Armée populaire yougoslave

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Armée populaire.

L’Armée populaire yougoslave (Jugoslavenska/Jugoslovenska narodna armija, JNA, en slovène Jugoslovanska ljudska armada, JLA) fut l’armée de la République fédérative socialiste de Yougoslavie avant son effondrement.

Insigne de l'armée populaire yougoslave

Origine[modifier | modifier le code]

Les racines de la JNA datent de la Seconde Guerre mondiale avec les forces partisanes commandées par Tito, qui en 1942 deviennent l’Armée populaire de libération et des détachements de Partisans de Yougoslavie (Narodnoslobodilačka vojska i partizanski odredi JugoslavijeNOV i POJ). En mars 1945 la NOVJ fut renommée Armée yougoslave (Jugoslovenska armija) et finalement se vit adjoindre l’adjectif populaire', ' pour souligner l’aspect communiste de ses troupes, le .

En 1969, fut créée la défense territoriale de la République fédérative socialiste de Yougoslavie.

Organisation[modifier | modifier le code]

De nombreuses allégations furent émises concernant la composition ethnique de la JNA, mais au début des années 1990, à peu près 90 % des officiers sont Serbes ou Monténégrins.

La langue officielle de la JNA était le serbo-croate en écriture latine, par endroit en écriture cyrillique. Ainsi, tous les citoyens âgés de plus de 18 ans de la République fédérative socialiste de Yougoslavie étaient forcés d'utiliser cette langue, même s'ils étaient originaires de Slovénie, Macédoine, ou Kosovo.

La JNA a officiellement été dissoute en mai 1992. Elle fut rebaptisée Armée de Yougoslavie et Armée de la République Serbe de Bosnie. Sur les restes de l'armée de Yougoslavie, sont nées l'actuelle armée de Serbie et l'armée du Monténégro.

En août 1991 elle se composait de 3 régions militaires et du secteur naval englobant la mer Adriatique[1].

Située à Belgrade, capitale de la république socialiste de Serbie, elle est composée de :

40 000 soldats, 968 chars de combat, 633 véhicules blindés, 1 392 pièces d'artillerie dont 92 lance-roquettes multiples.

Commandée par le général Života Panić, cette région militaire est composée de :

  • 4e régiment de Sarajevo
  • 5e régiment de Banja Luka
  • 12e régiment de Novi Sad, commandé par le général Andrija Biorčević
  • 17e régiment de Tuzla
  • 24e régiment de Kragujevac
  • 37e régiment de Užice
  • 1re division prolétarienne d'infanterie mécanisée de Belgrade commandé par le général Dragoljub Aranđelović
  • 1re brigade mixte anti char de Belgrade
  • 454e brigade mixte anti char de Derventa
  • 389e brigade d'artillerie de Banja Luka
  • 3e région militaire - Skopje

Située à Skopje, capitale de la république socialiste de Macédoine, elle est composée de :

41 000 soldats, 729 chars de combat, 472 véhicules blindés, 1 190 pièces d'artillerie dont 60 lance-roquettes multiples.

  • 5e région militaire - Zagreb

Située à Zagreb, capitale de la république socialiste de Croatie, elle est composée de :

35 000 soldats, 711 chars de combat, 367 véhicules blindés, 869 pièces d'artillerie dont 64 lance-roquettes multiples.

Commandée par le général Života Avramović puis remplacé par Konrad Kolšek.

