Médecine non conventionnelle

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Mise en place d'aiguilles au niveau de points d'acupuncture du poignet.

L'expression médecine non conventionnelle désigne une grande variété de méthodes de traitement, souvent issues de traditions anciennes (exemple : acupuncture, médecine ayurvédique) ou de pratiques ayant émergé aux environs du XIXe siècle (exemple : ostéopathie, chiropraxie).

On utilise également médecines alternatives, médecines parallèles, médecines holistiques, médecines traditionnelles, médecines naturelles ou médecines douces. L'Académie de médecine française utilise « thérapies complémentaires » (« ThC »)[1].

Selon les pays, et leurs traditions et législations, elles peuvent être répandues (Danemark, Allemagne, Suisse, Angleterre…), tolérées (comme en France et certains pays de tradition latine) ou bien interdites[réf. souhaitée]. Elles peuvent avoir une vocation préventive dans un cadre de soin hors des références de la médecine moderne, mais sont aussi utilisées dans les hôpitaux. Elles se développent en complément ou en alternative à la médecine classique et sont utilisées par 20 à 50 % des populations de la communauté européenne selon une statistique de la fin du XXe siècle[2].

Cette appellation regroupe un grand nombre de pratiques aux fondements scientifiques très variables, et peu contrôlées par des instances officielles.

Avertissement[modifier | modifier le code]

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Les différents acteurs, praticiens de médecines conventionnelles ou non, s'accordent généralement pour dire que les approches non conventionnelles ne doivent pas remplacer les approches de soins médicaux conventionnels. Le retard de diagnostique est le principal risque de l’utilisation de ce type de pratique, et il convient donc, pour toute pathologie, de consulter un médecin en première intension.

D'autre part, un organisme de l’État français qui se consacre à la lutte contre les dérives sectaires met en garde, notamment pour les personnes « en situation de grande vulnérabilité », contre les possibles dérives de certains praticiens ou groupes de praticiens[3].

Origines[modifier | modifier le code]

Origine de l'appellation[modifier | modifier le code]

Le terme « médecine non conventionnelle » est celui retenu par la Commission européenne[2] pour qualifier des méthodes de soin parfois également appelées « médecine douce », « médecine complémentaire », « médecine naturelle », « médecine alternative », « médecine parallèle » ou encore « médecine holistique » et dont certaines font l'objet d'une reconnaissance progressive en Europe depuis les années 1990. La médecine conventionnelle est généralement désignée par les tenants des médecines non conventionnelles sous le terme de médecine allopathique.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) inclut les médecines complémentaires et alternatives dans les médecines traditionnelles. Elle précise : « Le terme “médecine complémentaire” ou “médecine alternative” est utilisé de manière interchangeable avec “médecine traditionnelle” dans certains pays. Elles concernent une large gamme de pratiques de soins qui ne font pas partie des traditions du pays et qui ne sont pas intégrées dans le système de santé dominant[4]. »

Pour la médecine scientifique, parler de « médecine parallèle » semble signifier qu’il y aurait deux conceptions de la médecine impliquant deux systèmes de soins fonctionnant indépendamment l’un de l’autre, avec le même degré d’efficience et de scientificité : les patients auraient donc le choix entre deux thérapeutiques qu’ils peuvent envisager comme alternatives et concurrentes ou comme complémentaires l’une de l’autre. D'autre part, l’appellation « médecine douce » semble considérer comme agressives les pratiques de la médecine conventionnelle. En disant « médecine alternative », on envisage ces pratiques de soins comme substitutives, donc susceptibles de remplacer une démarche thérapeutique classique et conventionnelle. Les sceptiques préfèreront parler de pseudo-médecines ou pseudo-sciences afin d'éviter cet effet de rhétorique.

Le terme « holistique » constitue un reproche fait à la médecine conventionnelle de s'attacher à traiter un organe, un symptôme ou une fonction précise et non le patient dans sa globalité, ce qui s'applique aux spécialités médicales mais pas systématiquement à la médecine en général.

Le terme « médecine complémentaire » privilégie l’idée d’associer des traitements impliquant des « philosophies thérapeutiques » différentes mais capables de coopérer dans l’intérêt du malade[5],[6].

