Pskov

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Pskov
Псков
Blason de Pskov
Héraldique
Drapeau de Pskov
Drapeau
Kremlin (Krom) de Pskov
Kremlin (Krom) de Pskov
Administration
Pays Drapeau de la Russie Russie
Région économique Nord-Ouest
District fédéral Nord-Ouest
Sujet fédéral Flag of Russia.svg Oblast de Pskov
Maire Ivan Tsetserski
Code postal 180000 — 180024, 180961
Code OKATO 58 401
Indicatif (+7) 8112
Démographie
Population 208 145 hab. (2016)
Densité 2 180 hab./km2
Géographie
Coordonnées 57° 49′ Nord 28° 20′ Est / 57.817, 28.33
Superficie 9 550 ha = 95,5 km2
Fuseau horaire UTC+04:00
Divers
Fondation 903
Statut Ville depuis 903
Ancien(s) nom(s) Pleskov
Localisation

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Pskov
Liens
Site web www.pskovgorod.ru
Sources
Liste des villes de Russie

Pskov (en russe : Псков, ancienne orthographe Пльсковъ ; en estonien : Pihkva ; en allemand : Pleskau ; en letton : Pleskava ; en polonais : Psków) est une ville de Russie et la capitale administrative de l'oblast de Pskov. Sa population s'élève à 208 145 habitants en 2016.

Géographie[modifier | modifier le code]

Pskov est arrosée par la rivière Velikaïa et se trouve à 20 km de la frontière lettone, à 263 km au sud-ouest de Saint-Pétersbourg et à 610 km au nord-ouest de Moscou[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Fondation[modifier | modifier le code]

La ville, d’abord appelée Pleskov, est mentionnée pour la première fois en 903 lorsqu'Igor de Kiev épouse Olga de Kiev, originaire de la ville. Les Pskoviens prennent parfois cette date pour la date de fondation de la ville, et un grand jubilé a eu lieu en 2003 pour fêter son 1 100e anniversaire.

Le premier prince de Pskov fut le dernier fils de Vladimir Ier de Kiev, Soudislav. Emprisonné par son frère Iaroslav le Sage, il ne fut libéré que plusieurs dizaines d’années plus tard, à la mort de ce dernier. Aux XIIe et XIIIe siècles, la ville appartenait à la république de Novgorod. Elle fut prise en 1241 par les chevaliers Teutoniques, puis reprise plusieurs mois plus tard par Alexandre Nevski au terme d’une campagne légendaire. Ce moment de l'Histoire fut le sujet, en 1938, du film de Sergueï Eisenstein, Alexandre Nevski, dont la célèbre musique fut composée par Sergueï Prokofiev, qui l'adapta l'année suivante sous la forme d'une cantate pour mezzo-soprano, chœur et orchestre.

Le krom de Pskov, vu de la rivière Velikaïa

Afin d’assurer leur indépendance vis-à-vis des chevaliers Teutoniques, les Pskoviens choisirent pour prince et chef militaire en 1266, un prince lituanien, Daumantas (Dovmont en russe). Daumantas fortifia la ville, défit les chevaliers à la bataille de Rakovor et imposa sa domination sur la majeure partie de l’Estonie. Son corps et son épée reposent au kremlin de Pskov, et le cœur de la citadelle qu’il y fit construire porte encore le nom de « ville de Dovmont ».

République de Pskov[modifier | modifier le code]

Article principal : République de Pskov.

Au XIVe siècle, la ville devint de facto la capitale d’une république souveraine. Elle était dominée par les marchands qui firent entrer la ville dans la ligue hanséatique. L’indépendance de Pskov fut formellement reconnue par Novgorod en 1348. Plusieurs années plus tard, le vétché (assemblée populaire) promulgua la Charte de Pskov, qui fut l’une des sources d’inspiration principales du premier code civil spécifiquement russe, le soudiebnik compilé et présenté en 1497.

