Ratko Mladić

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Ratko Mladić
Ratko Mladić à l'aéroport de Sarajevo en 1993.
Ratko Mladić à l'aéroport de Sarajevo en 1993.

Surnom Le boucher de Srebrenica
Le boucher des Balkans
Naissance 12 mars 1942 (72 ans)
Božanovići, Kalinovik
Flag of Independent State of Croatia.svg État indépendant de Croatie
Allégeance Drapeau : République fédérative socialiste de Yougoslavie République fédérative socialiste de Yougoslavie
Flag of Serbian Krajina (1991).svg République serbe de Krajina
Drapeau de la République serbe de Bosnie République serbe de Bosnie
Arme Armée populaire yougoslave (1965-1992)
Armée de la République serbe de Bosnie (1992-1996)
Grade Colonel général
Années de service 19651996
Conflits Guerre de Croatie
Guerre de Bosnie-Herzégovine
Siège de Sarajevo
Massacre de Srebrenica
Commandement 9e corps de la JNA
2e district militaire de la JNA
Commandant en chef de la VRS
Distinctions
  • Ordre de la fraternité et de l'unité
  • Ordre du mérite militaire
  • Ordre du personnel militaire

Ratko Mladić (en cyrillique Ратко Младић, parfois translittéré en français Ratko Mladitch), né le 12 mars 1942 à Božanovići (commune de Kalinovik - État indépendant de Croatie, aujourd'hui en Bosnie-Herzégovine), a été le commandant en chef de l'armée de la République serbe de Bosnie (VRS) pendant la guerre de Bosnie entre 1992 et 1995. Il est accusé de génocide, de complicité de génocide, de crimes contre l'humanité et de violations des lois et coutumes de la guerre par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY). En tant que commandant en chef, Mladić est accusé par le TPIY d'être responsable du Siège de Sarajevo de 1992 à 1995 et du massacre de Srebrenica[1], considéré comme le plus grand massacre en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale[2]. Il est appelé par la presse francophone « le boucher des Balkans[3],[4],[5] ».

Le 26 mai 2011, après quinze ans de cavale, il est arrêté à Lazarevo (Voïvodine, Serbie), par la police serbe[6]. Il est extradé vers La Haye cinq jours plus tard, le 31 mai, afin de comparaître devant le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY)[7]. Son arrestation était une condition sine qua non pour l'intégration de la Serbie dans l'Union européenne.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Mladić est né dans le village de Bozanovici situé près du mont Treskavica, au sud-est de Sarajevo, dans la municipalité de Kalinovik à l'ouest de Goražde, en Bosnie[8]. L'endroit est à cette époque une partie de l'éphémère État indépendant de Croatie, ou NDH, l'État fantoche créé après que l'Allemagne nazie et l'Italie fasciste ont envahi et démembré le Royaume de Yougoslavie en 1941. Son père, Nedjo Mladić (1909-1945), qui fait partie du mouvement des Partisans de Tito, est tué par les Oustachis au cours du printemps 1945, juste avant la fin de la Seconde Guerre mondiale, alors qu'il dirigeait une attaque partisane contre le village d'origine de Ante Pavelić[9].

Carrière militaire[modifier | modifier le code]

Lorsqu'il était jeune, Ratko voulait devenir enseignant, mais il finit par s'engager dans une carrière militaire au sein de l'Armée populaire yougoslave (JNA). Après être allé au lycée dans la banlieue de Belgrade, Ratko Mladić entre à l'École militaro-industrielle de Zemun le 20 octobre 1961. Il est admis à l'Académie militaire puis à l'Académie des officiers dont il sort diplômé, le 27 septembre 1965, avec la mention "remarquable". La même année, il adhère au parti communiste[10].

Le général Ratko Mladić (au centre) à l'aéroport de Sarajevo pour des pourparlers avec l'ONU

Sa première affectation en tant qu'officier (sous-lieutenant) est à Skopje, où il est le plus jeune militaire de l'unité qu'il dirige. Il se révèle comme un officier capable et il commande différentes unités jusqu'à prendre en charge un bataillon de chars puis une brigade. Le 25 décembre 1980, il devient lieutenant-colonel et le 18 août 1986, colonel. Le 31 janvier 1989, il est nommé chef du service Préparation militaire de la 3e région militaire de RFS Yougoslavie.

