deux parties. Diffembach et Ackerbach, qui étaient parti de cette seigneurie furent ainsi en majorité sous l'autorité de l'évêché et pour une moindre part possession du duché de Lorraine, alors que seule une petite partie de Hellimer relevait de l'évêché et le reste appartenait à la Lorraine.
  • De 1618 à 1648 (Guerre de 30 ans), toute la région Lorraine est ainsi devenue une très complexe mosaïque de territoires appartenant à des fiefs qui dépendent du Saint Empire, du Duché de Lorraine et des 3 évêchés. La famine, la peste et les raids militaires meurtriers conduisant à d'incessants changements d'autorité, aboutissent à un dépeuplement rapide. Ce fut particulièrement vrai pour Diffembach et Hellimer lors de l'attaque de la châtellenie d'Albestroff et de ses dépendances en juin 1637. Les régiments de Suédois du duc de Weimar et les troupes de la garnison de Saverne furent particulièrement meurtriers. Selon le témoignage du châtelain d'Albestroff, rescapé de l'attaque, datant de décembre 1637, il ne restait plus que 11 habitants sur 300 à Albestroff, 7 sur 80 à Hellimer, et 4 sur 45 à Diffembach[2]. Quelques années plus tard, en 1642, ce sont les troupes de Louis XIII qui prennent le château de Hellimer et causent encore des pertes. De nombreux villages de la région sont alors déserts. Ce n'est que dans le dernier quart du XVIIe siècle que le village, comme beaucoup d'autres dans la région, fut repeuplé par une vague d'immigrants venus des Ardennes, de Belgique, de Sarre, du Tyrol et de Bavière.
  • De 1630 jusqu'à la Révolution, Diffembach fait partie du fief de la famille Du Gaillard, Barons du Saint Empire, puis Comtes Lorrains de Hellimer[3].
  • En 1765, Diffembach est rattaché à Hellimer alors érigé en Comté[4].
  • En 1766, La mort de Stanislas Leszczynski, Roi de Pologne et dernier Duc de Lorraine conduit au rattachement définitif des territoires à la France.
  • En 1789, Jean Mennel, alors maire du village, et Claude Jager furent nommés députés représentants du tiers-état de la commune aux États Généraux[5].
  • En 1792, à l'avènement de la République, le village est officiellement une Commune, ainsi qu'en atteste l'existence d'un registre d'état civil indépendant et compte alors 334 habitants.
  • De 1811 à 1813, une vague de regroupements administratifs est opérée sur tout le département, et c'est ainsi que le village fut à nouveau rattaché à Hellimer en 1811[6], avant de redevenir indépendant en 1836[7].
  • En 1846, la population du village est à son apogée et compte 635 habitants[8].
  • En 1871, Après la défaite de Sedan, Diffembach-lès-Hellimer passe sous juridiction allemande, et sera intégré dans le Landkreis de Mörschingen.
  • 1914-1918, Après la Première Guerre mondiale, son attachement à la France lui vaut une citation à l'ordre de la Croix de guerre 1914-1918. Cette dernière est exposée en mairie.
  • 1939-1945, La Seconde Guerre mondiale arrive vite et le village se retrouve à nouveau sous juridiction allemande après l'annexion de l'Alsace-Moselle. Nombreux sont ceux qui ont alors été contraints de partir, et c'est principalement en Charente que les Diffembachois ont émigré. Le village est finalement libéré le 23 novembre 1944 par le 212e bataillon de la sixième armée américaine.
  • Diffembach est également un des nombreux village de l'Est qui a eu l'honneur d'accueillir une visite du général de Gaulle après la guerre.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs depuis la Révolution[9]
Période Identité Étiquette Qualité
1789 1798 Jean Mennel (1759-1812)   Député aux États Généraux pour Diffembach en 1789
1798 1799 Christophe Bour (1767-1848)    
1799 1803 Jean Mennel (1759-1812)    
1803 1811 Michel Grosse   Conseiller de l'arrondissement de Sarreguemines (1803-1835)
1811 1836 aucun[10]    
1836 1839 Jean Michel Walter    
1839 1841 Jean Scherer    
1841 1844 Joseph Bise (1810-1877)   Juge de paix du canton de Grostenquin
1844 1846 Michel Dam    
1846 1868 Joseph Bise (1810-1877)   Président du Conseil de Fabrique de la paroisse (1855-1864)
1868 1872 Nicolas Walter    
1872 1877 Jean Sadler   Démissionné pour malversations au Conseil de Fabrique
1877 1878 Nicolas Salomon    
1878 1879 Louis Detzen (père)    
1879 1883 Nicolas Walter    
1883 1886 Jean Michel Mennel (1832-1912)    
1886 1888 Pierre Streiff    
1888 1915 Michel Kessler    
1915 1919 Auguste Houpert (1867-1932)    
1919 1935 Joseph Mennel    
1935 1937 Louis Detzen (fils) (1876-1945)   Déporté 39-45 à Sachsenhausen
  1937 Jules Mennel    
1937 1941 Julien Mennel    
1941 1944 aucun[10]    
1946 1959 René-Michel Houpert (1902-1970)   Président du Conseil de Fabrique de la paroisse (1948-1962)
1959 1971 Pierre-Jules Mennel (1916-1985)   Chevalier Légion d'honneur,Croix de guerre 39-45, Cx du combattant, déporté 39-45, Med. de la Résistance
1971 1983 Hubert Beaucour   Ancien Élève de l'école militaire de Saint-Cyr
1983 2001 Pierre-Hubert Mennel    
2001 en cours Gaston Risse    
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 381 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1836 1841 1861 1866 1871 1875
334 325 365 563 586 551 551 564 543
1880 1885 1890 1895 1900 1905 1910 1921 1926
521 479 448 428 403 401 385 320 307
1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975 1982 1990
320 304 270 287 301 303 319 347 333
1999 2006 2011 - - - - - -
312 355 381 - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[11] puis Insee à partir de 2004[12].)
Histogramme de l'évolution démographique