  • 10e régiment de Zagreb commandé par le général Dušan Uzelac
  • 13e régiment de Rijeka
  • 14e régiment de Ljubljana commandé par Dane Popović puis le général Jovan Pavlov
  • 31e régiment de Maribor commandé par Dane Popović puis le général Mico Delić
  • 32e régiment de Varaždin commandé par le général Vladimir Trifunović
  • 580e brigade mixte d'artillerie de Karlovac
  • 5e Secteur militaire maritime de Pula
  • 8e Secteur militaire maritime de Šibenik
  • 9e Secteur militaire maritime de Boka (Kumbor)
  • 9e Régiment de Knin commandé par Tomislav Trajčevski, en 1989 Spiro Niković puis le général Vladimir Vuković, puis depuis juin 1991 par le colonel Ratko Mladić promu général le 4 octobre 1991.
  • 108e brigade mixte d'artillerie
  • 89e centre maritime
  • Flotte de guerre
  • 86e régiment d'infanterie de marine de Split

Infrastructure et équipement[modifier | modifier le code]

L’industrie de l’armement représentait une part importante du secteur de l’industrie lourde yougoslave, ainsi, avec des exportations d’un montant de 3 milliards de dollars annuels, celle-ci représentait le double des revenus du secteur touristique.

Le complexe militaro-industriel yougoslave pouvait satisfaire tous les besoins en matériels de l’armée yougoslave, elle exportait même environ 30 % de sa production, ce qui la positionnait dans les dix plus grands producteurs mondiaux d’armements.

À cette époque, 56 complexes industriels et environ un millier de sous-traitants constituaient l’industrie de l’armement yougoslave

44 % des capacités de production étaient en Serbie, 42 % en Bosnie-Herzégovine, 7,5 % en Croatie et le restant dans les autres républiques et régions.

La JNA avait des infrastructures modernes avec des bases aériennes et centres de contrôle souterrains. Le plus grand et le plus connu était l’aérodrome militaire de Željava Zeljava airport (en) à Bihać en Bosnie-Herzégovine. Abandonné en 1992 lors du retrait de la JNA, celui-ci fut détruit à l'aide de 56 tonnes d'explosifs.

  • Origine de l'équipement militaire :

Armée de terre

La majorité de l’équipement de l’armée de terre était produit localement par le complexe militaro-industriel. Les productions sous licence et importations de matériels avaient principalement pour origine les anciens pays du pacte de Varsovie.

Armée de l'air

La Yougoslavie avait également développé sa propre industrie aéronautique avec les constructeurs SOKO à Mostar (Bosnie-Herzégovine) et UTVA à Pančevo (Serbie). Une partie de la production fut exportée en Birmanie et en Libye.

Marine

La marine bénéficiait du savoir-faire des chantiers navals de l’Adriatique, dont la Yougoslavie était un des pays leader dans ce secteur jusqu’à la fin des années 1980.

Armes

En 1956, la JNA adopte les pistolets mitrailleurs Zastava M56 et M65.

Exportations[modifier | modifier le code]

Char de combat M-84

En 1979 le gouvernement yougoslave acquit une licence de production du char T-72 auprès des soviétiques. Le premier prototype fut construit en 1982 et la production débuta en 1984.

Plus de 700 exemplaires furent produits. On estime que 500 exemplaires du M-84 et M84A ont été produits pour la JNA.

La production des pièces était décentralisée sur l'ensemble du territoire yougoslave, et le lieu d'assemblage et de finalisation était à Slavonski Brod (Croatie) dans l'usine Đuro Đaković[2].

En 1989, le Koweït commanda 200 exemplaires du M-84.

Avions militaires

  • Soko G-2 Galeb, avion d'entraînement dont la production s'étala de 1963 à 1983.
La version G-2A-E fut exportée à 112 exemplaires en Libye et 6 exemplaires en Zambie.
  • Soko G-4 Super Galeb, avion d'entraînement et de support au sol dont la production débuta en 1983.
Le G-4 Super Galeb fut exporté à 12 exemplaires en Birmanie.
  • Soko J-21 Jastreb, avion d'entraînement, reconnaissance et d'attaque dont le premier vol eu lieu en 1967.
Le J-21 Jastreb fut exporté à 34 exemplaires en Libye et 13 exemplaires en Zambie.
  • Soko J-22 Orao, avion d'attaque, de support aérien et de reconnaissance, il fut produit depuis 1981 à 201 exemplaires en coopération avec la Roumanie (IAv Craiova, maintenant Avioane).

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Référence[modifier | modifier le code]