Patriarcat (sociologie)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Le patriarcat est « une forme d’organisation sociale et juridique fondée sur la détention de l’autorité par les hommes »[1]. Il s'agit d'un « système où le masculin incarne à la fois le supérieur et l'universel »[2].

À partir des années 1970, le concept de patriarcat est utilisé par la deuxième vague féministe pour désigner un système social d'oppression des femmes par les hommes. L'organisation patriarcale est alors critiquée et contestée.

Étymologie et usage[modifier | modifier le code]

Le terme patriarcat signifie littéralement "le commandement du père" et provient du grec πατριάρχης (patriarkhēs), qui est la juxtaposition de πατριά (patria), "descendance, lignée paternelle" (qui est issu de πατήρ patēr, "père") et de ἄρχω (arkhō), "commander, être le chef, régir".

Historiquement, le terme patriarcat était utilisé pour qualifier la domination totale exercée par l'homme chef de famille (le patriarche), sur le reste de la famille (la femmes, les enfants et les éventuels esclaves). Cependant, depuis la fin du 20ème siècle le terme est aussi utilisé pour désigner des sociétés dans lesquelles le pouvoir est principalement détenu par les hommes adultes[3],[4],[5], notamment par les féministes de la deuxième vague, comme Kate Millett aux États-Unis et Christine Delphy en France, qui cherchaient à comprendre les rapports sociaux patriarcaux dans le but de libérer les femmes de la domination masculine[6],[7].

Le concept de patriarcat a été développé dans le but d'expliquer la domination masculine comme un phénomène social et non biologique[4].

Acception féministe contemporaine[modifier | modifier le code]

Dans sa version contemporaine, le concept de « patriarcat » entend mettre en exergue la spécificité de l’oppression des femmes. Élaboré à la fin des années 1960, dans un contexte de forte prégnance du marxisme dans les analyses féministes, il vise à doter le mouvement féministe d’un outil d’analyse propre qui ne subordonnerait pas l’oppression des femmes à la lutte des classes.

L’ouvrage de l’américaine Kate Millett La Politique du mâle (Sexual politics, 1969) est pionnier en la matière. Le sexe y est posé comme une catégorie sociale et non biologique, et le patriarcat est décrit comme un rapport de domination et de subordination des femmes par les hommes. Pour elle, le patriarcat peut être décrit comme un double principe : « l'homme dominera la femme ; parmi les hommes, le plus âgé dominera le plus jeune »[8]. Dans cette conception, malgré des variations historiques et géographiques, le patriarcat serait un système politique qui définirait toutes les sociétés humaines depuis la fin du néolithique.

En France, Christine Delphy développe ce concept dans son ouvrage L’ennemi principal dont le premier tome est titré L’économie politique du patriarcat. Dans ce livre, elle définit le patriarcat comme le système de subordination des femmes par les hommes dans les sociétés industrielles contemporaines. De plus, ce serait un système d'exploitation ayant comme base économique le mode de production domestique, dans lequel les hommes s'approprient le travail des femmes dans le cadre du mariage. Cependant, elle considère que le patriarcat est un concept transhistorique qui daterait d'avant l'antiquité[9], bien qu'elle se montre assez prudente quant à son origine et à son universalité, jugeant arrogant ou naïf le fait d'universaliser des structures sociales étant donné que nous ignorons tout de la majorité des sociétés humaines ayant existé[10].

Dans Theorizing patriarchy (1990), la sociologue anglaise Sylvia Walby propose de concevoir le patriarcat comme une institution reposant sur six structures : le travail salarié, le travail domestique, la sexualité, la culture, la violence et l’État. Selon la façon dont ces structures sont imbriquées, divers modèles du patriarcat en découlent. Elle distingue notamment deux configurations : la variante privée du patriarcat où la principale structure en vigueur est le travail domestique, et la variante publique où c’est le travail salarié et l’État. L'Angleterre serait ainsi progressivement passée durant ces cent cinquante dernières années d'un patriarcat privé vers un patriarcat public[11]. De plus, au sein d'une même société, son modèle lui permettrait de prendre en compte les diverses modalités selon lesquelles le patriarcat s'appliquerait en fonction des groupes ethniques. Ainsi en Angleterre, Walby estime que les femmes asiatiques (originaires principalement d'Inde, du Pakistan et du Bangladesh) seraient plus fréquemment soumises au patriarcat privé, celles qui viennent d’Afrique ou des Caraïbes le seraient plus par le patriarcat public, et les femmes blanches se situeraient entre les deux[12].

