Miriam Makeba

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Miriam Makeba
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Dizzy Gillespie et Miriam Makeba en concert en Basse-Normandie, en 1991.

Informations générales
Surnom Mama Afrika
Nom de naissance Zenzile Makeba Qgwashu Nguvama
Naissance
Drapeau de l'Afrique du SudJohannesbourg (Afrique du Sud)
Décès (à 76 ans)
Castel Volturno
Drapeau de l'Italie Italie
Années actives 1952 à 2008
Site officiel Site officiel

Miriam Makeba (née le à Johannesburg, en Afrique du Sud, et décédée le à Castel Volturno, en Italie), est une chanteuse d'ethno-jazz et une militante politique sud-africaine, naturalisée guinéenne dans les années 1960, algérienne en 1972. Elle est parfois surnommée Mama Afrika et son nom complet est Zenzile Makeba Qgwashu Nguvama. Contrainte à l'exil pendant une trentaine d'années, elle parcourt le monde, et multiplie les succès musicaux. Elle devient surtout une des voix contre l'apartheid et pour la fierté du continent africain. Elle rentre en Afrique du Sud en 1990.

Biographie[modifier | modifier le code]

Miriam Makeba naît le 4 mars 1932, dans le township près de Johannesburg. Son père est instituteur, issu de l'ethnie Xhosa, sa mère est une domestique dont la famille est issue de la population Swazi[1]. Prénommée « Zenzi », diminutif d’Uzenzile, qui signifie « Tu ne dois t’en prendre qu’à toi-même », elle n’a que quelques jours lorsque sa mère est emprisonnée, avec elle, durant six mois pour avoir fabriqué de la bière afin de subvenir aux besoins de sa famille. Son père meurt lorsqu’elle a six ans[2].

En 1948, les nationalistes afrikaners gagnent les élections. C'est le début de l’apartheid. Makeba épouse James Kubay en 1950. À 17 ans, elle accouche de sa fille Bongi et est diagnostiquée d'un cancer du sein ; elle est traitée de manière non conventionnelle mais avec succès par sa mère. Son mari la quitte peu de temps après[3], et ils divorcent en 1952[4].

À 20 ans, Zenzi Makeba, bonne d’enfants puis laveuse de taxis, vit seule avec sa fille Bongi et sa mère. C’est là qu’elle commence à chanter, presque par hasard, avec les Cuban Brothers, puis devient choriste du groupe Manhattan Brothers, en 1952, qui lui donne son nom de scène, Miriam. Si elle devient très rapidement une vedette, elle se sert de son nouveau métier pour dénoncer le régime de l'apartheid. En 1956, elle écrit son plus grand succès, la chanson Pata, Pata, avec laquelle elle fait le tour du monde (elle sera par exemple reprise en français par Sylvie Vartan sous le titre Tape Tape en 1980).

En 1959, elle est contrainte à un exil qui durera 31 ans, en raison de son apparition dans le film anti-apartheid Come Back, Africa du cinéaste américain Lionel Rogosin. Elle épouse Sonny Pillay la même année[4]. Lorsque sa mère meurt en 1960, elle ne peut assister à ses obsèques, du fait de son interdiction de séjour en Afrique du Sud. C'est avec un passeport français qu'elle reviendra en Afrique du Sud à la libération de Nelson Mandela, emprisonné avec la plupart des dirigeants du Congrès national africain (ANC) au pénitencier de Robben Island.

En 1965, elle épouse son ami de longue date, le musicien sud-africain, Hugh Masekela[3] avec qui elle divorce en 1966[4].

Elle ne cesse de prononcer des discours anti-apartheid et d’appeler au boycott de l’Afrique du Sud devant les Nations unies. Elle chante en zoulou, en xhosa, en tswana, en swahili et en arabe (Ana hourra fi aljazaier pendant les Jeux africains de 1978 à Alger en Algérie). Ses mélodies chantent la tolérance et la paix. Elle vit aux États-Unis, en Guinée, en Europe et devient un des symboles de la lutte anti-apartheid.

