United States Air Force

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United States Air Force
Image illustrative de l'article United States Air Force

Création
Pays Drapeau des États-Unis États-Unis
Type Force aérienne
Rôle Donner des options pour la défense des États-Unis et de ses intérêts globaux. Voler et combattre dans l'air, l'espace et dans le cyberespace.
Effectif 2008 : 328 600
Fait partie de Département de la Défense des États-Unis
Couleurs Bleu outremer et or
Devise « Above All » (« Au-dessus de tout »)
Marche The U.S. Air Force
Équipement Aéronefs, missiles balistiques, satellites artificiels
Commandant Général Mark A. Welsh
Logo de l'USAF depuis les années 1990.

La[N 1] United States Air Force (en français : « Force aérienne des États-Unis ») souvent abrégé en US Air Force et USAF, est la branche aérienne des Forces armées des États-Unis. Sa mission actuelle est la défense des États-Unis par le contrôle de l'air, de l'espace et du cyberespace.

Initialement connue comme le United States Army Air Corps puis les United States Army Air Forces (USAAF) (toutes deux dépendantes de l'US Army), le National Security Act du a eu comme effet de faire de la force aérienne américaine une branche distincte sous le nom d’US Air Force. Celle-ci reprit les missions et effectifs auparavant confiés aux U.S. Army Air Forces[1]. Elle est la dernière branche de l'armée américaine à avoir été formée.

L’USAF est, en 2008, la plus importante et la plus avancée technologiquement des armées de l'air dans le monde avec 5 778 avions en service[N 2], environ 156 drones, 2 130 missiles de croisière et 450 missiles balistiques intercontinentaux. L’USAF a 330 000 personnes en service actif, 74 000 dans la réserve et 105 708 dans la garde nationale aérienne. De plus, elle emploie 168 900 personnes civiles incluant l'emploi indirect de ressortissants étrangers [2].

Pour le budget de la Défense 2009, il était prévu que l’USAF recevrait 143,8 milliards de dollars américains et que son personnel actif soit de 316 600 personnes[3]. En 2015, il est de 137,8 milliards au 2e rang des branches des forces américaines[4].

L’US Air Force dépend du département de la Force aérienne des États-Unis (United States Department of the Air Force), dirigé par le secrétaire à la Force aérienne, un civil. Ce département est l'un des trois départements militaires du département de la Défense des États-Unis, lequel est dirigé par le secrétaire à la Défense.

Mission[modifier | modifier le code]

Drapeau de la United States Air Force.

Selon le National Security Act de 1947 (61 Stat. 502) qui a créé l'Air Force[5] :

« En général, l'USAF devra comprendre une force aérienne de combat et de service qui n'est pas assignée pour d'autres missions. L'USAF devra être organisé, entrainé et équipé principalement pour des opérations aériennes offensives et défensives efficaces et durables. L'Air Force sera responsable de la préparation des forces aériennes nécessaires pour le déroulement d'une guerre efficace et de l'expansion des composants de l'Air Force en temps de paix en vue des besoins d'une guerre. »

Le § 8062 du titre 10 de l'US Code[6] définit le but de l'Air Force comme étant :

  • préserver la paix et sécurité et fournir une défense pour les États-Unis, les territoires, le Commonwealth, les possessions ou n'importe quel territoire occupé par les États-Unis ;
  • soutenir les politiques nationales ;
  • mettre en œuvre les objectifs nationaux ;
  • vaincre n'importe quelle nation responsable d'actes agressifs qui mettent en péril la paix et la sécurité des États-Unis[5].

La mission de USAF aujourd'hui est de fournir des options pour la défense des États-Unis d'Amérique et de ses intérêts globaux — voler et combattre dans l'air, l'espace et les cyberespaces[5].

Historique[modifier | modifier le code]

La United States Air Force trouve son origine dans la formation, le , d'une formation aéronautique au sein du Signal Corps (corps des transmissions) de l'US Army. Il lui faudra attendre quarante ans avant d'obtenir son indépendance le malgré les nombreuses tentatives effectuées par les responsables des forces aériennes au cours de l'entre-deux-guerres.

