Saint-Martin (île)

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Saint-Martin
Sint Maarten (nl)
Carte de Saint-Martin.
Carte de Saint-Martin.
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas
Archipel Îles du Vent
Localisation Océan Atlantique
Coordonnées 18° 03′ 37″ N 63° 04′ 00″ O / 18.0603, -63.0668 ()18° 03′ 37″ N 63° 04′ 00″ O / 18.0603, -63.0668 ()  
Superficie 93 km2
Côtes 67,7 km
Point culminant Pic Paradis (424 m)
Géologie Île volcanique
Administration
Drapeau de la France France
Collectivité d'outre-mer Saint-Martin

Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas
Territoire autonome du Royaume des Pays-Bas Saint-Martin
Démographie
Population 75 000 hab.
Densité 806,45 hab./km2
Plus grande ville Marigot
Autres informations
Découverte Préhistoire
Fuseau horaire UTC-4

Géolocalisation sur la carte : Saint-Martin

(Voir situation sur carte : Saint-Martin)
Saint-Martin
Saint-Martin

Géolocalisation sur la carte : Petites Antilles

(Voir situation sur carte : Petites Antilles)
Saint-Martin
Saint-Martin
Îles de France - Île des Pays-Bas

Saint-Martin, en anglais Saint Martin, en néerlandais Sint Maarten, est une île du nord-est des Antilles située à 250 km au nord de la Guadeloupe et 240 km à l'est de Porto Rico. D'une superficie de 93 km2, elle compte 75 000 habitants. Elle est partagée entre deux États par une frontière commune de 10 km séparant :

L'anglais, langue co-officielle avec le français et le néerlandais, est la principale langue utilisée sur l'ensemble de l'île.

Article détaillé : Histoire de l'île Saint-Martin.

Les premières traces de peuplement remontent à 4 000 av. J.C. Vers l'an 800, l'île était dans la zone de peuplement des Indiens Taïnos (Arawaks) qui y résidèrent. Au XIVe siècle ils furent remplacés par le peuple Caraïbe. Plusieurs sites archéologiques concernant ces deux ethnies ont été mis au jour (Cf : Exposition au musée de Marigot).

Christophe Colomb, lors de son retour d'Hispaniola (dit le deuxième voyage), en passant au large avec sa flotte de 17 navires (entre le 11 et le 13 novembre 1493), jour de la fête de Saint Martin de Tours, l'aurait désignée sous ce nom. Cependant la tradition locale désigne l'île par deux autres noms en langue caraïbe : « Soualiga » (« l'île au sel ») et « Oualichi » (« l'île aux femmes »).

À partir de 1627, après diverses reconnaissances à la recherche de salines naturelles, les Néerlandais installent une petite garnison en juillet 1631 (30 hommes et 4 canons) sur une presqu'île de la Grande Baie (emplacement actuel de Philipsburg). Quelques familles françaises issues de la proche colonie françaises de l'île Saint-Christophe cultivent du tabac sur la partie orientale de Saint-Martin.

En 1638 les Espagnols désirant protéger leur hégémonie régionale attaquent la garnison néerlandaise, s'installent et y construisent leur fort (technique française). Ils y laissent une petite garnison en liaison avec Porto Rico. En 1644, ce fort résiste à une attaque du célèbre capitaine néerlandais Pieter Stuyvesant. C'est lors de ce combat avorté que celui-ci reçoit une blessure provoquant par la suite l'amputation de sa jambe.

Suite à cette attaque, les Espagnols démantelèrent leur fort et quittèrent l'île, laissant là quelques Français et Néerlandais qui s'empressèrent de prévenir leur gouvernement respectif (Saint-Christophe pour les Français, Saint-Eustache pour les Néerlandais). Après quelques manœuvres d'intimidation les deux parties préférèrent transiger et scinder l'île en deux zones à souverainetés distinctes tout en fixant des règles de coopération mutuelle.

Le la dite convention de Concordia fut ainsi rédigée et signée par le chevalier Robert de Lonvilliers de Poincy au nom du Roi de France et le capitaine-major Martin Thomas au nom du prince d'Orange.

Cette convention n'a jamais été abrogée et est toujours en vigueur malgré de multiples incidents et dérapages au cours de ces 350 dernières années. De nos jours, de facto, l'article V des Accords de Concordia n'est cependant plus réellement respecté.

Les Traités de Westphalie du mettent fin (entre autres) aux prétentions territoriales espagnoles sur les petites Antilles.

Par la suite des pirates y ont fait plusieurs raids destructeurs et les forces militaires britanniques occupèrent l'île de nombreuses fois en fonction des conflits et des alliances en Europe.