Le Vétché de Pskov, peinture de Viktor Vasnetsov.

Pour la Russie, la République de Pskov était un pont vers l’Europe. Pour l’Europe, c’était un avant-poste russe cible de nombreuses attaques à travers son histoire. Son kremlin (appelé le Krom par les Pskoviens) soutint vingt-six sièges au cours du XVe siècle. Jusqu’à cinq murailles l’encerclaient, rendant la ville pratiquement imprenable.

Une école de peinture d’icônes se développa et les maçons locaux étaient considérés comme les meilleurs de Russie. De nombreux éléments particuliers à l’architecture russe furent d’abord introduit à Pskov.

Plusieurs éléments se conjuguèrent pour mettre fin à l'indépendance de la République de Pskov. Parmi ceux-ci, le renforcement des liens commerciaux, politiques et militaires avec la Moscovie, qui finit par l’envahir. Certains boyards et marchands de Pskov essayèrent de s'opposer à l'annexion par la Moscovie, mais sans obtenir le soutien des citoyens.

La chute de Pskov est narrée dans L'Histoire moscovite de la prise de Pskov (1510). La déportation des familles nobles vers Moscou est le thème de l’opéra La Jeune Fille de Pskov de Rimski-Korsakov (1872). En tant que seconde plus grande ville de Moscovie, Pskov attirait encore les armées ennemies. Elle soutint notamment le siège prolongé d'une armée polonaise de 50 000 hommes lors de la guerre de Livonie (1581–1582). Le roi de Pologne Étienne Báthory lança trente-et-une attaques successives pour prendre la cité, défendue principalement par des civils. Même après la chute de l’un des murs de la ville, les Pskoviens parvinrent à combler la brèche et à repousser les assaillants. « C’est incroyable comme cette ville me rappelle Paris », écrivit un Français présent au siège de Báthory.

Histoire moderne[modifier | modifier le code]

Bateaux au bord de la rivière à Pskov (1904, Constantin Juon)

La conquête par Pierre le Grand de l’Estonie et de la Lettonie, qui appartenaient à la Suède, pendant la Grande guerre du Nord au début du XVIIIe siècle sonna la fin du rôle traditionnel de Pskov en tant que frontière stratégique et passage clef vers la Russie intérieure. En conséquence, l’importance de la ville déclina fortement, même si elle conserva le siège d’un gouvernement séparé jusqu’en 1777.

Histoire contemporaine[modifier | modifier le code]

Le dernier empereur de Russie, Nicolas II, abdiqua à Pskov en mars 1917.

Pendant la Première Guerre mondiale, Pskov fut envahie par l’Armée impériale allemande après la conférence de paix russo-germanique de Brest-Litovsk. Pskov fut également occupée par l’armée estonienne de février 1919 à juillet 1919 pendant la guerre d'indépendance de l'Estonie.

La citadelle médiévale s'avéra un pauvre refuge face à l’artillerie moderne et durant la Seconde Guerre mondiale Pskov fut gravement endommagée. La ville fut occupée par l'Allemagne nazie du au . De nombreux bâtiments anciens et notamment de nombreuses églises furent détruits avant que la Wehrmacht ne puisse occuper la ville. De décembre 1943 au 1er mars 1944, le quartier général de la 3. Flieger-Division de la Luftwaffe était établi dans la ville.

Bien qu’une grande partie de la population soit morte durant la guerre, Pskov tente depuis de retrouver sa place traditionnelle de centre industriel et culturel majeur de la Russie d’Europe.

