Clip

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Un clip (ou vidéo promotionnelle, vidéo-clip, clip vidéo, vidéo musicale — en anglais music video, parfois promo video) est une œuvre multimedia, principalement audiovisuelle et communément courte, réalisée à partir d’un morceau de musique ou d'une chanson[1]. Le terme vient d'un faux anglicisme, clip est un mot anglais signifiant 'extrait' (to clip something off signifie 'couper').

Le clip fait généralement la promotion d’un groupe ou d'une musique, in fine d’un album, parfois même d’un film. Il participe à la construction de l’image d’un groupe ou d’un interprète. Mais le clip répond tout simplement au besoin d’apporter une image là où seule la musique demeure. À l’instar des pochettes de disques, il occupe « une zone floue entre le marketing et l’expérience esthétique ». Le clip est une combinaison, sur un même support, de données de différentes natures comme le son, l’image et, lorsqu’il y en a, des paroles ou du texte. « C’est l’interaction de différents medias qui définit le multimédia », écrit Nicholas Cook. Michel Chion aime parler d'« audio-logo-visuel » lorsque l’audiovisuel inclut du langage sous forme écrite et/ou parlée. Il fait valoir, tout comme Carol Vernallis, que la situation est le plus souvent triangulaire et non duelle : « ainsi un vidéo-clip combine non de l’image et de la musique, mais des paroles, de la musique et des images ». L’importance du contexte est dès lors cruciale : le sens de chaque élément‑-qu’il soit sonore, visuel ou autre ‑ est fonction de son contexte.

Pendant les années 1960, de nombreux musiciens pop ont utilisé l'image dans des films qui constituent autant de compilations pré-clip, comme les scopitones français ou les films des Beatles lorsque ceux-ci décidèrent de ne plus faire de tournées. Toujours à cette époque, la télévision crée des rendez-vous musicaux réguliers : Top of the Pops, Ed Sullivan Show, Hullabaloo... Mais l'histoire du clip remonte au début du cinéma. Ainsi, il est souvent dit que le clip est né en 1975 avec Bohemian Rhapsody du groupe londonien Queen, mais c'est une erreur due à une traduction trop littérale du terme video ; Bohemian Rhapsody est bel et bien la première video, puisque c'est le premier clip tourné au format vidéo, mais ce ne fut ni le premier clip, ni ce qui a précipité l’arrivée de MTV. Certains historiens, comme Pete Fraser, au risque de contrarier certains préjugés, font remonter la relation entre la musique et le visuel cinquante ans plus tôt, avec les expérimentations d’Oskar Fischinger, dès les années 1920. Giusy Pisano montre que les relations entre le son et l’image sont bien antérieures aux inventions du phonographe et du cinématographe. Il existe aussi des clips en "voix off" c'est-à-dire que le chanteur ou le groupe n'apparaissent pas dans le clipessss.

Historique[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Dans l'introduction de Rewind, Play, Fast Forward The Past, Present and Future of the Music Video (Octobre 2010, 280 p. ISBN 978-3-8376-1185-4), Henry Keazor et Thorsten Wübbena évoquent l'“Eidophusikon” de Philippe-Jacques de Loutherbourg. (1781)

XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Les illustrated songs, ou song slides, inventées en 1894, sont des performances musicales accompagnées de projections d'images fixes sur plaques de verre[2]. Cette forme de divertissement populaire se développe aux États-Unis au début du XXe siècle.

Vers la standardisation des procédés de synchronisme du son et de l'image (1895-1929)[modifier | modifier le code]

Depuis ses débuts en 1895 le cinéma était accompagné de musique et d’effets sonores par des musiciens locaux. En particulier de musique imitative[3]. Ces accompagnements en direct étaient soi-disant contaminés par des musiques inappropriées, des performances de faible qualité et des difficultés de synchronisation avec l’image sur l’écran. En effet, lorsque ne participait pas un bonimenteur, des musiciens ou bruiteurs étaient présents lors du spectacle, aidés par toute sorte d’outils comme les orgues de cinéma, munis d’une section de percussions et autres accessoires : cymbales, grêle, caisse claire, grosse caisse, triangle, jeu de klaxon, sirène de bateau, bruit de la mer, effet d’orage, sabots de chevaux, clochettes, xylophone, vibraphone, parfois harpe et même piano.