L'économie de l'île fut basée successivement sur le tabac, l'indigotier (à la base du colorant indigo), la canne à sucre, le coton, le sel, l'élevage. Et depuis la fin des années 60, le tourisme, avec le shopping détaxé, constitue la première ressource économique de l'île.

Géographie[modifier | modifier le code]

L'île de Saint-Martin vu par le satellite NASA NLT Landsat 7

Les îles voisines les plus proches sont Anguilla et Saint-Barthélemy, qui émergent du même plateau sous-marin situé à quarante mètres de profondeur en moyenne.

En revanche Saba, Saint-Eustache, Saint-Christophe et Niévès sont plus éloignées bien que généralement visibles.

Le littoral de Saint-Martin est découpé en de nombreuses baies bordées d'une trentaine de plages de sable blanc mais certaines baies sont bordées uniquement de galets.

On y trouve de nombreux étangs d'eau saumâtre (classés par taille) : Grand Étang de Simsonbaai, Great bay, Étang aux poissons, Étang de Grand-Case, Étang Chevrise, Étang Guichard, Grand Étang des Terres Basses, (etc) qui se sont formés en fond de baies par des cordons de sables littoraux.

Le reste du littoral est souvent abrupt avec des falaises atteignant quarante mètres de haut.

On compte une dizaine d'îlets autour de l'île dont le plus grand est le très touristique Pinel avec ses trois plages. Il faut ajouter l'île Tintamarre située à trois kilomètres de la côte.

Hormis plusieurs plaines alluvionnaires côtières et de fonds de vallées, le relief est montagneux à forte pente, constitué de nombreux mornes agencés en un plissement nord-nord-est sud-sud-ouest. Les lignes de crêtes ont une altitude moyenne de 300 mètres environ coupées par plusieurs cols. Le plus haut sommet est le pic Paradis, culminant à 424 mètres d'altitude, en zone française (une route cimentée y monte). Ces reliefs sont parcourus par environ quarante kilomètres de sentiers[1] plus ou moins balisés qui pénètrent la forêt sèche et les savanes.

Une route principale fait le tour de l'île par la côte afin d'éviter ces collines.

Il existe quelques petites sources d'eau de ruissellement, plus ou moins captées (la plus productive étant « Moho » dans la ravine entre le quartier d'Orléans et le pic Paradis), mais leur débit insuffisant cause une infiltration rapide des eaux. L'île ne possède donc pas de cours d'eau permanents mais des ravines généralement sèches qui peuvent devenir torrentielles et dangereuses lors des grosses pluies et des cyclones. Les nappes phréatiques des plaines sont plus ou moins saumâtres.

Les voies de communications sont maritimes (port de commerce de Philipsburg) et aériennes avec l'aéroport International Princess Juliana en partie néerlandaise et l'aérodrome régional de l'Espérance (à Grand Case) en partie française.

Environnement[modifier | modifier le code]

Sur la côte est, des îlots inhabités (île Tintamarre, île Pinel) sont entourés de petites formations coralliennes frangeantes. Les fonds sableux sont colonisés par de vastes herbiers de Phanérogames marines. Alors qu'à Saint-Barthélemy, les cordons de mangrove sont réduits à des reliques étroites, à Saint-Martin, ils bordent largement les rives des lagunes littorales (dont Simpson lagoon, étang aux Poissons, etc) et de quelques baies (Anse Margot, Oyster Pond, etc).

Géologie[modifier | modifier le code]

Cet arc est une conséquence de la subduction de la plaque Atlantique sous la plaque Caraïbe.

Le volcanisme engendré il y a cinquante millions d'années (Éocène) a rapproché le fond marin de la luminosité de la surface des eaux, ce qui, dès les 40 mètres de profondeur, a permis il y a 36 millions d'années . (durant l'Oligocène) le développement du récif corallien, augmentant ainsi les dépôts de calcaire sur la plate-forme sédimentaire submergée d'Anguilla dite « banc d'Anguille ». Ce sont les sols les plus anciens, avec les calcaires durs en strates type Pointe Blanche (sis au port de la zone néerlandaise), le mont Billy Folly (sis à Lay bay) et l'île Tintamarre avec ses cristaux de sélénite (gypse) et ses fossiles marins, puis la formation tabulaire carbonatée des Terres basses (presqu’île rattachée par les cordons de sable de Simsonbaai et de la baie Nettlé) avec ses porphyres pourpres des Mornes rouges.

Par la suite, au début du Néogène, il y a environ 23 millions d'années, la formation géologique de l'île se complique par l'intrusion d'une poussée volcanique à travers le « banc d'Anguilla ». C'est ce qui a donné l'ossature centrale des mornes actuellement les plus élevés. Il y a environ 10 millions d'années vers la fin du Miocène (milieu de l'ex-Tertiaire), l'île a commencé à émerger de l'océan.

