Parti des forces nouvelles (France)

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Le Parti des forces nouvelles (PFN) était un parti français d'extrême droite néofasciste[1] né en novembre 1974 du Comité faire front, autour du journal éponyme, appelé d'abord Faire face, comité lui-même issu de la scission des militants d'Ordre nouveau à l'origine du Front national, alors en conflit avec Jean-Marie Le Pen.

Histoire[modifier | modifier le code]

Années 1970[modifier | modifier le code]

Le PFN comptait parmi ses principaux dirigeants l'équipe dirigeante du mouvement Ordre nouveau, dissous quelques mois plus tôt. On comptait parmi ses membres Alain Robert, ancien membre du mouvement Occident et fondateur du GUD, Anne Méaux, ancienne d'Ordre nouveau, l'universitaire Pascal Gauchon[2], devenu plus tard directeur d'IPESUP, les journalistes François Brigneau et Roland Gaucher et le dessinateur Jack Marchal ainsi que Gérard Gachet, journaliste à Valeurs actuelles et au Figaro, porte-parole du ministère de l'intérieur de janvier 2008 à janvier 2012. Il disposait aussi, sur le terrain, de deux organisations de jeunesse : le Front de la jeunesse et le Groupe union défense – GUD.

Tout au long de son existence (1974-1984) le PFN essaya de donner une image à la fois dynamique et rénovée à la « droite nationale ». Il édite un ouvrage théorique inspiré des thèses du GRECE et intitulé Propositions pour une nation nouvelle. Il tente aussi de se rapprocher de la droite classique : une partie de ses militants fait ainsi le service d'ordre de Valéry Giscard d'Estaing lors de la campagne de 1974, en compagnie d'anciens membres de l'OAS. Le PFN multiplia les opérations de prestige tels le Forum avec la Nouvelle Droite (mars 1975), le lancement d'une revue luxueuse, Initiative nationale, la Semaine du cinéma de droite (mai 1976) et les meetings militants, contre la venue de Brejnev à Paris en juin 1977, le Polisario — qui détenait des otages français — en octobre de la même année, pour le lancement de l'Eurodroite avec le Mouvement social italien et Fuerza Nueva en juin 1978, ou contre les ministres communistes en février 1982.

Le PFN fut aussi à l'origine d'opérations unitaires de la droite comme le Comité de soutien à l'armée du sergent Joël Dupuy ou le Comité de défense de la liberté d'expression au moment où le Parti communiste critiquait vivement Le Parisien libéré.

Parallèlement à cela, de 1976 à 1979, une branche varoise servit au recrutement de combattants libres idéalistes chrétiens et anti-communistes, qu'elle dépêcha auprès des Phalanges libanaises durant la guerre civile de ce pays. Une vingtaine de jeunes recrutés aux abords de lycées privés catholiques de la côte d'Azur prirent les armes, au Liban mais aussi en Angola et Mozambique[réf. nécessaire].

Années 1980[modifier | modifier le code]

Il eut aussi quelques succès électoraux puisqu'en 1983, une vingtaine de ses membres furent élus dans des conseils municipaux sur des listes RPR-UDFAix-en-Provence, à Toulon et à Hyères en particulier). En 1979, le PFN présente aux élections européennes une liste « Union française pour l'Eurodroite » conduite par Jean-Louis Tixier-Vignancour (1,33 % des voix).

Mais certaines de ses tentatives tournent court. Le PFN échoue en 1981 à réunir les 500 signatures pour présenter Pascal Gauchon à l'élection présidentielle qui se retira ensuite de l’action politique pour se consacrer à l’édition, devenant responsable d'une collection aux Presses universitaires de France (PUF). La direction du PFN est alors confiée à une équipe de jeunes responsables rassemblés autour de Roland Hélie, Didier Lecerf, Jack Marchal et Olivier Cazal, cependant que les anciens dirigeants, comme Hervé Novelli ou Alain Robert partent au Centre national des indépendants et paysans. Le PFN, renouant avec la tradition activiste de l'extrême droite, multiplie alors les campagnes militantes contre le nouveau pouvoir « socialo-communiste ». En février 1982, une trentaine de militants attaquent en plein jour deux ministères (les Transports et la Solidarité) tenus par des ministres communistes. Le 19 mars 1982, 150 militants du PFN et de son organisation de jeunesse, le Renouveau nationaliste, ancien Front de la jeunesse, rompent le défilé organisé par une association d'anciens combattants proche du PC, la FNACA, sur les Champs-Élysées. Le 2 mai de la même année, ils manifestent violemment avec des militants du RPR et d'organisations proches de ce parti. Devant le scandale provoqué (Le Monde titre ainsi : « Le RPR et l'extrême droite bras dessus, bras dessous »), Alain Robert, qui continuait à contrôler discrètement le parti, doit rompre définitivement et abandonner son idée d'attirer la droite classique dans des manifestations de rue susceptibles de dégénérer.

