Cap-Vert

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15° 06′ N 23° 37′ O / 15.1, -23.617

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République de Cabo-Verde

República de Cabo Verde (pt)

Drapeau
Drapeau du Cap-Vert
Blason
Armoiries du Cap-Vert
Description de l'image Cape Verde (orthographic projection).svg.
Devise nationale « Unidade, Trabalho, Progresso »
"Unité, travail, Progrès"
Hymne national Cântico da Liberdade
Administration
Forme de l'État République
Président de la République Jorge Carlos Fonseca
Premier ministre José Maria Neves
Langues officielles Portugais
Capitale Praia

14° 55′ N 23° 31′ O / 14.917, -23.517

Géographie
Plus grande ville Praia
Superficie totale 4 033 km2
(classé 175e)
Superficie en eau Négligeable
Fuseau horaire UTC -1
Histoire
Indépendance Du Portugal
date
Démographie
Gentilé Cap-Verdien, Cap-Verdienne
Population totale (2014) 538 535[1] hab.
(classé 173e)
Densité 130 hab./km2
Économie
IDH (2013) en diminution 0,636 (moyen) (123e)
Monnaie Escudo cap-verdien (CVE​)
Divers
Code ISO 3166-1 CPV, CV​
Domaine Internet .cv
Indicatif téléphonique +238

Le Cap-Vert, en forme longue la République de Cabo Verde[2] (portugais : Cabo Verde et República de Cabo Verde), est un État insulaire d'Afrique de l'Ouest composé d'un archipel de dix îles volcaniques. Situé dans l'océan Atlantique, à 570 kilomètres au large des côtes de la Mauritanie, de la Gambie et du Sénégal, il couvre une superficie d'environ 4 000 km2. L'archipel se divise en deux séries d'îles : au sud les îles de Sotavento (Brava, Fogo, Santiago et Maio) et au nord les îles de Barlavento (Boa Vista, Sal, São Nicolau, Santa Luzia, São Vicente et Santo Antão). Santiago comprend à elle seule plus de la moitié de la population du pays, dont la capitale Praia.

Les îles étaient inhabitées avant l'arrivée des premiers explorateurs portugais en 1456. Première colonie européenne dans les tropiques, elle sert de tête de pont à la traite des esclaves et au commerce triangulaire. Le Cap-Vert attire alors de nombreux corsaires et pirates, parmi lesquels Francis Drake vers 1580. Le naturaliste Charles Darwin visite également l'archipel en 1832. La colonie continue de croître au XIXe siècle en devenant une escale sur les routes maritimes menant aux Indes orientales et à l'Australie. Au cours du XXe siècle, plusieurs famines déciment la population. Le pays accède à l'indépendance en 1975 et devient membre de la CEDEAO l'année suivante. À cette époque, de nombreux cap-verdiens émigrent à l'étranger, constituant une diaspora supérieure en nombre à la population du pays[1]. La plupart des habitants se définit aujourd'hui comme créole.

Aujourd'hui, le Cap-Vert possède une économie centrée sur la production de services, notamment dans le tourisme. De langue portugaise et créole capverdienne, sa culture se nourrit d'influences européennes et africaines. La musique capverdienne et ses différentes composantes (funaná, coladeira, morna) ont été popularisées dans le monde entier par la chanteuse Cesária Évora. Le catholicisme est la religion dominante (90%) et le clergé a encore une forte influence sur la population, même si l'islam tend à se diffuser avec l'arrivée de migrants sénégalais. Le nom du pays, inspiré de la presqu'île du cap Vert, a été modifié en 2013 à la demande du gouvernement : l'orthographe portugaise Cabo Verde est désormais en usage officiel, notamment auprès de l'ONU.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire du Cap-Vert.

Du XVe à la fin du XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Carte des isles du Cap Verd, réalisée en 1746 par Jacques-Nicolas Bellin (1703-1772).

