Camping sauvage

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camping sauvage au bord d'un lac en Finlande

Le camping sauvage est une forme de camping pratiqué en pleine nature, dans un lieu qui n'est pas (ou peu) aménagé pour cette activité. Suivant les législations, il peut être interdit, autorisé, ou limité au bivouac (camping sauvage d'une nuit, du coucher au lever du soleil).

Législations[modifier | modifier le code]

Dans le cadre d'un droit plus général d'accès aux espaces naturels, certains pays admettent le droit de camper dans des espaces naturels, sans autorisation préalable du propriétaire. En Suède, c'est l'allemansrätt - droit coutumier ancien protégé par la Constitution depuis 1994 - qui fixe les modalités du droit de passage et de séjour sur les terres d'autrui. Ce droit coutumier est également en vigueur en Norvège et en Finlande. D'autres pays, généralement fortement urbanisés comme l'Allemagne, l'Autriche, le Danemark ou les Pays-Bas[1], interdisent le camping sauvage.

Croatie[modifier | modifier le code]

Le camping sauvage, et même le bivouac sans équipement est interdit en Croatie, en vertu des articles 27 et 43 du texte de loi "Hospitality and catering industry act". Les infractions relevées font l'objet d'amendes pouvant aller de 150 à 1000€, et les contrevenants sont sommés de quitter les lieux immédiatement. Cette disposition s'explique pour plusieurs raisons. Premièrement, la pollution par des visiteurs, le risque des incendies, un taux élevé d'accidents dans ces endroits isolés quand des visiteurs ou touristes ne portent pas de trousse de secours ou ne savent décrire leur location aux docteurs de premiers secours. Le tourisme, et donc l'hébergement associé, est une source de revenu importante pour les habitants qui ont construit de nombreuses infrastructures prévues à ce effet. Par ailleurs, les conflits à l'intérieur du pays pendant la Guerre de Croatie ont laissé des zones minées ou potentiellement touchées par des bombes à sous munitions.

France[modifier | modifier le code]

En France, la législation est intermédiaire entre ces deux pratiques. Le camping sauvage n'est pas interdit de manière globale, mais dans un ensemble de situations[2] :

  • dans les bois, forêts et parcs qui sont classés comme réserves naturelles ;
  • sur les routes et voies publiques ;
  • sur les rivages de la mer ;
  • dans un rayon de 200 m autour d'un point d'eau capté pour la consommation ;
  • dans un site classé ou inscrit dans les zones de protection du patrimoine de la nature et des sites ;
  • à moins de 500 m d'un monument historique classé ou inscrit ;
  • dans certaines zones déterminées par les autorités municipales ou préfectorales.

Des panneaux réglementaires sont apposés aux points d'accès habituels des zones interdites. Tout stationnement de plus de trois mois par an, hors terrains aménagés, doit être autorisé par le maire, l'autorisation est donnée pour trois ans maximum. Il est permis de camper sur le domaine public partout où ce n'est pas interdit.

En France, le camping sauvage est souvent interdit dans la plupart des villes et des parcs naturels par arrêté municipal. Cette interdiction par arrêté municipal a pu être analysée comme contraire à la liberté de circulation, dont le droit à stationner figure comme un corollaire, selon le Conseil d'État qui a jugé recevable le recours d'un campeur contre un arrêté municipal interdisant le camping sur le territoire d'une commune (arrêt du 14 février 1958, Sieur ABISSET)[3].

Cependant, ce sont les propriétaires des parcelles qui ont avant tout le droit de décision.

La loi Besson favorise la création par les communes des terrains de stationnement pour les gens du voyage, victimes d'un code de l'urbanisme qui ne reconnaît qu'un seul mode d'habitat.

Le problème est le même que pour le stationnement des camping-cars, la ville de Béziers ayant traité les deux questions ensemble : camping-car et gens du voyage.

Cas du bivouac[modifier | modifier le code]

Dans les parcs naturels, seul le bivouac est la plupart du temps toléré s'il n'y a pas d'abus constatés afin de ne pas trop pénaliser l'activité touristique (randonnée, escalade...). Dans ce cas, l'entrée des parcs peut mentionner « camping interdit, bivouac autorisé »[4].

Pour encourager cette tolérance, certaines règles sont conseillées :

  1. Respect de l'espace naturel ;
  2. Réduire son installation au minimum ;
  3. Arriver tard et partir tôt ;
  4. Éviter de dormir dans de grands endroits découverts (grandes plages...) ;
  5. Demander l'autorisation aux propriétaires des parcelles, ou à la mairie.

Suisse[modifier | modifier le code]

Aucune loi fédérale n'interdit le camping sauvage en Suisse[5], hormis dans les réserves naturelles, comme les districts francs. En revanche, il existe des restrictions et interdictions émises par les cantons ou les communes. Lorsqu'il s'agit d'un terrain privé, le camping est au bon vouloir du propriétaire. Plus généralement, il convient de distinguer le bivouac, généralement toléré et le camping sauvage, moins toléré, restreint voire interdit selon le lieu. Les six points conseil ci-dessus sont également valable en Suisse, mais dans tous les cas le maître-mot est respect.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (nl)« Boetes », sur om.nl (consulté le 22 mars 2013)
  2. « Législation et réglementation en France du camping sauvage ou bivouac », sur www.lecampingsauvage.fr (consulté le 22 mars 2013)
  3. Conseil d’État, Section, 14 février 1958, Sieur Abisset, n° 7715, p. 98
  4. Seul le bivouac dans les parcs est un principe globalement admis ; exemple : parc national des Pyrénées, pareil pour le parc de la Vanoise, etc.
  5. Suisse, Séjour, voyages-tcs.ch, consulté le 18 décembre 2012

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

  • Législation : sur le site portail de l'administration française.