Population[modifier | modifier le code]

Recensements (*) ou estimations de la population[2] :

Évolution démographique
1840 1856 1863 1885 1897* 1910 1920
10 300 16 329 16 807 21 684 30 478 32 856 29 004
1923 1926* 1939* 1959* 1970* 1979* 1989*
36 667 40 396 60 439 81 270 126 711 175 724 203 789
2002* 2010* 2012 2013 2014 2015 2016
202 780 203 279 203 974 206 154 206 730 207 571 208 145

Jumelages[modifier | modifier le code]

Architecture[modifier | modifier le code]

Les débuts de l'architecture de Pskov sont marqués par les novgorodiens. Mais elle ne perd pas pour autant son originalité. Le style y est plus simple, moins monumental qu'à Veliki Novgorod. La clarté, la logique, la simplicité de ces constructions sobres devient un élément de style. Les édifices sont d'un volume extrêmement réduit. Les quatre ou six piliers intérieurs occupent tout l'espace. De là la nécessité de bâtir de nombreuses églises, pour accueillir les fidèles [3]. Ces églises aux dimensions réduites sont pleines de charmes et traduisent bien l'esprit des pskoviens, plus centrés sur une existence paisible que sur une vie politique ambitieuse et expansionniste. L'influence des villes de Smolensk et de Polotsk est également perceptible. Les premières constructions de Pskov sont réalisées en bois au cours des dixième et onzième siècles, ce qui ne manqua pas de provoquer de nombreux incendies. Ces constructions en bois ont influencé les formes de l'architecture en pierre qui apparaît ensuite au XIIe siècle. Le calcaire que les pskoviens utilisent pour celle-ci donne, grâce à l'aspect rugueux, un charme sculptural particulier. Les surfaces sont recouvertes d'ornements compliqués dont les fouilles archéologiques ont permis de retrouver les traces. Ce sont des frises dentelées sous les corniches et au sommet des tambours. Certains décors sont fait de cavités rectangulaires ou carrées qui se combinent avec les autres éléments décoratifs [4]. La grande renommée des architectes de Pskov les fait appeler par le prince Ivan III à Moscou en 1472 pour, notamment, collaborer à la construction de la Laure de la Trinité-Saint-Serge[5]. Par ce biais ils vont exercer une grande influence sur la formation d'un style commun à toute la Russie.

Trois particularités se retrouvent fréquemment dans l'architecture des églises de Pskov : les papertes, les porches (kryltso) , les clochers-arcades (zvonnitsa).

  • Les papertes russes proviennent des narthex byzantins. Ce sont des galeries, qui peuvent être ouvertes, mais qui restent closes quand le temps est froid et quand il faut faire patienter les fidèles autour des églises exiguës telles que celles de Pskov. Les offices orthodoxes sont relativement longs et ces galeries offrent un abri qui permet de s'écarter quelques minutes du lieu du culte. Elles sont construites sur la façade occidentale mais peuvent aussi couvrir trois côtes.
  • Les porches ( kryltso ) qui donnent accès aux papertes sont formés le plus souvent de deux piliers bas reliés par des arcs voûtés en berceau et couverts d'un toit en bâtière.
Ancienne église de l'ascension à Pskov
  • Les clochers-arcades sont des pignons percés de baies pour les cloches comme le prolongement des façades ou des galeries des églises de Pskov. Certains ont deux rangées d'arcades superposées. Au XVe siècle, on leur substitue des clochers isolés. À Novgorod, par contre, les architectes adoptèrent parfois ce type de clocher-arcade, mais donnèrent la préférence aux clochers à formes pyramidales issus des clochers en bois[6]. Au XVIe siècle on trouve quelques exemples de tels clochers en Russie comme à Rostov Veliki (Cathédrale de la Dormition ), à Souzdal ( Monastère du Sauveur-Saint-Euthyme) qui sont probablement réalisés par des maîtres pskoviens[7].

L'architecture civile en pierre est presque inexistante à Pskov ( comme à Novgorod ). Les édifices municipaux, tels que ceux de Flandres ou d'Allemagne sont rares, sinon absents, en Russie médiévale. La pierre est réservée à la Maison de Dieu ou aux systèmes de défense : kremlins, et forteresses ( appelés aussi kroms , détinets ). Quant aux habitations, elles sont construites en bois, matériaux abondant dans le pays et sont périodiquement dévastées par des incendies[8].