Contrairement aux à priori concernant le cinéma muet, les expériences de cinéma musical tels que les phonoscènes Gaumont ne semble pas un phénomène marginal'[4]. Certains de ces procédés furent présentés lors de l'exposition universelle de Paris 1900.

Autour de 1914, un certain Lordier présente des films (La Marseillaise, La Madelon) en invitant les spectateurs à reprendre en cœurs les couplets[5].

Standardisation du « cinéma parlant »[modifier | modifier le code]

Années 1920[modifier | modifier le code]

En 1926 est présenté par les frères Warner le premier long métrage sonore : Don Juan, d’Alan Crosland, agrémenté de musique et de bruitage. Le procédé employé, le Vitaphone, développé avec la Western Electric, est basé sur la synchronisation d’un disque avec le projecteur. Un an plus tard, en octobre 1927, Le Chanteur de jazz, toujours d’Alan Crosland, sera le premier film chanté et parlé. Ce film comporte en réalité très peu de voix et reste muet pour l’essentiel, mais il est considéré comme le point de référence historique du passage du muet au parlant. En 1929, l’enregistrement du son par procédé optique dispose, enfin, le son à côté de l’image sur le même film. Dudley Murphy, coréalisateur du Ballet mécanique avec Fernand Léger (1924), tourne, à cette époque, de vrais courts métrages musicaux avec Bessie Smith (St. Louis Blues) ou Duke Ellington et son orchestre (Black and Tan) qui préfigurent, réellement, le clip

Années 1930[modifier | modifier le code]

En 1929, l’enregistrement du son par procédé optique dispose, enfin, le son à côté de l’image sur le même film. Les Cinéphonies d'Émile Vuillermoz sont un exemple offert par ces nouvelles possibilités techniques à la fin de la décennie. En 1930, Germaine Dulac présente au moins trois "impressions cinégraphiques" dont deux pour Fréhel: A la dérive et Toute seule réunies un un diptyque intitulé Celles qui s'en font mimées par Lilian Constantini[6] Le cinéma fut le terrain privilégié de la relation entre le son et l’image avec ses comédies musicales, ses musical illustrations, ses apparitions diverses d’artistes, ses documentaires – montrant des pratiques populaires comme dans le Woodstock de Michael Wadleigh (à fin des années 1960 !) –, ses films d'animation qui jouaient sur le synchronisme rythmique entre images et sons – Fantasia et les Silly Symphonies, de Walt Disney –, ses expérimentations – Colourbox (1937) de Len Lye et Caprice en couleur (1949) de Norman McLaren –, etc. Le clip n'est qu'une suite logique des expériences liant le son à l'image

Années 1940, les Soundies[modifier | modifier le code]

En 1940, à Chicago, la Mills Novelty Company — le plus grand constructeur de juke-boxs de l’époque — et James Roosevelt créent la Globe-Mills Production dans le but de construire et vendre des juke-boxes Panoram. À l’insertion d’une pièce de monnaie, ces machines en bois jouaient et projetaient sur leur petit écran, par un système de lentilles et de miroirs, le film d’une chanson d’environ trois minutes en noir et blanc appelé Soundies.

Années 1950, les Snader Telescriptions[modifier | modifier le code]

Les "Telescriptions Snader" , sont produite pour la television US entre 1951 and 1952[7]

Années 1960, les Scopitones[modifier | modifier le code]

Dans les années 1960, une « monstrueuse nouvelle machine » ‑ termes utilisés par le magazine Time en 1964 ‑ appelée Scopitone apparaît sur le marché français, puis américain. C’est un juke-box comparable au Panoram. Il est doté comme lui d’un écran et joue, au contact d’une pièce, un court-métrage musical. Deux améliorations feront toutefois passer le Scopitone comme une nouveauté sans précédent : le fait que ses petits films soient en couleur et le passage direct de chaque chanson moyennant 5 francs - somme considérable pour l'époque, où le juke-box comme le flipper ne coûtaient que 20 centimes..