Les îles du Cap-Vert sont inhabitées jusqu'à l'arrivée des colons européens. L'archipel est découvert par des explorateurs génois et portugais vers 1456. Selon l'historiographie officielle du Portugal, la découverte est due au navigateur génois António Noli, que le roi Alphonse V nommera gouverneur du Cap-Vert. Des explorateurs ont également associé aux découvertes les noms de Diogo Gomes (lieutenant de Noli, qui prétend avoir été le premier à accoster et avoir nommé l'île de Santiago), Diogo Dias, Diogo Afonso et le vénitien Alvise Cadamosto. En 1462, les Portugais parviennent à Santiago et fondent une colonie, Ribeira Grande (aujourd'hui Cidade Velha), le premier établissement européen dans les tropiques[3].

Au XVIe siècle, l'archipel prospère grâce aux bénéfices tirés de la traite négrière transatlantique[3]. Des pirates attaquent occasionnellement les bâtiments portugais. Francis Drake, un corsaire anglais mandaté par une lettre de marque de la couronne britannique, pille à deux reprises Ribeira Grande (alors capitale du Cap-Vert) en 1585[3]. Après une attaque de la France en 1712, le déclin de la ville s'amorce au profit de Praia, qui devient la nouvelle capitale en 1770[3].

XIXe et XXe siècles : vers l'indépendance[modifier | modifier le code]

Le déclin du commerce des esclaves au XIXe siècle provoque une crise économique qui rompt progressivement la prospérité de l'archipel. Cependant, en raison de sa position stratégique à la moitié de la traversée de l'Océan Atlantique depuis l'Europe, le Cap-Vert devient une escale privilégiée pour les lignes maritimes. Grâce à son port bien abrité, la ville de Mindelo (île de São Vicente) devient un important centre commercial de réapprovisionnement des navires[3]. Le diplomate américain Edmund Roberts y effectue ainsi une halte en 1832. Les sécheresses chroniques dues à la déforestation entrainent toutefois des famines régulières, accentuées par l'absence d'aide alimentaire.

Le manque de ressources naturelles et d'investissements effectués par les Portugais provoquent le mécontentement de la population. Les colons refusent en outre toute velléité d'autonomie locale. Les revendications autonomistes croissent au cours du XXe siècle. Afin d'apaiser la situation politique et satisfaire le mouvement nationaliste émergent, le Portugal modifie le statut juridique du Cap-Vert en 1951 : de simple colonie, l'archipel devient un territoire d'outre-mer[3]. À partir de 1956, les indépendantistes du Cap-Vert, menés par Amílcar Cabral, et de la Guinée portugaise, autre possession portugaise en Afrique de l'Ouest, s'allient pour former le Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC)[3].

Le PAIGC exige alors des améliorations sur les plans économique, social et politique au Cap-Vert et en Guinée portugaise, posant ainsi les bases des mouvements indépendantistes de ces deux nations. En 1960, le parti installe son siège social à Conakry, en Guinée[3]. L'année suivante débute la rébellion armée du PAIGC contre les troupes portugaises : les actes de sabotage se transforment peu à peu en véritable guerre entre les 10 000 soldats du PAIGC, soutenus par l'Union soviétique, et les 35 000 soldats des troupes gouvernementales alliées à d'autres pays africains[3].

En 1972, les troupes du PAIGC contrôlent la plus grande partie du territoire de la Guinée portugaise, malgré la présence de soldats portugais, mais l'organisation ne parvient pas à s'emparer des îles du Cap-Vert. La Guinée déclare son indépendance en 1973 et est reconnue indépendante de jure en septembre 1974 par le Portugal[3] : elle devient la Guinée-Bissau et a pour premier dirigeant Luís Cabral, le demi-frère du leader indépendantiste capverdien. Déstabilisé par des problèmes politiques internes (la Révolution des œillets d'avril 1974), le Portugal ne peut s'opposer au retour en force du PAIGC au Cap-Vert, soutenu depuis la Guinée-Bissau par Cabral. En décembre 1974, le PAIGC et le Portugal signent un accord prévoyant la constitution d'un gouvernement de transition composée de Portugais et de Capverdiens. Le 30 juin 1975, les Capverdiens élisent une Assemblée nationale à laquelle le Portugal reconnaît la souveraineté le 5 juillet[3]. Aristides Pereira, figure du mouvement anti-colonial et dirigeant du PAIGC, devient le premier président du pays.