Le rôle décisif tenu par l'aviation pendant la Seconde Guerre mondiale – en particulier le fait qu'elle seule était capable de mettre en œuvre l'arme de dissuasion : la bombe atomique – détermina la création de l'USAF à partir des United States Army Air Forces, corps semi-autonome qui regroupait en mi-1945 plus de 2 250 000 hommes et disposait d'environ 20 000 avions. L'USAAF effectua durant cette guerre 2 362 800 sorties, largua 2,15 millions de tonnes de bombes (1,613 million en Europe et Afrique du Nord, 0,537 million de tonnes en Asie/Océanie) et perdit 22 948 appareils[7].

La démobilisation rapide au sortir de la guerre fit que, lors de sa mise sur pied en 1947, l'USAF ne comptait que 300 000 hommes et quelques groupes opérationnels.

Le début de la guerre froide et la supériorité numérique alors écrasante de l'Armée rouge incitèrent les États-Unis à se renforcer progressivement en donnant la priorité aux bombardiers stratégiques du Strategic Air Command (SAC) responsable de la mise en œuvre des armes nucléaires des États-Unis (jusqu'à ce que l'US Navy et l'US Army disposent également de leurs propres ogives au début des années 1950).

Lockheed P-80 Shooting Star en Corée du Sud. Premier avion à réaction en service dans l'USAF, il affronta les MiG-15 dans les premiers combats entre jets durant la guerre de Corée.

En 1950, la guerre de Corée – qui fit craindre une nouvelle guerre mondiale – favorisa l'adoption d'une politique d'expansion rapide. On comptabilisa lors de ce conflit 710 886 sorties de l'USAF et la perte de 1 466 avions[7].

Pendant dix ans, l'USAF entretint des forces tactiques et stratégiques très importantes (1 000 bombardiers à la fin des années 1950B-36, B-47 puis B-52) et un renouvellement rapide des chasseurs par des appareils de plus en plus sophistiqués (F-84, F-102, F-4…). Le début des années 1960 vit l'arrivée massive des ICBM qui détrônèrent peu à peu les bombardiers pilotés dans le cadre de la dissuasion ; il y eut un maximum de 1 054 missiles intercontinentaux en service dans les années 1970.

Lorsque les États-Unis s'engagèrent dans la guerre du Viêt Nam, le renforcement militaire s'opéra surtout en faveur du Tactical Air Command. Durant cette période, de 1962 à 1974, l'USAF déploya un maximum de 1 840 appareils - en 1969 -, envoya en République du Viêt Nam un maximum de 58 434 militaires - en 1968 -, déploya également en Thaïlande un pic de 35 791 hommes la même année, fit 5 226 701 sorties, utilisa 6,166 milions de tonnes de bombes, abattit 137 avions de l'Armée populaire vietnamienne et perdit 2 255 appareils dont un quart par accident[7].

La fin des opérations en Asie du Sud-Est entraîna une diminution rapide des effectifs : de 427 escadrons et 904 000 hommes en 1968 à 258 et 559 000 militaires en 1979.

Son effectif était de 510 000 personnels en 1991 lors de la guerre du Golfe qui vit une démonstration de puissance de l'aviation qui détruisit une large part du complexe militaro-industriel de l'Irak avec des pertes extrêmement réduites en utilisant une large gamme d'armements air-sol évolués. La disparition de l'URSS entraîna une réduction des budgets de la Défense en Occident et une baisse marquée des effectifs et du parc aérien. En 1992, eut lieu une vaste réorganisation des commandements de l'Air Force [8].

Réorganisation des commandements de l'Air Force en 1992.

En 2003, l'opération liberté irakienne vit une nouvelle démonstration de puissance face à une armée irakienne affaiblie par un embargo.

En 2006, l'effectif était de 350 000 personnes et le vieillissement d'une bonne partie du parc aérien construit durant la guerre froide commença à se faire sentir, notamment avec le sort des chasseurs F-15 A/B/C, à partir de , qui assuraient une part importante des missions de supériorité aérienne et qui présentaient des signes de vieillissement inquiétants.

En 2008, il y avait 14 000 pilotes dans l'USAF dont 3 700 sont pilotes de chasse parmi lesquels soixante-dix femmes[9].

Dans les années 2000, malgré la hausse du budget militaire sous l'administration Bush, le parc aérien continua à diminuer et le vieillissement de la flotte s'accentua, le prix unitaire des avions militaires augmentant de façon importante à chaque développement technologique.

Durant l’année fiscale 2009, l'USAF prévoyait de retirer 188 aéronefs et d'en recevoir 117 dont 52 drones[10].