Jean-Christophe Averty[modifier | modifier le code]

Bien qu'il refuse d'être associé au clip, Jean-Christophe Averty, notablement avec son émission Les Raisins Verts (qui semble-t-il, a remporté un Grammy ?) en 1963, anticipe (en poursuivant l'œuvre surréaliste) l'esthétique du choc d'une chanson mise en film ou, comme il le dit « en électronique ».

MTV[modifier | modifier le code]

L'avènement mythique du clip date de 1981, lorsque la chaîne américaine MTV (Music Television) inaugure son antenne avec le classique et symbolique Video Killed the Radio Star, des Buggles. Mais ce n'est ni le premier clip ni celui qui a lancé le genre. MTV fait le pari de ne diffuser que des clips et le succès est au rendez-vous. La chaîne s'étend sur tous les continents. Le principe, comme pour la publicité, est de vendre des spectateurs aux annonceurs : dans ce cas, les annonceurs sont les maisons de disques, qui produisent les clips et, parfois, payent pour les diffuser.

Le clip Thriller de Michael Jackson, d'un format inhabituel (14 minutes) et tourné sur un support film (35 mm), va contribuer à faire émerger le genre, en ne le limitant plus à de la « chanson filmée ». Dès lors, une véritable construction scénaristique se met en place. L'image ne sert plus de faire-valoir à la musique, ces deux éléments se servent mutuellement. Dès le début des années 1980, de la même façon, l'un des groupes pionniers du genre, Duran Duran, propulse chacun de ses singles en tête des charts mondiaux par la magie de mini-films sophistiqués et stylisés, souvent très coûteux, qui leur permettent notamment d'être l'un des fers de lance de la "seconde invasion britannique" aux États-Unis (avec Billy Idol et Eurythmics), via la chaîne MTV. À la suite de ces pionniers, de nombreux artistes vont investir dans leur clip, qui deviendra le passage obligé du lancement de tout album. On ne parle plus du dernier titre, mais du dernier clip, notamment pour certains artistes emblématiques comme Mylène Farmer ou encore Madonna, qui suivront notamment l'exemple de Michael Jackson.

L’apparition de la chaîne MTV en août 1981 montre l’utilisation du médium télévisuel et l’apparition d’un format standardisé, court et attractif, en constante transformation pour mieux coller à l’air du temps. La télévision n’a pas attendu MTV pour diffuser des performances musicales ou des promos, lorsque les artistes ne savaient pas se déplacer. Le cinéma s’était déjà très tôt intéressé à la musique pop. MTV n’a, de plus, pas été l’unique chaîne à diffuser des clips, mais elle a en revanche sensiblement imprégné le système. « Ce qui est vraiment important au sujet du clip, écrit Andrew Goodwin, est l’émergence dans les années 1980 d’une méthode routinière pour promouvoir des singles. » L’histoire de la chaîne est marquée, au début, par une indifférence affichée pour les vidéos d’artistes noirs qui, augmentant leur budget, vont finalement supplanter le rock comme forme dominante. Des artistes comme Madonna ont utilisé le clip d’une manière originale, usant de chorégraphies et de plans serrés, favorisant la présence des artistes féminines sur la chaîne. Après son rachat par Viacom en 1985, la chaîne se diversifiera, tant sur le plan des styles, avec la création de chaînes spécialisées, que sur le plan géographique, s’installant un peu partout dans le monde ‑ en Europe en 1987. Elle diversifiera également les genres, ouvrant la voie à des programmes centrés moins sur la musique que sur le style. Aujourd’hui, avec une industrie musicale extrêmement concentrée à l’échelle mondiale, MTV détermine le marché télévisé du clip. Cette année, la chaîne, qui fête ses 25 ans d’existence, s’est lancée avec l’entreprise Microsoft dans le commerce de la musique en ligne pour des résultats encore inconnus.