Depuis l'indépendance (1975)[modifier | modifier le code]

Aristides Pereira, leader indépendantiste et premier président du Cap-Vert. Il dirige un régime à parti unique d'inspiration marxiste de 1975 à 1991.

Dès 1975 est envisagée la réunion du Cap-Vert et de la Guinée-Bissau. Le coup d'état en Guinée de novembre 1980 provoque un refroidissement des relations diplomatiques entre les deux pays. Le projet d'union est ainsi enterré, et le PAIGC modifie son nom en PAICV (Parti africain pour l'indépendance du Cap-Vert). Il instaure un régime à parti unique d'inspiration marxiste (bien que non-aligné) qui perdure jusqu'en 1990, année où le Cap-Vert s'ouvre au multipartisme. Contraint par la pression populaire, qui réclame davantage de démocratie, le PAICV réunit un congrès extraordinaire en février 1990 pour effectuer des modifications de la Constitution. Plusieurs partis d'opposition s'unissent pour former le Mouvement pour la Démocratie (MPD) en avril 1990 à Praia, et contestent la légitimité de l'élection présidentielle prévue en décembre 1990.

Le système à parti unique est officiellement aboli le 28 septembre 1990, et les premières élections libres ont lieu en janvier 1991. Elles voient la large victoire (73,5%) du candidat du Mouvement pour la Démocratie, António Mascarenhas Monteiro, qui défait Aristides Pereira, président en fonction depuis 1975. Les élections législatives de décembre 1995 accordent une large majorité à l'Assemblée nationale au MPD, avec 50 sièges sur 72. Monteiro est réélu en 1996 et ne se représente pas en 2001. Le candidat du PAICV, Pedro Pires, remporte l'élection de février 2001 et est lui aussi réélu pour un second mandat. Depuis 2011, le président est le dirigeant du MPD Jorge Carlos Fonseca.

En raison de sa stabilité politique et de la régularité des élections, le Cap-Vert est considéré comme l'un des pays africains les plus démocratiques. Le 23 juillet 2008, l'Organisation mondiale du commerce (OMC) accueille le Cap-Vert qui devient le 153e pays membre.

Géographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Géographie du Cap-Vert.
Carte du Cap-Vert.

L'archipel du Cap-Vert se trouve dans l'océan Atlantique, à environ 570 kilomètres au large des côtes du Sénégal, de la Gambie et de la Mauritanie. Avec les Canaries, Madère et les Açores, il forme la Macaronésie. Il se situe entre les 14e et 18e parallèles nord (latitude), et entre les 22e et 26e méridiens ouest (longitude).

L'archipel a une forme de sabot de cheval et se compose de dix îles (dont une est inhabitée) et huit îlots[4], recouvrant une superficie totale de 4033 km2[4]. Il se divise en deux séries d'îles :

L'île la plus grande et la plus peuplée est celle de Santiago, qui comprend la capitale et plus grande ville du Cap-Vert, Praia[4]. Trois îles (Sal, Boa Vista and Maio) présentent des paysages plats, sableux et secs. Les autres sont plus montagneuses et comportent davantage de végétation.

Le Cap-Vert bénéficie de quatre aéroports internationaux : l'aéroport Amílcar Cabral sur l'île de Sal ; l'Aéroport international de Praia sur l'île de Santiago ; l'aéroport international de l'île de Boa Vista et enfin celui de São Vicente, depuis le 22 décembre 2009.

Géographie physique[modifier | modifier le code]

Le Pico do Fogo, point culminant du Cap-Vert (2829 m) et volcan actif, dont la dernière éruption remonte à 2014.

