Mossad

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Mossad
המוסד למודיעין ולתפקידים מיוחדים
"Quand la prudence fait défaut le peuple tombe, le salut est dans le grand nombre des conseillers." Proverbes 11:14
"Quand la prudence fait défaut le peuple tombe, le salut est dans le grand nombre des conseillers." Proverbes 11:14

Création Décembre 1949
Juridiction Bureau du Premier ministre
Siège Tel Aviv, Israël
Coordonnées 32° 08′ 40″ N 34° 48′ 16″ E / 32.144495, 34.80434432° 08′ 40″ N 34° 48′ 16″ E / 32.144495, 34.804344  
Employés (Classifié) 3 000 estimé
Budget annuel (Classifié) 500 millions estimé
Ministre responsable Benyamin Netanyahou (Premier ministre)
Activité(s) Renseignement
Direction Tamir Pardo
Site web www.mossad.gov.il
Géolocalisation du siège

Géolocalisation sur la carte : Israël

(Voir situation sur carte : Israël)
Mossad המוסד למודיעין ולתפקידים מיוחדים

Le Mossad (nom complet : המוסד למודיעין ולתפקידים מיוחדים - Ha-Mosad le-Modi'in u-le-Tafkidim Meyuhadim, ce qui signifie « Institut pour les renseignements et les affaires spéciales », Mossad signifiant l’« Institut ») est l’une des trois agences de renseignement d’Israël, avec le Shabak (plus connu sous le nom de « Shin Bet » — service de sécurité intérieure) et l' Aman (chargé de la sécurité militaire).

Rôle[modifier | modifier le code]

Le Mossad fait partie des agences de renseignement israéliennes comme, entre autres, l’Aman (renseignement militaire) et le Shabak (sécurité intérieure), mais son directeur ne rend compte — contrairement au Shabak — qu’au Premier ministre, qui le nomme et peut proroger son mandat (cas de Meïr Dagan) et autorise seul les éventuels assassinats (il peut éventuellement en informer le ministre de la Défense) [1]. Le domaine d’action du Mossad recouvre le renseignement, les opérations spéciales et la lutte anti-terroristes, à l’extérieur d’Israël et des territoires palestiniens occupés (qui sont eux de la responsabilité du Shabak, autrefois Shin Beth, service intérieur de contre-espionnage et d’antiterrorisme). Son état-major est basé à Tel Aviv où environ 1 500 personnes seraient employées.

Le rôle et la fonction du Mossad sont comparables au Secret Intelligence Service britannique ou à la CIA. Mais il possède aussi ses particularités liées à l’histoire et la politique d'Israël ; il est ainsi, par exemple, chargé de faciliter l’aliyah (retour en Israël) lorsqu’elle est interdite.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le Mossad est né des survivances du SHAY, le service de renseignement de la Haganah, une milice juive clandestine chargée de la sécurité des habitants juifs en terre de Palestine depuis le début du XXe siècle. La Haganah (« défense » en hébreu) a notamment constitué le noyau dur de l’armée israélienne à la suite de la création de l’État d’Israël en mai 1948.

En juillet 1949, Reuven Shiloah, un proche collaborateur de David Ben Gourion, propose la création d’une institution centrale pour organiser et coordonner les services de renseignements et de sécurité. Le 13 décembre 1949, Ben Gourion autorise l’établissement de cet institut de coordination s’occupant du département politique et coordonnant les services de sécurité intérieure de renseignement militaires : le Mossad est officiellement né ce jour-là.

Les départements du Mossad[modifier | modifier le code]

Le Mossad se compose de 8 divisions, mais le détail de l’organisation interne de l’agence est classifié.

  • Renseignement : la division du renseignement est la plus importante. Elle est responsable des opérations d’espionnage à l’étranger à travers ses antennes officielles ou clandestines. Ce département se divise lui-même en bureaux, chacun d’entre eux étant responsable d’une zone géographique, des antennes qui s’y trouvent, et des agents qui y opèrent.
  • Guerre psychologique : cette division, appelée Lohamah Psichologit, s’occupe de la guerre psychologique, de la propagande/contre-propagande et des opérations de mystification/démystification.
  • Technologie & techniques : division responsable la création et du développement de technologie et de technique pour le Mossad.
  • Planification, coordination & relations internationales : la division des relations internationales s’occupe des relations et des opérations communes avec les agences des pays amis, mais aussi avec les pays n’entretenant pas de relations normalisées avec l’État d’Israël. Dans les antennes de grande importance comme Paris, le Mossad dispose, sous le couvert de l’ambassade, d’un responsable affilié à la division de l’Information, et d’un responsable des Relations Internationales.
  • La division des opérations spéciales : la division des opérations spéciales (METSADA en hébreu) conduit les opérations paramilitaires, de sabotage et d’assassinat.
  • Formation.
  • Administration.

