Littérature estonienne

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Friedrich Reinhold Kreutzwald, auteur du Kalevipoeg, épopée nationale estonienne, en 1857-1861.

La littérature estonienne fait partie de la culture de l'Estonie. Une langue littéraire et une littérature estoniennes proprement dites apparaissent assez tard, aux XVIe et XVIIe siècles, mais prennent leur essor au XIXe siècle alors qu'une identité nationale apparaît peu à peu et que la région aspire à l'indépendance politique : en témoigne la rédaction de l'épopée nationale, le Kalevipoeg, par Kreutzwald. Bien qu'en partie entravée par l'histoire politique troublée du pays, qui connaît plusieurs occupations totalitaires (nazie puis soviétique) peu propices à l'épanouissement de sa culture, la littérature d'Estonie poursuit son développement et devient d'autant plus vivace après le retour à l'indépendance politique et l'entrée dans l'Union européenne.

Origines[modifier | modifier le code]

L'estonien n'est pas une langue indo-européenne mais finno-ougrienne de même que le finnois et le hongrois. L’estonien littéraire naît tardivement, entre les 16e et 17e siècles. Il est surtout utilisé par des pasteurs allemands pour transmettre la littérature religieuse. Le plus ancien livre en estonien est le catéchisme de Wanradt et Köll, publié en 1535 à Wittenberg. On remarquera que c'est la Réforme qui est à l'origine de ce livre.

Le 18e siècle voit la naissance de la littérature nationale, et la langue écrite se répand par les almanachs et journaux, colportés jusqu’au fond des campagnes. La littérature est alors composée de récits imités d’œuvres allemandes.

Le 19e siècle[modifier | modifier le code]

  • Le sacristain Käsu Hans (et), actif vers 1708-1715, serait l'auteur d'un premier texte littéraire en estonien, une lamentation en vers sur la destruction de Tartu.

À partir de 1820, Kristjan Jaak Peterson (1801-1822) est à l’origine de la poésie estonienne moderne.

Dans les années 1850, à la suite des mouvements nationaux et romantiques, la littérature connaît un véritable essor, avec notamment la redécouverte du folklore national , principalement grâce au travail de collecte de Friedrich Robert Faehlmann (1798-1850), à l'origine de la rédaction de l’épopée nationale, le Kalevipoeg, composée par Friedrich Reinhold Kreutzwald (1803-1882), publiée entre 1857 et 1861 (voir L'Homme de Bois et la Femme d'Écorce, un conte typiquement estonien) dans les publications de la Société savante estonienne. L'édition populaire a été publiée en 1862 en Finlande.

À cette période, entre 1860 et 1885 (L'Ére du Réveil), la nation estonienne prend conscience d’elle-même (chorales, théâtres, associations), et la littérature se développe rapidement. La poésie est un genre particulièrement vivace (et le reste aujourd’hui), symbolisée à cette époque par l’une des grandes poétesses de ce pays, Lydia Koidula (1843-1886).

Le premier journal estonien est fondé en 1857 par Johann Voldemar Jannsen (1819-1890).

Comme dans le reste de l’Europe, la fin du XIXe siècle voit le développement d’une littérature réaliste, en particulier avec Eduard Vilde (1865-1933) ː Vers les terres froides (1895), La guerre de Mahtra (1902), Le prophète Maltsvet (1905), Le laitier de Mäeküla (1916).

D'autres écrivains animent cette fin de siècle ː

Le XXe siècle[modifier | modifier le code]

Peu après, la littérature s’ouvre de plus en plus aux courants occidentaux, avec le groupe des Jeunes Estoniens (Noor-Eesti).

Dans ce contexte émerge l’une des figures estoniennes les plus connues à l’étranger, celle de la poétesse Marie Under. Les années vingt voient le retour du réalisme, avec Anton Hansen Tammsaare. La période de l’entre-deux-guerres, celle de l’indépendance, contraste fortement avec la suivante, celle de l’exil pour les uns, de la déportation en Sibérie pour les autres. La littérature estonienne en exil demeure très vivace, pour preuve les 2 600 volumes en estonien qui sont parus entre 1945 et nos jours.