La composition géologique des îles est en grande partie d'origine volcanique. Dominée par les roches magmatiques et plutoniques, elle présente des structures caractéristiques des reliefs volcaniques ainsi que des débris pyroclastiques. Sa succession pétrologique est comparable à celle des autres îles de la Macaronésie (Canaries, Madère et Açores). Des anomalies magnétiques identifiées à proximité de l'archipel montrent que sa structure géologique date d'il y a 125 à 150 millions d'années. Les îles elles-mêmes sont apparues il y a huit (à l'ouest) à vingt (à l'est) millions d'années[5]. Les roches les plus anciennes se trouvent à Maio et sur la péninsule du nord de Santiago : il s'agit de pillow lavas datant d'il y a 128 à 131 millions d'années. La première phase du volcanisme capverdien a lieu au début du Miocène et atteint son paroxysme à la fin de cette époque, lorsque les îles atteignent leur taille maximale. Depuis l'apparition de l'humanité, les épisodes volcaniques se sont limités à la seule île de Fogo.

La vallée de Paul, sur l'île de Santo Antão.

L'activité volcanique de ces îles s'explique par la présence d'un point chaud associée à un phénomène de houle bathymétrique, qui aurait formé les îles[6]. Le Pico do Fogo (« Pic de feu ») est le plus grand volcan actif de la région : les dernières coulées de lave ne datent que de 1995 et 2014. Point culminant du Cap-Vert (2 829 m), il possède une caldeira en arc de cercle d'environ huit kilomètres de diamètre et de 1 600 m d'altitude. Formée après l'évacuation du magma lors d'une éruption, elle aurait subi un effondrement de près de 800 mètres il y a environ 250 000 ans. Elle récupère les eaux pluviales lors de la saison des pluies : absorbées par le sol très poreux, elles forment de nombreuses sources au bas de la montagne. En raison de leur formation d'origine volcanique, la plupart des îles ont un relief escarpé.

On trouve également de vastes déserts de sel sur les îles de Sal et de Maio[4]. A Santiago, Santo Antão, et São Nicolau, des champs de canne à sucre ou des bananeraies se trouvent sur les pentes des volcans dominant l'île[4]. Quelques falaises ont été formées par de violents glissements de terrains[7]. D'après le président de Nauru, le Cap-Vert est le huitième pays le plus menacé par la montée du niveau de la mer engendrée par le réchauffement climatique[8] ; il est à ce titre membre de l'AOSIS.

Climat[modifier | modifier le code]

Le climat y est chaud et sec, avec une moyenne des températures située entre 20 à 25 °C. Durant les mois de janvier et février l'archipel subit l'influence des tempêtes de sable venues du Sahara.

Environnement[modifier | modifier le code]

Forêts sèches des îles du Cap-Vert
Écorégion terrestre - Code AT0201[9]
Description de cette image, également commentée ci-après

Baobabs dans la vallée de Ribeira Grande de Santiago

Classification
Écozone : Afrotropique
Biome : Forêts décidues sèches
tropicales et subtropicales
Écologie
Espèces végétales[10] :
257
Oiseaux[11] :
67
Mammifères[11] :
4
Squamates[11] :
28
Espèces endémiques[11] :
22
Conservation
Statut[11] :
Critique / En danger
Anthropisation[12] :
24,1 %
Espèces menacées[12] :
3
Ressources web :
Site du WWF

L'archipel constitue une écorégion terrestre dans la classification du Fonds mondial pour la nature sous le nom de « forêts sèches des îles du Cap-Vert ». Elle appartient au biome des forêts de feuillus sèches tropicales et subtropicales de l'écozone afrotropicale.

La végétation indigène est aujourd'hui gravement fragmentée et se limite essentiellement aux sommets des montagnes et autres zones inaccessibles. Ces vestiges sont cependant importants, car ils contiennent quelques-unes des rares zones de forêts sèches en Afrique et abritent un certain nombre d'espèces endémiques.

Divisions administratives[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Subdivisions du Cap-Vert.

Politique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Politique au Cap-Vert.

Système politique[modifier | modifier le code]

Le Cap-Vert est une démocratie représentative, ayant pour régime une république de type semi-présidentiel. La constitution, adoptée en 1980 et révisée en 1992, 1995 et 1999, définit les principes de base du gouvernement. Le président est le chef de l'État et est élu par les citoyens pour un mandat d'une durée de cinq ans. Le Premier ministre est à la tête du gouvernement et nomme les ministres et secrétaires d'État. Il est désigné par l'Assemblée nationale, avec approbation du président.