Slogan[modifier | modifier le code]

Le premier slogan du Mossad était: be-tachbūlōt ta`aseh lekhā milchāmāh (en hébreu: בתחבולות תעשה לך מלחמה). C'est un verset issu de la Bible (Livre des Proverbes 24:6) : « Car tu feras la guerre avec prudence » (traduction de Louis Segond). Le slogan a été ensuite modifié pour un autre passage des Proverbes : be-'éyn tachbūlōt yippol `ām; ū-teshū`āh be-rov yō'éts (en hébreu :באין תחבולות יפול עם, ותשועה ברוב יועץ, Livre des Proverbes 11:14), qu'on peut traduire par : « Quand la prudence fait défaut, le peuple tombe; Et le salut est dans le grand nombre des conseillers ». (même source)

Assassinats, enlèvements, opérations célèbres[modifier | modifier le code]

En 1960, le Mossad enlève le criminel de guerre nazi Adolf Eichmann, à Buenos Aires en Argentine, après plusieurs années de traque dirigées par Rafi Eitan. Eichmann fut conduit en Israël pour y être jugé et condamné à mort. Une opération similaire prévoyait la capture de Joseph Mengele, mais elle échoua.

Eli Cohen est un célèbre espion israélien, recruté par le Mossad dans les années 1960. Ayant infiltré les hautes sphères du gouvernement syrien, Eli Cohen transmit des informations stratégiques à son pays pendant deux ans avant d’être démasqué. Malgré les protestations internationales, il fut pendu sur la place publique.

Un autre agent israélien, Wolfgang Lotz, se lia d’amitiés avec des hauts gradés de l’armée et de la police égyptienne, obtenant ainsi des informations précises sur les sites de missiles et sur le projet de missile balistique développé par des scientifiques allemands. Entre 1962 et 1963, une opération d’intimidation visant les Allemands obtient un grand succès, notamment avec l’assassinat de plusieurs responsables clés du projet égyptien.

En décembre 1969, le Mossad déroba sept vedettes commandées à la France, mises sous embargo par le général de Gaulle. L’opération fut popularisée comme l’affaire des vedettes de Cherbourg.

Durant les années 1970 sous l’impulsion du Premier ministre Golda Meir, le Mossad assassina plusieurs membres du groupe terroriste Septembre noir, responsable de la prise d’otages et du massacre de 11 athlètes israéliens aux Jeux olympiques de Munich en 1972.

Un autre enlèvement consista à ramener Mordechaï Vanunu en Israël, après qu’il eut révélé en 1986 à un quotidien anglais l’existence d’ogives nucléaires dans les sous-sols de la centrale nucléaire de Dimona, en plein désert du Néguev (sud d’Israël).

En avril 1988, une unité spéciale envahit une résidence sous surveillance de Tunis et y tue Abou Jihad, bras droit de Yasser Arafat et présumé responsable de la planification d’attentats contre Israël.

Gerald Bull, scientifique canadien et concepteur du projet de « Super Gun » (canon à très longue portée) pour l’Irak, est assassiné dans son appartement bruxellois en mars 1990, provoquant ainsi l’abandon du programme. Le Mossad fait partie des services soupçonnés d'avoir commis cet assassinat.

Cependant, le Mossad connut également certains échecs retentissants.

Le 7 janvier 1974, à Lillehammer (Norvège), dans le cadre de l’opération Colère de Dieu, le Mossad assassine par erreur Ahmed Bouchiki, un serveur marocain, présentant une ressemblance frappante avec Ali Hassan Salameh, cerveau du massacre de 1972. Les agents impliqués dans cette opération sont arrêtés par la police. Cinq d’entre eux furent reconnus coupables et condamnés à de courtes peines de prison, bien que le gouvernement israélien ait nié avoir une quelconque responsabilité dans cette opération. Cependant en 1996, Israël versa à la famille Bouchiki des dommages-intérêts. Plus récemment, à la suite de la controverse sur la responsabilité des services de renseignements dans l’assassinat d’Yitzhak Rabin en novembre 1995, le directeur général du Mossad, Shabtaï Shavit est poussé à la démission. Le général Danny Yatom lui succède.

