Dôme de fer

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Batterie du Dôme de fer déployé près de Sdérot en Israël (juin 2011).

Le Dôme de fer (en hébreu : כיפת ברזל, prononcé kipat barzel, largement connu sous le nom anglais : Iron Dome) est un système de défense aérienne mobile israélien, développé par la société Rafael Advanced Defense Systems, conçu pour intercepter des roquettes et obus de courte portée (Counter Rocket, Artillery, and Mortar ou C-RAM). Le système est créé pour faire face aux attaques de roquettes lancées de la bande de Gaza et du Liban en direction des villes israéliennes, et a été déployé en 2010[1].

Contexte[modifier | modifier le code]

Durant le conflit israélo-libanais de 2006, environ 4 000 roquettes, (la plupart de type Katioucha), furent lancées par le Hezbollah en direction des villes du nord d'Israël, dont Haïfa, troisième plus grande ville du pays.

Au sud du pays, plus de 4 000 roquettes[2] et 4 000 obus de mortiers furent tirées de Gaza entre 2000 et 2008, principalement par le Hamas, la plupart de type Qassam mais également des roquettes Grad de plus longue portée.

En février 2007, le ministre de la Défense israélien Amir Peretz sélectionna le projet Dôme de fer comme étant la solution défensive aux attaques de roquettes. Depuis, 210 millions de dollars ont été investis en coopération avec les forces de défense israélienne (Tsahal).

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Radar Elta ELM-2084.
Maquette du missile Tamir du Dôme de fer lors d'une exposition. Il mesure 3 m de long pour 90 kg.

Le système est conçu pour détruire les roquettes dans un rayon de 4 à 70 kilomètres. Selon son fabricant, le Dôme de fer est opérationnel de jour comme de nuit, quelles que soient les conditions météorologiques, et il est capable de faire face à des attaques simultanées et nombreuses.

Le Dôme de fer est composé de trois éléments principaux :

  • un radar tridimensionnel à balayage électronique de détection et de pistage : le radar ELM-2084 est construit par la société Elta (en) capable, selon son constructeur, de localiser une munition tiré à plus de 100 km et suivre 200 cibles par minute[3] ;
  • un ordinateur de gestion de bataille et d'armement (BMC : Battle Management & Weapon Control) : le système est développé par la société mPrest Systems ;
  • un lance missiles : le système lance le missile intercepteur Tamir, équipé de capteurs électro-optiques et de huit ailerons de direction permettant une haute maniabilité.

Le radar détecte les lancements de roquettes, calcule leurs trajectoires, envoie les informations à l'ordinateur central, qui les utilise pour déterminer la localisation de l'impact. Si le projectile constitue une menace, notamment s'il se dirige vers une zone peuplée, un missile d'interception est alors lancé depuis un des trois lanceurs contenant 20 engins composant la batterie de missiles sol-air par un tireur.

Tests[modifier | modifier le code]

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  • Juillet 2008 : l'intercepteur Tamir est testé avec succès[4].
  • Mars 2009 : le système de missiles est testé avec succès sans toutefois intercepter un projectile réel[5].
  • Juillet 2009 : le système intercepte avec succès des roquettes Qassam et Katioucha lors d'un test organisé par le ministère de la Défense israélien.
  • Août 2009 : Tsahal crée un nouveau bataillon qui sera responsable du système Dôme de fer. Le système est d'abord déployé le long de la frontière avec Gaza puis le long de la frontière avec le Liban.
  • Janvier 2010 : le Dôme de fer intercepte avec succès plusieurs roquettes Qassam et Katioucha. Pinhas Buchris, directeur général du Ministère de la Défense, déclare que le système changera la vie des habitants du Sud et du Nord du pays.
  • Juillet 2010 : le système intercepte avec succès plusieurs roquettes Qassam et Katioucha. Pendant le test, le Dôme de fer a déterminé quelles roquettes seraient dangereuses et quelles seraient celles qui s'écraseraient sur des zones inhabitées. Le système n'a pas lancé de missiles intercepteurs pour les roquettes qui ne présentaient pas de menace.
  • Avril 2011 : le système Dôme de fer est utilisé avec succès sur le terrain, les 8 et 9 avril 2011, en interceptant 100 % des Qassam et Katyusha qui présentaient une menace réelle pour les localités du Sud d'Israël. Le système n'a pas lancé de missiles intercepteurs pour les roquettes qui ne présentaient pas de menace.