Les membres de l'Assemblée nationale sont également élus pour un mandat de cinq ans. Deux partis dominent la vie politique capverdienne depuis l'indépendance :

En raison de l'alternance régulière entre les partis depuis 1991 et de la liberté dont bénéficie la presse, le Cap-Vert est considéré comme l'un des pays les plus démocratiques au monde : il figure au 31e rang de l'Indice de démocratie en 2014.

Le système judiciaire se compose d'une Cour Suprême de Justice, dont les membres sont nommés par le président, l'Assemblée nationale et le Comité judiciaire, ainsi que de tribunaux répartis sur le territoire. Il existe des chambres traitant les affaires civiles, pénales et administratives. L'appel est effectué auprès de la Cour suprême.

Relations diplomatiques[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Politique étrangère du Cap-Vert.

Avec l'Union européenne[modifier | modifier le code]

Le gouvernement du Cap-Vert a conclu avec la Commission européenne des accords permettant le versement de fonds de développement à l'archipel. Ces fonds substantiels ont pour objectif la réduction de la pauvreté dans l'archipel et le développement des infrastructures insulaires. L'accord réserve également une aide d'urgence en cas de catastrophe humanitaire[13].

L'agence Frontex, assurant la sécurité des frontières extérieures de l'Union, a conclu un accord bilatéral avec le Cap-Vert pour lutter contre l'immigration illégale en provenance du continent Africain. Ce partenariat permet des opérations communes en mer et implique un alignement progressif des méthodes de gestion des frontières maritimes du Cap-Vert sur celles de l'Union Européenne[14].

L'escudo est arrimé à parité fixe depuis le 5 juillet 1998 à la monnaie du Portugal (l'escudo portugais jusqu'en 1999, l'euro depuis cette date), au taux de change de 110,265 escudos pour un euro.

Armée[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Forces armées du Cap-Vert.

Les forces armées du Cap-Vert (« Forças Armadas Cabo Verdeanas », FACV) comptent 1200 militaires d'active.

Économie[modifier | modifier le code]

Démographie et société[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Démographie du Cap-Vert.
Évolution de la démographie entre 1961 et 2003 (chiffre de la FAO, 2005). Population en milliers d'habitants

Le Cap-Vert est resté inhabité jusqu'à l'arrivée des colons portugais en 1456 et sa population est issue d'un métissage entre ces derniers, (en particulier des Portugais des Açores et de Madère) et les esclaves importés du continent africain, surtout de l'ouest africain. Un certain nombre d'autres européens s'installèrent également sur l'archipel, ainsi qu'une communauté de juifs espagnols et portugais fuyant l'Inquisition. Ils se sont tous rapidement assimilés.

À l'étroit sur une terre exiguë et peu fertile, la population capverdienne subit de très nombreuses famines jusqu'à l'indépendance du pays en 1975. Aujourd'hui, l'aide alimentaire a permis d'éradiquer les famines mais le Cap-Vert reste une terre d'émigration, avec davantage de ressortissants vivant à l'étranger (États-Unis, Portugal, France, Luxembourg, Pays-Bas, Sénégal[15], Suisse, Angola, et Sao Tomé-et-Principe…) que de locaux (environ 700 000 ressortissants à l'étranger pour 500 000 au pays). Près d'un habitant sur trois vit dans la capitale Praia.

Avec 523 568 habitants en 2012, le Cap-Vert est l'un des pays les moins peuplés d'Afrique. Sa population en 2012 est composée à 32,6 % de personnes entre 0 et 14 ans, à 61,9 % de personnes entre 15 et 64 ans et de 5,5 % personnes de 65 ans ou plus. Sa densité humaine est de 129,8 hab./km². Les hommes ont une espérance de vie de 66,78 ans alors que pour les femmes celle-ci est de 73,27 ans.

Le pays connait en 2011 un taux de croissance de la population de 1,43 %, avec un taux de natalité de 21,21 %, un taux de mortalité de 6,28 %, un taux de mortalité infantile de 26,02 ‰, un taux de fécondité de 2,44 enfants par femme et un taux de migration négatif de - 0,66 %.