L'Académie de médecine française recommande pour sa part l'appellation de « thérapies complémentaires » (« ThC »). Cette appellation regroupe un grand nombre de pratiques aux fondements scientifiques très variables, et rarement contrôlées par des instances officielles. La liste du MeSH comporte ainsi 17 catégories de thérapies complémentaires et la MIVILUDES dénombre 400 pratiques « à visée thérapeutique »[1]. Certaines d'entre elles sont étroitement surveillées par les pouvoirs publics en raison des éventuels dangers qu'elles présentent pour la santé ou du risque de dérive sectaire[3].

Origines des médecines regroupées sous cette appellation[modifier | modifier le code]

Nombre de ces médecines trouvent leur origine dans les traditions asiatiques (chinoise, indienne) et sont liées aux philosophies et cultures de ces pays. Certains utilisent ainsi le terme « médecine occidentale » pour désigner la médecine conventionnelle, alors que celle-ci a également diverses origines (notamment égyptiennes et arabes, voir Histoire de la médecine) et pas uniquement occidentale, et par ailleurs, les Japonais et les dignitaires chinois ont largement recours à la « médecine occidentale ». Certaines pratiques non conventionnelles peuvent cependant trouver leur origine dans des traditions locales d'Occident ou encore avoir été développées dans une période récente (cas des multiples pratiques énergétiques).

Liste[modifier | modifier le code]

Conventionnelle, non conventionnelle, une approche différente[modifier | modifier le code]

Le naturel et la tradition ancienne[modifier | modifier le code]

Il existe deux principes fréquemment mis en avant par les promoteurs des médecines non conventionnelles et qui feraient la différence avec la médecine conventionnelle :

  • le recours à la Nature, la référence au naturel ; le fait qu’une substance est naturelle serait un gage de qualité. Cependant les catastrophes naturelles, les champignons vénéneux et les toxines sont également naturels. Le fait que de nombreux médicaments sont des molécules extraites des plantes et modifiées chimiquement est une conséquence du constat scientifique que la « médecine naturelle » a ses limites dans l'éradication des maladies voire dans leur traitement, la substance active étant, soit diluée parmi les autres composés, parfois toxiques, de tout ou partie de la plante, soit voire pire à des concentrations non thérapeutiques, c'est-à-dire toxiques ou insuffisantes pour entraîner un bénéfice pour le patient ;
  • la référence à la tradition ; il s'agit principalement des traditions attribuées à plus ou moins juste titre à l'Asie (Chine, Inde, Tibet...), à l'Afrique ou à l'Amérique latine, liées aux philosophies et aux cultures de ces pays et dont l'ancienneté annoncée serait garante d'efficacité (voir Tradipraticien).

L'interprétation des troubles[modifier | modifier le code]

Les médecines douces et la médecine classique diffèrent sur l'interprétation des troubles. Par exemple, la naturopathie élabore les concepts de détoxication/détoxination (les toxines en question n'étant pas toujours spécifiées), alors que ceux-ci n'ont pas de définition en médecine classique[réf. nécessaire].

Les postulats[modifier | modifier le code]

Les médecines non conventionnelles reposent sur certains postulats :

  • les médecines énergétiques (acupuncture, qi gong, shiatsu…) partent du principe que l'être humain possède un influx vital (prana en indien, ki en japonais ou qi en chinois) qui peut circuler de manière harmonieuse, la maladie étant une perturbation de cette harmonie qu'il convient de ré-équilibrer ;
  • l'homéopathie est fondée sur des principes selon lesquels :
    • le mal provient d'un problème inhérent à la personne[réf. nécessaire], le « terrain » est ce qui assure la guérison, et c'est ce terrain qu'il faut traiter,
    • le traitement se fait selon le principe de similitude : on administre une substance réputée provoquer un symptôme pour soigner ledit symptôme,
    • plus un produit est dilué et « dynamisé » (secoué vigoureusement) plus il est actif,
  • l'ostéopathie part du principe que le trouble provient d'un blocage des structures anatomiques entre elles, d'un mauvais fonctionnement « mécanique ». Elle se fonde sur quatre principes : la structure gouverne la fonction, la fonction modèle la structure, l'unité du corps, et l'artère est suprême ;
  • la balnéothérapie postule les bienfaits de l'eau et des bains, méthode à rapprocher du thermalisme.

