Fédération de Bosnie-et-Herzégovine

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Fédération de Bosnie-et-Herzégovine
Federacija Bosne i Hercegovine (bs)
Федерација Босне и Херцеговине (bs)
Image illustrative de l'article Fédération de Bosnie-et-Herzégovine
Administration
Statut politique Entité administrative de la Bosnie-Herzégovine
Capitale Sarajevo
Gouvernement
- Président
- Premier ministre
Régime parlementaire
Živko Budimir
Nermin Nikšić
Démographie
Population 2 852 732 hab. (2009)
Densité 109 hab./km2
Langue(s) bosnien, croate, serbe
Géographie
Coordonnées 43° 49′ 48″ N 17° 42′ 36″ E / 43.83, 17.7143° 49′ 48″ Nord 17° 42′ 36″ Est / 43.83, 17.71  
Superficie 26 076 km2 [1]
Divers
Monnaie Mark convertible (BAM)
Fuseau horaire UTC +1 (hiver)
UTC+2 (été)
Domaine internet .ba
Indicatif téléphonique +387
Hymne Intermeco
Devise aucune

La Fédération de Bosnie-et-Herzégovine (ou plus rarement Fédération de Bosnie-Herzégovine) est une des deux entités qui composent la Bosnie-Herzégovine avec la République serbe de Bosnie.

La Fédération de Bosnie-et-Herzégovine est encore appelée parfois comme à son origine « Fédération croato-musulmane » ou « Fédération croato-bosniaque » car étant peuplée principalement de Croates de Bosnie et de Bosniaques (à l'exception du canton de Bosnie de l'Ouest, majoritairement serbe avec une minorité croate)[2].

Toponymie[modifier | modifier le code]

La Bosnie-Herzégovine (Bosna i Hercegovina / Босна и Херцеговина) ne doit pas être confondue avec la Fédération de Bosnie-et-Herzégovine (Federacija Bosne i Hercegovine / Федерација Босне и Херцеговине) même si cette dernière est chargée de représenter la totalité du pays aux yeux de la communauté internationale.

Histoire[modifier | modifier le code]

Carte de la Fédération de Bosnie et Herzégovine.

Le 18 novembre 1991, les dirigeants nationalistes du parti Union démocratique croate de Bosnie-Herzégovine ou HDZ-BiH décrètent la création de la « Communauté croate d'Herceg-Bosna » qui deviendra la « République d'Herceg-Bosna » dans les zones peuplées majoritairement de Croates de Bosnie (région de Mostar et sud-ouest de la Bosnie-Herzégovine).

En prévision de l'indépendance de la Bosnie-Herzégovine qui surviendra le 1er mars 1992, les Serbes de Bosnie-Herzégovine font sécession et déclarent le 9 janvier 1992 la création de la « République des Serbes de Bosnie et Herzégovine » qui deviendra le 12 août 1992 la « République serbe de Bosnie ».

Le 6 avril 1992, la guerre d'indépendance de la Bosnie-Herzégovine se déclenche entre forces serbes de Bosnie et le peuple de la Bosnie-Herzégovine. Le 27 septembre 1993, des Bosniaques dissidents de la municipalité de Velika Kladuša au nord-ouest du pays déclarent la création de la République de Bosnie occidentale et s'opposent aux Croates et aux Bosniaques en s'alliant aux Serbes. Cette guerre civile entre les quatre entités durera jusqu'au 14 décembre 1995.

Début 1994, des négociations entre dirigeants bosniaques de la Bosnie-Herzégovine et dirigeants croates de la République d'Herceg-Bosna arrivent à un compromis et ils signent le 18 mars 1994 les accords de Washington qui donnent naissance à la « Fédération croato-musulmane » par réunion territoriale, politique, culturelle, économique, etc. de la République d'Herceg-Bosna et du territoire contrôlé par l'armée de Bosnie-Herzégovine.

Les Bosniaques et Croates mettent alors leur force en commun pour tenter de repousser les forces serbes de la République serbe de Bosnie qui gagne du terrain depuis le début de la guerre.

À la mi-juillet 1995, l'enclave bosniaque de Srebrenica tombe au mains des Serbes qui commettent un massacre faisant environ 8 000 morts et prennent en otage les casques bleus de la Forpronu (environ 600 soldats). Cet acte décidera les forces de l'OTAN à intervenir militairement dans cette guerre.

