Grâce (droit)

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La grâce est le droit d'annuler ou de modifier une peine, confié en général par la justice à la plus haute instance politique du pays.

La grâce entraîne la non-mise à exécution de la peine ou de la peine subsistante et s'apparente à un « pardon ». N'effaçant pas la condamnation, elle se distingue donc :

- de l’amnistie, qui efface la condamnation et annule la peine subsistante, sans effet sur la peine déjà effectuée ;

- de la révision judiciaire d'un procès, à même d'annuler la condamnation et, autant que faire se peut, toutes ses conséquences.

Grâce royale[modifier | modifier le code]

La grâce est un des droits les plus anciens et les plus répandus attachés à la fonction royale. À la rigueur de la justice, le roi oppose sa miséricorde. En France, la grâce pouvait s'exercer par lettre de rémission, qui effaçait les conséquences de la condamnation, ou par lettre d'abolition, qui effaçait la condamnation elle-même[1].

Grâce présidentielle[modifier | modifier le code]

Le pouvoir de grâce régalien se perpétue dans celui des présidents républicains, représentant symboliquement, comme un monarque, la continuité et la légitimité de l'État, qu'ils soient ou non détenteurs du pouvoir exécutif[2] : la grâce présidentielle est le pouvoir par lequel, dans certains pays, le président de la République a le pouvoir d'annuler une peine ou d'ordonner qu'elle ne soit pas mise à exécution. Il peut éventuellement s'accompagner d'un pouvoir d'amnistie.

En France[modifier | modifier le code]

Aux États-Unis[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pierre Prétou, « Les lettres de grâce des rois de France au Moyen Âge », Criminocorpus. Revue d'Histoire de la justice, des crimes et des peines,‎ (ISSN 2108-6907, lire en ligne, consulté le )
  2. Maurice Duverger, La monarchie républicaine, Paris, Robert Laffont, 1974, 316 p.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Pierre Prétou, « Les lettres de grâce des rois de France au Moyen Âge », Criminocorpus. Revue d'Histoire de la justice, des crimes et des peines,‎ 8 mars 2018 (ISSN 2108-6907, lire en ligne, consulté le 24 décembre 2021)

Yves-Marie Bercé, Alfred Soman (éd.), La Justice royale et le parlement de Paris (XIVe-XVIIe siècle), Bibliothèque de l'École des chartes, Tome 153-2, 1995

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]