En Estonie devenue soviétique, la littérature « bourgeoise » est brûlée, interdite, censurée, etc. Un certain renouveau se déclare après la mort de Staline, avec les débuts de grands auteurs comme Viivi Luik et Jaan Kaplinski, mais surtout le monument vivant Jaan Kross qui est publié chez Robert Laffont. Il est l'auteur notamment du Fou du Tzar (1978), prix du meilleur livre étranger 1989. « Ses romans, aujourd'hui traduits en de nombreuses langues, font revivre pour la plupart des figures importantes de l'Histoire estonienne ou des Estoniens ayant atteint dans leur domaine une certaine notoriété internationale »[1] comme le baron balte Timotheus von Bock du Fou du Tzar.

Fin du XXe au début du XXIe siècle[modifier | modifier le code]

Après le retour à l’indépendance, l’Estonie libre retrouve une belle vitalité littéraire, marquée par l’émergence de nombreux jeunes auteurs, comme Tõnu Õnnepalu (1962-), en particulier grâce aux généreuses subventions de la Fondation pour la culture.

Nouvelles[modifier | modifier le code]

La nouvelle est sans doute le genre le plus réputé en Estonie, pour des raisons autant esthétiques qu'historiques. Le Prix Friedebert-Tuglas est réservé aux nouvelles. Une anthologie de nouvelles estoniennes récentes, traduites, est Les hirondelles (2002, P.U. de Caen)

Œuvres[modifier | modifier le code]

Auteurs[modifier | modifier le code]

Institutions[modifier | modifier le code]

Autres langues[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Portrait de Jaan Kross », Site litterature-estonienne.com (consulté le 28 janvier 2011)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Anthologies[modifier | modifier le code]

  • Antoine Chalvin (éd.), Les hirondelles : anthologie de nouvelles estoniennes contemporaines, traduites de l'estonien par Yves Avril, Hélène Challulau, Antoine Chalvin, Fanny Marchal, Jean-Pierre Minaudier, Jean-Luc Moreau et Jean Pascal Ollivry, Caen, Presses universitaires de Caen, 2002. (ISBN 2841331822)
  • L'Esprit de la Forêt, contes estoniens et seto, sélectionnés et commentés par Risto Järv, traduits de l'estonien par Eva Toulouze, José Corti, 2011 (ISBN 978-2-7143-1066-8)
  • (en) Benedikts Kalnačs, Jūratė Sprindytė, Jaan Undusk (éd.), Three hundred Baltic writers : Estonia, Latvia, Lithuania : a reference guide to authors and their works, textes traduits en anglais par Diana Bartkutė Barnard, Anna Reynolds et Triin Sepp, Vilnius : Institute of Lithuanian literature and folklore, 2009. (ISBN 978-9955-698-99-9)
  • (en) Jan Kraus (éd.), The Dedalus Book of Estonian Literature, traductions d'Eric Dickens, Dedalus Ltd., 2011. (ISBN 1903517958)

Manuels généraux[modifier | modifier le code]

  • (en) Andres Jaaksoo, A guide to the Estonian children's literature, Tallinn, Eesti Raamat, 1987.
  • (en) Arvo Magi, Estonian literature : an outline, Baltic Humanitarian Foundation, 1968.
  • (en) Endel M. Mallene, Estonian literature in the early 1970s : authors, books, and trends of development, Tallinn, Eesti Raamat, 1978.
  • (en) Endel Nirk, Estonian literature: historical survey with biobibliographical appendix, Tallinn, Eesti Raamat, 2e édition 1987.
  • (en) H. Peep, Soviet Estonian literature, Tallinn, Eesti Raamat, 1967.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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