Alexandre Alexeïeff

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Alexandre Alexeïeff

Nom de naissance Alexandre Alexandrovitch Alexeieff
Naissance
Kazan Drapeau de la Russie Russie
Décès (à 81 ans)
Paris Drapeau de la France France
Profession réalisateur de film d'animation

Alexandre Alexeïeff (en russe : Александр Александрович Алексеев) (né le à Kazan en Russie - mort le à Paris), est un graveur, illustrateur et réalisateur de films d'animation français d'origine russe. Il est l'inventeur, avec Claire Parker, de l'écran d'épingles qui permet d'animer des images au rendu proche de la gravure en aquatinte.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il passe son enfance à Constantinople, où son père est attaché militaire, et entre à l'école des Cadets à Saint-Pétersbourg en 1907.

En 1921, il quitte la Russie pour la France, où il commence son métier d'illustrateur (affiches pour The Night Scotman, L.N.E.R.[1]) et de réalisateur de films d'animation. Il travaille notamment, en 1924, pour les Ballets suédois de Rolf de Maré.

Il se marie une première fois en Russie avec l'actrice Alexandra Grinevsky (1899-1976), avec laquelle il a une fille en 1923, l'artiste Svetlana Alexeieff-Rockwell. Son épouse travaille la gravure avec lui jusqu'en 1939, dans l'atelier qui les réunis avec Claire Parker et Étienne Raïk. Après leur divorce en 1941, Alexeïeff épouse Claire Parker, une riche étudiante en arts américaine qui habite à Paris et qu'il avait rencontré vers 1930.

On lui doit le procédé de l'écran d'épingles, qu'il invente avec Claire Parker entre 1931 et 1933. Dans sa version la plus élaborée, c'est un écran composé de centaines de millier de petits tubes blancs maintenus par pression à l'intérieur un cadre. À travers ces tubes, des épingles noires affleurent à la surface de cet écran. En étant plus ou moins enfoncées et éclairées latéralement, elles permettent de créer des ombres portées sur la surface blanche de l'écran. Cette trame d'épingles, par effet de gris optique, peut ainsi créer une gamme de dégradés du blanc au noir, donnant à l'image animée l'aspect d'une gravure à l'aquatinte ou à la manière noire[2].

Le procédé est utilisé pour la première fois pour animer son court-métrage Une nuit sur le mont Chauve (1933), basé sur une composition musicale éponyme de Modeste Moussorgski.

Outre ses courts-métrages, Alexeïeff a animé de nombreuses publicités, notamment pour les biscuits Brun, Monsavon, Esso, ou Renault. Au fil de sa carrière cinématographique, la force d'invention expérimentale de ses films publicitaires prend progressivement le pas sur celle de ses films de court-métrage.

Il est présent en 1956 à Cannes à la réunion des réalisateurs par laquelle débute la construction d'une culture de l'animation.

Dans un film documentaire de 1973[3], Alexandre Alexeïeff et Claire Parker exécutent une démonstration de leur écran d'épingles devant les animateurs de l'Office national du film du Canada.

Ouvrages illustrés par Alexandre Alexeïeff[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Courts-métrages[modifier | modifier le code]

Films publicitaires[modifier | modifier le code]

  • La belle au bois dormant (Vins Nicolas) (1935)
  • Opta Empfang (Radio Loewe)
  • Balatum (1938)
  • Huilor (1938)
  • Les oranges de Jaffa (1938)
  • Parade des Sools (Chapeaux Sools)
  • Étoiles nouvelles (Davros)
  • Fumées (Van der Elst) (1951)
  • Nocturne (Ultra Therma)
  • Pure beauté (Monsavon)
  • Rimes (Biscuits Brun)
  • Masques (Van der Elst) (1952)
  • Nocturne (1954)
  • La sève de la terre (Esso)(1955)
  • Bain d'X (Bendix)
  • Osram
  • Quatre temps (Blizzand)
  • Cent pour cent (Nescafé) (1957)
  • Cocinor (Distributeur)
  • Constance (L'Oréal)
  • Anonyme (L'Oréal) (1958)
  • Automation (Renault)
  • Divertissement (Seita) (1960)
  • L'eau (Évian) (1966)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Citées par A. Weill, L'Affiche dans le monde, Somogy, 1984, pp. 228, 231.
  2. Son œuvre gravé a été imprimé, entre autres, par les ateliers Rigal
  3. Norman Mc Laren et Grant Munro, Pinscreen, ONF, 1973.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]