Critiques féministes du concept[modifier | modifier le code]

Le terme de patriarcat, ainsi que sa prétendue universalité ont été remis en cause par certaines chercheuses féministes.

L'anthropologue Gayle Rubin note qu'il existe des sociétés violemment oppressives pour les femmes où le pouvoir des hommes n'est pas fondé sur leurs rôles de pères mais sur leur caractéristique collective de mâles adultes et pour lesquels le terme patriarcat n'est donc pas approprié. Selon elle, le patriarcat est une forme spécifique de dominance masculine, et l'utilisation du terme devrait être réservée aux pasteurs nomades du type de l'Ancien Testament, ou à des groupes semblables où le patriarche a un pouvoir absolu sur les épouses, les enfants, les troupeaux et les dépendants. Par conséquent, il serait important d'avoir un concept plus général permettant de décrire adéquatement la diversité de l'organisation sociale des relations entre hommes et femmes dans différentes sociétés et ne présupposant pas l'oppression. Elle propose pour cela de parler de « système sexe/genre »[13].

De même l’anthropologue Nicole-Claude Mathieu, qui a étudié de nombreuses sociétés matrilinéaires et matrilocales, note que, dans un certain nombre de ces sociétés les hommes dominent les femmes sans que le terme de patriarcat ne soit approprié. Cependant, elle constate une similitude structurelle entre les sociétés industrielles contemporaines et de nombreuses autres à forte domination masculine et propose le terme de « viriarcat » pour les désigner. Ces sociétés représentaient en 1985 80 % des sociétés connues[14] et on ne connait pas à l'heure actuelle de société à forte domination de femmes sur les hommes. Cependant, il y aurait bien une société matrilinéaire et matrilocale pour lequel il serait possible de parler d'une dominance globale des femmes[15], le « viriarcat » n'est donc pas universel.

Théories explicatives de l'émergence historique du patriarcat[modifier | modifier le code]

Une thèse évolutionniste des organisations sociales humaines selon leur stade d'évolution est développée par l'anthropologue Lewis Henry Morgan (1818-1881). Selon lui, l'émergence de la famille, comme noyau de l'organisation sociale avancée, aurait vu apparaître la famille patriarcale, après avoir développé la famille syndyasmienne et avant d'aboutir à la famille monogame. L'introduction d'un système patriarcal serait étroitement liée à l'émergence de la propriété. Reprise et popularisée par Friedrich Engels (1822-1895) dans L'Origine de la famille, de la propriété privée et de l'État, elle devient une composante de l'analyse marxiste orthodoxe de l'évolution des sociétés :

« la prédominance des femmes dans la maison, tout comme la reconnaissance exclusive de la mère en personne, étant donné qu'il est impossible de connaître avec certitude le véritable père, elle signifie une très haute estime des femmes, c'est-à-dire des mères. C'est une des idées les plus absurdes qui nous aient été transmises par le siècle des Lumières que l'idée selon laquelle la femme, à l'origine de la société, a été l'esclave de l'homme. Chez tous les sauvages et tous les barbares du stade inférieur et du stade moyen, et même en partie chez ceux du stade supérieur, la femme a une situation non seulement libre, mais fort considérée »[16].

Selon l'archéologue Marija Gimbutas, cette thèse est validée par la prolifération de représentations artistiques de corps de femmes, sous forme de statues, et témoins de la prééminence du culte de la Déesse-mère, et reflète inévitablement la représentation des rôles entre genres dans la société[17].

L'hypothèse de la naissance du système patriarcal en concomitance avec la domestication du cheval chez les populations indo-européennes des Kourganes a été avancée par Marija Gimbutas[18].

Selon Elizabeth Barber, et c'est la thèse « gradualiste », il semble que deux conditions fondamentales au moins soient nécessaires pour que le patriarcat puisse émerger[réf. nécessaire] : en premier lieu, le commerce des métaux, ce qui nécessairement nous ramène aux alentours de l'âge du bronze. Cette activité qu'est l'extraction, la fusion et le commerce des métaux pourrait avoir monopolisé l'énergie masculine puisque les femmes, ralenties dans leur liberté de mouvement par les nourrissons et les enfants en bas âge[19], dès le Mésolithique où la famille n'est déjà plus le clan mais la famille composée des enfants, parents et grands-parents, ne pouvaient voyager sur de longues distances. En second lieu, la division du travail, liée à l'amélioration des conditions de vie et au désir de réunir le nécessaire pour le mieux-être que cette amélioration procure, semble entrer en ligne de compte. Cette thèse n'exclut toutefois pas le rôle d'autres conditions, jouant toutes un rôle plus ou moins important et déterminant dans le processus supposé.

