Talk Talk

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Talk Talk

Pays d'origine Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Genre musical New wave, post-rock
Années actives 1981-1991
Labels EMI, Verve
Composition du groupe
Membres Mark Hollis
Paul Webb
Lee Harris
Simon Brenner

Talk Talk est un groupe britannique de musique pop, initialement affilié au mouvement new wave, en activité entre 1981 et 1991.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Originaire de Londres, Talk Talk est formé par Mark Hollis après la séparation de son précédent groupe, The Reaction, actif entre 1977 et 1979. Avec son frère Ed, il fait passer des auditions et engage le bassiste Paul Webb et le batteur Lee Harris, deux amis d'enfance issus du groupe de reggae Eskalator. Le groupe est complet avec l'arrivée du claviériste Simon Brenner, originaire du même quartier londonien que Mark Hollis.

En juin 1981, avec l'aide du frère de Mark et de Jimmy Miller, le quatuor enregistre ses premières démos en deux jours : Candy, Mirror Man et Talk Talk. Ce dernier titre, écrit par les frères Hollis, avait été enregistré à l'origine par The Reaction en 1977. Ce n'est qu'un peu plus tard que le nouveau groupe décide de s'appeler Talk Talk.

Ces démos permettent au groupe d'obtenir un contrat avec EMI Records. Son premier album, The Party's Over (1982), contient les succès Talk Talk et Today, qui se classent dans le Top 40 au Royaume-Uni, mais aussi dans d'autres pays comme l'Irlande, l'Australie, la Nouvelle-Zélande ou encore l'Afrique du Sud. La musique de Talk Talk est alors purement synthpop et lui attire des comparaisons avec Duran Duran, groupe également produit par Colin Thurston.

Simon Brenner quitte Talk Talk fin 1982, après l'enregistrement d'un dernier single, My Foolish Friend, qui sort début 1983. Il est officieusement remplacé par Tim Friese-Greene. Celui-ci décline l'offre de devenir membre à part entière du groupe, mais y occupe néanmoins un rôle de plus en plus important : claviériste, producteur et coauteur de la plupart des titres avec Mark Hollis.

Succès mondial et paradoxes[modifier | modifier le code]

Début 1984, sort le deuxième album du groupe intitulé It's My Life. Celui-ci rencontre un grand succès en Europe (et un bon succès en Amérique du Nord et en Nouvelle-Zélande), grâce aux singles It's My Life et Such a Shame qui se classent dans les Top 10 de plusieurs pays en 1984/85, faisant de Talk Talk l'un des groupes phares du moment, à côté d'autres formations new wave comme Tears for Fears, Duran Duran ou encore Depeche Mode et Eurythmics.

Cependant, ces titres (et l'album lui-même) sont paradoxalement - et étrangement - quelque peu ignorés dans le pays d'origine du groupe, le Royaume-Uni, qui attendra 1990 (et la compilation Natural History) pour les redécouvrir, à l'occasion de leurs rééditions.... L'album marque également le début de la collaboration du groupe avec l'artiste James Marsh, auteur de toutes les pochettes subséquentes des albums et singles de Talk Talk.

Durant l'été 1985, le groupe participe à Rock in Athens, un festival exceptionnel organisé notamment à l'initiative des Ministères grec et français de la culture et composé d'une série de concerts regroupant principalement des formations tendance new wave (en dépit du nom du festival...) célèbres à ce moment-là. On y retrouve donc Talk Talk mais aussi, entre autres, Depeche Mode, The Cure, The Stranglers, Culture Club et également le groupe français Téléphone.

Les sessions d'enregistrement pour un troisième album débutent dès la fin 1984. The Colour of Spring (qui sort début 1986) voit la musique de Talk Talk se modifier en profondeur, notamment à travers l'abandon des synthétiseurs. Dix-sept musiciens participent à l'enregistrement, dont le guitariste/organiste Steve Winwood. Le premier single extrait de cet album, Life's What You Make It, sort en décembre 1985 ; il entre peu après dans le Top 20 au Royaume-Uni et dans plusieurs pays, devenant l'un des hits de l'année 1986. Porté par ce succès, l'album est lui aussi un succès commercial et constitue la meilleure vente de Talk Talk dans son pays d'origine, compilations exceptées.

Fort de tout ceci, le groupe entame alors une tournée internationale de plusieurs mois, dont fait notamment partie un passage remarqué au Montreux Jazz Festival ; qui sera édité en DVD deux décennies plus tard.

Évolution musicale[modifier | modifier le code]

En septembre 1988 sort Spirit of Eden, qui marque un tournant dans la carrière de Talk Talk. L'album est le fruit d'une année entière passée à improviser librement en studio, et incorpore de nombreux éléments de musique classique, de jazz et d'"ambient". La critique apprécie, mais c'est un véritable suicide commercial pour le groupe, d'autant qu'il refuse de partir en tournée pour le promouvoir.

La formation de Mark Hollis passe ensuite de longs mois à tenter de se défaire de l'emprise d'EMI, dont elle juge qu'il n'est plus le label idéal pour sa musique. Le contrat est finalement rompu et Talk Talk signe chez Polydor. En 1990, EMI publie la compilation Natural History: The Very Best of Talk Talk, qui rencontre un succès inattendu (n°3 et disque d'or au Royaume-Uni, et plus d'un million d'exemplaires vendus dans le monde). Les rééditions des singles It's My Life, Life's What You Make It et Such a Shame qui accompagnent cette compilation se vendent également bien. Début 1991, EMI sort History Revisited: The Remixes (classé au Top 40 anglais) pour capitaliser sur le succès de Natural History ; sans l'accord du groupe, la compagnie fait remixer les titres par des DJ. Furieux, Mark Hollis poursuit EMI en justice, et remporte gain de cause en 1992 : History Revisited ne sera pas rééditée et les copies restantes, détruites.

Le cinquième et dernier album de Talk Talk, Laughing Stock, paraît chez Verve Records (filiale de Polydor) en novembre 1991. Paul Webb n'apparaît pas dessus, et le groupe y est réduit à Hollis, Friese-Green et Harris, accompagnés de nombreux musiciens de studio. Musicalement, Laughing Stock se place dans la lignée expérimentale de Spirit of Eden, faisant la part belle à la musique instrumentale improvisée impliquant un ensemble important d'instrumentistes (sept altistes).

Talk Talk se sépare finalement en 1992. Paul Webb et Lee Harris fondent le groupe .O.rang, tandis que Mark Hollis publie en 1998 un album solo, simplement intitulé Mark Hollis, afin de remplir le contrat qui liait toujours Talk Talk à Polydor. Mark Hollis poursuit l'approche de Spirit of Eden et Laughing Stock ; l'album est bien accueilli par la critique, mais Hollis disparaît de la scène musicale peu après sa sortie. En 2002, Paul Webb sort l'album Out of Season avec la chanteuse de Portishead Beth Gibbons.

Discographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Discographie de Talk Talk.