Aspect légal[modifier | modifier le code]

Selon les pays, les médecines non conventionnelles sont reconnues, voire remboursées, interdites ou seulement tolérées[7].

France[modifier | modifier le code]

L'acupuncture a été reconnue par l'académie de médecine en 1950[réf. nécessaire].

La commission Nicolas de 2002 semblait rendre possible la reconnaissance de l'ostéopathie et la chiropractie mais finalement, seules l'acupuncture et l'homéopathie sont à ce jour des orientations médicales légales. Cependant, le titre professionnel d'ostéopathe est reconnu, de même que celui de chiropracteur, par la loi du 4 mars 2002[8]

Selon l'article 39 du code de déontologie médicale : « Les médecins ne peuvent proposer aux malades ou à leur entourage comme salutaire ou sans danger un remède ou un procédé illusoire ou insuffisamment éprouvé. Toute pratique de charlatanerie est interdite[9] ». Le code de déontologie et le code de santé publique impliquent de potentielles sanctions ordinales comme pénales pour la pratique de méthodes insuffisamment éprouvées, même si certaines pratiques paramédicales sans risque restent de fait tolérée.

L'usage des plantes médicinales est très règlementé[10].

Suisse[modifier | modifier le code]

La Suisse a décidé, en , d’intégrer à l’essai cinq nouvelles médecines parallèles (après le succès de la chiropratique) dans le remboursement de l’assurance maladie obligatoire : l’homéopathie, la thérapie neurale, la phytothérapie, la médecine anthroposophique et la médecine traditionnelle chinoise. Après évaluation, ces médecines se sont avérées inefficaces et l’essai a été stoppé en [11],[12]. En outre, l’usage de ces médecines ne réduisait pas la consommation des autres médecines. Ainsi, le 3 juin 2005, Pascal Couchepin (Conseiller fédéral) a donc décidé d’exclure ces méthodes de l’assurance de base. Selon l’ATS — Le Temps[13], « il n’a pas été suffisamment prouvé que les cinq méthodes complémentaires satisfaisaient aux critères d’économicité, mais surtout d’efficacité et d’adéquation selon la loi sur l’assurance maladie (LAMal). »

Après une interruption du remboursement à partir de [11], il a été décidé de recommencer à rembourser temporairement ces médecines complémentaires à partir de 2012, pour une période d'essai de 5 ans[14]. La proposition d'inscrire la « prise en compte des médecines complémentaires » dans la Constitution a en outre été acceptée par 63 % des votants lors de la votation populaire du 17 mai 2009.

Utilisation des médecines non conventionnelles[modifier | modifier le code]

France[modifier | modifier le code]

Il existe peu de statistiques sur l'usage de ces médecines par la population. Un sondage SOFRES en 1985, CSA en 1988, une enquête chez des personnes hospitalisées en 1993, une étude réalisée par le CREDES en 1997 et les chiffres du rapport de l’OMS en 2002 sur la médecine traditionnelle sont les points de référence pour cette question[15]. Les résultats sont fluctuants, l’OMS donne un taux de 75 % et de 49 % dans le même rapport, mais il est généralement avancé que la moitié de la population française a recours à une médecine non conventionnelle et que les femmes sont les plus nombreuses à les utiliser.

La revue Science et Vie de janvier 2015 montre que « la mesure scientifique de l’efficacité des médecines alternatives se heurtent à de nombreuses difficultés que la multiplication des études ne parvient pas vraiment à résoudre. Mais cette incertitude scientifique ne semble nullement entamer la confiance des français envers ces thérapies. Ainsi, 40 % d’entre eux y font appel et 78 % les jugent efficaces lorsqu’elles sont utilisées en prévention et 72 % estiment que, même dans le cas du cancer, les médecines complémentaires sont importantes en plus des traitement médicaux classiques[16]. »