Au niveau nucléaire, il restait à cette date 450 ICBM Minuteman III en alerte.

L'usage de drone de combat et de reconnaissance était en constante augmentation et en 2008 fut annoncée la mise en service de la première escadre uniquement équipée de ces engins. L'US Air Force avait formé 350 opérateurs de drones en 2011 contre 250 pilotes d'avion de combat[11].

Un rapport du Government Accountability Office parue début 2009 observa de très grandes négligences dans le défense aérienne du territoire national. Le terme employé pour cette mission est ASA, pour Air Sovereignty Alert, où le terme souveraineté est essentiel puisqu'il désigne la sécurité fondamentale, l'intégrité de la nation.

Année Nombre de chasseurs et
d'avions d'attaque[12]
1988 2 789
2000 1 666
2012 1 493
2021 (prévision d'un think-thank) 1 157

Les perspectives sont extrêmement inquiétantes, puisque le GAO prévoit qu'en 2020, dans les conditions de projection des commandes d'avions de combat F-22 qui s'est arrêté à 187 appareils de série et F-35 fin 2008, onze des dix-huit "sites de mission ASA" pourraient n'avoir aucun avion à leur disposition. Le GAO pronostique des restrictions considérables des capacités de combat aérien de l'USAF sur les quinze ans, compte tenu de la programmation projetée par l'USAF. En 2008, il y avait, selon le GAO, 2 325 avions de combat capables d'accomplir leurs missions (dont une part avec des restrictions). Compte tenu de l'arrivée actuellement programmée de nouveaux avions et du départ d'avions trop vieux pour continuer à voler, le chiffre tombera à 1 175 en 2020 et à 1 100 en 2025[13].

Précédentes organisations[modifier | modifier le code]

Cocardes apparues sur les avions américains :
1. - 2. - 3. - 4. - 5. - 6. - 7. depuis .

Les organisations précédentes de l'actuelle US Air Force sont :

Guerres et opérations majeures[modifier | modifier le code]

Opérations humanitaires[modifier | modifier le code]

L'US Air Force a pris part à plusieurs opérations à vocation humanitaire dont les principales sont [15] :

Organisation[modifier | modifier le code]

En 2009, un nouveau commandement chargé des missions nucléaires se met en place, il s'agit du Air Force Global Strike Command reprenant une partie des fonctions de l'ancien Strategic Air Command dissous en 1991.

Structure des forces[modifier | modifier le code]

Structure normale d'une escadre dite Wing de la United States Air Force avec ses groupes et ses escadrons.

Seal of the US Air Force.svg Quartier-général, United States Air Force, Le Pentagone, Arlington, Virginie

Pour la période 2011-2015[modifier | modifier le code]

L'examen quadriennal de la défense (en) 2010 (Quadrennial Defense Review) publié le donne entre autres le format alors prévu des forces pour la période 2010-2015[16]. Mais en , on annonce des coupes dans le budget de la défense américain et la suppression d'un minimum de six escadrons de chasse et d'un d'entrainement[17].

Voici les prévisions alors annoncées pour l'USAF :

  • huit équivalents d’escadron de renseignement, surveillance et reconnaissance (ISR)
(avec jusqu’à 380 aéronefs de mission principale)
(avec 33 aéronefs de mission principale par équivalent d’escadron)
  • dix – onze équivalents d’escadron de frappe de théâtre
(avec 72 aéronefs de mission principale par équivalent d’escadron)
  • cinq escadrons de frappe à longue portée
(avec jusqu’à 96 bombardiers)
  • six équivalents d’escadron de supériorité aérienne
(avec 72 aéronefs de mission principale par équivalent d’escadron)
  • trois escadrons de commandement et de contrôle et cinq centres d’opérations aériennes et spatiales entièrement opérationnels (avec un total de 27 aéronefs)
  • dix escadrons dédiés à l'espace et au cyberespace.

Aéronefs[modifier | modifier le code]

La United States Air Force possède plus de 7 500 aéronefs en service en date de l'année 2004.

Avions actuellement opérés par l'USAF[18] :

Attaque (air-sol)[modifier | modifier le code]

Bombardiers[modifier | modifier le code]

De bas en haut : Northrop B-2 Spirit conçu dans les années 1980, Rockwell B-1 Lancer conçu dans les années 1970 et Boeing B-52 Stratofortress conçu dans les années 1950, les trois générations de bombardiers stratégiques en service dans l'USAF dans les années 2010.

