Citoyenneté

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La citoyenneté est le fait pour une personne, pour une famille ou pour un groupe, d'être reconnu comme membre d'une cité (aujourd'hui d'un État) nourrissant un projet commun auquel ils souhaitent prendre une part active. La citoyenneté comporte des droits civils et politiques et des devoirs civiques définissant le rôle du citoyen dans la cité et face aux institutions. Au sens juridique, c'est un principe de légitimité : un citoyen est un sujet de devoir.

La citoyenneté ne doit pas être automatiquement confondue avec la nationalité[1], par exemple :

  • En République du Vanuatu, est déclaré citoyen nivan toute personne vivant et travaillant sur le territoire.
  • Un citoyen soviétique pouvait être de nationalité culturelle tatare, abkhaze, tchétchène, russe, juive, estonienne, etc.
  • Un citoyen israélien peut être de nationalité culturelle juive, druze, circassienne, bédouine ou arabe[2].
  • Un citoyen néo-calédonien[3] a la nationalité française et, par ce fait, la citoyenneté européenne. (Attention : la situation juridique de la Nouvelle-Calédonie est très particulière)
« Ici on s'honore du titre de citoyen. » Exemple d'écriteau, datant de 1799, affiché dans les lieux publics pendant la Révolution française.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Du latin civitas signifiant: droit de cité, droit d'un habitant d'un pays[4].

Définition[modifier | modifier le code]

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La citoyenneté symbolise le respect des droits et devoir de citoyen d'un État. Chaque citoyen exerce à sa façon la citoyenneté telle qu'elle est établie par les lois et intégrée dans l'ensemble des mœurs de la société à laquelle il appartient.

La citoyenneté est aussi une composante du lien social. C'est, en particulier, l'égalité de droits, et de devoirs, associées à la citoyenneté qui fonde le lien social[réf. nécessaire] dans la société démocratique moderne. Pour Dominique Schnapper "dans la société démocratique moderne le lien entre les hommes n'est plus religieux ou dynastique, il est politique. Vivre ensemble, ce n'est plus partager la même religion ou être, ensemble, sujets du même monarque ou être soumis à la même autorité, c'est être citoyens de la même organisation politique"[DS 1]. Les citoyens d'une même nation forment une communauté politique.

La citoyenneté est intimement liée à la démocratie.

  • Être citoyen implique que l'on fait partie d'un corps politique, un État, que l'on a dans ce corps politique des droits et des devoirs. En France, un citoyen est défini comme suit : « Homme ou femme âgé de plus de 18 ans, né(e) de parents français ou étrangers naturalisés », cette exclusion des jeunes de la citoyenneté étant spécifiquement française, n'existant nulle part ailleurs en Europe et étant aujourd'hui contestée[5]. Un citoyen a plusieurs devoirs comme payer les impôts, respecter les lois ou encore être juré de Cour d'assises si besoin est.

En démocratie, chaque citoyen est détenteur d'une partie de la souveraineté politique[DS 2].

Le citoyen moderne est le sujet de droits et de devoirs : droits de l'homme - droits civils - droits politiques - droits sociaux. Les devoirs sont accomplis par les citoyens pour le bien de la collectivité (impôts, service militaire, etc.), ou de personnes (devoir dont le non-respect peut être sanctionné, par exemple, dans le cadre de la non-assistance à personne en danger) et définis par les lois des pays dans lesquels ils vivent.

La communauté des citoyens forme la nation[réf. nécessaire][DS 3].

L'expression "Citoyen du monde" qualifie celui qui proclame son attachement à l'ensemble de l'humanité, refusant les frontières nationales, tel les stoïciens.

« Le citoyen est un être éminemment politique (la cité) qui exprime non pas son intérêt individuel mais l'intérêt général. Cet intérêt général ne se résume pas à la somme des volontés particulières mais la dépasse. » (Jean-Jacques Rousseau).

Il y aurait[citation nécessaire] trois aspects de la citoyenneté :

  • la citoyenneté civile correspondant aux libertés fondamentales (liberté d’expression, égalité devant la justice, droit de propriété)[réf. nécessaire][DS 4] ;
  • la citoyenneté politique fondée sur la participation politique (le droit de vote, le droit d’éligibilité, le droit d’accéder à certaines fonctions publiques, le droit d'être protégé par cet État à l'étranger) ;
  • la citoyenneté sociale résultante de la création de droits socio-économiques (droit à la santé, droit à la protection contre le chômage, droits syndicaux)[réf. nécessaire][DS 5].

Dans le cadre de la construction européenne, est apparue la notion de citoyenneté européenne, dont disposent toutes les personnes ayant la nationalité d’un État membre de l’Union. La notion de citoyenneté multiculturelle, qui implique la reconnaissance des droits culturels des minorités, a récemment fait son apparition.

La capacité d'une personne à exercer sa citoyenneté dépend de la démocraticité du système politique et social dans lequel elle se trouve.