S. Pinhas, âgé de 22 ans, Rav Samal « Officier » dans l’armée de Tsahal sera capturé et fait prisonnier en Syrie en 1973 pendant la guerre de Yom Kippour, à sa libération il intègre le Mossad y est formé et son rôle sera déterminant dans l’arrestation en 1992 au Liban de deux dirigeants importants du « Hamas ».[réf. nécessaire]

Le 24 septembre 1997, deux agents passent la frontière entre Israël et la Jordanie munis de passeports canadiens, pour injecter un poison à l’un des leaders politiques du Hamas, Khaled Mechaal. Après avoir exécuté leur mission, les deux agents sont découverts. La Jordanie négocie leur libération contre l’antidote du poison, qui permettra au numéro deux du Hamas de survivre, et la libération du fondateur du Hamas, le cheikh Ahmed Yassine.

Les agents célèbres du Mossad[modifier | modifier le code]

  • Michael Ross, ancien de la branche clandestine du Mossad, 1988-2001
  • Tzipi Livni, ancienne ministre des Affaires étrangères et actuelle ministre de la Justice d’Israël - ancienne membre de l’unité d’assassinat du service (Kidon)
  • Eli Cohen, agent d’origine égyptienne, infiltré pendant trois ans en Syrie
  • Zvi Henkine, agent d’origine française, directeur adjoint du Mossad ayant joué un rôle important dans l’affaire des frégates
  • Salfati Pinhas, officier de Tsahal, d'origine française
  • Cheryl Ben Tov, agente qui attira Mordechai Vanunu dans un piège à Rome
  • Wolfgang Lotz, agent d’origine allemande infiltré en Égypte
  • Rafael Eitan, ancien chef des opérations de l’Institut, dont la patte se retrouve dans le kidnapping d’Eichmann, la mort d’Ali Hassan Salameh, l’affaire Pollard, notamment.
  • Victor Ostrovsky, agent ayant fait défection et publié ses mémoires attaquant l'agence.

Terminologie[modifier | modifier le code]

  • Apam : ensemble des moyens et procédés permettant d'assurer la sécurité du renseignement tels que le contre-renseignement et la contre-filature.
  • Sayan : agent passif appelé plus communément « agent dormant », établi en dehors d’Israël, prêt à aider les agents du Mossad en leur fournissant une aide logistique.
  • Kidon (mot signifiant baïonnette en hébreu) : service spécial du Mossad, petite unité chargée des éliminations physiques.
  • Katsa : officier du renseignement.
  • Bodel : courrier
  • yahalom, yahalomin : spécialiste, spécialistes en communications
  • mabuah : informateur non-juif
  • pakam : ordre de mission
  • Hamisrad : (« le bureau ») dénomination du service par ses employés, le mot « Mossad » n’étant jamais utilisé

Directeurs du Mossad[modifier | modifier le code]

Directeurs-adjoints du Mossad[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

  • Kidon - service action
  • Michael Ross - pseudonyme d’ancien agent sans couverture diplomatique, 1988-2001

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Uri Dan, Mossad, 50 ans de guerre secrète, Presses de la Cité, 1995
  • Frédéric Encel, Géopolitique d’Israël : dictionnaire pour sortir des fantasmes, Seuil, Paris, 2004, (ISBN 2020638207)
  • Ephraïm Halévy, Mémoires d’un homme de l’ombre, les coulisses de la politique internationale au Moyen-Orient par l’ex-directeur du Mossad, Albin Michel, Paris, 4 octobre 2006, (ISBN 2226174958)
  • Isser Harel, La Maison de la rue Garibaldi, le chef des services secrets israéliens raconte la recherche et la capture de Adolf Eichmann, Robert Laffont, 1976
  • Claire Hoy et Victor Ostrovsky, Mossad, un agent des services secrets israéliens parle, Presses de la Cité, 1990
  • Peter Man et Uri Dan, Capturer Eichmann, témoignage d’un agent du Mossad, Édition N̊1, 1987
  • Christian Salignon, Journal des actions internes, Filippachi, 1987
  • Gordon Thomas, Histoire secrète du Mossad, de 1951 à nos jours, Nouveau Monde, 26 janvier 2006, (ISBN 2847361588)
  • Gordon Thomas, Mossad : les nouveaux défis, Nouveau Monde, 23 novembre 2006, (ISBN 284736191X)
  • Michael Ross, The Volunteer, the incredible true story of an Israeli spy, Skyhorse Publishings, 7 septembre 2007

Filmographie[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]