Deep tech

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Les jeunes pousses disruptives, ou de rupture (« deep tech » en anglais), sont de jeunes entreprises basées sur des techniques fortement novatrices et substantiellement novatrices[1].

Elles nécessitent de longs cycles de R&D (recherche et développement), voire de recherche académique, et de coûteux investissements avant d'atteindre un segment de marché et de pouvoir prétendre à un succès commercial. La propriété intellectuelle et/ou la propriété industrielle (PI) ainsi que le savoir faire qui s'y rapporte est généralement très protégée et difficile à reproduire, ce qui constitue un avantage compétitif important et une barrière pour la concurrence[2],[3],[4],[5].

Définition[modifier | modifier le code]

Le terme anglais « deep tech » a été inventé par Swati Chaturvedi, cofondateur et PDG de la société d'investissement Propel(x). Le terme ne se réfère pas à l'invention ou la technologie elle-même, mais à une jeune entreprise (jeune pousse ou startup) développant un produit basé sur une innovation d'ingénierie significative, de rupture ou disruptive[6],[7].

Selon les recherches effectuées par le Boston Consulting Group et Hello Tomorrow, organisation française qui étudie les innovations de rupture, les sciences des matériaux, l'intelligence artificielle, les biotechnologies, la blockchain, la robotique, la photonique, l'électronique et l'information quantique sont les domaines où les jeunes pousses disruptives (Deep tech) sont les plus nombreuses.

Les investissements privés y ont augmenté de 20 % depuis 2015 et atteignent presque 18 milliards en 2018[2].

L'agriculture, les sciences de la vie, la chimie, l'aérospatiale et les énergies propres sont les domaines d'application les plus fréquents[6].

Du point de vue commercial (business), les jeunes pousses disruptives se distinguent par trois caractéristiques: potentiel d'impact important, long temps de maturation et besoin substantiel de capitaux[2].

  • Les innovations portées sont généralement radicales et peuvent créer de nouveaux marchés ou disrupter ceux existants. Ainsi, les jeunes pousses disruptives touchent souvent à des problématiques sociétales ou environnementales ayant de potentiels impacts sur la vie quotidienne. Les circuits intégrés sont un exemple d'innovation de rupture, permettant des calculs à des vitesses auparavant inimaginables.
  • Le temps nécessaire pour passer de la recherche fondamentale à une technologie commercialisable excède le temps de développement des jeunes pousses (start up) basées sur des techniques pré-existantes (« shallow tech » ou techniques peu profondes) tel que les applications mobiles, les sites internet et les services de commerce en ligne[6],[3]. Par exemple, le développement de l'intelligence artificielle a pris des décennies, alors que des entreprises basés sur l'IA se développent maintenant dans nombre de secteurs. En 2019, selon Hello Tomorrow, il faut en moyenne quatre ans pour atteindre le marché dans la biotech et 2,4 ans dans celui de la blockchain.
  • Les énormes besoins de financement dès les stades de développement R&D, de prototypage et la lenteur du cycle de développement de ces jeunes pousses les obligent à abandonner les circuits de financement de type amis/famille pour se tourner vers les circuits de financement de type Business angel, Capital d'amorçage ou des tours de table pour élargir leurs actionnaires pouvant mener jusqu'à une introduction en bourse ou une vente commerciale.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le financement des jeunes entreprises disruptives a augmenté au fil des ans. Selon le Boston Consulting Group, l'investissement total dans les entreprises de biotechnologie est passé de 1,7 à 7,9 milliards de dollars entre 2011 et 2016[8].

Les investissements sont principalement concentrés aux États-Unis et en Chine. À eux deux, ils totalisent 81 % des investissements privés entre 2015 et 2018 pour respectivement 32,8 et 14,6 milliards de dollars. La Chine est le principal moteur des investissements dans les technologies de rupture avec une croissance de 80 % chaque année, contre 10 % pour les États-Unis[2].

Les pays européens sont également actifs : en 2017, selon le Financial Times, les levées de fonds atteignaient trois milliards de dollars pour six cent transactions[9],[6].

Des entreprises telles que Google, Facebook, Amazon, IBM et Apple montrent un intérêt accru pour les entreprises disruptives dans les domaines de l'intelligence artificielle, de la réalité virtuelle, des drones et des véhicules autonomes. Les incubateurs de jeunes entreprises délaissent de plus en plus le domaine du numérique pour les innovations de rupture. En 2016, Y Combinator (un incubateur américain) comptait trente-deux jeunes pousses (start-up) disruptives, dont neuf en biotechnologie, quatre liées aux drones et trois touchant au matériel informatique[8].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « What is Deep Tech? », TechWorks (consulté le 12 janvier 2019).
  2. a b c et d (en) Arnaud de la Tour, Massimo Portincaso, Kyle Blank, Nicolas Goeldel, « The Dawn of the Deep Tech Ecosystem » [PDF], The Boston Consulting Group (consulté le 13 septembre 2019).
  3. a et b (en) « IQ Capital is raising £125M to invest in deep tech startups in the UK », TechCrunch (consulté le 12 janvier 2019).
  4. (en) « What is ‘deep tech’? », NEWS BBVA, (consulté le 12 janvier 2019).
  5. (en) Benjamin Bathke, « Deep Tech startups: Next wave of global disruptors? », Deutsche Welle, (consulté le 13 septembre 2019).
  6. a b c et d (en) « What is Deep Tech and which startups are marking the road (not Uber) », Startup Business, (consulté le 12 janvier 2019).
  7. (en) Raphaël Bonnet, « What's that: Deep Tech », Philonomist, (consulté le 13 septembre 2019).
  8. a et b (en) Arnaud de la Tour, Philippe Soussan, Nicolas Harlé, Rodolphe Chevalier, Xavier Duportet, « From tech to deep tech » [PDF], The Boston Consulting Group (consulté le 13 septembre 2019).
  9. (en) « Europe has a chance to dominate deep tech », Financial Times (consulté le 12 janvier 2019).

Articles connexes[modifier | modifier le code]