Diasystème slave du centre-sud

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Le diasystème slave du centre-sud (en croate srednjojužnoslavenski dijasistem/dijasustav, centralnojužnoslavenski dijasistem/dijasustav ou centralni južnoslavenski dijasistem/dijasustav) est une appellation proposée par le linguiste croate Dalibor Brozović[1] pour désigner un groupe de langues Ausbau (terme de la sociolinguistique) comprenant le serbe, le croate, le bosnien et le monténégrin mais le terme qui a tendance à remplacer celui de serbo-croate est plutôt le BCMS. Le linguiste emprunte à la dialectologie le terme « diasystème » pour remplacer celui de « langue serbo-croate » ou « croato-serbe », utilisé par les linguistes à l’époque de l’ancienne Yougoslavie, et aussi pour désigner officiellement dans ce pays la langue parlée par les Serbes, les Croates, les Bosniaques et les Monténégrins. Du point de vue de la linguistique comparée, c’est en effet une seule et même langue, appelée langue Abstand en sociolinguistique. (Pour les dénominations de l’entité linguistique en question, voir l’article serbo-croate).

Ethno-political variants of the Serbo-Croatian language or Serbo-Croatian diasystem (as of 2006)

Sommaire

Les composants du diasystème [modifier]

Les variantes régionales du diasystème slave du centre-sud sont définies selon deux points de vue, l’un morphologique, l’autre phonologique.

  1. Critère morphologique. Selon la forme prise par le pronom interrogatif « quoi » : što/šta (prononcé « chto/chta »), kaj (« kaï ») et ča (« tcha »), on distingue trois dialectes :
  2. Critère phonologique. Selon la façon dont a évolué le son ĕ du slave commun, noté par la lettre ѣ, nommée « yat », il y a trois variantes nommées izgovori (« prononciations ») :
    • ékavienne (ekavski), en Serbie (sans Užice et le Sandjak), en Croatie orientale, du Nord-Ouest et du Nord, où « yat » est devenu e (prononcé « é »), par exemple dans les mots čovek ’homme’ et reka ’rivière’. Cette prononciation est préférée par le standard serbe.
    • (i)jékavienne ((i)jekavski), en Herzégovine, en Croatie, au Monténégro et en Serbie occidentale, où « yat » a évolué en je (prononcé « yé ») dans certains mots (par exemple čovjek) et en ije (prononcé « iyé ») dans d’autres : rijeka. Cette prononciation est exclusive dans les standards croate, bosnien et monténégrin, et acceptée par le standard serbe.
    • ikavienne (ikavski), la moins répandue, en Croatie, Bosnie, Herzégovine, et en Voïvodine (Bačka septentrionale et Bačka occidentale), dans laquelle « yat » est passé à i (čovik, rika). Cette prononciation n’est acceptée par aucun standard.

Certains linguistes incluent parmi les dialectes de ce diasystème le torlakien (en) (torlački), parlé par des Serbes au sud-est de la Serbie et par des Croates dans certaines parties du Banat roumain. À cause de ses ressemblances avec le bulgare[2], les linguistes bulgares le considèrent comme appartenant au diasystème bulgare, de même que le macédonien.

Note [modifier]

  1. Organska podloga hrvatskoga jezika (La base organique de la langue croate).
  2. Jusqu'aux standardisations du XIXe siècle, les langues slaves méridionales constituaient un continuum linguistique

Bibliographie [modifier]

  • Borjanka Jolić; Roger Ludwig, Le Serbo-croate sans peine, Assimil, Chennevières, 1972
  • (ro) Marius Sala; Ioana Vintilă-Rădulescu, Limbile lumii. Mică enciclopedie (Les langues du monde. Petite encyclopédie), E.Ş.E., Bucarest, 1981
  • Paul-Louis Thomas, « Serbo-croate, serbe, croate..., bosniaque, monténégrin : une, deux..., trois, quatre langues ? », dans Revue des études slaves, n° 66/1 (1994)
  • Paul-Louis Thomas, « Fonction communicative et fonction symbolique de la langue (sur l’exemple du serbo-croate : bosniaque, croate, serbe) », dans Revue des études slaves, n° 70/1 (1998)
  • Paul-Louis Thomas, « Bosniaque, croate, monténégrin, serbe : de l’étude d’une langue à l’identité des langues », dans Revue des études slaves, n° 74/2-3 (2003)

Voir aussi [modifier]

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