Ante Pavelić

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Ante Pavelić
Image illustrative de l'article Ante Pavelić
Fonctions
Poglavnik de l'État indépendant de Croatie
Monarque Tomislav (1941 - 1943)
Premier ministre Nikola Mandić (à partir de 1943)
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Bradina, Konjic, Condominium austro-hongrois de Bosnie-Herzégovine
Drapeau de l'Autriche-Hongrie Autriche-Hongrie
Date de décès (à 70 ans)
Lieu de décès Madrid
Drapeau : Espagne Espagne
Nationalité Croate
Parti politique Oustachis
Diplômé de Université de Zagreb
Profession Avocat
Religion Catholique romain

Signature
Adolf Hitler recevant Ante Pavelić au Berghof, le .
Joachim von Ribbentrop et Ante Pavelic en 1941.

Ante Pavelić (né à Bradina, Condominium austro-hongrois de Bosnie-Herzégovine, le – mort à Madrid, le ) était un homme politique croate. Fondateur du mouvement nationaliste croate des Oustachis (Ustaše), il fut le dirigeant de l’État indépendant de Croatie (Nezavisna Država Hrvatska, NDH) pendant la Seconde Guerre mondiale.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ante Pavelić est né dans une famille catholique peu fortunée. Après des études de droit à Zagreb, il devient avocat et assure la défense de plusieurs patriotes croates et macédoniens poursuivis par les tribunaux serbes. Il s’engage en politique dans le parti croate du Droit, un mouvement nationaliste opposé à la monarchie du Royaume de Yougoslavie et partisan de l’indépendance de la Croatie. En 1922 il épouse Maria Lovrenčević avec laquelle il aura trois enfants, deux filles Višnja et Mirjana et un fils Velimir. Maria était d'origine juive par la famille de sa mère et son père, Martin Lovrenčević, membre du parti croate du Droit était un journaliste renommé. Élu conseiller municipal de Zagreb puis député (1927), il est contraint à l’exil en 1929 lors de l’avènement du roi Alexandre Ier, lequel met en place une dictature pro-serbe. A la fin de la même année, il est condamné à mort par contumace par un tribunal serbe.

Pavelić se réfugie d’abord à Vienne, où il prend contact avec des officiers autrichiens anti-yougoslaves. À Rome où il réside ensuite, il fonde un nouveau parti nationaliste, en collaboration avec les membres de la faction dure du Parti croate du Droit, exilés comme lui. Ce sera le parti des oustachis (de ustaš, « insurgé, rebelle »). Le groupe s'inspire des méthodes et reçoit les conseils de l'ORIM (Organisation révolutionnaire pour l'Indépendance de la Macédoine). Il a d’abord des activités terroristes : il commandite l'assassinat le d'Alexandre Ier, en visite d'État à Marseille. Le ministre français des Affaires étrangères Louis Barthou est aussi tué lors de l'attentat. Soutenu par les mouvements fascistes italiens, il prend de l’ampleur et implante des camps d’entraînement en Hongrie.

Le , la Yougoslavie est envahie par les forces de l’Axe. Pavelić devient le dirigeant de l’État indépendant de Croatie créé le , inféodé de fait à l’Allemagne et à l’Italie, dont il copie les institutions. Le régime en place persécute et assassine 35 000 Juifs, entre 172 000[1] et 290 000[2] Serbes et 25 000 Tziganes[3], les opposants croates (notamment communistes). Son mot d’ordre à l’égard des Serbes est d’en « exterminer un tiers, en chasser un tiers, en convertir un tiers. » Après avoir promulgué des lois anti-juives, Pavelić crée un camp de concentration appelé Jasenovac. L’armée du NDH combat également, avec les forces de l’Axe, contre le mouvements des résistants de Tito (les Partisans communistes) et les Tchetniks (royalistes).

En 1945, Pavelić s’enfuit et se réfugie en Autriche, puis à Rome, avant de s’installer en Argentine où il reçoit la protection de Juan Perón. L’Église catholique romaine est fortement soupçonnée de l’avoir aidé à fuir, en alléguant de la bienveillance du pape Pie XII à son égard pour le soutien que le régime des oustachis et l'église catholique se sont mutuellement apporté pendant la Seconde guerre mondiale.

En 1957, il fut blessé lors de deux tentatives d’assassinat, vraisemblablement commanditées par les services secrets yougoslaves. Découvert, il dut s'exiler afin d'éviter l’extradition. Il se réfugia en Espagne à Madrid, où il mourut en 1959, des séquelles de ces attentats. Il est d'ailleurs enterré dans la capitale espagnole.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Vladimir Žerjavić, Manipulations with the number of Second World War victims, Croatian Information Centre, 1993, p.7
  2. Marko Attila Hoare, Genocide and Resistance in Hitler's Bosnia: The Partisans and the Chetniks, Oxford University Press, 2006, p.23–24
  3. Patrick Barriot, Eve Crépin on assassine un peuple les Serbes de krajina éd. L'âge d'homme 1995 p.50 (ISBN 2-8251-0674-7)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

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