La guerre de Bosnie[modifier | modifier le code]

En juin 1991, Mladić est nommé à Knin commandant du neuvième corps de l'Armée populaire yougoslave (JNA), pendant les combats entre JNA et les forces croates. Le 4 octobre 1991, il est promu général de brigade. Le 24 avril 1992, Mladić est promu au rang de général de division et le 25 avril 1992, il est nommé chef d’état-major adjoint du quartier général du deuxième district militaire de la JNA à Sarajevo. Il prend ses fonctions le 9 mai. Le 12 mai 1992, une "assemblée serbe de Bosnie" vote la création d'une Armée de la République serbe de Bosnie-Herzégovine (VRS), dont Mladić prend le commandement jusqu'au 22 décembre 1996 au moins. Le 24 juin 1994, sur ordre de Slobodan Milošević, la direction du personnel de l'Armée de Yougoslavie (VJ), sa véritable appartenance, l'élève au rang de général de corps d’armée.

Siège de Sarajevo[modifier | modifier le code]

Le siège de Sarajevo a duré 44 mois, à partir de mai 1992, au cours desquels 10 000 civils furent tués, fauchés par des obus de mortiers tirés depuis les hauteurs qui entourent de la ville ou bien tués par des snipers[11].

Autres localités[modifier | modifier le code]

Il est poursuivi pour génocide, persécution, extermination, meurtre, déportations et actes inhumains dans de nombreuses municipalités en Bosnie, où ses hommes ont tué, violé, torturé, détenu et chassé des milliers de Musulmans et Croates[11].

Massacre de Srebrenica[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Massacre de Srebrenica.

Vers le 12 juillet 1995, le général Mladić était à Potocari, un village dans lequel environ 28 000 musulmans bosniaques de Srebrenica s'étaient réfugiés pour aller trouver abri auprès des casques bleus néerlandais qui étaient là. Durant les six jours qui suivirent, entre 6 000 et 8 000 hommes musulmans capturés, dont des adolescents, furent massacrés. Des messages radio interceptés indiquent que Mladić était présent au début des exécutions. Selon une source de l'ONU, après les premiers jours de massacre, Mladić dit au commandant néerlandais de l'ONU, qu'il détenait aux arrêts à Potocari, que les forces serbes "avaient tué beaucoup de gens parce qu'ils avaient essayé de s'enfuir de Srebrenica[12]". Le bilan des morts est estimé à 8 100 victimes. Ce massacre est le plus important en Europe depuis la fin de la deuxième guerre mondiale[11]. Pour ces faits, il est poursuivi pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre.

Prise d'otages[modifier | modifier le code]

Ratko Mladić est accusé de la prise d'otages de 200 soldats de l'ONU entre le 26 mai et le 2 juin 1995. Ils avaient été enchaînés à des postes stratégiques des territoires conquis afin d'empêcher tout bombardement de l'OTAN contre les forces armées serbes de Bosnie[11].

Ratko Mladić et le TPIY[modifier | modifier le code]

En 1995, le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie a inculpé Ratko Mladić de deux génocides, persécutions, complicité dans le génocide, extermination, meurtres, déportation, attaques contre des civils et prise d'otages, ce qui constitue cinq crimes contre l'humanité, et quatre violations des lois et coutumes de la guerre[13].

Fugitif, il est suspecté de se cacher en Serbie et de vivre dans une banlieue chic de Belgrade jusqu'en 2002, après la chute de Slobodan Milosevic en octobre 2000. Le gouvernement des États-Unis offre cinq millions de dollars pour toute information sur Mladić[14]. Il reçoit sa pension de retraite militaire jusqu'en novembre 2005[réf. nécessaire].

Le 22 février 2006, les journaux de Serbie Glas Javnosti et Blic, et le journal serbe de Bosnie Nezavisne Novine (Banja Luka) annoncent que Ratko Mladić serait en lieu sûr en train de négocier sa reddition. L'information est toutefois démentie par le porte-parole du gouvernement de Serbie-et-Monténégro, Srđan Đurić, qui dénonce une « manipulation qui porte atteinte au gouvernement », ainsi que par la porte-parole de la procureur du TPIY, Carla Del Ponte qui critique l'« emballement médiatique ».