En 1966, Makeba reçoit un Grammy Award pour son disque An evening with Harry Belafonte and Miriam Makeba et devient la première Sud-Africaine à obtenir cette récompense. Son mariage en 1969 avec le militant des droits civils afro-américain Stokely Carmichael, chef des Black Panthers, lui cause des ennuis aux États-Unis. Elle s'exile à nouveau et s'installe en Guinée. Elle se sépare de Carmichael en 1978 et en 1980, dans ce pays où la polygamie est légale, devient la deuxième épouse de Bageot Bah[4], un Guinéen influent[3], directeur à la Sabena.

Après la mort du président guinéen Ahmed Sékou Touré, le coup d’état de Lansana Conté en 1984, et la mort de sa fille Bongi, en 1985, des suites d’une fausse couche, Miriam Makeba part vivre à Woluwe-Saint-Lambert, dans la banlieue de Bruxelles[5].

En 1987 Miriam Makeba rencontre à nouveau le succès grâce à sa collaboration avec Paul Simon dans l'album Graceland. Peu après, elle publie son autobiographie Makeba: My Story.

Miriam Makeba est décorée par la France au titre de Commandeur des Arts et Lettres en 1985 et devient Citoyenne d'honneur 1990[6]. En 1990, Nelson Mandela la persuade de rentrer en Afrique du Sud. En 1992, elle interprète le rôle de la mère (Angelina) dans le film Sarafina ! qui raconte les émeutes de Soweto en 1976. En 2002, elle obtient le Prix Polar Music (la même année que Sofia Gubaidulina).

Miriam Makeba a toujours rêvé d'une grande Afrique unie. Pour son pays, elle exhortait ses frères noirs au pardon : « Il faut nous laisser grandir. Les Noirs et les Blancs doivent apprendre à se connaître, à vivre ensemble. »

En 1999, Miriam Makeba a été nommée Ambassadrice de bonne volonté de l’Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO)[7].

Elle annonce en 2005 qu'elle met fin à sa carrière, tout en continuant à défendre les causes auxquelles elle croit. Elle est décédée le dimanche 9 novembre 2008, à l'âge de 76 ans, à Castel Volturno (Province de Caserte, Italie) des suites d'un malaise, à l'issue d'un concert de soutien à l'auteur de Gomorra, Roberto Saviano, traqué par la Camorra[8],[6],[note 1].

Liens externes[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Plusieurs sources italiennes (p.e. Reuters Italia) disent qu'elle est arrivée morte le 9 novembre à 23 h 15 à l'hôpital Pineta Grande, mais en Afrique du Sud c'était déjà le 10 novembre. Communiqué de ZM Makeba Trust and Siyandisa Music sur le site officiel de Miriam Makeba, 10 novembre 2008.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Makeba, Miriam (1932-2008) », dans Dictionnaire des Musiciens, Encyclopaedia Universalis, (lire en ligne)
  2. Elisabeth Stoudmann, « Makeba, Miriam (Zenzile Makeba Qgwashu Nguvama [Johannesbourg 1932 - Castel Volturno, Campanie 2008] », dans Béatrice Didier, Antoinette Fouque et Mireille Calle-Gruber (dir.), Le dictionnaire universel des créatrices, Éditions des femmes, (lire en ligne), p. 2716-2717
  3. a, b et c (en) Graeme Ewens, « Obituary: Miriam Makeba », The Guardian,‎ (lire en ligne)
  4. a, b, c et d (en) Elizabeth Sleeman (dir.), The International Who’s Who of Women 2002, Europa Publications, (ISBN 1-85743-122-7)
  5. (nl) « Miriam Makeba liet ook in Brussel sporen na », Brussel Nieuws,‎ (lire en ligne)
  6. a et b « Décès de Miriam Makeba, la voix de l'Afrique », La Libre Belgique,‎ (lire en ligne).
  7. « Myriam Makeba », Radio Okapi,‎ (lire en ligne).
  8. Samuel Laurent, « Miriam Makeba, une voix de l'Afrique s'est éteinte », Le Figaro,‎ (lire en ligne).