Selon Evelyn Reed, qui situe son analyse dans le prolongement des analyses marxistes, le système de parenté joue un rôle important dans la construction du patriarcat[20].

Selon Colin Spencer, le patriarcat apparaît avec la fin du nomadisme[réf. souhaitée]. Le nouveau mode de vie sédentaire aurait entraîné la nécessité de protéger l'accumulation des richesses alors que ce n'était pas nécessaire auparavant. La nécessité de protéger la richesse (accumulée par la sédentarité) entraîna l'obligation d'une organisation militaire. Les tâches militaires échurent aux hommes, physiquement plus forts[21] et non limitant dans la reproduction[22], et les fonctions politiques avec elles. Les femmes conservant les tâches liées à la maternité, la division sexuelle du travail (ou "division sexiste du travail" pour certains auteurs[23]) apparaît ou s'exacerbe.

Selon Ivan Jablonka, le patriarcat repose sur une conception de la femme comme un service multiforme aux hommes, destinée à leur donner du plaisir (par leur vagin), à leur fabriquer des enfants (dans leur utérus) et à nourrir ces derniers dans un foyer (rôle des seins). C'est ce qu'il appelle, dans l'optique patriarcale, la "fonction-femme"[24].

Théories féministes[modifier | modifier le code]

De nombreuses théoriciennes féministes ont écrit par rapport à la notion de patriarcat, que ce soit comme cause première de l'oppression féminine, ou comme une part d'un système interactif. Shulamith Firestone est une féministe radicale et libertaire qui définit le patriarcat comme un système d'oppression à l'encontre des femmes. Elle pense le patriarcat comme étant la cause des inégalités sociales entre les hommes et les femmes, parce que la femme donne naissance à l'enfant, quant à l'homme non; et donc que les hommes s'approprient le corps des femmes, pour avoir des fils. Firestone écrit que les idéologies patriarcales soutiennent l'oppression des femmes et donne comme exemple la joie de donner naissance, ce qu'elle qualifie de mythe patriarcal. Pour Shulamith Firestone, les femmes doivent avoir le contrôle sur la reproduction dans le but d'être libérées de l'oppression. Selon Gerda Lerner, historienne féministe, le pouvoir masculin sur la sexualité des femmes et ses fonctions reproductives sont les causes fondamentales et le résultat du patriarcat. Alison Jaggar, philosophe féministe américaine, analyse aussi le patriarcat comme la cause primaire de l'oppression sur les femmes. Le système patriarcal est entendu comme une aliénation pour la femme de son propre corps.

Les théoriciennes des systèmes interactifs[modifier | modifier le code]

Pour des théoriciennes des systèmes interactifs, Iris Marion Young et Heidi Hartmann, le patriarcat et le capitalisme interagissent ensemble pour l'oppression sur les femmes. Beaucoup d'autres féministes radicales et socialistes utilisent les termes de capitalisme patriarcal ou patriarcat capitaliste pour décrire cette relation interactive qui produit et reproduit l'oppression féminine. D’après Hartmann, le terme de patriarcat  est une oppression dans la division du travail due avant tout à une responsabilité morale et politique qui repose sur le genre masculin (les hommes). Le concept de patriarcat représente une adaptation du concept marxiste des classes et de la lutte des classes, il est ainsi systématique et universel depuis toujours.

Différemment des autres courants philosophiques ou politiques, il n'y a pas de doctrine fondatrice déterminée.

Audre Lorde, une écrivaine et théoricienne féministe afro-américaine pense que le racisme et le patriarcat sont des systèmes d’oppression conditionnés à cause de la société. Sara Ruddick, une philosophe qui a écrit sur « les bonnes mères » dans le contexte de l’éthique maternelle, décrit le dilemme contemporain des mères qui doivent élever leurs enfants dans un système patriarcal. Elle se demande si « une bonne mère » devrait élever son fils à être compétitif, individualiste et à l’aise avec les hiérarchies du patriarcat, sachant qu’il peut économiquement réussir mais être une mauvaise personne. Ou alors elle résiste face aux idéologies patriarcales et socialise son fils à être coopératif et communautaire mais sans succès économique.

Gerda Lerner, dans The Creation of Patriarchy (1986) réunit une série d’arguments à propos des origines et reproduction du patriarcat en tant que système d’oppression chez les femmes et en a conclu que le patriarcat est construit socialement, que c’est quelque chose de naturel qui est invisible.