Transport, Opérations spéciales[modifier | modifier le code]

Déploiement d'avions-cargos McDonnell Douglas C-17 Globemaster III en Caroline du Sud en . La capacité de projection logistique de l'USAF est actuellement sans égal.

AWACS, Guerre électronique[modifier | modifier le code]

Chasseurs[modifier | modifier le code]

F-22 Raptor (en haut) et F-15 Eagle.

Hélicoptères[modifier | modifier le code]

Ravitailleurs[modifier | modifier le code]

La force de l'USAF ne réside pas seulement dans ses appareils de combat comme ses F-15, mais en grande partie dans les multiplicateurs de forces dont ceux-ci sont accompagnés tel les avions-ravitailleurs KC-135 et les AWACS qui leur permettent de frapper loin et avec précision.

Reconnaissance[modifier | modifier le code]

Avion d'entraînement[modifier | modifier le code]

Force spatiale[modifier | modifier le code]

L'USAF est le principal utilisateur de satellites gouvernementaux au monde, et possède, dans les années 2010, deux navettes spatiales inhabitées Boeing X-37. Voici quelques-unes des constellations de satellites artificiels exploitées par le Air Force Space Command qui opèrent souvent pour l'ensemble des forces armées américaines :

Ils sont lancés, depuis les années 2000, par les deux types retenus dans le cadre du programme Evolved Expendable Launch Vehicle.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. On met « La » car l'article est suivi de « United » qui, en phonétique /ju:naitid/, commence par une diphtongue ; or, en français devant une diphtongue, on met « le » ou « la » et non « l' », comme pour, par exemple, « le Yougoslave », « la Yougoslave », « le yo-yo » ou « le ouistiti » ; et non « l’Yougoslave », etc.
  2. USAF : 4 093, Air National Guard : 1 289 et Air Force Reserve Command : 396.

Références[modifier | modifier le code]

  1. [1].
  2. (en) [PDF] « Structure of the Force », sur Air Force Magazine,‎ (consulté le 19 août 2009).
  3. « Gargantuesque défense », Défense et Sécurité internationale, no 35,‎ , p. 11 (ISSN 1772-788X).
  4. (en) Skye Gould, Jeremy Bender, « Here's how the US military spends its billions »,‎ (consulté le 28 août 2015).
  5. a, b et c (en) Air Force Link, (2005). « Air Force releases new mission statement », sur le site http://www.af.mil (consulté le ).
  6. 10 USC 8062.
  7. a, b et c [PDF](en) John T. Correl, The Vietnam War Almanac, Air Force Magazine, , 62 p. (lire en ligne).
  8. Rebecca Grant, « End of the Cold War Air Force », sur Air Force Magazine,‎ (consulté le 30 septembre 2013).
  9. (en) USAFs first female African-American fighter pilot, Justin Weaver, , 31st Fighter Wing Public Affairs.
  10. (en) [PDF] Note from AFA President -- State of the Air Force, .
  11. (en)Joe Wolverton, II, « U.S. Air Force Training More Drone, Than Traditional, "Pilots" », sur The New American,‎ (consulté le 16 août 2012).
  12. (en) « Declining for bang for buck », sur The Punard Group,‎ (consulté le 21 novembre 2013).
  13. (en)[PDF] HOMELAND DEFENSE – Actions Needed to Improve Management of Air Sovereignty Alert Operations to Protect U.S. Airspace., Government Accountability Office, .
  14. a et b Air Force Pamphlet 36-2241 (1 July 2007). [2].
  15. United States Air Force Supervisory Examination Study Guide (2005)
  16. [PDF]« Examen quadriennal de la défense », sur http://www.defense.gov/, département de la Défense,‎ (consulté le 6 avril 2010)
  17. (en) Kate Brannen, « SecDef: Smaller military will be ‘cutting edge’ », sur Army Times,‎ (consulté le 28 janvier 2012)
  18. US Air Force aviation OrBat - including numbers of aircraft in active service
  19. Photos: Airtech CN-235 Aircraft Pictures | Airliners.net
  20. (en) Dave Majumdar, « F-35 IOC dates revealed », sur Flight Global,‎ (consulté le 20 mai 2014)

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]