Le 23 juin 2006, le journal Kurir affirme que Ratko Mladić aurait été victime d'une attaque cérébrale et qu'il serait dans un état critique. Cette information n'a pas pu être confirmée ou démentie. Le gouvernement n'a fait aucun commentaire[réf. nécessaire].

Le 31 mai 2007, un ancien général serbe, proche de Ratko Mladić, est arrêté à la frontière entre la Serbie et la Republika Srpska, l'entité serbe de Bosnie-Herzégovine.

En octobre 2010, la Serbie fait passer la récompense de 5 millions à 10 millions d'euros pour toute information sur Mladić[14].

En mars 2011, son épouse déclare que son mari est probablement mort[15].

Le 26 mai 2011, il est arrêté par la police serbe à Lazarevo (Voïvodine) à la suite d'un renseignement anonyme[16]. Il a en sa possession des papiers d'identité indiquant qu'il s'appelle Milorad Komadic. 10 000 ultranationalistes sympathisants du Parti radical serbe protestent à Belgrade contre son arrestation[17],[18]. Le 31 mai 2011, il est transféré aux Pays-Bas pour comparaître devant le TPIY.

Le 4 juillet 2011, Ratko Mladić refuse de plaider coupable ou non coupable et est évacué de la salle d'audience. Le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie considère dès lors qu'il plaide non coupable des onze chefs d'inculpation retenus contre lui[19].

Il est opéré d'une hernie discale, en août 2011[20].

Son procès devant le TPIY s'ouvre le 16 mai 2012[21], mais il est ajourné le lendemain en raison d'irrégularités de la transmission à la défense des éléments du dossier[22].

Le 12 juillet 2012, il est hospitalisé après qu'il ne se soit pas senti bien lors d'une audience devant le TPIY[23].

En janvier 2014, une confrontation a lieu entre Radovan Karadžić et Mladić[24].

Famille[modifier | modifier le code]

Ratko Mladić s’est marié à Bosiljka Mladić (née 20 juillet 1947 à Okrugljaca). Ils ont eu deux enfants un fils Darko né à Skopje, le 19 août 1969[25] et une fille, Ana qui faisait des études de médecine à Belgrade et qui se suicide avec l'arme de son père en mars 1994[26].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Ratko Mladic – Amended Indictment, Nations-Unies,Site web du TPIY, pages 3 et 4, 27/5/2011
  2. (en) Srebrenica Survivor Ponders Mladic Capture, Institute for War and Peace Reporting, 27/5/2011
  3. Mladic nie avoir commandité le massacre de Srebenica, Le Figaro, 29/5/2011
  4. "Boucher des Balkans" : les bouchers vexés, Europe 1, 29/5/2011
  5. Le «boucher des Balkans» Ratko Mladić arrêté, TSR, 29/5/2011
  6. (fr) LeMonde.fr
  7. Reuters.com
  8. Hm.treasury.gov.uk
  9. Voir Milosevic: A Biography by Adam Lebor, p. 4.
  10. Robert Block, « Ratko Mladić : Portrait d'un monstre modeste, souriant, d'un tueur exemplaire et efficace », sur republique-des-lettres.fr, La République des Lettres,‎ 15 septembre 1996 (consulté le 7 janvier 2009)
  11. a, b, c et d Nouvelobs.com
  12. Republique des lettres.fr
  13. Acte d'accusation de Radko Mladić
  14. a et b AFP
  15. (fr) Le Figaro.fr
  16. (fr) Le Point.fr
  17. 10'000 pro-Mladic manifestent contre son arrestation, TSR, 29/5/2011
  18. Le Point.fr
  19. « TPIY: Mladic refuse de plaider coupable ou non coupable », Le Parisien, 04/07/2011
  20. Le Figaro.fr
  21. « Ratko Mladic va répondre de ses crimes en ex-Yougoslavie », La Croix, 16 mai 2012.
  22. « TPIY : le procès de Ratko Mladic ajourné sine die », Le Monde, 17 mai 2012.
  23. Ratko Mladic hospitalisé (TPIY), Le Figaro, 12 juillet 2012.
  24. Le face-à-face entre Mladic et Karadzic tourne à la farce, Le Monde
  25. Register.consilium.europa.eu
  26. Détails sur sa mort, sur Reuters.com

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]