Plusieurs théoriciennes féministes pensent que le patriarcat est un système social injuste qui est nocif non seulement pour les femmes mais aussi pour les hommes.  Cela inclut souvent des mécanismes économiques, politiques ou sociaux qui évoquent le fait que les hommes dominent les femmes. Le patriarcat est née d’une construction sociale, et il peut être surmonté en révélant et en analysant de manière critique ses manifestations.

La sociologue Joan Acker analyse le concept de patriarcat et son rôle dans le développement de la pensée féministe. Selon elle, voir le patriarcat comme un phénomène où « les femmes étaient oppressées par l'homme dans plus au moins les mêmes façons (...) était lié a un essentialisme biologique ».

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Daniel Amneus, The Garbage Generation, Primrose Press, 1990
  • (en) Daniel Amneus, The Case for Father Custody, Primrose Press, 2000

À propos de la subordination des femmes[modifier | modifier le code]

  • John Stuart Mill, De l'assujettissement des femmes, 1869
  • Françoise d'Eaubonne, Les Femmes avant le patriarcat, Paris : Éditions Payot, 1976 (ISBN 978-2228-1165-03)
  • Nicole-Claude Mathieu (textes réunis par), L'Arraisonnement des femmes, essais en anthropologie des sexes, édition de l’EHESS, 1985
  • Nicole-Claude Mathieu, L'Anatomie politique : catégorisations et idéologies du sexe, Paris : Côté femme, coll. « Recherche », 1991
  • Colette Guillaumin, Sexe, race et pratique du pouvoir. L’idée de nature, Paris : Côté femme, coll. « Recherche », 1992
  • Christine Delphy, L'Ennemi principal 1, l’économie politique du patriarcat, Paris : Éditions Syllepse, coll. « Nouvelles Questions Féministes », 1998
  • Ivan Jablonka, Des hommes justes. Du patriarcat aux nouvelles masculinités, Ed. Seuil, 2019
  • Paola Tabet, La construction sociale de l’inégalité des sexes. Des outils et des corps, Paris : l’Harmattan, coll. « Bibliothèque du féminisme », 1998
  • Christine Delphy, L'Ennemi principal 2, penser le genre, Paris : Éditions Syllepse, coll. « Nouvelles Questions Féministes », 2001
  • Colette Guillaumin, L'Idéologie raciste, genèse et langage actuel, Paris, Ed. Gallimard, coll. Folio essais, 2002
  • Michèle Ferrand, Féminin-masculin, Paris, La Découverte, Repères, no 389, 2004
  • Héléna Hirata, Françoise Laborie, Hélène Le Doaré et Danièle Sénotier, Dictionnaire critique du féminisme, PUF, 2004 (2e édition) (ISBN 978-2130524175)
  • Paola Tabet, La Grande Arnaque, sexualité des femmes et échange économico-sexuel, Paris : L’Harmattan, coll. « Bibliothèque du féminisme », 2012