Après l'annexion du territoire de Pskov par Vassili III grand-prince de Moscou en 1510, l'architecture de la ville va perdre un peu de son originalité tout en conservant une partie de ses traits particuliers .

Architecture civile[modifier | modifier le code]

  • Krom de Pskov
  • Bourg de Dovmont
  • Palais des clercs ( Prikazne palaty)
  • Hôtel Pogankine
  • Hôtel Petchenko
  • Hôtel Troubinskoï
  • Hôtel des marchands Podzonïev
  • Hôtel des marchands Menchikov
  • Malterie

Architecture religieuse[modifier | modifier le code]

Vue de l'église Saint-Georges
Monastère Saint-Jean-Baptiste (Pskov) : Vue de l'abbatiale (XIIe siècle)
Vue en hiver du monastère de la Miroja

Pskov est riche d'églises appartenant au patrimoine historique protégé:

églises
monastères

Il existe également une église catholique consacrée à la Trinité, et une église baptiste.

Iconographie[modifier | modifier le code]

Le Prophète Élie au désert, icône originaire de Pskov

.

L'école de peinture d'icônes de Pskov remonte à la fin du XIIIe siècle début du XIVe siècle. Ses icônes sont classées parmi les icônes russes postmongoles. Peu d'icônes nous sont toutefois parvenues et, de plus, relativement tard. Elles sont exposées à la Galerie Tretiakov ou au Musée Russe. Mais le musée de Pskov en possède toutefois 700 exposées dans trois salles de l'hôtel Pogankine[9]. Dès ses origines, la peinture de Pskov possède des particularités de par son approche individuelle des sujets et le dynamisme de ses compositions. C'est à Pskov que se manifeste le développement d'un style libre, pittoresque et expressif. L'expressivité est sans doute due aux conceptions du monde des habitants habitués aux guerres et aux évènements dramatiques, du fait de leur position géographique près des frontières. L'œuvre de Théophane le Grec à Novgorod a exercé une influence importante sur les artistes de Pskov. Il était en effet très proche de la perception pskovienne de l'art : prédilection pour des coloris ténébreux, rehauts blancs et assistes sur les visages et les vêtements sombres, laconisme, nuances de vert foncé, de rouge et de jaune. Ces icônes manifestent aussi un certain archaïsme dans le style, comme celui de l'icône d'Élie le prophète[10].


Personnalités[modifier | modifier le code]

Voir la catégorie : Naissance à Pskov.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Distances à vol d'oiseau ou distances orthodromiques.
  2. « Recensements et estimations de la population depuis 1897 sur », sur pop-stat.mashke.org(en) « Recensements de 1959, 1970 et 1979 », sur www.webgeo.ru — Résultats préliminaires du recensement du 14 octobre 2010 [1]
  3. Véra Traimond, Architecture de la Russie ancienne X-XV è s. Hermann éditeur des sciences et des arts, Paris 2003 (ISBN 2 7056 6433-5)p. 81
  4. Véra Traimond, Architecture de la Russie ancienne X-XV è s. Hermann éditeur des sciences et des arts, Paris 2003 (ISBN 2 7056 6433-5)p. 82
  5. Louis Réau "L'art russe", Tome I, Marabout université, édition Gérard et Cie Verviers 1968 p. 153
  6. Louis Réau L'art russe, Marabout université, Tome I, Éditions Gérard et Co à Verviers, 1968 p. 154
  7. Vera Traimond, Op. cit. p. 187
  8. Louis Réau Op. cit p. 155
  9. Éléna Moroznika, Pskov, traduit du russe par Michelle Paeschen, édition Radouga , Moscou 1983, p. 91
  10. Véra Traimond, La peinture de la Russie ancienne, Bernard Giovanangeli Éditeur à Paris 2010 (ISBN 978-2-7587-0057-9) p. 302 à p. 305,

Liens externes[modifier | modifier le code]

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