Rappelons que, outre l’aspect commercial, et dans la nécessité d’être perçu comme étant toujours « à jour », MTV s’est régulièrement montré à la pointe de l’art télévisuel en favorisant, entre autres, le motion design et l’animation à travers son habillage de chaîne. Quoi qu’il en soit, le clip, diffusé ou non à la télévision, est devenu un passage obligé. Warp l’a donc emprunté, non sans renouveler le genre et son moyen de diffusion.

1983-85 : en France clipmania, rock et tv[modifier | modifier le code]

Dans l'hexagone, le clip envahit bientôt tous les écrans et les chaînes de télévision, dès 1983, pour nourrir les programmes dits "jeunes". Une émission culte va incarner cette époque, Les Enfants du Rock, diffusée sur Antenne 2 (ex France 2). Conçu comme un agrégat de mini programmes, y ont travaillé de futures pointures du milieu rock et audiovisuel. On y voyait par exemple évoluer Philippe Manoeuvre aux commandes (avec Jean-Pierre Dionnet) de Sex Machine, un mélange de clips et de séquences humoristiques et coquines (où apparurent par exemple Pauline Lafont et Sophie Favier). Bernard Lenoir y animait Rockline, sur la pop et la new wave anglaise, et Antoine de Caunes y œuvrait sur Houba Houba, consacré entre autres au rock australien.

Les autres chaînes de télévision embrayaient le pas. Sur TF1, Alain Maneval livrait Megahertz, bientôt complétée par 22 vl'a l'rock de Jean-Bernard Hebey. Sur FR3 (futur France 3), Vincent Lamy proposait l'Echo des Bananes. Ces émissions étaient plutôt conçues comme des généralistes de rock, sur des formats allant au-delà d'une heure, et diffusés tard le soir. Les clips étaient leur matière première, et programme pivot. Une autre catégorie d'émissions complétait cependant cette clipmania, positionnées sur un format plus court, allant de vingt minutes à une demie heure, plutôt situées dans l'après-midi : Platine 45 sur Antenne 2, présenté par Jacky et produit par Pat Le Guen; Jackpot sur TF1 le mercredi, animée par Plastic Bertrand, ou encore Clip Jockey le jeudi, seulement emmenée par une voie féminine.

Enfin, le clip servait aussi de programme intercalé entre ou dans des émissions grand public, voire comblant les trous des grilles quotidiennes des chaînes : Jacques Martin en montrait quelques-uns le dimanche matin dans son émission sur l'actualité culturelle. Michel Denisot plaçait quelques clips le dimanche sur TF1, entre deux représentations sportives. Michel Drucker proposait aussi, au sein de Champs-Élysées le samedi soir, le clip exclusif de la semaine. On voulait du clip de partout, tout le temps, sans interruption. Antenne 2 terminait par exemple dès le printemps 1984 chaque journée par Bonsoir les clips : des clips mis bout à bout, sans présentateur ni transition explicative, avant la mise en place de la mire de nuit. Dans le sud de la France, TMC re-diffusait hors de ses plages horaires propres, les programmes de Sky Channel (concurrente anglaise de MTV) sur les clips musicaux dont le fameux UK Top 100 des meilleurs ventes de disques.

1985-86 : guerre du clip et renaissance[modifier | modifier le code]

De l'overdose précédente des clips diffusés de partout, est née une situation diamétralement opposée, et inédite. Les maisons de disques demandèrent en effet dès 1985 aux chaînes de télévision de payer pour la diffusion des clips de leurs artistes, considérés comme œuvre d'art à part entière. Dans un premier temps, les chaînes françaises ne plièrent pas devant ce diktat osé, et le clip disparut peu à peu des écrans télévisés pour devenir une rareté, seulement montré par de courts extraits, ou remplacé par des tournages de concert. Après presque une année de blocus et la disparition quasi totale des émissions de la période faste, une forme d'accord fut établi. Il a consisté en un compromis, avec gratuité de diffusion pour les clips de moins d'un an d'ancienneté, c'est-à-dire pour les nouveautés.