Financement[modifier | modifier le code]

En mai 2010, la Maison-Blanche a annoncé que le président américain Barack Obama demanderait un financement de 205 millions de dollars auprès du congrès américain pour soutenir la production et le déploiement du Dôme de fer.

Le 20 mai 2010, la chambre des représentants des États-Unis a approuvé le financement lors du vote 410-4.

Déploiement et engagement opérationnel[modifier | modifier le code]

Interception de roquettes par le système Dôme de fer durant l'Opération Pilier de défense en novembre 2012.

Le système Dôme de fer devait être opérationnel en novembre 2010, déployé dans un premier temps dans les bases aériennes du Sud d'Israël.

Selon le Jerusalem Post, le ministre de la Défense israélien est en discussion avec plusieurs pays européens sur la vente du système Dôme de fer qui pourrait protéger les forces de l'OTAN déployées en Afghanistan et en Irak[6]; ceux ci en 2012 n'ont pas abouti mais la Corée du Sud s’intéressait à ce système d'arme.

Le 19 juillet 2010, le ministère de la Défense israélien a annoncé que le système était prêt pour être mis en service en novembre 2010 et déployé à Sderot[7][réf. incomplète].

Le gouvernement israélien redoute que l'activation du système engendre une augmentation des tirs de roquettes[8][réf. incomplète].

Le 1er système a été déclaré opérationnel le 27 mars 2011[9].

En mars 2012, durant la confrontation du 10 au 14 ayant eu lieu avec des groupes armés palestiniens, les batteries antimissiles Dôme de fer qui ont été déployées autour des principales villes israéliennes se trouvant dans un rayon de 40 kilomètres de Gaza ont intercepté plus d'une cinquantaine de roquettes et missiles Grad palestiniens menaçant directement ces villes pour un taux de réussite proche de 90 %[10].

Début novembre 2012, quatre batteries sont opérationnelles et une cinquième est livrée le 17 novembre 2012 alors que l'Opération Pilier de défense est en cours. On estime à treize le nombre de batteries nécessaires pour couvrir l’ensemble des zones à défendre.

Les 17 et 18 novembre 2012, plusieurs roquettes tirées depuis la bande de Gaza sur Tel-Aviv ont été interceptées par le système antimissile Dôme de fer[11]. Au total, ce système a officiellement intercepté 412 des 1 265 roquettes tirés par le Hamas au 20 novembre[12].

Critiques[modifier | modifier le code]

Le Dôme de fer a été critiqué pour son coût jugé par certains prohibitif. Le coût d'un missile d'interception est estimé entre 35 000 et 50 000 dollars, voire 62 000 dollars selon une source française [13].

Des critiques sont émises sur l'inefficacité du Dôme de fer contre des roquettes Qassam lancées sur de très courtes distances. Un autre système anti-missiles est réputé plus efficace : Nautilus laser. De 1995 à 2005, les États-Unis et Israël ont développé conjointement Nautilus mais ont abandonné le système en le jugeant non réalisable. Néanmoins, la société de défense américain Northrop Grumman a proposé de développer un prototype évolué de Nautilus nommé Skyguard.

Skyguard utilisera un faisceau laser pour intercepter les roquettes. Le coût de chaque tir sera de 1 000 à 2 000 dollars. Avec un investissement de 180 millions de dollars, Northrop Grumman affirme qu'il est possible de déployer le système en 18 mois. Les représentants israéliens ont refusé la proposition compte tenu du délai et du coût additionnel. Les officiels israéliens insistent également qu'avec les améliorations récentes du Dôme de fer, le système est entièrement capable d'intercepter des roquettes Qassam.

Dans un article du Haaretz de janvier 2010[14], Reuven Pedatzur, professeur et analyste militaire à l'université de Tel Aviv a affirmé que le Dôme de fer était une vaste escroquerie, sachant que le temps de vol d'une roquette Qassam jusqu'à Sderot était de 14 secondes, alors que le système Dôme de fer identifie et intercepte une roquette après 15 secondes. Cela signifie que le système ne peut pas intercepter des roquettes lancées à moins de 5 kilomètres. L'auteur souligne l'écart gigantesque entre le coût d'un missile du Dôme de fer (50 000 dollars) et le coût d'une roquette Qassam (300 dollars ou 1 000 dollars). Il est toutefois moins onéreux que d'autres missiles sol-air (440 000 dollars pour un RIM-116 Rolling Airframe Missile).