L'Académie de médecine française a publié en 2013 un rapport intitulé « Thérapies complémentaires - acupuncture, hypnose, ostéopathie, tai-chi - leur place parmi les ressources de soin »[1]. Ce rapport, qui se fonde sur une synthèse de la bibliographie disponible sur le sujet, constate que « l’intérêt qui leur est porté dont témoigne le grand nombre de publications qui leur sont relatives, la croissance en nombre dans notre pays des projets de recherche clinique les concernant, et les connaissances en neurobiologie qui permettent d’en approcher le mécanisme obligent à les considérer avec sérieux, quand bien même leur efficacité n’est évoquée que dans un nombre limité de situations et fondée sur un niveau de preuve insuffisant. Cela ne justifie pas pour autant l'engouement probablement excessif du public en leur faveur. Ces pratiques doivent rester à leur juste place : celle de méthodes adjuvantes pouvant compléter les moyens de la médecine. »

La Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (MIVILUDES) a mis gratuitement à disposition dans son Guide santé et dérives sectaires[3] une fiche intitulée « Comment reconnaître un charlatan ou un pseudo thérapeute sectaire ? ». Parmi les principaux traits récurrents qui définissent un pseudo-thérapeute, la mission note le dénigrement systématique de la médecine conventionnelle, la promesse d'une guérison miracle, la mise en valeur de bienfaits impossibles à évaluer ou mesurer (en termes de karma, d'aura, d'énergétique, etc.), la promesse d'une prise en charge globale (prétention holiste) agissant autant sur le corps que l'esprit voire l'âme, et l'utilisation d'un vocabulaire technique opaque (« ondes cosmiques, cycles lunaires, dimension vibratoire, purification, énergies, cosmos, conscience... »).

États-Unis[modifier | modifier le code]

Aux États-Unis, cinquante-sept pour cent des femmes atteintes de cancer du sein auraient recours aux médecines non conventionnelles et plus la personne se sent malade plus elle aurait tendance à multiplier ces traitements. À côté des traitements biologiques (fortifiants), les méthodes les plus habituelles sont les thérapies de relaxation tête et corps, les cassettes de musique ou de vidéo[17].

Toujours dans le cadre du cancer du sein, des études préliminaires portent sur la classique Grande Camomille de nos grands-mères dont une substance, le parthénolide, permettrait in vivo la lutte contre la résistance des cellules au tamoxifène[18].

Pays en développement[modifier | modifier le code]

Selon l'OMS : « Jusqu’à 80 % des populations des pays en développement s’en remettent à la médecine traditionnelle pour les soins de santé primaires, par tradition culturelle ou faute d’autres alternatives[19]. »

Pratique des médecines non conventionnelles par des médecins en France[modifier | modifier le code]

Le serment d'Hippocrate réactualisé indique que le médecin doit respecter « toutes les personnes […] sans aucune discrimination selon leur état ou leurs convictions[20]. » Pour autant, l'utilisation d'une médecine non-conventionnelle par un médecin, éventuellement au sein d'un hôpital, n'est pas une forme de validation de la méthode. D'un point de vue pragmatique, tant que la méthode apporte bien-être et réconfort au patient, le médecin peut parfois l'utiliser même s'il est convaincu que l'effet n'est que placebo (la médecine conventionnelle utilise d'ailleurs fréquemment des placebos). Dans le même ordre d'idée, la présence de lieux de prière et d'aumôneries au sein d'un hôpital n'indique pas que le personnel soignant soit croyant, mais qu'il respecte la croyance des patients et accepte de mettre en œuvre tout ce qui n'est pas néfaste et apporte du réconfort.

Certains professionnels de santé médicaux (médecin, sage-femme) et paramédicaux (infirmier, kinésithérapeute, etc.) ont parfois recours à des pratiques non conventionnelles en milieu hospitalier[1]. Mais ces pratiques peuvent aussi être proposées par des personnes qui ne sont ni médecins ni paramédicaux. En effet, un certain nombre peuvent être pratiquées en France « sans diplôme particulier » (selon la fiche Rome K1103 de Pôle Emploi « Développement personnel et bien-être de la personne »[21]). Selon le ministère des Affaires sociales et de la Santé, « l’enseignement de ces pratiques [non conventionnelles] ne donne pas lieu à des diplômes nationaux, à l’exception de l’acupuncture. Cependant, certaines formations font l’objet de diplômes d’université (DU) ou de diplômes interuniversitaires (DIU) placés sous la seule responsabilité d’une ou de plusieurs universités. Ces diplômes ne signifient pas, ipso facto, que l’efficacité et l’innocuité de la technique sont prouvées. Ce sont des diplômes complémentaires qui, à eux seuls, ne donnent pas le droit à l’exercice d’une profession de santé. Certaines formations sont par ailleurs délivrées au sein d’organismes privés sans aucun contrôle des institutions publiques quant à leur contenu, et sans reconnaissance par l’Etat des diplômes délivrés[22]. » Certains praticiens ne peuvent procéder à aucun acte médical, tel que le diagnostic, la thérapie ou la prescription de médicaments. Face à la diversité de ces pratiques non conventionnelles avec des praticiens très hétérogènes, des tentatives de réglementation et de contrôle tentent de se mettre en place, notamment pour surveiller les éventuelles dérives sectaires en dehors des établissements hospitaliers publics[3].

