Stećak

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Un stećak (au pluriel : stećci) est une tombe médiévale monumentale. Ces stećci sont répandus dans certains pays de l'ex-Yougoslavie, en Bosnie-Herzégovine, en Croatie, au Monténégro et en Serbie. Leur nombre est estimé à 60 000 en Bosnie-Herzégovine ; 10 000 autres tombes ont été découvertes dans les trois pays voisins[1],[2]. Apparus au XIIe siècle, les stećci ont atteint leur apogée à la fin du XIVe siècle et au XVe siècle, avant de disparaître pendant l'occupation ottomane.

Le 2 novembre 2009, les quatre pays ont proposé conjointement l'inscription des stećci sur la Liste du patrimoine mondiale de l'Humanité[1], un pareille proposition conjointe constituant une nouveauté[2].

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Le trait le plus remarquable des stećci concerne les motifs décoratifs dont ils sont recouverts et qui, pour la plupart, restent énigmatiques encore aujourd'hui. On y trouve des spirales, des arcades, des rosettes, des feuilles de vigne et des grappes de raisin, des soleils et des croissants de lune. Parmi les motifs figurés, on trouve aussi des daims, des personnages dansant le kolo, des scènes de chasse etc. Le stećak sans doute le plus célèbre représente l'image d'un homme avec la main droite levée, peut-être dans un geste d'allégeance.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les stećci trouvent sans doute leur origine au sein de l'Église bosnienne. Quelques-unes des ces tombes ont été déplacées de leur site d'origine, comme celles qui se trouvent dans le jardin du Musée national de Bosnie-Herzégovine à Sarajevo.

Controverses[modifier | modifier le code]

Selon certains historiens, l'Église bosienne serait liée à l'hérésie bogomile venue de Bulgarie, ou de quelque autre secte dualiste. En revanche, d'autres ont affirmé qu'elle avait été fondée par les moines franciscains au sein de l'Église catholique romaine[3]. Marian Wenzel, considérée comme une autorité en matière d'art et d'artéfacts de la Bosnie-Herzégovine médiévale[4], soutient, avec d'autres[5], l'idée que les stećci reflètent un phénomène culturel régional plutôt que l'appartenance à une confession religieuse particulière.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) « Balkans to nominate medieval tombstones to U.N. list », sur http://www.reuters.com, Site de Reuters (consulté le 24 avril 2010)
  2. a et b (en) « Stecci to be Nominated as Joint Cultural Heritage by 4 Balkan Countries », sur http://www.balkantravellers.com,‎ 5 novembre 2009 (consulté le 24 avril 2010)
  3. (en) Fine, John. The Bosnian Church : Its Place in State and Society from the Thirteenth to the Fifteenth Century: A New Interpretation, Londres, SAQI, The Bosnian Institute, 2007. (ISBN 0863565034)
  4. (en) Anthea Brook, « Marian WenzelAn authority on the culture of Bosnia, she championed its people in their hour of need », sur http://www.guardian.co.uk, Site de The Guardian,‎ 5 mars 2002 (consulté le 24 avril 2010)
  5. (en) John Van Antwerp Fine, « The Late Medieval Balkans », sur http://books.google.com, Google books (consulté le 24 avril 2010)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

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