Les critiques du professeur Pedatsur devaient s'avérer sans fondement, comme l'avait fait remarquer son contradicteur, le général-ingénieur Dori Gold, chef exécutif du projet. Lors de l'opération israélienne Pilier de défense (novembre 2012), Kipat Barzel a été aussi efficace pour protéger Sdérot qu'il l'a été pour d'autres localités du sud du pays exposées aux missiles du Hamas et des autres groupes islamistes de Gaza[réf. nécessaire].

Le général Dori Gold avait noté que le Pr Pédatsur fondait ses calculs sur une approche erronée d'un tir de missile. Celui-ci ne se comporte pas comme le tir d'une balle — tendu par définition — mais s'élève et décrit une parabole en altitude avant de retomber sur sa cible. En visant un objectif situé à 4 km, il doit parcourir une distance de 11 km. De ce fait, il entre doublement dans le champ de calcul du radar de détection (altitude et temps de parcours). Les faits lui ont donné raison[15][réf. nécessaire].

Des nouvelles critiques se sont élevés contre l'efficacité supposé de ce système anti-roquettes et anti-artillerie. Les scientifiques à l'origine de ces critiques travaillent pour Raytheon, leader mondial du secteur et Rafael, le fabricant du Dôme de fer. Ils ont étudié les vidéos amateurs des interceptions réelles et ils ont constaté que le taux de succès est d'autour 5%, contre le 84% revendiqué par le gouvernement Israélien. Une interception réussie doit montrer deux détonations, celle du missile Tamir et consécutivement, celle de la charge explosive de la roquette ou l'obus à intercepter. Or, les vidéos montrent que le plus souvent il y a seulement l'explosion du missil Tamir[16].

Notes et références[modifier | modifier le code]

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Iron Dome » (voir la liste des auteurs)

  1. Le système de défense antimissile israélien de Jennifer Laszlo Mizrahi et Laura Kam.
  2. Israël va déployer un bouclier antiroquettes, Le Figaro.fr, publié le 20 juillet 2010.
  3. [PDF]« Multi Mission Radar (MMR) Family - ELM-2084 », sur Elta (consulté le 18 novembre 2012)
  4. Israeli arms company successfully tests Iron Dome anti-Qassam missile |url=http://www.haaretz.com/hasen/spages/999680.html
  5. Israel successfully tests anti-rocket system|url=http://www.guardian.co.uk/world/feedarticle/8425672
  6. (en) NATO forces interested in Iron Dome, The Jerusalem Post, publié le 3 octobre 2010.
  7. http://fr.jpost.com/servlet/Satellite?cid=1278860676356&pagename=JFrench%2FJPArticle%2FShowFull The Jerusalem Post.
  8. Nouvelle pluie de roquettes ?, de Yaakov Katz, The Jerusalem Post.
  9. Associated Press du 27 mars 2011.
  10. Iron Dome, l'ange gardien d'Israël, metrofrance.com, publié le 13 mars 2012.
  11. http://french.cri.cn/621/2012/11/18/581s302702.htm#.UKhcWRJsn_M
  12. Vincent Lamigeon, « Ce qu'on ne dit pas sur l'opération militaire d'Israël à Gaza », sur Challenges,‎ 20 novembre 2012 (consulté le 22 novembre 2012)
  13. Paul Lanuny, « L'US Navy s'intéresse aux armes laser », Défense et Sécurité internationale, no 83,‎ juillet-août 2012, p. 81 (ISSN 1772-788X)
  14. (en) Comment / Iron Dome success does nothing to ease rocket threat, par Reuven Pedatzur, Haaretz, publié le 13 janvier 2010.
  15. Aroutz 10. Interview du 16/11/02 : " Pilier de Défense, Spécial direct"
  16. http://www.newleftproject.org/index.php/site/blog_comments/new_study_journalists_experts_are_massive_bullshitters\ New study journalists experts are massive bullshitters, 10 Mars 2013.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]