Le 5 août 1995, la chute de la République serbe de Krajina en Croatie affaiblit les forces serbes et permet à l'armée croate de traverser la frontière bosno-croate, de dissoudre la République de Bosnie occidentale et de soutenir l'armée de la Fédération croato-musulmane qui, appuyée par les bombardements aériens, fait reculer les forces serbes notamment dans l'ouest du pays.

Le 14 décembre 1995 sont signés les accords de Dayton qui mettent fin à la guerre en reconnaissant et en fixant les frontières de la Fédération croato-musulmane (51 % de la Bosnie-Herzégovine) et de la République serbe de Bosnie (49 % de la Bosnie-Herzégovine), non sans régler tous les contentieux territoriaux.

L'un d'eux verra la création du district fédéral de Brčko le 5 mars 1999[3] par la reconstitution du territoire de la municipalité de Brčko. Ce district, s'il permet à la Fédération croato-musulmane d'accéder au premier port du pays et de transiter plus facilement vers la Croatie, coupe aussi le territoire de la République serbe de Bosnie en deux et est donc source de tension entre les deux entités.

En 2001, la Cour constitutionnelle de Bosnie-Herzégovine érige les Serbes au rang de nation constituante de la Fédération croato-musulmane (de même que pour les Croates et les Bosniaques de la République serbe de Bosnie). Afin de mieux prendre en compte cette décision, la Fédération croato-musulmane est rebaptisée « Fédération de Bosnie et Herzégovine ».

Le 1er mars 2006, la Cour constitutionnelle de Bosnie-Herzégovine, au nom de l'égalité ethnique, a déclaré illégaux le drapeau, les armoiries et l'hymne de la Fédération de Bosnie et Herzégovine. Le 1er septembre 2006 au plus tard, la Fédération de Bosnie et Herzégovine devra changer ces symboles afin qu'ils reflètent mieux la diversité ethnique. La Fédération de Bosnie et Herzégovine pourra adopter les symboles de la Bosnie-Herzégovine si elle le souhaite[4]. Le 27 janvier 2007, la Cour constitutionnelle a rappelé le caractère inconstitutionnel des drapeau, armoiries et hymne de la Fédération de Bosnie et Herzégovine sans qu'aucun autre symbole n'ait été adopté par cette entité[5]. Néanmoins, il semblerait que ces symboles inconstitutionnels soient encore en usage bien que certaines sources affirment qu'ils ont apparemment été déposés de tous les bâtiments officiels[réf. nécessaire].

Géographie[modifier | modifier le code]

Vue de Sarajevo

La Fédération de Bosnie-et-Herzégovine occupe le sud-ouest et le centre de la Bosnie-Herzégovine et couvre 51 % de sa superficie. Aucune partie de son territoire n'a de frontière avec la Serbie.

La majeure partie de son territoire est occupée par les Alpes dinariques et est peu propice à l'agriculture hormis notamment les vallées de la Neretva, de la Bosna, de l'Una ou de la Vrbas.

Bien que la mer Adriatique ne soit jamais loin de la majorité du territoire, la fédération ne totalise que 23 kilomètres de côtes au port de Neum.

Politique[modifier | modifier le code]

La Fédération de Bosnie-et-Herzégovine possède une capitale, un président, un gouvernement, une armée, une police et un drapeau. Elle représente en son nom la totalité de la Bosnie-Herzégovine, donc la République serbe de Bosnie, dans les organismes internationaux et auprès des autres États.

La présidence est formée d'un collège de trois membres, un Bosniaque, un Croate et un Serbe, élus par les délégués de leur communauté respective à la Chambre des représentants. L'un d'entre eux est président, les deux autres vice-présidents. Le conseil exécutif est formé des seize ministres dont l'ethnie est définie selon le système des quotas : huit Bosniaques, cinq Croates et trois Serbes.

Le Parlement est composé de deux chambres :

  • la Chambre des représentants, composée de 98 représentants élus au suffrage universel pour 4 ans.
  • la Chambre des peuples, composée de 58 délégués élus par les assemblées cantonales pour 4 ans.