Le clip est devenu alors encore davantage un produit de pure promotion et de marketing, montré au lancement d'un disque. D'autres émissions télévisées prirent cependant le relais dès 1986 : Rock Report sur Antenne 2 (85-86), puis Rapido sur TF1 (à partir de 86) toutes deux animées par Antoine de Caunes, davantage basées sur l'actualité musicale. Elles intégraient des clips mais aussi désormais des reportages, interviews, sujets de société, etc.

1986 fut aussi l'année de la naissance en France, cinq ans après MTV, des premières vraies chaînes locales « 100 % clips » ou presque : avec TV6 (lancée en même temps que La Cinq), puis MCM. Cette même année, Les Enfants du Rock renaissaient aussi sur Antenne 2, avec Patrice Blanc-Francard à la production. Plus calme, cette version a proposé surtout des documentaires et portraits d'artistes, avec quelques clips nouveautés ouvrant et fermant l'ensemble. Durant cette période, d'autres pointures de la télévision y faisaient leurs premières armes, comme le défunt Jean-Luc Delarue, qui y coanima Fantasia, un programme consacré à l'actualité du fantastique.

L'ère numérique[modifier | modifier le code]

Le marché de la musique ayant beaucoup changé (le passage en radio lui aussi fait suite à des accords entre labels et radios), le clip ne s'est plus restreint à un seul médium, la télévision, et s'offre maintenant sur CD, DVD, Internet. Des réalisateurs tels que Michel Gondry, Spike Jonze ou encore Chris Cunningham ont sorti une compilation de leurs clip en DVD. Son but principal restant toujours de faire la promotion de groupes. Les clips sont de plus en plus nombreux, et les festivals de courts-métrages en montrent de plus en plus.

Contrairement à ce que l'on pourrait craindre, le vidéo clip n'est sans doute pas mort : l'engouement du public pour le DVD musical (y compris pour des DVD consacrés à des réalisateurs de clips) en est la preuve. Le vidéo clip permet de compléter l'univers des musiciens, c'est aussi l'occasion de produire des images qui, dans un autre cadre, seraient jugées comme du cinéma expérimental. Même si le marché du clip et son mode de diffusion ont changé et n'ont sans doute pas fini de le faire, on peut prendre le pari que le genre n'a pas dit son dernier mot.

Voir aussi : Motion Design et Vidéo jockey

Les lyric videos[modifier | modifier le code]

Première approche, en 1965, Bob Dylan sort une vidéo promotionnelle de son titre "Subterranean Homesick Blues" dans laquelle il se met en scène tenant un paquet de pancartes qu'il fait défiler au rythme de la chanson, mettant des morceaux de paroles en avant.

En 1987, Prince sort le clip de sa chanson "Sign o' the Times". Créé par Bill Konersman, il n'a pour visuel que quelques formes géométriques abstraites et l'utilisation des paroles de son single[8],[9]. Quelques années plus tard, en 1990, George Michael sort son clip de "Praying For Time". Il refuse à l'époque de faire un clip traditionnel et contraint son label à sortir un simple clip affichant les paroles de la chanson sur un fond noir[10].

Ces premiers exemples sont précurseurs de ce qui sera dénommé "Lyric Video". On considère aujourd'hui la première version du clip de Cee Lo Green "Fuck You!" (2010), comme la première lyric video professionnelle. Les jeux de typographie et de mise en page rendent la vidéo dynamique, bien que sans aucun visuels. Ce travail du texte et de la mise en page rappel le graphisme développé dans les génériques créés par Saul Bass Quelques mois plus tard, un clip officiel traditionnel de ce même titre a été mis en ligne.

