Troisième voie (politique)

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La troisième voie est un concept politique et économique visant à créer une philosophie qui se situerait entre la social-démocratie et le libéralisme. Cependant, le nom de « Troisième voie » peut également désigner certains mouvements politiques nationalistes, nationalistes révolutionnaires ou fascistes.

La notion a largement évolué depuis son apparition à la fin du XIXe siècle, à la fois en ce qui concerne la définition des deux autres voies rejetées et en ce qui concerne les solutions proposées. Toutes ont en général en commun une volonté, au moins affichée, de réaliser une politique sociale non marxiste et/ou différente des solutions socialistes classiques.

Historique[modifier | modifier le code]

Le terme serait né avant les années 1880, lorsque le pape Pie XI appelle à une troisième voie entre socialisme et capitalisme[1].

L'économiste tchèque Ota Šik est le premier à formaliser cette notion et à lui consacrer une approche scientifique, et non purement déclarative. La troisième voie doit permettre, dans le cadre du socialisme à visage humain de trouver un chemin entre communisme et capitalisme. La répression du Printemps de Prague en 1968 empêchera les réformes prévues par Šik d'aboutir en Tchécoslovaquie (třetí cesta). En exil, Šik théorisera l'idée d'une « démocratie économique humaine » dans Der dritte Weg paru à Hambourg en 1972 (trad. La troisième voie, Paris : Gallimard, 1974)

L'expression est aussi utilisée à l'extrême droite, notamment au sein du courant nationaliste révolutionnaire qui, pendant la guerre froide, proclamait la nécessité de créer une "troisième voie" entre le communisme soviétique et le capitalisme américain.

La troisième voie Clinton-Blair[modifier | modifier le code]

Une notion précise de troisième voie a été mise en place par des dirigeants de gauche ou de centre-gauche au cours des années 1990 et 2000 en Europe et aux États-Unis (par Bill Clinton). Essentiellement, elle consiste pour les personnalités de gauche à tirer un trait définitif sur le passé communiste et l'économie administrée, à adapter au mieux le discours socialiste à l'économie de marché. On parle également de Realpolitik, ou de pragmatisme économique.

La mise en pratique de cette politique conduit à favoriser le développement technologique, le capital humain et la croissance économique et de mettre en place les mécanismes de redistribution qui perturbent le moins possible le fonctionnement économique.

À la fin des années 1990, le terme de « centre radical » ou « extrême centre » a d'abord été utilisé pour décrire la pensée Troisième Voie[réf. nécessaire]. L'ancien Président américain Bill Clinton, l'ancien Chancelier allemand Gerhard Schröder et l'ancien Premier ministre britannique Tony Blair ont jusqu'ici été les promoteurs les plus éminents de la Troisième Voie en politique.Cette approche nouvelle connait des adeptes contemporains mais assez peu audibles tels que le Parti du Rassemblement Constitutionnel Démocratique (Tunisie) ou le Parti National pour la Solidarité et le Développement (Algérie).

Le cadre conceptuel de la Troisième Voie a été formulé par Anthony Giddens, dans des ouvrages tels que The Third Way. The Renewal of Social Democracy(1998), The Third Way and Its Critics and The Global Third Way Debate (2000) (traduits en français : Anthony Giddens, Tony Blair, La troisième voie face aux critiques : le renouveau de la social-démocratie, traduction de l'anglais par Laurent Bouvet, Émilie Colombani et Frédéric Michel de : The third way and its critics, The third way, the renewal of social democracy, The third way).

Autres usages[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Third Way Debate Summary
  2. Charles Wright Mills, L'imagination sociologique, 1959, La Découverte, p. 185.
  3. Bruno-Mégret.com - Les ouvrages