Paradoxalement, il existe des institutions qui fonctionnent au niveau ethnique. Ainsi, il existe une poste bosniaque et une poste croate, un service de télécommunications bosniaque et un service de télécommunications croate, etc., mais ce système tend à disparaître au profit d'un système unique comme c'est le cas pour la police. La police est d'ailleurs commune à la Fédération de Bosnie-et-Herzégovine et à la République serbe de Bosnie et est administrée par un ministère de la sécurité de la Bosnie-Herzégovine depuis 2010.

Les armées des deux entités ont été unifiées fin 2005 et les deux ministères de l'armée et de la défense ont été abandonnés au profit d'un ministère d'État le 1er janvier 2006.

Sarajevo est aussi la capitale officielle de la République serbe de Bosnie. Mais étant inaccessible pour son gouvernement car se trouvant sur le territoire de la Fédération de Bosnie-et-Herzégovine, Banja Luka est la capitale de facto de cette entité.

Régions administratives[modifier | modifier le code]

La Fédération de Bosnie-et-Herzégovine est subdivisée en 79 municipalités groupées en dix cantons :

Bosnia and Herzegovina, administrative divisions - Nmbrs (cantons) - colored.svg
  1. Canton d'Una-Sana (Unsko-Sanski Kanton) : canton bosniaque
  2. Canton de Posavina (Posavski Kanton) : canton croate
  3. Canton de Tuzla (Tuzlanski Kanton) : canton bosniaque
  4. Canton de Zenica-Doboj (Zeničko-Dobojski Kanton) : canton bosniaque
  5. Canton du Podrinje bosnien (Bosanskopodrinjski Kanton) : canton bosniaque
  6. Canton de Bosnie centrale (Srednjebosanski Kanton / Županija Središnja Bosna) : canton ethniquement mixte
  7. Canton de Neretva-Herzegovine (Hercegovačko-neretvanski Kanton / Hercegovačko-neretvanska Županija) : canton ethniquement mixte
  8. Canton de l'Herzégovine de l'ouest (Zapadnohercegovačka Županija) : canton croate
  9. Canton de Sarajevo (Kanton Sarajevo) : canton bosniaque
  10. Canton de Bosnie de l'ouest (Zapadnobosanska/Hercegbosanska Županija) : canton ethniquement mixte (croates et serbes)

Afin d'inclure le plus possible dans la Fédération les zones habitées par les Bosniaques et les Croates, la frontière avec la République serbe de Bosnie effectue de nombreux détours, comme Gorašde ou Jajce et crée deux enclaves à la frontière nord avec la Croatie.

Bien que la Fédération de Bosnie et Herzégovine ait récupéré le port de Neum (seul accès à la mer Adriatique de la Bosnie-Herzégovine), elle était privée du plus grand port du pays, Brčko, situé sur la Save, un affluent du Danube. Soucieux de ne pénaliser aucune des deux entités de la Bosnie-Herzégovine, le port fluvial de Brčko échappe depuis 1999 à la partition et la commune est gérée au niveau fédéral.

Population[modifier | modifier le code]

Composition ethnique de la Bosnie-Herzégovine en 2005 : Serbes, Bosniaques et Croates de Bosnie

La population de la Fédération de Bosnie et Herzégovine s'élevait à 3 025 464 habitants en 2006 mais elle avait fortement diminué et varié en composition ethnique dans les années 1990 à cause de la guerre en Bosnie (morts, exode, expulsions, etc). La fédération de Bosnie et Herzégovine a ainsi vu des Serbes fuir vers la République serbe de Bosnie ou la Serbie, des Bosniaques et croates affluer de République serbe de Bosnie et des Croates partir en exil en Croatie. Depuis la fin de la guerre, on assiste à un retour de réfugiés dans leurs foyers, surtout des Serbes.

Les groupes ethniques les plus représentés sont les Bosniaques (72,9 %), les Croates (21,8 %) et les Serbes (4,4 %). Il existe aussi d'autres minorités (1 %).

Par une décision de la Cour Constitutionnelle de 2001, les Serbes ont été déclarés groupe ethnique constituant de la Fédération de Bosnie et Herzégovine, de même que les Bosniaques et les Croates au sein de la République serbe de Bosnie.

Les dix villes les plus peuplées de la Fédération de Bosnie et Herzégovine sont (chiffres de 2006) :

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]