Le lyric video est devenu avec le temps un moyen pour les maisons de disques de tester la popularité d'un titre à moindre frais. Le coût d'une lyric vidéo et d'un clip traditionnel n'étant pas le même, les producteurs peuvent par ce biais avoir une idée de l'impact que peut avoir un titre, c'est pourquoi il n'est pas rare de voir la sortie d'une lyric video suivie quelques mois plus tard par celle d'un clip officiel[11].

Ce type de clip vidéo a aussi l'avantage de pouvoir être sorti plus rapidement et d'engendrer encore plus de vues sur internet pour un même produit. Ainsi, en 2010, Katy Perry sort quelques jours avant son clip officiel de "Firework", un lyrics vidéo simple reprenant sur un enchaînement de photos issues de son futur clip, les paroles affichées sans aucun jeu de typographie.

La lyric video connait de plus en plus d'exemples où le travail de la typographie et la mise en scène complète est aussi recherchée que pour un clip vidéo traditionnel, faisant de ce type de vidéo, un clip à part-entière. De nombreux artistes comme P!nk, Lady Gaga, Muse, Maroon 5 ou Avicii ont pris l'habitude de sortir une lyrics video avant de présenter leur clip officiel.

Chronologie[modifier | modifier le code]

  • 1908-1917: Ere des phonoscènes[12]
  • 1927: The Jazz Singer (film muet avec des séquences chantées préenregistrées)
  • 1929: St. Louis Blues
  • 1929: Black and Tan
  • 1939: Fantasia (Walt Disney Pictures)
  • 1941: Introduction du Jukebox Panoram et des Soundies
  • 1956: Une vague de films rock'n'roll commence à Hollywood (Rock Around the Clock, Don't Knock the Rock, Shake, Rattle and Rock, Rock Pretty Baby, The Girl Can't Help It, et les célèbres films d'Elvis Presley). Certains de ces films intégraient des numéros musicaux à une histoire, d'autres étaient des spectacles musicaux.
  • 1957: Elvis Presley a créé un clip, et non un film, "Jailhouse Rock".
  • 1962: La Télévision britannique invente une nouvelle forme de diffusion musicale. Des émissions comme Top Of The Pops, Ready! Steady! Go! et Oh, Boy ont promu des groupes et créé d'énormes succès.
  • 1964: La télévision américaine adapte ce format. Hullabaloo est une des premières émissions américaines du genre, suivie de Shindig! (NBC) et American Bandstand; The Beatles sont les vedettes d'A Hard Day's Night
  • 1966: Les premiers films promotionnels conceptuels sont diffusés : Paperback Writer et Rain des Beatles, suivis en 1967 de Penny Lane et Strawberry Fields Forever.
  • 1968: Les Rolling Stones collaborent avec Jean-Luc Godard sur Sympathy for the Devil.
  • 1970: L'industrie du disque se rend compte que ces émissions télévisées sont une grande opportunité pour la promotion de leurs artistes. Ils se concentrent sur la réalisation de courts films promotionnels qui commencent à remplacer les performances télévisées.
  • 1974: ABBA bouleverse le côté statique du clip, en y intégrant des effets visuels innovants pour l'époque.
  • 1975: La vidéo "Bohemian Rhapsody" de Queen marque le début de l'ère video et instaure le langage des videos modernes.
  • 1979: Devo réalise The Day My Baby Gave Me a Surprise, qui fut la première video à inclure des animations virtuelles aux animations traditionnelles.
  • 1980: La video Ashes to Ashes est tournée par David Bowie.
  • 1981: MTV, la première chaine musicale diffusée par satellite en continu, est lancée. Initialement soutenue par des opérateurs de télévision câblée, elle connut rapidement un succès majeur et devint une icône culturelle.
  • 1984: Premier clip français tourné avec les moyens d'un long métrage : Adrian de Buzy (réal. Hilton McConnico) diffusion dans les cinémas Gaumont
  • 1984: Parution du court-métrage de Michael Jackson, Thriller, qui change à jamais le concept du clip. Le Making of Thriller sort aussi cette année-là et est le premier making of d'un clip de l'histoire.
  • 1986: Le vidéo-clip débarque en France, grâce aux courts-métrages de Mylène Farmer (Plus Grandir, Libertine...), qui incitent la chaîne TV6 à créer des émissions dédiées aux clips.
  • 1989: Madonna fait scandale avec le clip de Like a Prayer, suivi l'année suivante de Justify My Love, qui sera censuré.
  • 1991: 14 novembre, Le clip Black or White de Michael Jackson a été diffusé dans le monde entier en même temps pour la première fois, ce soir là, plus de 500 millions de téléspectateurs l'ont vu. Par la suite, la fin de ce clip fut censuré pour violences et obscénités. De plus, ce clip est l'un des rares clips à l'époque à utiliser la méthode du morphing.
  • 1992: MTV commence à créditer les réalisateurs de clips.
  • 1995: Sortie de l'un des clips les plus chers de l'Histoire, Scream de Michael Jackson & Janet Jackson, avec un budget de 7 millions de dollars
  • 1996: Création de M2 (qui deviendra MTV 2, puis MTV Hits).

