Ahmed Yassine

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Ahmed Yassine, né en 1938, était le fondateur et le dirigeant spirituel du Hamas. Il est mort [1] dans une attaque de l'armée israélienne, le à Gaza[2].

Presque aveugle, il était tétraplégique et se déplaçait en fauteuil roulant depuis un accident de sport survenu à l'âge de 12 ans[3]. Leader emblématique des mouvements palestiniens islamistes, son influence et sa popularité furent croissantes à partir des années 1980, et Yassine devint une personnalité susceptible de s'opposer à Yasser Arafat et à l'OLP[4].

Adversaire des accords d'Oslo et de toute solution négociée avec les israéliens, Yassine encourageait les attentats-suicides contre Israël dans ce qu'il considérait être une riposte à ce qu'il voyait comme des agressions en Palestine[5]. Il est considéré par une partie de la communauté internationale comme responsable de la mort de nombreux civils dans le cadre d'attentats-suicides[1].

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Son année de naissance n'est pas connue précisément, mais lui-même indiquait 1938. Yassine est né dans le village d'Al-Goura près de la ville d'Ashkelon, mais il a grandi dans un camp de réfugiés de la bande de Gaza après la destruction de son village par les Israéliens durant la guerre israélo-arabe de 1948[réf. nécessaire] qui suivit immédiatement la création de l'État d'Israël.

Yassine étudie à l'université al-Azhar au Caire, en Égypte, après avoir suivi un collège d'enseignement général, malgré sa paralysie consécutive à un accident survenu à l'âge de 12 ans. Cette université étant un foyer de l'islam et du nationalisme arabe, Yassine rejoint pendant ses études le mouvement des Frères musulmans.

Militantisme[modifier | modifier le code]

En 1987, Yassine va créer légalement et enregistrer en Palestine le mouvement Al-Moujamma al-Islami qui servira de base institutionnelle au Hamas[6].

Yassine fonde le Hamas au début de la première Intifada en 1987, l'appelant à l'origine « l'aile palestinienne de la fraternité musulmane ».

Yassine déclare alors régulièrement que « la terre de Palestine est consacrée pour les générations musulmanes futures jusqu'au jour du Jugement » et que « ce chemin de paix prétendu n'est pas la paix et ce n'est pas un remplaçant du jihad et de la résistance ».

En 1997, Yassine est libéré pour être échangé contre deux membres du Mossad emprisonnés en Jordanie suite à l'échec à Amman d'une tentative d'assassinat de Khaled Mechaal, autre dirigeant du Hamas. Yassine est expulsé d'Israël.

Après sa sortie de prison, Yassine reprend son rôle de dirigeant spirituel du Hamas. Il renouvelle immédiatement ses appels à la « résistance contre l'occupation israélienne », en préconisant des tactiques incluant les attaques-suicides contre des cibles israéliennes, tant militaires que civiles. Après s'être opposé un temps aux attentats-suicides de femmes palestiniennes, il finit par les justifier en 2002, ce qui provoque l'apparition des premières femmes kamikazes.

Pendant les différentes étapes du « processus de paix » entre Israël et l'Autorité palestinienne, Yassine est à plusieurs reprises assigné à résidence par celle-ci. Mais, à chaque fois, il est finalement libéré, souvent à la suite d'importantes manifestations de ses partisans.

Assassinat[modifier | modifier le code]

Le , des sources israéliennes annoncent qu'Ahmed Yassine « n'est pas protégé » contre un éventuel assassinat ciblé de l'armée israélienne. Trois mois plus tard, le , des F-16 de l'armée de l'air israélienne lancent une bombe de 250 kg sur une habitation de la ville de Gaza. Ahmed Yassine, qui se trouvait à l'intérieur du bâtiment, est légèrement blessé par cette attaque. Les fonctionnaires israéliens confirmeront plus tard que Ahmed Yassine était la cible de l'attaque. L'échec de l'opération est du à un désaccord entre le Shin Bet qui souhaitait utiliser une bombe d'une tonne et l'armée de l'air qui souhaitait annuler l'opération de peur de dommages collatéraux. Une solution de compromis fut finalement retenue par Ariel Sharon qui se révéla inefficace[7]. Ahmed Yassine fut soigné à l'hôpital Shifa, à Gaza.

Après cette attaque, Ahmed Yassine déclare aux journalistes : « Le temps prouvera que la politique d'assassinat ne détruira pas le Hamas. Les dirigeants du Hamas veulent être des martyrs et n'ont pas peur de la mort. Le Jihad continuera et la résistance continuera jusqu'à ce que nous ayons la victoire, ou nous serons des martyrs. » Plus tard, Ahmed Yassine déclare encore que le Hamas donnera « une leçon inoubliable à Israël », en représailles à cette attaque.

Finalement, Ahmed Yassine est assassiné[1] dans une autre attaque israélienne, le , alors qu'il quitte une mosquée pour la première session de prière du matin. Il est frappé par des missiles tirés depuis des hélicoptères de combat, et il est tué sur le coup ; neufs spectateurs ainsi que ses deux gardes du corps y perdent la vie. Deux de ses fils sont blessés. L'attaque suivait la déclaration de Yassine selon laquelle « la réponse d'Israël à l'attentat-suicide d'Ashdod était faible et qu'ainsi le Hamas gagnera en force ».

L'attaque fut considérée comme une vengeance israélienne contre les attaques-suicides commanditées par le Hamas. Ismail Haniyeh, alors porte-parole du Hamas, fit la déclaration suivante : « C'est la fin dont le cheikh Ahmed Yassine avait rêvé. » La direction du Hamas déclara qu'Ariel Sharon avait « ouvert les portes de l'enfer »[8].

La plupart des pays, à l'exception des États-Unis, ont fermement condamné l'assassinat de Ahmed Yassine, critiquant son caractère extra-judiciaire[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c (en) « Déclaration du ministre de la Défense Shaul Mofaz sur l'assassinat », sur Israel Diplomatic Network, daté du 22 mars 2004
  2. (en) « Follows Suicide Bombings: Missiles 'Shattered' Bodies of Spiritual Chief, Bodyguards As They Left Mosque », sur jewishtoronto.net daté de 2004
  3. (en) « Key Facts: Yassin's Lifelong Battle Against Israel », The Independent daté du 22 mars 2004
  4. « How Israel and the United States Helped to Bolster Hamas », sur democracynow.org daté du 26 janvier 2006
  5. (en) « Sheikh Yassin: Spiritual Figurehead », sur BBC daté du 22 mars 2004
  6. https://fr.wikipedia.org/wiki/Ahmed_Yassine
  7. Dror Moreh, The Gatekeepers, 2012, témoignage de Avi Dichter, directeur du Shin Bet de 2000 à 2005
  8. PO - Les Palestiniens jurent de venger cheikh Yassine, sur LCI daté du 23 mars 2004
  9. (en) Leaders condemn Yassin killing sur CNN daté du 23 mars 2004

Voir aussi[modifier | modifier le code]