D'après un rapport de l'Académie de médecine française, l'utilisation de ces pratiques dans les hôpitaux publics, « et notamment dans les CHU, est acceptable dans la mesure où l’hôpital n’est pas considéré comme garant de leur efficacité, mais comme lieu d’exemplarité de leur pratique et espace ouvert à la recherche les concernant. L’expérience de ces établissements devrait contribuer à terme à l’élaboration d’un guide de bonnes pratiques destiné à tous les intervenants publics ou privés ». Le rapport recommande que ces pratiques demeurent « à leur juste place : celle de méthodes adjuvantes pouvant compléter les moyens de la médecine. Elles ne doivent être préconisées que dans les cas où leur utilité est plausible, et au terme d’une démarche médicale par laquelle on se sera assuré qu’il n’y a pas, parmi les moyens éprouvés de la thérapeutique, une solution plus nécessaire ou plus recommandable. En conséquence, elles ne doivent jamais être choisies par le patient comme une solution de premier recours, ni comme une solution de remplacement qui exposerait à des erreurs ou retard de diagnostic et à des pertes de chance. Une attention particulière doit d’autre part être portée au risque de complications (notamment des manipulations cervicales), au risque de diffusion abusive de méthodes d’utilité improbable (telle l’ostéopathie crânienne préventive du nouveau né), et au risque de dérive sectaire avec éloignement définitif de la médecine conventionnelle, particulièrement redoutable en cancérologie[1]. »

Un état des lieux en 2013 des thérapies complémentaires utilisées à l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris indique qu'elles sont « mises en pratique, dans 95% des cas, par des professionnels de santé : médecins, sages-femmes, infirmières, infirmières anesthésistes, masseurs-kinésithérapeutes, psychomotriciens, psychologues. Les médecins titulaires qui sont impliqués dans ces soins ne les pratiquent qu'à temps partiel. On remarque toutefois que dans 5% des cas, les pratiques complémentaires sont réalisées par des intervenants indéterminés, professionnels de santé ou non, exerçant éventuellement de façon bénévole[1]. »

Une économie publique[modifier | modifier le code]

Des études réalisées ces dernières années montrent une amélioration du confort des utilisateurs, une diminution au recours des méthodes conventionnelles et une diminution des dépenses de santé[23],[24].

Certains demandent à ce que les pratiques non-conventionnelles soient remboursées par l'assurance maladie pour réaliser une diminution des dépenses de santé.[réf. nécessaire]

L'expérience de la Suisse entre 1999 et 2005 semble montrer que le remboursement de médecines non-conventionnelles ne génère pas d'économie, ni de surcoût. Elles ne représentaient que 0,16 % des dépenses de l'assurance obligatoire, mais de nombreuses dépenses sont prises en charge par les patients ou de plus en plus par leurs assurances ou mutuelles complémentaires.

L'impact du remboursement des médecines parallèles reste tout de même difficile à évaluer.[réf. nécessaire]

Il existe de possibles effets nuisibles : ainsi des patients allant vers des thérapies dont l'efficacité n'a pas été prouvée ne pourront pas bénéficier d'un diagnostic précoce par la médecine conventionnelle[réf. nécessaire].

