Philosophie moderne

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On appelle philosophie moderne la pensée qui, en Occident, s'étend sur ce que les historiens appellent l'époque moderne (1492-1789), incluant une partie de la Renaissance, le XVIIe siècle, et le siècle des Lumières.

La philosophie moderne est, d'une part, l'héritière de la pensée antique en bien des points. Les penseurs de l'époque moderne, comme Spinoza, Descartes, Leibniz ou Hume, sont en effet loin d'avoir rompu tout lien avec la philosophie des Anciens. Ils les connaissaient parfaitement et leur ont notamment emprunté une partie de leur vocabulaire. Mais, d'autre part, les Modernes ont souvent conçu leur propre travail comme une amélioration ou un dépassement de ce que les philosophes de l'Antiquité avaient déjà accompli, ce qui les conduisit parfois à s'opposer à ces derniers.

Par rapport à la philosophie antique et à la philosophie médiévale, la philosophie moderne, amorcée par la philosophie de la Renaissance, et intimement liée à l'essor de la science moderne[1], marque un profond renouveau de la pensée, tant dans le domaine politique, que dans la théorie de la connaissance ou encore la réflexion sur la religion.

Caractéristiques principales[modifier | modifier le code]

L'entreprise "d'améliorer" la philosophie antique apparaît clairement dans la philosophie politique, une des grandes caractéristiques de la philosophie moderne étant en effet d'avoir renouvelé celle-ci. Machiavel ou Hobbes ont tous deux voulu fonder la philosophie politique comme science, en la séparant nettement de l'éthique (alors que cette dernière et la politique étaient inséparables chez les grands penseurs de l'Antiquité comme Platon et Aristote). En outre, aussi bien Spinoza et Hobbes que Machiavel ont cherché à fonder la philosophie politique sur l'étude de l'homme tel qu'il est — et non de ce qu'il devrait être comme le faisaient les Anciens.

Mais la philosophie moderne, selon la période qui la délimite, comprend aussi, dès la fin du XVIIe siècle, la philosophie des Lumières : Locke, Rousseau, Diderot, Voltaire entre autres. Le mot "Philosophe" y prend le sens nouveau de « membre du parti philosophique » au fur et à mesure que se dessine une philosophie politique qui privilégie la démocratie, la tolérance et la souveraineté du peuple, que ce soit dans le Traité théologico-politique de Spinoza, le Contrat social de Rousseau ou dans Les deux Traités du gouvernement civil de Locke.

René Descartes (1596-1650), représentant du rationalisme.

L'autre grande caractéristique de la philosophie moderne est l'importance qu'y joue la science, même s'il faut remarquer que la philosophie du XVIIe siècle privilégie plutôt les mathématiques et la physique (mécaniste), alors que les philosophes du XVIIIe se tournent davantage vers la biologie. Les penseurs menaient en effet souvent une carrière de savant, ou nourrissaient en tout cas un vif intérêt pour la science. Leibniz et Descartes, notamment, étaient de grands savants, de même qu'un siècle plus tard Diderot développa des réflexions annonçant le transformisme. Du point de vue de la méthode, la philosophie s'inspire alors soit des mathématiques (tels Descartes et Spinoza), soit de la physique (Hobbes) ; ou bien elle tente de fonder une méthode applicable à tous les domaines du savoir : philosophie, physique, mathématiques, etc., par exemple pour Leibniz. La méthode de la philosophie s'inspire donc souvent de celle des sciences ou des mathématiques.

David Hume (1711-1776), représentant de l'empirisme .

Enfin, en ce qui concerne la théorie de la connaissance, il est traditionnel de distinguer deux grands courants : le rationalisme (avec Descartes, Leibniz et Spinoza) et l'empirisme (Hume et Locke). De façon très schématique, les « rationalistes » affirment l'existence d'une connaissance indépendante de l'expérience, purement intellectuelle, universellement valable et indubitable. Les empiristes, eux, affirment que toute connaissance procède de l'induction et de l'expérience sensible. Ce sont souvent aussi des sceptiques (par exemple Hume) qui affirment qu'il n'existe aucune connaissance universellement valable, mais seulement des jugements nés de l'induction et que l'expérience pourra réfuter.

Le philosophe allemand Kant défend une position originale dans cette discussion. Il affirme en effet à la fois la nécessité de l'expérience, mais aussi des concepts et des formes de la sensibilité a priori pour la constitution de la connaissance. Sa philosophie combine donc à la fois l'empirisme et le rationalisme. Kant, qui nie (à la différence des rationalistes) la possibilité d'une connaissance ne reposant pas sur l'expérience, distingue par la suite les choses en soi (connues sans le recours de l'empirie) et les choses pour nous (telles que nous les connaissons), qu'il appelle « phénomènes ». Les premières (comme Dieu, la liberté et l'âme) sont inconnaissables pour nous, car notre connaissance ne peut pas excéder les limites de l'expérience.

Principaux représentants[modifier | modifier le code]

Les principaux philosophes de l'époque moderne sont, par ordre chronologique :

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Voir l'article Révolution copernicienne.

Œuvres majeures[modifier | modifier le code]

Articles liés[modifier | modifier le code]