Germaniste

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Un germaniste est un spécialiste des langues et de la civilisation germanique. Il existe une pléiade de spécialités dominées par une pluralité de déterminations professionnelles, artistiques, littéraires, linguistiques, philosophiques, géographiques, archéologiques ou historiques.

Civilisations anciennes[modifier | modifier le code]

Les premières civilisations germaniques, celles des peuples impliquées dans les migrations éphémères des Cimbres et Teutons relatées par les historiens de l'Antiquité romaine, aux conquêtes des Goths aux abords de la mer Noire, jusqu'à l'irruption des Lombards en Italie à l'époque mérovingienne ne forment qu'une partie infime des études. Entre 300 et 600, il y a une véritable naissance d'une ère germanique et une conscience d'y participer, mais il faut constater que des peuples plus tard majoritairement romanophones, ainsi le Regnum Francorum, s'intègre dans ce monde.

Si la littérature latine a pu exacerber le germanus, l'homme nature ou le naturel sauvage ou encore le naïf ou primitif idéalisé, l'historien reste sceptique sur les proto-appellations. D'abord l'archéologie prouve que les peuplades indo-européennes rassemblées puis parties depuis des millénaires avant notre ère des mondes steppiques entre Dniepr et Volga sont très différentes suivant les époques et se sont influencées culturellement tout en gardant leurs spécificités. En particulier, les Celtes, ces Scythes de l'est, comme les nomment improprement les auteurs grecs, ont été les peuples marchands et innovateurs du fer avant de fonder des royaumes souvent éphémères et étriqués. Une intense celtisation a touché néanmoins les terres du Nord influençant ces cultures. À la fin de la période de la Tène, une romanisation caractérisée par les techniques céramiques s'est exportée sur les mêmes vastes espaces.

Ce n'est que plus tard avec la segmentation géographique des trois langues, le latin, le celte et le germain qu'apparaissent des mondes distincts. Sur le continent, ne reste plus qu'un monde latino-roman encore intimement mêlé aux espaces germaniques sur une grande bande de latitude. Les cités devenues villes sont ainsi souvent restées en majorité romanes ou françaises. Ainsi les frontières linguistiques, elles-mêmes fluctuantes, sont très tardives et n'ont souvent aucun sens ethnologique ou même politique.

Civilisations récentes[modifier | modifier le code]

Mais l'apport médiéval de l'Allemagne est peut-être le plus particulier, car il intervient après une phase de slavisation intense entre 850 et 950. Langue orale du pouvoir chrétien à fonctions véhiculaires parmi les innombrables dialectes germaniques, slaves, latin ou gallo-romain, voire encore gaulois jusqu'en 900, la langue des Francs, puis des Saxons s'est maintenue dans un monde en mutation rapide après 1100. Ensuite adaptée à un milieu urbain spécifique, elle a pu s'exporter ensuite vers l'est et le nord. Ses mélanges et ses nuances sont d'une infinie richesse, en témoignent le yiddish et les vieux dialectes allemands de montagnes slovaques ou des confins de la Volga. A contrario, il a subsisté un grand nombre des dialectes slaves ou wendes au-delà de l'Elbe, récemment enclavés ou disparus dans le monde industriel et urbain. Le vieux-bavarois, le vieux-prussien, le kachoube étaient des dialecte slaves.

À partir de 1453, mais bien souvent un siècle auparavant cette date symbolique de l'effondrement de Byzance, premier grand empire du christianisme orthodoxe, s'insinue une orientalisation lente, mais profonde qui modifie insensiblement sociétés et mœurs d'une l'Europe de l'Est, par ailleurs en extension démographique. Les Turcs au sud qui parviennent et restent jusqu'en Hongrie, la multitude des peuples balkaniques, les Lituaniens aux marges des grandes plaines, les peuples ukrainiens, russes, biélorusses et même les Baltes et les Caréliens en sont les vecteurs, parfois et souvent contre leur gré, du moins celui des populations modestes sous le joug des grands pouvoirs ottomans ou impériaux. On comprend qu'un Allemand ou judéoallemand d'Ukraine, de Bielorussie ou de la Volga, et même de Voïvodine ou de Transylvanie, ait facilement par cette influence orientale perdu maints repères germaniques en quelques générations s'il ne peut vivre dans un isolat culturel. À partir de la fin du XVIIe siècle et surtout des années 1840 à 1880, les apports occidentaux l'emportent et l'Allemagne joue un rôle prépondérant.

Un dialecte saxon de Misnie a d'ailleurs entretemps été promu langue religieuse et littéraire de l'Empire allemand, initialement après 1520 par Martin Luther et l'université humaniste de Wittenberg. Langue de l'Aufklärung et de la philosophie, l'allemand hoch deutsch est devenu une incontournable langue de la science, de la technique et des arts après 1880. Elle essaie de le redevenir, quoique plus que jamais confrontée à l'anglo-américain, après ses terribles (auto-)mutilations sous les errements autoritaires et idéologiques, à la fois cruels et gigantesques, du Troisième Reich.

L'Allemagne moderne des XIXe et XXe siècles[modifier | modifier le code]

Les études germaniques sont donc focalisées sur et par l'Allemagne, pays qui a connu un rayonnement universitaire inégalé entre 1815 et 1915. La densité et la précision des études des sociétés techniques et savantes en font aussi une référence constante. L'Allemagne forme un monde ouvert qui a évolué très vite au point de perdre à plusieurs reprises ensuite ses repères, mais lorsqu'elle les retrouvent, n'est serait-ce que par le nombre d'habitants et la puissante économie exportatrice, elle ne cesse d'influencer avec force ses voisins.

En guise de conclusion décalée, les seuls conservatoires véritablement germaniques, tant sur le plan culturel que linguistique, sont les réduits scandinaves des îles, vieux dialectes norsk du Danemark ou platt des rivages de la Nordsee inclus, car les peuples continentaux ont été eux-mêmes influencés par les mondes finnois, finno-ougriens ou slaves du nord.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]