Izz al-Din al-Qassam

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Izz al-Din al-Qassam

Izz al-Din al-Qassam (عزّ الدين القسّام) est un soufi tijani né en Syrie en 1882 et mort en 1935 lors d'une bataille contre les Britanniques. Il est considéré comme un des pères de la résistance palestinienne. Pour les Palestiniens, Izz al-Din al-Qassam est le précurseur de la lutte nationale palestinienne. Il est la première personne à défendre l'idée d'une lutte armée pour soutenir l'action politique[1].

Izz al-Din al-Qassam est né à Jabla un village près du port de Lattaquié en Syrie dans une famille paysanne[2]. Il a fait ses études à l'Université al-Azhar en Égypte où il s'est nourri des idées de l'Islam réformiste et salafiste. Lors de son séjour, il s'est opposé à l'Islam institutionnel du Mufti et des Oulémas. Anti-colonialiste et anti-sioniste, son but était l'établissement d'un État islamique en Palestine grâce au Jihad armé.

La résistance en Palestine[modifier | modifier le code]

Il résiste d'abord contre l'occupation française de son pays après la Première Guerre mondiale. Il est condamné à mort par un tribunal français[2]. Il passe clandestinement en Palestine, où leader du mouvement, il organise en tant que prédicateur doté d'une grande éloquence, dès son arrivée à Haïfa en 1921[2], la résistance contre le mandat britannique sur la Palestine, dont il estime qu'elle prépare de fait la mainmise des mouvements sionistes sur les terres palestiniennes, et la création d'un foyer national juif. Son action repose sur ces principes[2]:

  1. Former des cadres pour la révolution et les entrainer physiquement, politiquement et militairement.
  2. lancer une révolution armée, seule façon de mettre fin au mandat britannique et d'empêcher la création d'un État sioniste.
  3. Mobilisation du peuple pour qu'il soutienne la révolution et y participer éventuellement

En tant que cheikh, Izzedine voyage beaucoup et s'adresse à différentes franges de la population. Ses sermons politiques et religieux enseignent que la solution du problème palestinien passe par la lutte armée. Il s'oppose également aux dirigeants des grands familles et aux riches propriétaires fonciers car il pense qu'ils font le jeu du mandat britanniques et des sionistes[2].

Groupe al-Qassam[modifier | modifier le code]

En 1925, il conduit un mouvement pour réaliser son programme, sous le couvert d'activités religieuses ce qui lui permettait de ne pas être inquiété par les autorités britanniques, composé de cellules de 5 personnes, constitué surtout de paysans qui ont perdu leur bien et nombreux dans les quartiers misérables de Haïfa[2]. Jusqu'en 1935, il a enrôlé entre 200 et 800 partisans. Les muftis refusent qu'il utilise l'argent destiné à l'entretien des mosquées pour financer son mouvement armé. C'est auprès des nationalistes arabes qu'il trouve du soutien en particulier chez Istiqlal. Son mouvement est composé de cinq départements qui ont pour tache[3]:

  1. Préparer le peuple à la révolution
  2. Assurer l'entrainement militaire. Il est aidé par d'anciens officiers de l'armée ottomane
  3. S'occuper de l'achat d'armes, caches et entretien
  4. Observation et surveillance de l'ennemi
  5. S'occuper des relations extérieurs.

En décembre 1932, Izzedine estime que son groupe est assez entrainé et installe son quartier général dans les grottes dans une région montagneuse de Jénine. Le groupe mène également sa première attaque en prenant pour cible une colonie juive de Nahalal située en Jénine et Haifa[3].

À la fin de 1935 et à l'occasion de l'anniversaire de la déclaration de Balfour, Izz al-Din se réunit avec ses lieutenants et décide de passer à l'action ouverte. Il envoie un émissaire pour transmettre à son rival le mufti Amin al-Husseini le message suivant: « Le moment de lancer la révolution est arrivé. Je déclenche la lutte armée dans le Nord, faites de même dans le Sud ». Le mufti lui répond: « Moi, je recherche une solution pacifique »[3].

Sa mort[modifier | modifier le code]

Certains lui font remarquer la faiblesse de ses troupes, 200 hommes environ, mais il répond « Peu importe, il nous faut seulement un exemple au peuple ». À partir de novembre 1935, il mène la révolte populaire arabe à l'écart des dirigeants traditionnels, avec une nette coloration d'islam populiste et de guerre sainte. Le 19 novembre, Izz eddine et ses hommes sont assiégés par 600 soldats britanniques dans les forêts de Jénine. Il se livre dans une bataille inégale à l'issue de laquelle il trouve la mort avec trois de ses compagnons[1]. Après sa mort, en novembre, une grève générale est lancée pour obtenir l'arrêt de l'immigration juive et la vente des terres aux Juifs. Elle se prolongera jusqu'en octobre 1936. Parallèlement, les actions de guérilla contre les installations britanniques se multiplient.

Devenu un martyr, ses idées ne sont pas oubliées par les mouvements de résistance palestiniens. En 1965, le journal Al-Fatah écrit « Aujourd'hui avec les principes et les idéaux d'al-Qassam au cœur de notre mouvement de libération nationale Fatah, nous nous souvenons de lui comme du premier combattant palestinien de la liberté et de l'un des plus nobles et des plus dévoués révolutionnaires de cette région du monde »[1]. Son nom est récupéré par les nationalistes sécularistes, et a été donné à la branche armée du Hamas : les Brigades Izz al-Din al-Qassam.

Izz al-Din al-Qassam est aujourd'hui enterré au cimetière musulman de Haifa et sa tombe a été profanée à plusieurs reprises (notamment en 1999) par des extrémistes juifs de droite[4].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Livres[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Xavier Baron : Les Palestiniens, Genèse d'une nation. p 48
  2. a, b, c, d, e et f Xavier Baron : Les Palestiniens, Genèse d'une nation. p 46.
  3. a, b et c Xavier Baron : Les Palestiniens, Genèse d'une nation. p 47
  4. Palestineremembered.com