Bouclier humain

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L'usage de boucliers humains au cours d'un conflit armé, souvent asymétrique, consiste à placer des otages, consentants ou non, en des lieux jugés stratégiques afin d'éviter leur bombardement. Elle peut aussi consister à dissimuler des combattants dans des zones civiles ou à faire marcher des soldats en plaçant devant eux les boucliers humains.

Historique[modifier | modifier le code]

Dans les Caraïbes, le corsaire Henry Morgan et ses hommes utilisent des jésuites qu'ils venaient de capturer comme bouclier humain pour attaquer une place forte.

Lors de l'invasion britannique par le Lac Champlain, de la Nouvelle-France en 1760, les troupes américano-britanniques utilisèrent un bouclier humain pour prendre le Fort de Chambly, sur la rivière Richelieu. Ainsi nous pouvons lire à la page 95 de l'auteur Réal Fortin, le Fort de Chambly : "Le jeudi 4 septembre au matin… un détachement est parti vers Chambly ; ils étaient environ un millier d'hommes commandés par le colonel Derby… Sans perdre de temps, un détachement se rend dans chaque maison pour y chercher les femmes et leurs enfants. On les conduit devant le fort pour former une muraille humaine devant les assiégeants. Aussitôt, les défenseurs cessent leurs tirs et regardent avec effarement le déroulement des événements. Dès que tout est mis en place, le brave Derby… donne l'ordre à ses hommes de faire feu au-dessus des têtes des otages. Lusignan… envoie un émissaire… (Derby répond) que s'ils ne se rendent pas immédiatement, il les soumettra tous (la garnison) par les armes".

Quelques mois plus tard, toutes les troupes françaises de la Nouvelle-France quittent définitivement l'Amérique.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

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  • Au cours de l'insurrection de Varsovie, les forces allemandes utilisent les civils comme boucliers humains pour saper le moral des troupes polonaises.

Irak[modifier | modifier le code]

Bien que cette tactique ne soit pas nouvelle, elle a été utilisée de façon récente en Irak durant la première guerre du Golfe. Le 18 août 1990, Saddam Hussein déclare que seront utilisés comme boucliers humains les « ressortissants de nations agressives » .

Les boucliers humains traversant la frontière d'Irak sont accueillis par les Irakiens.

Au printemps 2003, Mohamed Ennacer Latrèche décide, pour montrer son soutien à l'Irak de se porter volontaire pour être bouclier humain.

Liban[modifier | modifier le code]

Au cours du Conflit israélo-libanais de 2006, Israël accuse le Hezbollah d'utiliser des boucliers humains pour dissimuler ses hommes et justifie ainsi ses larges opérations au Sud Liban contre des villages civils. Le Hezbollah nie se servir de bouclier humain et n'hésite pas à faire la comparaison avec les accusations américaines justifiant le massacre de civils vietnamiens lors de la guerre du Viêt Nam. Amnesty International et Human Rights Watch réfutent « l'utilisation de civils comme des boucliers humains par le Hezbollah » avancée par Israël ainsi que la présence de membres du Hezbollah ou la conduite d’activités militaires dans une zone civile[2],[3].

Territoires palestiniens[réf. à confirmer][modifier | modifier le code]

Au cours de la deuxième Intifada (2000-2005) des militants armés palestiniens ont utilisé des civils dont des enfants comme boucliers humains pour se protéger pendant des échanges de tirs avec des soldats israéliens[4][réf. insuffisante].

En novembre 2006, des femmes palestiniennes se sont rassemblées autour d'une mosquée pour servir de boucliers humains afin de permettre la fuite de militants armés du Hamas cernés par des soldats israéliens qui s'étaient barricadés à l’intérieur à Beit Hanoun dans la bande de Gaza. Elles avaient répondues à un appel du Hamas sur sa station de radio. Les militants du Hamas s’échappèrent en se déguisant en femmes après s’être mêlés à elles[5][réf. insuffisante].

Le même mois, l'armée de l'air israélienne a prévenu à l'avance par téléphone Mohammed Weil Baroud, un dirigeant du Hamas considéré comme responsable de tirs de roquettes Qassam sur Israël, de l'imminence d'un raid aérien sur sa maison à Beit Lahia, dans la bande de Gaza et l'enjoignant à l'évacuer. À la suite de cet avertissement, des centaines de gazaouis, dont beaucoup des femmes et d'enfants, se sont rassemblés devant la maison de Baroud comme cela leur avait été demandé par des prédicateurs durant leurs sermons dans leurs mosquées . Israël a suspendu le raid aérien afin d’éviter de faire des victimes civiles. En réponse à la réaction d'Israël, un autre dirigeant du Hamas a déclaré victoire. Dans le camp de réfugié de Jabaliya à 3 km au nord de la ville de Gaza, plusieurs groupes armés palestiniens ont demandé aux habitants des maisons recevant des avertissements d'un raid de l’armée israélienne de rester chez eux. Le porte parole du ministère de l’intérieur de l'Autorité palestinienne a félicité le comportement des habitants du camp le qualifiant de « merveilleux »[6][réf. insuffisante].

Israël[modifier | modifier le code]

La cour suprême israélienne a interdit l'usage de bouclier humain en 2002. Marwan Dalal, un militant de l'organisation arabe israélienne Adalah a déclaré que « l'armée n'a jamais vraiment cessé cette pratique ». Selon des activistes pro-palestiniens, un jeune garçon de treize ans aurait été « utilisé comme bouclier humain » par des gardes frontière de la police israélienne contre des jets de pierres durant une manifestation dans le village de Bidou en Cisjordanie[7].

Pendant la guerre de Gaza, l'armée israélienne a utilisé sous la menace des armes des Palestiniens aux mains menottées et aux yeux bandés lors de fouilles de maisons[8].

Références[modifier | modifier le code]

  • Le Fort de Chambly, par Réal Fortin, Éditions Les cahiers du Septentrion, 2007, 213p.

Statut légal[modifier | modifier le code]

L'usage de bouclier humain est devenu explicitement interdit depuis la quatrième convention de Genève du 12 août 1949.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]