En 1983, le PFN, le GUD et le Renouveau nationaliste prennent une part importante dans l'agitation contre la loi Savary dans les universités. Mais, dans la nuit du 23 mai 1983, une bombe (estimée à 1 kg de plastic) explose au siège du PFN, situé 71 boulevard Sébastopol à Paris, détruisant 3 étages de l'immeuble. Cet attentat ne sera jamais élucidé[réf. nécessaire].

Mais l'ascension du Front national au cours des années 1980 ne lui laisse plus d'espace à l'extrême droite. La nouvelle direction rassemblée autour de Roland Hélie, moins concernée et donc moins compromise dans les luttes intestines du début des années 1970, préconise le ralliement au FN. Plusieurs de ses membres (François Brigneau, Roland Gaucher) retournent eux aussi au Front national. Alain Robert a rejoint, dès 1981, la droite classique en devenant un proche collaborateur de Charles Pasqua et Pascal Gauchon se consacre depuis cette période au professorat et à l'édition.

Le PFN édita deux journaux : d'abord Initiative nationale puis, à partir de 1981, Pour une force nouvelle.

Il connut une scission en 1986 : le courant nationaliste et européen, qui reprenait à son compte les orientations du PFN, rebaptisa le parti « Parti des forces nationalistes », sous la présidence d'Alain Rondanina, ancien conseiller municipal d'Aix-en-Provence, tandis qu'un courant influencé par les idées de la Nouvelle droite, notamment du Groupement de recherche et d'études sur la civilisation européenne d'Alain de Benoist), rajoutait au sigle du parti l’acronyme « NATROPE » (Nouvelle amitié dans les territoires et régions par l'organisation des peuples en Europe) pour se distinguer du premier.

Dès lors, l'activité du PFN se limita à une réflexion critique mais très étendue sur les évolutions de la société dans les années 1970-années 1980 ; en particulier, dans son organe Forces vives, le parti s'attacha à l'étude des tenants et des aboutissants du mondialisme, dont il se déclara l'ennemi acharné et qu'il voyait sous deux aspects antinomiques et concurrentiels : l'internationalisme communiste et le libéralisme apatride. En ce qui concerne celui-ci, qui restait seul en lice après la disparition de l'empire soviétique, son travail se concentra sur la dénonciation des cercles et institutions supranationaux le représentant, au premier rang desquels la Commission trilatérale, le Council on Foreign Relations et le Groupe Bilderberg. Convaincu qu'il était alors encore possible de s'opposer à l'évolution globale, le PFN prônait une union confédérale des nations européennes « de Lisbonne à Moscou et de Rome à Oslo » sur la base de valeurs communes inspirées d'un triple héritage grec, romain et chrétien (s'opposant en cela résolument à la Nouvelle droite d'inspiration néopaïenne) et à partir d'un programme politique dérivé de la doctrine sociale de l'Église.

Néanmoins, le fait que le parti ne subsistait plus qu'à l'état de groupuscule après 1986 le priva de toute résonance sur la scène politique.

Depuis les années 1990[modifier | modifier le code]

De nombreux réseaux se sont constitués autour des anciens du PFN. Certains, autour d'Alain Robert, firent carrière au sein du RPR puis de l'UMP. D'autres, comme Roland Hélie, continuèrent leur combat au sein du FN, jusqu'au début des années 1990, puis dans différentes structures nationalistes comme l'Alliance populaire et le PNR ou le MNR.

Vingt ans plus tard, un certain nombre d'anciens cadres du PFN, parmi lesquels Robert Spieler (qui fut député FN de Strasbourg puis fondateur du Mouvement Alsace d'abord) et Roland Hélie, se retrouvent au sein de la Nouvelle droite populaire, mouvement nationaliste et identitaire, créé en 2008, et dans la mouvance de la revue Synthèse nationale.

En ce qui concerne les deux partis résiduels issus de la dernière scission de 1986, le PFN-NATROPE s'auto-dissolut finalement le 3 février 1998, tandis que les nouveaux statuts du PFN historique déposés le 15 mars 2002 auprès de la sous-préfecture d'Aix-en-Provence déclarent avoir pour but de « coordonner les forces nationalistes de France, d’Europe et d’Occident pratiquant les attitudes actives ou réactives qui ont autorisé la civilisation occidentale à vivre, s’épanouir et prospérer selon ses principes fondamentaux de vie en société (valeurs naturelles, religieuses ou civiles) afin d’aboutir à la délivrance de l’Europe de Lisbonne à Moscou et de Rome à Oslo ».

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Occident, Ordre nouveau, Faire front puis le Parti des forces nouvelles ont incarné successivement une tradition néo-fasciste […] C'est François Duprat, membre de leur courant, qui emploiera le terme avec le plus de constance pour caractériser les organisations où il milita », René Monzat, Enquêtes sur la Droite extrême, Le Monde-Éditions, 1992, 339 p. (ISBN 978-2878990409) p. 268.
  2. http://www.ina.fr/video/CAF94084361/congres-de-la-droite-forces-nouvelles-video.html

Bibliographie[modifier | modifier le code]