Recherches[modifier | modifier le code]

Selon l'OMS : « Il existe des données empiriques et scientifiques qui mettent en évidence les bénéfices de l’acupuncture, des médecines manuelles et de plusieurs plantes médicinales dans le traitement de maladies chroniques ou bénignes[19]. »

Aux États-Unis le National Center for Complementary and Alternative Medicine (NCCAM) qui dépend des National Institutes of Health, a pour mission de financer et mener des recherches scientifiques rigoureuses dans le domaine des médecines complémentaires et alternatives. L'institut a été créé en 1991 sous le nom Office of Alternative Medicine (OAM) avant de devenir le NCCAM en 1998, son budget était de 2 millions de dollars à sa création, il a atteint 50 millions en 1999 et 128,8 millions en 2010[25]. Les critiques reprochent au NCCAM l'absence de résultats significatifs malgré son budget conséquent et la promotion des pseudo-sciences pour des raisons politiques et démagogiques[26],[27].

The Scientific Review of Alternative Medicine est un magazine américain évalué par les pairs, soutenu par la Commission for Scientific Medicine and Mental Health, consacré à l'étude des médecines non conventionnelles[28].

L'approche scientifique[modifier | modifier le code]

La médecine conventionnelle applique un traitement si son efficacité est prouvée, s'il a une supériorité sur la guérison naturelle et l'effet placebo. La théorie sur l'efficacité est subordonnée à la vérification de son efficacité thérapeutique. Ainsi, on a utilisé l'aspirine et la pénicilline sans connaître les mécanismes de l'action thérapeutique de ces substances[29]. L'explication de leur action changerait par de nouvelles découvertes, cela ne changerait rien à leur efficacité.

D'une manière générale, le fait qu'une théorie, une conception a priori, soit vraie ou fausse est indépendant du résultat atteint ; on peut expliquer un fait réel par une théorie fausse, et le fait que la théorie soit fausse n'empêche pas le fait d'être vrai. Par exemple, au Moyen Âge, on savait fabriquer du fer et du savon, pourtant, la théorie qui expliquait les transformations de la matière, l'alchimie, était globalement fausse [30].

Donc :

  • si l'on prouve que la théorie sous-jacente à une médecine donnée est fausse, cela n'implique pas que les traitements liés à cette médecine soient inefficaces (même principe épistémologique que celui évoqué pour le savon et l'alchimie) ;
  • le fait qu'un traitement soit efficace ne valide pas pour autant la théorie médicale qui le justifie (même principe épistémologique que celui évoqué pour le savon et l'alchimie) ;
  • la preuve de l'efficacité doit se faire par comparaison avec la guérison naturelle et un placebo sur un nombre suffisant de cas pour que l'on puisse avoir une différence significative statistiquement (Cf. Essai clinique).

Points de vue des deux médecines[modifier | modifier le code]

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Il semble y avoir un manque de procédures adaptées à l’introduction et à l’étude des apports des médecines parallèles. Une des raisons serait que les approches de santé sont gérées au niveau politique et institutionnel et que l’argent va principalement aux laboratoires et aux chercheurs « conventionnels». France, la grande majorité des crédits de la recherche n’est pas publique mais privée (laboratoires pharmaceutiques ou associations). L’utilisation d’une thérapeutique nouvelle devrait passer par des essais de validation très encadrés (voir en particulier la notion de bioéthique).

Des médecins ont été poursuivis en France pour avoir utilisé des thérapeutiques nouvelles n’ayant pas été validées. Le but du système actuel par la notion « d’exercice illégal de la médecine » leur semble être d’écarter toute personne qui s’aventurerait à utiliser des traitements nouveaux sans qu’il en ait été prouvé l’innocuité et l’efficacité.

À l’heure actuelle, l’interrogation sur les fondements de nos méthodes de santé a lieu surtout lors de remises en cause induites par des catastrophes, qui peuvent entraîner alors le retrait d’un médicament ou d’un vaccin.

Les laboratoires pharmaceutiques sont alors soupçonnés de faire pression auprès des gouvernements pour avoir une législation restrictive. À l’inverse, est cité le cas des Laboratoires Boiron (France), des Laboratoires Lehning (France), Heel et DHU Schwabe (Allemagne), grands pourvoyeurs d’emplois en Europe, et qui ont obtenu du gouvernement français que les préparations homéopathiques soient remboursées en 1984[31], puis de l’Union européenne que les mêmes préparations puissent avoir une autorisation de mise sur le marché sans procéder à des essais cliniques[32].