Groupes ethniques[modifier | modifier le code]

Émigration et immigration[modifier | modifier le code]

Religion[modifier | modifier le code]

Le christianisme, importé par les Portugais, est la première religion du pays. Le catholicisme est la première représentée (90%), le clergé a d’ailleurs une grande influence sur la vie sociale et politique du pays. Les églises sont présentes partout. À Cidade Velha, ancienne capitale sur l’île de Santiago, on trouve les ruines de la première cathédrale africaine. Contrairement à Cuba ou au Brésil, par exemple, il n’y a a priori pas eu au Cap-Vert de fusion avec des rituels animistes. Les Capverdiens pratiquent la même religion que les Portugais. La deuxième religion du pays est le protestantisme, chaque ville ou presque possède son temple. La principale dénomination protestante au Cap-vert est le Méthodisme (Église du Nazaréen), puis viennent l’Église Adventiste du Septième Jour et les Pentecôtistes (Assemblées de Dieu). Le judaïsme s'est implanté dès les origines du peuplement des îles. Un hameau de la commune de Paul s'appelle d'ailleurs Sinagoga. Quant à l’islam (voir islam au Cap-Vert), il commence à peine à faire son apparition avec l’arrivée des Sénégalais.

Langues[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Langues au Cap-Vert.

La langue officielle du Cap-Vert est le portugais mais les habitants parlent majoritairement le créole capverdien (crioulo en portugais, kriolu ou kriol en créole capverdien). L'anglais et le français sont enseignés à l’école. Le Cap-Vert fait partie de l'Organisation internationale de la francophonie et de l'Assemblée parlementaire de la francophonie.

Il existe des variations régionales du créole, propres à chacune des 9 îles habitées mais qui ne sont pas suffisamment importantes pour empêcher la compréhension entre les habitants. Les différents créoles du Cap-Vert peuvent être séparés en deux groupes : les créoles de Sotavento (Brava, Fogo, Santiago et Maio) et les créoles de Barlavento (Boa Vista, Sal, São Nicolau, São Vicente et Santo Antão).

Les régions de Ribeira Grande, de Santiago et de Santa Catarina do Fogo sont membres de l'Association internationale des régions francophones[16].

De plus, les municipalités de Praia et São Vicente sont membres de l'Association internationale des maires francophones[17].

Santé[modifier | modifier le code]

Éducation[modifier | modifier le code]

Culture[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Culture du Cap-Vert et Musique capverdienne.

La culture du Cap-Vert est d’origine africaine et portugaise. Il existe différents genres de musique comme le funaná, la coladeira, la morna (rendue célèbre dans le monde entier grâce à Cesária Évora), la mazurca ou encore le batuque.

La musique du Cap-vert se rapproche du zouk des Antilles françaises, soit sous sa forme originaire, soit sous des formes dérivées (le colá-zouk, mélange de zouk avec la coladeira et la kizomba, mélange de zouk avec du semba) est populaire chez les jeunes. Quelques-uns de ses meilleurs représentants sont, entre autres, Gil Semedo Moreira et Suzanna Lubrano (qui a gagné un Kora Awards en 2003) qui vivent aux Pays-Bas.

Le Festival de musique de Baía das Gatas a acquis une notoriété internationale.

Fêtes et jours fériés
Date Nom français Nom local Remarques
1er janvier Nouvel an Ano Novo
13 janvier Jour de la démocratie Dia da Democracia
20 janvier Fête des héros Dia dos Heróis Nacionais Commémoration de la mort d'Amilcar Cabral
février Carnaval Carnaval Jour du mardi gras : celui de l'île de São Vicente est le plus renommé
8 mars Journée internationale des droits de la femme Dia internacional dos direitos da mulher
avril Pâques Páscoa
5 juillet Jour de l'Indépendance Dia da Independência
1er novembre Toussaint Dia de Todos os Santos
25 décembre Noël Natal

Codes[modifier | modifier le code]