Historique[modifier | modifier le code]

Égypte antique[modifier | modifier le code]

Sous les Lagides, avec la création de grandes cités telles Alexandrie nommées par Alexandre le Grand ou Ptolémaïs, la notion de citoyenneté était réservée à l'élite macédonienne, puis avec le temps s'élargit alors aux habitants de ces cités, bien que les Égyptiens du quartier de Rakhotis dans l'Alexandrie antique n'eurent jamais vraiment accès à ce statut et la ville était constituée de quartiers bien délimités qui souvent entrèrent en conflit, démontrant ainsi l'aspect quelque peu relatif de la citoyenneté antique.

Grèce antique[modifier | modifier le code]

La Grèce antique est à l'origine de la citoyenneté moderne grâce à l'invention de la cité grecque ou « polis ».

La politique alors se développe comme domaine autonome de la vie collective. La polis est fondée sur l'égalité de tous les citoyens, mais seuls les hommes descendant de citoyens peuvent devenir citoyens, la cité est fermée ethniquement.

Dans les cités-États grecques, les citoyens étaient ceux qui participaient aux décisions de la cité (lois, guerres, justice, administration), aux débats à l'agora et étaient les seuls à pouvoir posséder la terre par opposition aux métèques et aux esclaves (les métèques et les esclaves étant des catégories qui n'existaient qu'à Athènes). Ces citoyens devaient toutefois respecter certains critères, comme être de sexe masculin, avoir plus de dix-huit ans, être libre, être né de père citoyen et aussi, sous Périclès, à partir de -451, être de mère fille de citoyen. Ils étaient également dans l'obligation de faire leur service militaire (l'éphébie),qui duraient 2 ans, après quoi ils devenaient citoyens.

La démocratie est alors directe, la hiérarchie entre les hommes est abolie (entre les citoyens seulement et uniquement sur le plan politique - il n'y a pas d'égalité sociale, économique: c'est l'isonomie); l'activité politique reste réservée aux membres les plus favorisés de la cité. Les esclaves n'ont rien le droit de faire

Rome[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Citoyenneté romaine.

La citoyenneté romaine diffère statutairement du citoyen des cités grecques.

La citoyenneté romaine est définie en termes juridiques, le civis romanus dispose de droits civils et personnels. Pour les Romains, la citoyenneté n'est pas liée à un critère d'origine ethnique, les étrangers peuvent accéder à la citoyenneté. Cette extension s'élargit au cours du Ier siècle av. J.-C., et finit par toucher tous les hommes libres de l'Empire.

Révolution française[modifier | modifier le code]

À la Révolution française, le terme est réutilisé, s'opposant au terme de sujet. Il instaure alors une égalité, puisque tout homme peut être appelé citoyen sans hiérarchisation, contrairement aux titres de noblesse (mais aussi à la citoyenneté antique basée sur la méritocratie).

En France, le mot nationalité est utilisé pour désigner ce que d'autres pays appellent la citoyenneté, cela en vertu du principe d'égalité des citoyens, quelles que soient leurs origines. Il est ainsi courant en France d'utiliser un mot pour l'autre, de ne pas saisir la distinction, ni les différentes acceptions de ces mots. La clé de compréhension est que la France se définit comme la République d'une seule nation, contrairement à d'autres états, qui se définissent comme multinationaux (ex : Chine, URSS, Israël...)

Adjectivation[modifier | modifier le code]

L'adjectivation de citoyen, qui s'est répandue dans les médias à l'occasion du Bicentenaire de la Révolution française[réf. nécessaire], est controversée[Par qui ?].

Dans le Dictionnaire culturel en langue française, Alain Rey fixe à 1995, l'usage du terme citoyen comme adjectif en alternative de l'adjectif consacré qui est civique. Cet emploi tend à insister sur la connotation morale, républicaine et partisane. Ainsi, une attitude civique consisterait à remplir ses devoirs de citoyen, tandis qu'une « démarche citoyenne » (sic) afficherait une volonté d'intégrer dans ses actes des considérations éthiques et des finalités ou des solidarités sociales plus affirmées.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Dominique Schnapper, Qu'est-ce que la citoyenneté, Gallimard, 2000 (ISBN 978-92-871-7318-8)[modifier | modifier le code]

  1. p. 11
  2. p.10
  3. p.231
  4. p.10 et 128
  5. p. 105

Autres références[modifier | modifier le code]

  1. Comment devient-on citoyen français ?
  2. Citoyenneté israélienne, sur le site medea.be
  3. La Citoyenneté calédonienne, Mathias CHAUCHAT - Cahiers du Conseil constitutionnel n° 23 (Dossier : La citoyenneté) - février 2008
  4. Définition Sur le site fr.wiktionary.org
  5. Il manque en France un grand mouvement pour les droits civiques de l’adolescence et de la jeunesse françaises, sur le site pre-majorite.fr

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Philippe Muray, De la citoyennophilie, Le Débat, no 112, octobre-décembre 2000.
  • Anicet Le Pors La citoyenneté, PUF, coll. « Que sais-je ? », 2002 (3 ° éd.).
  • Jean-François Chantaraud, L'état social de la France, Éditions des journaux officiels, 2004 - 2010.
  • Violaine Hacker, « Citoyenneté culturelle et politique européenne des médias : entre compétitivité et promotion des valeurs », NATIONS, CULTURES ET ENTREPRISES EN EUROPE, sous la direction de Gilles Rouet, Collection Local et Global, L’Harmattan, Paris, p. 163-184

Liens externes[modifier | modifier le code]