L’effet placebo et le réconfort qu’apportent, entre autres, ces méthodes ont un certain intérêt. Les promoteurs de certaines médecines non-conventionnelles s’appuient sur cet effet placebo pour montrer que le psychisme est fondamental dans la guérison ; cependant, l’effet placebo peut agir alors même que l’on sait qu’il s’agit d’un effet placebo[33].

L’amélioration de l’état de santé de patients ayant recours à ces médecines, même si elle est indiscernable de la guérison naturelle, a conduit en son temps au remboursement de l’homéopathie et à l’acceptation de l'acupuncture et de la sophrologie dans certains hôpitaux, plus récemment à l’acceptation en France de l’ostéopathie.

Selon certains, ces médecines non conventionnelles répondent à une lacune de la médecine conventionnelle en termes d'amélioration de la qualité de vie du patient. La plupart d'entre elles ne prétendraient pas se substituer à la médecine conventionnelle mais interviendraient en prophylaxie entre un état de pleine santé et l'apparition de troubles dits organiques. Une fois ceux-ci constitués, ces médecines parallèles pourraient au mieux se poser en adjuvant thérapeutique pour potentialiser la prise en charge médicale. Ces médecines parallèles, à l'instar de la médecine conventionnelle, sont fondées sur l'expérimentation et sont souvent antérieures (médecine chinoise par exemple), en ce sens, aucune d'entre elles (médecine conventionnelle comprise) ne pourrait revendiquer une exclusivité scientifique totalement démontrable et de ce fait restent toutes en perpétuelle évolution en fonction des progrès de la technique.

Affaires[modifier | modifier le code]

Le recours aux médecines parallèles devrait être judicieux : le traitement d’une maladie grave et avancée nécessitant une thérapie à technologie peut être retardé par le recours exclusif à une médecine non conventionnelle[1].

Aux États-Unis, certaines dérives de l'analyse transactionnelle ont donné lieu à des procès aux États-Unis[34]. Ces affaires[Lesquelles ?] ont été compilées et révélées dans une enquête de M.T. Singer et J. Lalich parue en 1996[35].