  • Un Dictionnaire du département de la Moselle datant de 1817 fait état d'une population de « 437 habitants, 66 maisons, 382 ha dont 26 de forêts ».

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Fontaine en grès le long de la route départementale 674 dont le corps date de 1864. Elle comportait à l'origine 3 bacs mais elle n'en a aujourd'hui plus qu'un seul.
  • Une maison d'architecture typiquement lorraine a été intégralement démontée et reconstruite à l'Écomusée de Mulhouse en 1982.

Édifices religieux[modifier | modifier le code]

Sa construction a eu lieu de 1836 à 1840.

le 11 février 1842, érection du premier chemin de croix. Il sera remplacé à 2 reprises : en 1859 et en 1896 (chemin de croix toujours en place)

En 1887, le conseil de Fabrique décide de nombreux travaux dont le principal est la réfection complète du dallage de l'église (dallage actuel)

En 1893, les vitraux sont en très mauvais état et sont changés. Les vitraux actuels datent quant à eux des années 1954-56.

En 1968, l'ancien clocher devenu dangereux est remplacé par un nouveau. Il aura connu des réparations en 1877, 1906 et 1925.

En 1977-78, l'église a été fermée pour cause de péril, Les plafonds en plâtre, trop dégradés par l'humidité, étaient en train de tomber. La fermeture a permis la réfection de tout le toit de l'édifice.

L'orgue, qui date de 1871, est un magnifique instrument à deux claviers et pédalier de 20 jeux, de facture des frères Verschneider de Puttelange. Il est le seul instrument de cette facture à comporter encore sa bombarde d'origine. En 1904, des travaux d'aménagement sont réalisés sur l'instrument (relevage et changement d'un jeu du récitatif). Il est entretenu de façon régulière par M. Dillenseger, facteur d'orgues à Wingen-sur-Moder. Il a fait l'objet de plusieurs concerts et même d'un enregistrement[13]. L'instrument est actuellement sous les mains de M. Christian Jean Joseph Bour, compositeur et organiste de la paroisse depuis 1986.

