Tantale fils de Zeus

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Dans la mythologie grecque, Tantale (en grec ancien Τάνταλος / Tántalos) est un mortel, fils de Zeus et de la nymphe Plouto, et roi de Phrygie ou de Lydie. Il est l'époux de Dioné, fille d'Atlas, et le père de Pélops, de Niobé, et de Brotéas.

Mythe[modifier | modifier le code]

Selon Pausanias, lorsque le tueur Pandarée vint lui remettre le chien d'or sacré volé dans le temple de Zeus en Crète, Tantale nia le posséder puis refusa de le rendre à Hermès. Les dieux honorèrent son amitié et ils le reçurent à leur table divine où il put voir leur nourriture. Selon Pindare, il aurait volé de l'ambroisie pour donner ce mets divin aux mortels. Les dieux le punirent en lui interdisant de revenir à l'Olympe, ce qui l'offensa gravement.

Pour se venger, Tantale invita les dieux à un banquet prétendument pour se faire pardonner ; en effet, il leur servit en ragoût son propre fils Pélops en repas. Les dieux ont tout de suite vu qu'il s'agissait de viande humaine, sauf Déméter qui, toujours perturbée par la perte de sa fille, a croqué un bout d'épaule. Zeus ordonna à Hermès de ramener l'enfant des enfers pour prendre la place de son père, puis de remplacer son épaule par un bout d'ivoire. D'autres versions racontent que c'est la Moire Clotho qui ramena Pélops à la vie en le faisant bouillir son corps dans sa salive[réf. nécessaire]. Les dieux condamnèrent Tantale à ce qui deviendra célèbre sous le nom de « supplice de Tantale » : passer l'éternité dans le Tartare à souffrir un triple supplice : Dans l’Odyssée[1], Homère raconte que Tantale est placé au milieu d’un fleuve et sous des arbres fruitiers, mais le cours du fleuve s'assèche quand il se penche pour en boire, et le vent éloigne les branches de l'arbre quand il tend la main pour en attraper les fruits. Au-dessus de sa tête se tient en équilibre un énorme rocher qui menace de tomber à tout moment. Une angoisse mortelle étreint sans cesse sa gorge constituant ainsi le troisième supplice.

La chute de Tantale[modifier | modifier le code]

Ganymède, enlevé par Zeus pour être l'échanson des dieux. En compensation de la perte de Ganymède, Tros reçoit de Zeus une paire de chevaux divins. Ces chevaux et leurs descendants sont mentionnés plusieurs fois dans l'Iliade. Selon d'autres traditions, c'est une coupe travaillée par Héphaïstos qu'il reçoit. Tros ayant envoyé en Lydie son fils Ganymède offrir un sacrifice à Zeus, fut enlevé et retenu par Tantale. Cet enlèvement fit éclater entre les deux princes une longue guerre qui ne se termina que par une première ruine de Troie. Platon fait allusion la ruine du royaume de Tantale dans son Cratyle[2], et il utilise Tantale dans un jeu de mot consistant à faire deviner un contemporain dissimulé sous le nom d’un personnage connu dans son Protagoras[3] — que le personnage soit cité ou pas[4],[5].

Interprétations[modifier | modifier le code]

Le cannibalisme est un mode de sacrifice largement attesté. Le sacrifice du premier fils du chef l'est aussi, mais on peut supposer que, même admis et considéré comme nécessaire, ce sacrifice reste un crève-cœur aussi bien pour le père que pour les autres membres de la communauté. Enfin, les sacrifices sont toujours dangereux, surtout pour l'officiant. C'est lui qui portera le poids du malheur si le résultat escompté n'est pas obtenu. On peut supposer que le sacrifice prévu ait mal tourné ; les participants ont refusé le sacrifice et considéré que c'est le père qui commettait une faute en proposant son fils. Et Tantale n'a sans doute pas montré suffisamment de compassion à l'égard de ce fils (se faisant mal voir des autres) ni d'intelligence pour trouver un bouc émissaire. Le mythe marque certainement pour l’histoire en Grèce antique, sinon la fin des sacrifices humains, du moins leur raréfaction en raison d'un caractère abominable reconnu. Seule une demande explicite des dieux justifiera désormais ce rite[6]. Le fait que Déméter ait toutefois mangé pourrait avoir un rapport au culte qui lui était voué par les mystères d'Éleusis, donc aux sacrifices liés au retour du printemps et à la moisson.

Xénophon représente Tantale au Enfers comme quelqu’un sans cesse tourmenté par la peur de mourir une fois supplémentaire[7]. Platon dans son dialogue intitulé Gorgias remarque que l’on ne retrouve que des criminels et meurtriers puissants dans le Tartare[8]. Dans son Gorgias[9], Platon donne pour supplice à Tantale un rocher qui menace sans cesse de l’écraser : Socrate fait dériver le nom même de Tantale du mot Tántalos qui signifie « balancé » en grec ancien. Un rapprochement avec τάλας / tálas, « malheureux », est une étymologie populaire[10] présente dans Cratyle de Platon.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Homère, Odyssée [détail des éditions] [lire en ligne], Chant XI
  2. 395c
  3. 315d
  4. Platon, Le Banquet [détail des éditions] [lire en ligne] (221c-d)
  5. Phèdre (261d ; 269a)
  6. voir Agamemnon, qui d'ailleurs était un descendant de Tantale
  7. XII, 21
  8. 525e
  9. 395-396
  10. 395(c-e)