Les cordons de sable littoraux se sont formés lors de l'Holocène (ex-Quaternaire) et évoluent encore de nos jours.

La superficie de l'île et ses contours ont varié en fonction du niveau de la mer (-110m/+40m) en conséquence des transgressions marines dues aux variations des glaciations sur le globe. Donc il y a 12 000 ans et à plusieurs reprises auparavant l'île a été réunie en un seul bloc avec les îles sœurs Anguilla et Saint-Barthélemy situées sur le même banc sous-marin actuellement à une profondeur moyenne de -40 m à -60 m. Pour une profondeur isobathe à 70 mètres ce bloc devait couvrir une surface de 4 650 km2 environ, soit 53 fois l'île actuelle ou encore la moitié de l'île Porto Rico

Le sol des mornes de l'île (aux sommets ou sur les pentes) sont jonchés de boulders[2] et de restes de platiers coralliens. Sous une très fine couche d'humus, le sous-sol est principalement composé de tufs volcano-sédimentaires et de roches métamorphiques à structure grenue (diorite, péridotite, gabbro, andésite, etc). Par endroit émergent des dykes de basalte pourpre (Mont Fortune, Fort Louis, etc).

A la Pointe Arago, on peut observer en littoral une formation particulière relevée par le géologue Denis Westercamp : il s'agit de « pillow-lavas » (ou roches en coussin) issus directement de laves solidifiées sous la mer.

On trouve des cristaux de grenats dans la ravine du hameau Saint-Louis.

À observer :

  • au Gallion des Salines d'orient : tombolo fossile caractéristique ;
  • à la Baie aux Cayes et Pointe du Bluff : tombolo fossile ;
  • à la Baie aux Cayes - Morne aux Cabris : le Devil's hole (Trou du Diable) ;
  • à la plage de Baie Rouge : falaise percée ;
  • à Red Rock - route de l'Anse Marcel : large amoncellement de boulders.

Climat[modifier | modifier le code]

L'île connaît le climat océanique de la Zone de convergence intertropicale, avec une saison dite "sèche" (de décembre à mai) et une saison dite "humide" (de juin à novembre) avec de possibles fortes précipitations lors des dépressions pouvant provoquer des cyclones. La température absolue de l'air peut varier de 17 °C à 35 °C pour une moyenne[3] annuelle de 27 °C. La température de la mer en surface est assez constante entre 25 °C et 28 °C.

Flore[modifier | modifier le code]

Au fil de la colonisation européenne, depuis 1633, la végétation originelle qui couvrait l'île a été totalement dégradée par les activités humaines comme les agricultures successives, la création de pâturages par brûlis et l'exploitation des arbres pour la construction ou la fabrication de charbon de bois. Aujourd'hui, en dehors des zones urbanisées, le couvert végétal est fait de forêts secondaires plus ou moins xérophiles selon l'exposition et l'altitude, de taillis secs et épineux d'acacias et de restes de savanes dominées par les hautes herbes de Guinée (Panicum maximum).

Espèces d'arbres de la forêt : le gommier blanc, le gommier rouge, l'acajou, le gaïac, etc.

Espèce d'arbre de la côte : le raisinier bord de mer.

Faune[modifier | modifier le code]

La faune mammifère sauvage est limitée aux chauve-souris (cinq espèces), au racoon, à la mangouste, aux rats et souris.

L'avifaune compte plus d'une centaine d'espèces (marines, littorales, terrestre)[4].

Parmi les reptiles, on trouve des tortues charbonnières, des lézards, des gekkos, des iguanes et deux espèces de micro serpents inoffensifs. Ajoutons les amphibiens avec deux espèces de grenouilles dont la minuscule "coqui" et l'invasive grosse rainette de Cuba[5].

Comme partout sur terre le groupe des arthropodes (dont les insectes) est le plus riche en diversité. Les plus visibles sont les papillons. Pour les habitants, les insectes les plus pénibles au quotidien sont les moustiques (4 espèces dont l'Aedes aegypti vecteur de la dengue et du paludisme et depuis fin 2013 du chikungunya) et les blattes. Lors des randonnées attention aux guêpes. Les arachnophiles y trouveront de belles araignées, des scolopendres et des amblypyges.

Hymne bi-national[modifier | modifier le code]

Article détaillé : O sweet Saint-Martin's Land.

L'hymne bi-national de Saint-Martin est « O sweet Saint-Martin's Land ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Paul Chemin-Dupontès, Les Petites Antilles : étude sur leur évolution économique, Paris, Librairie orientale & américaine, E. Guilmoto, 363 p. (lire en ligne)