Saaremaa

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Saaremaa
Œsel (et)
Cratère de Kaali, Saaremaa.
Cratère de Kaali, Saaremaa.
Géographie
Pays Drapeau de l'Estonie Estonie
Archipel Archipel de Moonsund
Localisation Mer Baltique (océan Atlantique)
Coordonnées 58° 25′ 00″ N, 22° 30′ 00″ E
Superficie 2 673 km2
Géologie Île continentale
Administration
Région Saaremaa
Démographie
Population 36 000 hab.
Densité 13,47 hab./km2
Plus grande ville Kuressaare
Autres informations
Découverte Préhistoire
Fuseau horaire UTC+2
Géolocalisation sur la carte : Estonie
(Voir situation sur carte : Estonie)
Saaremaa
Saaremaa
Île en Estonie

Saaremaa (Œsel en allemand) est la plus grande île de l'Estonie. Située dans la mer Baltique, au sud de l'île de Hiiumaa, elle ferme le golfe de Riga. Une distance de quinze kilomètres vers le nord-est la sépare des côtes estoniennes tandis que vingt-neuf kilomètres sont à parcourir à travers le détroit d'Irbe pour rejoindre la Lettonie. La superficie de l'île est de 2 714 km2.

Saaremaa (nom estonien) se nomme Ösel (ou Oesel) en allemand et en suédois, et Saarenmaa en finnois.

La plus grande ville de l'île est Kuressaare.

L'île constitue la plus grande partie de la région de Saare ou Saare maakond, qui englobe aussi les îles de Muhu et de Ruhnu.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les résultats de fouilles archéologiques ont prouvé que l'île de Saaremaa est habitée depuis au moins cinq mille ans. Dans les vieilles sagas scandinaves, Saaremaa est appelée Eysysla, nom qui a exactement la même signification que Saaremaa en estonien : « la région de l'île ». Ce nom a été transposé en allemand et en suédois pour donner Ösel et en latin Osilia. Le nom Eysysla apparaît conjointement avec Adalsysla, « la grande région », peut-être Suuremaa ou Suur Maa en estonien, qui désigne la partie continentale de l'Estonie. Les sagas relatent de nombreuses escarmouches entre les Osiliens et les Vikings. Saaremaa était la région la plus riche de l'ancienne Estonie et le refuge de nombreux pirates estoniens (que l'on appelait parfois les Vikings estoniens). Les Chroniques de Henri de Livonie décrivent une flotte de seize bateaux et de cinq cents insulaires ravageant le Sud de la Suède (qui était alors danois).

En 1227, Saaremaa fut conquise par les Chevaliers Porte-Glaive lors des croisades baltes mais resta l'un des hauts-lieux de la résistance estonienne. Quand les chevaliers furent défaits par l'armée lituanienne en 1236, les insulaires se rebellèrent. Le conflit fut réglé par un traité signé par les Osiliens et les maîtres de l'Ordre.

Une partie de Saaremaa était directement gouvernée par l'Ordre, tandis que l'autre partie était gouvernée par l'évêché d'Ösel-Wiek, partiellement indépendant. Le , l'évêché (dont la partie de Saaremaa qu'il possédait) furent vendus par le dernier prince-évêque, Johannes V von Münchhausen, au Danemark. En 1570, le Danemark acquit le reste de Saaremaa.

En 1645, Saaremaa fut cédée par le Danemark à la Suède par le traité de Brömsebro. En 1721, Saaremaa ainsi que le reste de l'Estonie suédoise fut cédée à la Russie impériale par le traité de Nystad.

Au XXe siècle, Saaremaa fut occupée deux fois par les Allemands. Lors de la Première Guerre mondiale, les îles estoniennes furent conquises en octobre 1917 et occupées (opération Albion) jusqu'à la fin des hostilités.

L'Estonie devint indépendante après la Révolution russe et la fin de l'empire russe. Le nouvel État fut contraint d'incorporer l'URSS en juin 1940 à la suite du pacte germano-soviétique. Les Allemands réoccupèrent les îles en 1941 (opération Beowulf) puis en furent chassés par l'Armée rouge en novembre 1944 (opération Moonsund).

Saaremaa a connu une rébellion en contre le gouvernement provisoire estonien pendant la guerre d'indépendance de l'Estonie. L'indépendance de l'Estonie fut de nouveau proclamée le avec le déclin de l'URSS.

Un descriptif détaillé de l'histoire de Saaremaa est en exposition permanente au musée régional de l'île à Kuressaare.

Mythologie et folklore[modifier | modifier le code]

Dans la mythologie estonienne, l'île de Saaremaa est gouvernée par le héros Suur Tõll et son épouse Piret, tous deux de taille gigantesque, qui protègent l'île contre les attaques ennemies.

Transports[modifier | modifier le code]

Un aéroport entretient des vols réguliers de Kuressaare vers Tallinn, mais aussi des vols saisonniers vers Pärnu, l'île de Ruhnu et même Stockholm.

Saaremaa est reliée à l'île de Muhu par une route étant donnée leur proximité géographique. Des lignes de bus desservent Tallinn, Pärnu et Tartu

La compagnie de ferry Saaremaa relie la ville de Muhu au continent (Virtsu) de façon permanente. le coût est de 35 EEK soit environ 2  et 15 EEK pour les étudiants. Des lignes de ferry entretiennent des transferts réguliers vers l'île de Hiiumaa (Sõru) et la Lettonie (Ventspils). Son coût est de 24  environ. En hiver, il est possible de traverser le détroit sur une route de glace.

Des projets de ponts ou de tunnels entre l'île et le continent sont régulièrement discutés ou à l'étude depuis 1997, mais coûteraient au minimum 390 millions d'euros pour un pont et 620 millions pour un tunnel. L'île étant une zone Natura 2000, ce qui doit être pris en compte pour la construction[1]. Le nombre de traversées s'est élevé à 1,8 million de personnes en 2018[2]. Le projet le plus vraisemblable consisterait à construire une chaussée entre les îles de Muhu et Viirelaid, puis un pont ou un tunnel de Viirelaid au continent[3].

Géographie[modifier | modifier le code]

L'île de Saaremaa sépare le golfe de Riga de la mer Baltique reliés principalement par le détroit d'Irbe.

Les cratères de Kaali furent formés par un impact de météorite il y a plus de 4000 ans.

L'île abrite la réserve naturelle Viidumäe.

Galerie de photos[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Economic affairs minister applies for long-term island bridge link plan », sur news.err.ee (consulté le ).
  2. (en) « New coalition agreement puts Saaremaa bridge back on agenda », sur news.err.ee, .
  3. (en) Aleksei Gunter, « Debates deepen around Saaremaa bridge project », sur baltictimes.com, .