En France, le procès d’un couple, accusé de mauvais traitement sur son enfant décédé en 2000, suite à une carence alimentaire (l'autopsie a révélé une « infection aiguë secondaire à une malnutrition chronique particulièrement sévère[36] ») alors que sa mère, kinésiologue, alimentait l’enfant au sein et pratiquait en même temps un régime végétalien[37], a relancé le débat sur les médecines non conventionnelles.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f et g Daniel BONTOUX, Daniel COUTURIER, Charles-Joël MENKÈS, « THÉRAPIES COMPLÉMENTAIRES - acupuncture, hypnose, ostéopathie, tai-chi - leur place parmi les ressources de soin », sur academie-medecine.fr,‎ .
  2. a et b Parlement européen : Commission de l'environnement, de la santé publique et de la protection des consommateurs, « Rapport sur le statut des médecines non conventionnelles », sur europarl.europa.eu (consulté le 3 avril 2011)
  3. a, b, c et d Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires, « Guide santé et dérives sectaires », sur derives-sectes.gouv.fr.
  4. (en) « Traditional Medicine: Definitions », sur www.who.int (consulté le 11 septembre 2014)
  5. Institut national du cancer Portée et enseignement de l'offre et de la demande de soins en médecine non conventionnelle et médecine parallèle
  6. Stephen Barret, "Méfiez-vous des traitements alternatifs"
  7. (en) Fisher P, Ward A, « Complementary medicine in Europe », BMJ, vol. 309, no 6947,‎ , p. 107-11. (PMID 8038643, PMCID PMC2540528, lire en ligne [PDF]) modifier
  8. « Loi no 2002-303 du 4 mars 2002 - Article 75 »
  9. http://www.conseil-national.medecin.fr/article/article-39-charlatanisme-263
  10. Edzard Ernst,Max H Pittler, Médecines alternatives : le guide critique, Elsevier Masson,‎ (présentation en ligne), p. 443
  11. a et b L’homéopathie n’est plus remboursée en Suisse, AFP, 3 juin 2005
  12. « 5 prestations exclues du catalogue de l’assurance de base, revue de presse » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), 11 janvier 2007, sur www.comparez.ch
  13. Cinq médecines douces ne seront plus remboursées, Le Temps,
  14. Cinq médecines complémentaires seront remboursées sous condition pendant une période provisoire de six ans
  15. Thèse de pharmacie sur les médecines non conventionnelles
  16. « Les médecines alternatives sont-elles efficaces ? », sur France Culture,‎
  17. (en) « MSU researcher linking breast cancer patients with alternative therapies » sur www.eurekalert.org
  18. (en) « GUMC researchers say flower power may reduce resistance to breast cancer drug tamoxifen » sur www.eurekalert.org
  19. a et b Nouveaux principes directeurs de l’OMS visant à promouvoir l’usage rationnel des médicaments alternatifs, 22 juin 2004
  20. Marie-Marthe Montignies, Guide pratique des écrits professionnels en action sociale et médico-sociale: Principes - Méthodologie - 26 rapports commentés et corrigés, Dunod,‎ (ISBN 978-2-10-055329-7, lire en ligne), p. 17
  21. « Fiche Rome K1103 - Développement personnel et bien-être de la personne », sur www.chambre-syndicale-sophrologie.fr
  22. Ministère des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes, « Pratiques de soins non conventionnelles - Introduction », sur sante.gouv.fr (consulté le 29 décembre 2015)
  23. (en) Kooreman P., Patients whose GP knows complementary medicine tend to have lower costs and live longer, t. 6, Eur J Health Econ,‎ (DOI 10.1007/s10198-011-0330-2), p. 769–776
  24. (en) Smallwood C., The role of complementary and alternative medicine in the NHS : An investigation into the potential contribution of mainstream complementary therapies to healthcare in the UK, Freshminds Consultancy,‎ , 194 p. (lire en ligne)
  25. NCCAM Funding: Appropriations History
  26. Is NCCAM a Sham?, The Scientist, 2002.
  27. The Ongoing Problem with the National Center for Complementary and Alternative Medicine, Skeptical Inquirer, 2003
  28. The Scientific Review of Alternative Medicine, « About The Scientific Review of Alternative Medicine », sur sram.org (consulté le 3 avril 2011)
  29. Maladies des vaisseaux Joseph Emmerich, Maladies des vaisseaux, DOIN initiatives santé
  30. Michel-Eugene Chevreul recherches chimiques sur les corps gras d'origine animale Michel-Eugene Chevreul, Recherches chimiques sur les corps gras d'origine animale, Paris, FG Levrault,‎
  31. Arrêté ministériel du 12 septembre 1984 fixant la liste des spécialités pharmaceutiques remboursables aux assurés sociaux, Journal officiel de la République française du 29 septembre 1984, p. 8 945
  32. directive 92/73/CEE du 22 septembre 1992
    « considérant que, compte tenu des caractéristiques particulières de ces médicaments, telles leur très faible concentration en principes actifs et la difficulté de leur appliquer la méthodologie statistique conventionnelle relative aux essais cliniques, il apparaît souhaitable de prévoir une procédure d’enregistrement simplifiée spéciale pour les médicaments homéopathiques traditionnels, mis sur le marché sans indication thérapeutique et sous une forme pharmaceutique et dans un dosage ne présentant pas de risque pour le patient ; […]
    que notamment les États membres possédant une tradition homéopathique doivent pouvoir appliquer des règles particulières pour l’évaluation des résultats des essais visant à établir la sécurité et l’efficacité de ces médicaments, à condition de les notifier à la Commission, […]
    Article 4 […] Toutefois, la preuve de l’effet thérapeutique mentionnée à l’article 28 paragraphe 1 point b) de ladite directive n’est pas requise pour les médicaments homéopathiques »
  33. À titre d’exemple, les médecins savent que l’aspirine met plusieurs dizaines de minutes avant d’agir, mais éprouvent comme tout le monde un réconfort dès les premières minutes après son absorption.
  34. Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires, « Rapport au Premier ministre - 2006 », sur www.derives-sectes.gouv.fr.
  35. (en) M.T. Singer et J. Lalich, Crazy Therapies : What Are They ? Do They Work ?,‎ [réf. incomplète].
  36. Sur l'Express
  37. Huit mois ferme pour avoir laissé mourir de faim leur enfant

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Approche sceptique

Liens externes[modifier | modifier le code]

Liens critiques