Compléments[modifier | modifier le code]

Chaines musicales[modifier | modifier le code]

Chaines diffusant des clips sur le territoire français via la TNT ou les boxs  :

Clips souvent cités[modifier | modifier le code]

Il est souvent dit que le premier groupe à avoir popularisé le clip vidéo à grande échelle est Queen, en 1975, lors de la sortie de Bohemian Rhapsody (issu de leur 4e album A Night At The Opera). Le succès de la chanson fut tellement grand que le groupe britannique ne pouvait plus faire la tournée de tous les studios pour jouer en playback, ils ont donc décidé de tourner un clip vidéo (avec des trucages inclus, les plus chers à l'époque) qui leur évitaient de se déplacer à chaque fois.

Par leur réalisation sophistiquée, certains clips ont fait date, et ont été regroupés à ce titre dans des anthologies sur DVD.

Il convient tout d'abord de citer Thriller, de Michael Jackson, qui donne véritablement au genre sa portée internationale. En effet, pour la première fois, un clip vidéo sert à la promotion d'un album. Autre que le clip de Thriller Michael Jackson élabora plusieurs grands clips : Smooth Criminal (1987), Bad (1987), The Way You Make Me Feel (1987), Liberian Girl (1989), Black or White (1991) a été diffusé dans le monde entier en même temps pour la première fois, ce soir là, plus de 500 millions de téléspectateurs l'ont vu, Remember the Time (1991), In the Closet (1992), Who Is It (1992), They Don't Care About Us (1995), dont deux versions ont été tournées : la première est la version prison, et l'autre tournée au Brésil, la première n'est plus diffusée pour cause de controverses mais on peut la retrouver dans des DVD dédiés au clips de Michael Jackson, Scream (1996) avec sa sœur Janet Jackson qui est le clip le plus cher de l'histoire, Ghost (1996) le clip le plus long de l'histoire, 37 minutes. Lire à ce sujet l'analyse d'Yves Gautier dans le livre Michael Jackson - De l'Autre côté du Miroir[13] qui par ailleurs analyse en détail le scénario du clip Earth Song (1996).

Viennent ensuite Owner of a lonely heart (Yes), Take on me (A-ha), Sledgehammer (Peter Gabriel), Weapon of Choice (Fatboy Slim), Money for Nothing (Dire Straits) et Video Killed the Radio Star (Buggles).

Certains clips ont même eu leurs pastiches. Microsoft a repris Weapon of Choice pour en faire un clip de promotion à usage interne, Windows of Choice. Weird Al Yankovic s'est fait d'ailleurs connaître par ses divers pastiches de clips célèbres.

Parmi les clips français, impossible de ne pas citer ceux de Mylène Farmer, considérés comme de véritables courts-métrages (Pourvu qu'elles soient douces [Libertine II] dépasse les 17 minutes).