Le Cap-Vert a pour codes :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) « Cabo Verde », sur CIA World Factbook (consulté le 6 juillet 2015)
  2. Le pays a indiqué le changer son nom officiel auprès des Nations unies.
  3. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k (en) « U.S. Relations With Cabo Verde », sur Département d'État des États-Unis,‎ (consulté le 5 juillet 2015)
  4. a, b, c, d et e (en) « The Peace Corps welcomes you to Cape Verde », sur Peace Corps (consulté le 28 juillet 2015)
  5. (en) J. Pim, C. Pierce, A. B. Watts, I. Grevemeyer et A. Krabbenhoeft, « Crustal structure and origin of the Cape Verde Rise », Earth and Planetary Science Letters, no 272,‎ , p. 422–428 (lire en ligne)
  6. (en) Ramalho, R., Helffrich, G., Schmidt, D. et Vance, D., « Tracers of Uplift and Subsidence in the Cape Verde Archipelago », Journal of the Geological Society, no 167,‎ , p. 519–538 (lire en ligne)
  7. (en) T.P. Le Bas, "Slope Failures on the Flanks of Southern Cape Verde Islands", in Submarine mass movements and their consequences: 3rd international symposium, Springer,‎ (ISBN 978-1-4020-6511-8)
  8. (en) Marcus Stephen, « A sinking feeling: why is the president of the tiny Pacific island nation of Nauru so concerned about climate change? », sur thefreelibrary.com,‎ (consulté le 28 juillet 2015)
  9. (en) D. M. Olson, E. Dinerstein, E. D. Wikramanayake, N. D. Burgess, G. V. N. Powell, E. C. Underwood, J. A. D'Amico, I. Itoua, H. E. Strand, J. C. Morrison, C. J. Loucks, T. F. Allnutt, T. H. Ricketts, Y. Kura, J. F. Lamoreux, W. W. Wettengel, P. Hedao et K. R. Kassem, « Terrestrial Ecoregions of the World: A New Map of Life on Earth », BioScience, vol. 51, no 11,‎ , p. 935-938.
  10. (en) G. Kier, J. Mutke, E. Dinerstein, T. H. Ricketts, W. Küper, H. Kreft et W. Barthlott, « Global patterns of plant diversity and floristic knowledge », Journal of Biogeography, vol. 32,‎ , p. 1107–1116 (DOI 10.1111/j.1365-2699.2005.01272.x, lire en ligne), données et carte consultables dans the Atlas of Global Conservation.
  11. a, b, c, d et e (en)World Wildlife Fund, « WildFinder: Online database of species distributions »,‎ , données et carte consultables dans the Atlas of Global Conservation.
  12. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées hoekstra2010.
  13. [PDF]Cap Vert - Communauté européenne : Document de stratégie pays et Programme indicatif national pour la période 2008-2013
  14. What is Frontex?, sur le site frontex.europa.eu du 4 septembre 2008
  15. Voir Saudade à Dakar, film documentaire de Laurence Gavron, 2005, 52', consacré à la communauté des Cap-Verdiens exilés à Dakar
  16. La Francophonie de Proximité, sur le site regions-francophones.com
  17. association internationale des maires francophones, sur le site aimf.asso.fr

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • André Barbe, Les îles du Cap-Vert, de la découverte à nos jours, une introduction : de l'entrepôt des esclaves à la nation créole, Paris, L'Harmattan,‎ , 285 p. (ISBN 978-2-7475-3730-8)
  • Michel Lesourd, Le Cap-Vert, Paris, Éditions du Jaguar,‎ , 277 p. (ISBN 978-2-86950-408-0)
  • (en) Richard A. Lobban Jr. et Paul Khalil Saucier, Historical dictionary of the Republic of Cape Verde, Lanham, Maryland ; Toronto ; Plymouth, UK, Scarecrow Press,‎ (ISBN 978-0-8108-4906-8)
  • Idelette Muzart-Fonseca dos Santos, José Manuel da Costa Esteves et Denis Rolland, Les îles du Cap-Vert : langues, mémoires, histoire (actes du colloque de 2003), Paris, L'Harmattan,‎ , 262 p. (ISBN 978-2-296-04633-7)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]