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pierre Bonte et Michel Izard (dir.), Dictionnaire de l’ethnologie et de l’anthropologie, Presses universitaires de France, 1991, p. 455.
  2. I. Jablonka, Des hommes justes. Du patriarcat aux nouvelles masculinités, Ed. Seuil, 2019, p. 98.
  3. Fenella Cannell et Sarah Green, The Social Science Encyclopedia, Taylor & Francis, , 923 p. (ISBN 978-0-415-10829-4, lire en ligne), « Patriarchy », 592
  4. a et b Michelle Meagher, The Concise Encyclopedia of Sociology, John Wiley & Sons, , 441–442 p. (ISBN 978-1-4051-8353-6, lire en ligne), « Patriarchy »
  5. Rosemary Hennessy, Encyclopedia of Social Theory, Routledge, , 420–422 p. (ISBN 978-1-136-78694-5, lire en ligne), « Patriarchy »
  6. Jean Gardiner, Encyclopedia of Political Economy, Volume 2 : L–Z, Routledge, , 843–846 p. (ISBN 978-0-415-18718-3, lire en ligne), « Patriarchy »
  7. International Encyclopedia of Social Policy, Routledge, , 987– p. (ISBN 978-1-136-61004-2, lire en ligne), « Patriarchy »
  8. Kate Millet, Sexual Politics : La politique du mâle, Paris, Des femmes-Antoinette Fouque, , « 2. Théorie de la politique sexuelle », p. 43
  9. Marc Calvini-Lefebvre, « « On ne peut pas empêcher les concepts de voyager » : un entretien avec Christine Delphy », Revue Française de Civilisation Britannique, no XXIII-1,‎ (lire en ligne)
  10. Christine Delphy, Un universalisme si particulier : féminisme et exception française (1980-2010), Paris, Syllepse, coll. « Nouvelles Questions féministes », , « Fonder en théorie qu'il n'y a pas de hiérarchie des dominations et des luttes », p. 162-163
  11. (en)Sylvia Walby, Theorizing Patriarchy, Basil Blackwell, (lire en ligne), « From Private to Public Patriarchy », p. 173-201
  12. Sylvia Walby, « Postpostmodernisme ? Théoriser la complexité sociale », Cahiers du Genre, nos 2016/3 (HS n° 4),‎ (lire en ligne)
  13. Gayle Rubin, « L’économie politique du sexe : transactions sur les femmes et systèmes de sexe/genre », Les Cahiers du Cedref, no 7,‎ , p. 3-81 (lire en ligne)
  14. Nicole-Claude Mathieu, L’anatomie politique : catégorisations et idéologies du sexe, Paris, iXe, , « 4. Critiques épistémologiquesde la problématique des sexes dans le discours ethno-anthropologique »
  15. Nicole-Claude Mathieu, L’anatomie politique 2 : Usage, déréclition et résilience des femmes, Paris, La Dispute, coll. « Le genre du monde », , « Circulation des hommes, permanence des femmes, matriarcats imaginaires et autres curiosités… », p. 217-271.
  16. Friedrich Engels, L'Origine de la famille, de la propriété privée et de l'État : (pour faire suite aux travaux de Lewis H. Morgan) [« Ursprung der Familie, des Privateigenthums und des Staats »], Paris, Carré, (1re éd. 1884) (OCLC 313398699, lire en ligne), p. 23.
  17. (en) M. Gimbutas, The Language of the Goddess, Londres, Thames and Hudson, , 388 p. (ISBN 0-500-01480-9).
  18. (en)The Language of the Goddess A Conversation with Marija Gimbutas James N. Powell, 2008.
  19. cependant Christine Delphy, dans Protoféminisme et antiféminisme in "L'ennemi Principal, l'économie politique du patriarcat", dénonce cette idée de femmes toujours enceintes comme une mythologie patriarcale, en dépit du caractère factuel du grand nombre d'enfants par femme qui caractérise la plupart des sociétés humaines à l'exception de la société occidentale moderne ; inversement Paola Tabet considère cette hyper-fécondité comme non la cause mais la conséquence du patriarcat, et de toutes les techniques patriarcales de taylorisation de la reproduction dans "La construction sociale de l'inégalité des sexes, des outils et des corps".
  20. « Evelyn Reed – Le défi du matriarcat, contre la décadence de l’anthropologie patriarcale », sur matricien.wordpress.com (consulté le 10 avril 2019).
  21. Le dimorphisme sexuel existe bel et bien dans l'espèce humaine. Les hommes sont en moyenne plus grands (de 10 cm), plus lourds (d'une dizaine de kilos) et plus forts (ils possèdent une masse musculaire nettement supérieure et une moindre masse graisseuse que les femmes, notamment sous l'effet anabolisant des androgènes). La force physique allant de pair avec la masse musculaire, la taille et le poids, la force isométrique maximale (moyenne de 25 groupes musculaires) de la femme moyenne ne représente que 60 % de la force isométrique maximale de l'homme moyen (source Traité de physiologie de l'exercice et du sport, éditions Masson, 2002). Ces différences sont par ailleurs plus importantes pour les muscles du haut du corps (bras, épaules) que pour les muscles des jambes. .
  22. un homme qui meurt à la guerre peut facilement être remplacé par un autre pour la fonction reproductrice.
  23. à l'inverse, certains auteurs vont jusqu'à considérer que cette division sexuelle du travail est un produit de l'organisation sociale sexiste, en dépit des évidences chez les animaux, les mammifères notamment, et les primates en particulier : les espèces où les mâles se préoccupent des petits sont plutôt rares.
  24. I. Jablonka, Des Hommes Justes, Seuil, chap. 2, ainsi que Guénaëlle Le Solleu et Jean-Paul Arif, « Les règles du patriarcat sont intégrées chez les femmes comme chez les hommes », L'Eléphant N° 29, janvier 2020, https://lelephant-larevue.fr/thematiques/ivan-jablonka-les-regles-du-patriarcat-sont-integrees-chez-les-femmes-comme-chez-les-hommes/