La paroisse[modifier | modifier le code]

En ce milieu de XIXe siècle, cela fait déjà bien longtemps que les habitants de Diffembach aspirent à disposer de leur propre église. Les premières démarches en ce sens datent des années 1760. Elles resteront infructueuses pendant près de 80 ans. L'église est en construction depuis 1836 lorsque les habitants, par leur représentant, M. le maire Walter, font savoir à l'évêque leur agacement quant à la lenteur des dernières démarches et sur la constante épreuve que représente l'obligation de se rendre à Hellimer pour assister aux offices, mariages et enterrements concernant le village, d'autant plus que le chemin menant de Diffembach à l'église de Hellimer est alors plus un bourbier qu'un vrai chemin. C'est en 1841 que l'affaire en est à son comble. Le Maire Walter organise une réunion au cours de laquelle est décidé d'envoyer une délégation auprès de l'évêque avec un ultimatum "très peu catholique" : "...Si dans un délai de trois mois, Diffembach ne devait pas recevoir son titre de paroisse, tous les villageois se convertiraient à la religion protestante, qui elle, ne faisait pas de simagrées...". L'évêque finit par acquiescer et la paroisse vit ainsi le jour. Cependant, il faudra encore attendre quatre années l'ordonnance royale autorisant la création officielle de la paroisse[14].

  • 31 août 1841 Bénédiction de l'église par le vicaire général Beauvallet, représentant de Jacques-François Besson, évêque de Metz.
  • 29 janvier 1842 Réception de la relique de Saint François de Sales.
  • 17 juillet 1842 Bénédiction de la seconde cloche.
  • 29 avril 1845 Ordonnance royale autorisant la création de la paroisse
  • 22 mai 1845 Nomination officielle par l'évêque de Jean Gerold comme premier prêtre desservant.
  • 7 juin 1845 Arrêté Préfectoral autorisant la création du Conseil de Fabrique.
  • 15 juin 1845 Élection du premier Conseil de Fabrique :
Président : Joseph Mennel
Trésorier : Pierre Sinstein
Secrétaire : Jean Gerold, prêtre desservant
Michel Dam, Maire
Membres : Nicolas Koenig, Jean Michel Mann & Jean Gérard Mann
  • 9 octobre 1882 Une nouvelle relique du saint est reçue, «... à cause de la moisissure dont la (précédente) sainte relique était atteinte... »[15]"

Édifices civils[modifier | modifier le code]

L’ancienne école des garçons.
  • L'ancienne école des garçons

Elle a été détruite en 1987, pour permettre la construction de la nouvelle mairie et du foyer communal.

  • L'ancienne école des filles

Elle se situait dans l'ancien presbytère à côté de l'église. Le bâtiment appartenant à la commune, il a été réaménagé à la fin des années 1980 pour y intégrer des logements locatifs, ainsi qu'une salle paroissiale où ont lieu les messes de semaine et les répétitions de la chorale pendant les mois d'hiver.

  • La laiterie artisanale de Diffembach

Située juste en face de l'église, elle ne fonctionnait plus depuis plusieurs décennies. Le bâtiment a servi pendant un temps de "petit troquet" avec jeu de quilles, de local pour le matériel des pompiers, avant d'être laissé à l'abandon puis détruit en juin 2009 pour être remplacé par un local commercial ( Boulanger et coiffeur ).

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Mémoires de la société d'archéologie et d'histoire de la Moselle Édition 1862 p. 103
  2. Archives départementales de Meurthe et Moselle, Archives de l'évêché
  3. Dictionnaire de la Noblesse-François Alexandre Aubert De La Chesnaye-Desbois, Seconde Édition, Tome VII, p. 12-13
  4. Ordonnance Ducale datée du 2 août 1765
  5. Archives départementales de Meurthe et Moselle, Cahier de doléances des bailliage des généralités de Metz, Bailliage de Dieuze, Cahier du tiers état
  6. Décret impérial daté du 16 avril 1811
  7. Ordonnance royale datée du 8 septembre 1836
  8. Recensement de 1846, dans Mémoire de mon village no 7 Michel Mann Édition 1990
  9. Liste résultant d'informations collectées dans les registres d'état civil de la commune.
  10. a et b Annexé à Hellimer
  11. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  12. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2011
  13. Les orgues de Moselle aux éditions K 617
  14. M. Mann, Mémoire de mon village - Diffembach-les-Hellimer, 1990
  15. Registre des délibérations du Conseil de la Fabrique de Diffembach, Vol I 1841-1903