Quelques personnalités marquantes du clip[modifier | modifier le code]

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  • Artiste ayant dépassé les 2 milliards de vues sur YouTube :

Réalisateurs occasionnels de clips[modifier | modifier le code]

Vidéographie[modifier | modifier le code]

  • Warp Vision: The Videos 1989-2004, DVD, Warp Records, 2004.

Compilation des clips vidéos du label Warp

  • Zen TV, DVD, Ninja Tune Records, 2003.

Compilation des clips vidéos du label Ninja Tune

  • L'Alternative, M6music, 2004

Compilation regroupant des clips diffusés sur M6 dans l'émission "L'alternative"

  • The Work of Director: Michel Gondry, DVD, Palm Pictures, 2003.

Compilation des clips vidéos du réalisateur Michel Gondry

  • The Work of Director: Spike Jonze, DVD, Palm Pictures, 2003.

Compilation des clips vidéos du réalisateur Spike Jonze

  • The Work of Director: Chris Cunningham, DVD, Palm Pictures, 2003.

Compilation des clips vidéos du réalisateur Chris Cunningham

  • The Work of Director: Stéphane Sednaoui, DVD, Palm Pictures, 2005.

Compilation des clips vidéos du réalisateur Stéphane Sednaoui

  • The Work of Director: Mark Romanek, DVD, Palm Pictures, 2005.

Compilation des clips vidéos du réalisateur Mark Romanek

  • The Work of Director: Jonathan Glazer, DVD, Palm Pictures, 2005.

Compilation des clips vidéos du réalisateur Jonathan Glazer

  • The Work of Director: Anton Corbijn, DVD, Palm Pictures, 2005.

Compilation des clips vidéos du réalisateur Anton Corbijn

Chaînes de télévision consacrées à la diffusion de clips[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Les Clips du label Warp Lionel Dutrieux [PDF]
  2. Silent Film Sound (Rick Altman)
  3. cf. travaux de Rick Altman
  4. visible sur le DVD Naissance du son de Lobster Films
  5. Voir les travaux de Martin Barnier
  6. DVD Lobster Retour de Flamme vol 1.
  7. Les Snader_Telescriptions sur le wikipedia (en)
  8. (en) Henry Keazor et Thorsten Wübbena, Rewind, Play, Fast Forward: The Past, Present and Future of the Music Video, transcript Verlag,‎ 2010 (ISBN 383761185X, lire en ligne), p. 20
  9. (en) David Buckley, R.E.M. | Fiction: An Alternative Biography, Random House,‎ 2012 (ISBN 1448132460, lire en ligne), p. 146
  10. Mark Blankenship, « More Than Words: The Art Of The Lyric Video », NPR,‎ février 2012 (consulté le 29 décembre 2012)
  11. http://www.tomscott.com/lyric/
  12. "The Genealogy of the clip culture" in Henri Keazor & Thorsten Wübbena (dir) Rewind Play Fastforward, The past, present and future of the music video, transcript, 2010 (ISBN 978-3-8376-1185-4) 2014
  13. Michael Jackson - De l'Autre côté du Miroir

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (de) Henry Keazor, Thorsten Wübbena, Video Thrills The Radio Star. Musikvideos: Geschichte, Themen, Analysen. Bielefeld 2005.
  • (en) Saul Austerlitz, Money For Nothing - A History of the Music Video from the Beatles to the White Stripes, Continuum Books, New York/ London, 2007.
  • (en) Carol Vernallis, Experiencing Music Video: Aesthetics and Cultural Context, Columbia University Press, New York, 2004.
  • (fr) Michel Chion, Un art sonore, le cinéma, Coll. « Cinéma Essais », Cahiers du Cinéma, Paris, 2003.
  • (fr) Michel Chion, L’audio-vision - Son et image au cinéma, Coll. « Cinéma », Armand Colin, Paris, 2005, [deuxième édition].
  • (en) Nicholas Cook, Musique, une très brève introduction, traduit de l’anglais par Nathalie Gentili, Éditions Allia, Paris, 2006. Première édition sous le titre Music : A very short introduction, Oxford University Press, 1998.
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