Chœur (théâtre)

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Dans les pièces de théâtre de la Grèce antique, le chœur (du grec ancien Χορὀς, choros) est probablement issu des dithyrambes et des drames satyriques. Il présente le contexte et résume les situations pour aider le public à suivre les évènements, fait des commentaires sur les thèmes principaux de la pièce et montre comment un public idéal est supposé réagir à la représentation. Il représente souvent la population dans la pièce. Le chœur s’exprime généralement par le chant, mais aussi parfois en langage parlé. C’est à l’auteur de se charger de la chorégraphie du chœur.

Dans les tragédies les plus anciennes, tous les rôles étaient joués par un seul acteur ; comme l’acteur devait fréquemment quitter la scène pour changer de personnage, le chœur avait un rôle dominant. On pense qu’aux alentours de 508 av. J.-C., il comptait environ 50 danseurs et chanteurs appelés choreutes (χορευταί). La tragédie devint une série d’épisodes séparés par des odes chorales. Dans ces odes, les choreutes chantaient en rythme afin de donner l’impression d’être une seule entité plutôt qu’un groupe d’individus. Dans la seconde génération de tragédies athéniennes, le chœur avait plus souvent un rôle central dans la pièce. Dans Les Bacchantes d’Euripide, par exemple, le chœur, qui représente les servantes fanatiques de Dionysos, devient un des personnages principaux.

Bien qu’Eschyle ait réduit à 12 le nombre des choreutes, le chœur garde une grande importance dans ses pièces. Ainsi il tient le rôle clé du protagoniste dans Les Suppliantes, et celui de l’antagoniste dans Les Euménides. Sophocle augmente parfois le nombre de choreutes à 15, bien que les odes chorales soient alors assez peu liées à l’intrigue. Il divise le chœur en deux sous-chœurs (hemichoria) et un chef appelé coryphée (κορυφαῖος) ; il augmente également le nombre d’acteurs de deux à trois.

Le chœur, limité à un choreute, est également utilisé dans des pièces postérieures aux tragédies grecques, comme dans Roméo et Juliette de Shakespeare, Les Belles-Sœurs de Michel Tremblay ou On ne badine pas avec l'amour d'Alfred de Musset.