Day Tripper

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Day Tripper est une chanson des Beatles publiée en single en 1965, essentiellement écrite par John Lennon, avec l'aide de Paul McCartney.

La chanson est éditée en 45 tours au Royaume-Uni le , le même jour que la sortie de l'album Rubber Soul, bien qu'elle n'y figure pas. We Can Work It Out se trouve sur l'autre face. Pour la première fois, il n'y a pas de face B. Les Beatles viennent d'inventer le concept de la « double face A ». Ainsi, il n'y a pas de « hiérarchie » entre les deux titres (à cette époque, c'est la face A qui compte, la B étant considérée comme mineure), et ils peuvent grimper de concert en tête des hit-parades.

Day Tripper atteint la première place des charts britanniques, mais n'est que numéro cinq aux États-Unis.

Composition[modifier | modifier le code]

Day Tripper est composée et enregistrée dans l’urgence durant les sessions de l'album Rubber Soul, en raison du besoin pressant exprimé par Brian Epstein de sortir un single pour Noël 1965[1]. L'autre face est We Can Work It Out.

Les deux chansons constituent d’ailleurs un exemple typique de la collaboration entre John Lennon et Paul McCartney au plus fort de la Beatlemania. En l’occurrence, Day Tripper est principalement écrite par Lennon, c'est-à-dire la plupart des paroles et le thème musical, sur une structure rock standard (mi, la) incluant le fameux break de guitare en si au milieu du morceau. Paul McCartney apporte son concours pour les paroles. Dans son interview de 1970 pour le magazine Rolling Stone, John Lennon utilise Day Tripper pour décrire leur technique de composition en tandem, où l’un amène l’idée (en général paroles et musique) à l’autre qui aide à compléter la chanson[2]. Selon l'état d'avancement, l'apport sera anodin ou complètement décisif.

Enregistrement[modifier | modifier le code]

Day Tripper est enregistrée le aux studios EMI d'Abbey Road, le même jour que If I Needed Someone, le titre de George Harrison qui figure sur Rubber Soul. Le groupe répète le titre dans l'après-midi et enregistre trois prises instrumentales différentes, choisissant finalement la dernière pour y ajouter les parties vocales. John Lennon et Paul McCartney s'y partagent le chant et les chœurs, mais c'est Paul qui tient le lead vocal sur les couplets : fait inhabituel chez les Beatles, où c'est de manière générale au compositeur principal du titre que revient ce rôle[3].

Structure musicale[modifier | modifier le code]

Le riff de guitare de Day Tripper, en mi, avec passage en la et retour au mi, est un des plus célèbres de l'histoire du rock, connu et interprété par des millions de guitaristes amateurs. Il est ici renforcé par le fait que la basse est jouée par Paul McCartney sur le même octave que la guitare et non pas sur le mi grave. Le refrain (« She was a Day Tripper, One way ticket yeah, It took me so long to find out and I found out ») est un séquence d'accords en fa dièse, la, sol dièse, do dièse, si, retour au mi. Le pont (ou middle eight, c'est-à-dire, dans le langage des musiciens rock anglophones, les huit mesures du milieu d'une structure rock classique à 32 mesures) est une montée paroxystique en si, ponctuée d'un solo de guitare et d'une harmonie à trois voix qui grimpent progressivement vers les aigus. Le morceau de termine sur le riff en mi joué ad-lib tandis que les Beatles répètent « Day Tripper, Day Tripper Yeah »

Analyse des paroles[modifier | modifier le code]

Il y a plusieurs niveaux de lecture quant à la signification du « Day Tripper » (« voyageur d’un jour »). « C’est juste un petit rock. », explique John Lennon. « Les Day Trippers sont des gens qui font un petit voyage dans la journée et sont rentrés le soir, n’est-ce-pas ? Ils font une excursion en bateau ou quelque chose comme ça. Cette chanson c’est un peu… un peu être un hippie, seulement le week-end. »[1]

On peut comprendre que Day Tripper parle d’une « allumeuse » (« she's a big teaser ») qui mène son prétendant par le bout du nez. On peut lire le texte de façon complètement différente, traduire « big teaser » comme « une grosse tentation » et, en commençant par le titre de la chanson, en continuant par des mots comme « Got a good reason for taking the easy way out » (j’ai une bonne raison de prendre la tangente), « It took me so long to find out, and I found out » (J’ai mis si longtemps à trouver, et j’ai trouvé), ou « One way ticket, yeah » (un aller simple, yeah), considérer que le sujet de cette chanson est un trip (voyage) au LSD. « J’en gobais tout le temps à l’époque », avoue John Lennon[1]. Paul McCartney, lui aussi confirmera plus tard : « Day Tripper parle de la dope »[4].

Publication[modifier | modifier le code]

Day Tripper sort en single « double face A » le au Royaume-Uni, couplée à We Can Work It Out. Le disque atteint la première place des charts le et y reste cinq semaines. Il s'agit du neuvième numéro un des Beatles[5]. Aux États-Unis, le simple sort le 6 décembre. Day Tripper plafonne à la cinquième place du Billboard Hot 100.

Il a fallu attendre 1973 (huit ans après le single) pour voir apparaître Day Tripper sur un album, en l'occurrence la compilation The Beatles 1962-1966 aussi appelée album rouge. La chanson figure également en 1988 sur le disque 2 de Past Masters, en compagnie de tous les autres 45 tours du groupe, et enfin sur 1 où figurent les 27 chansons qui ont atteint la première place des charts britanniques ou américains.

Reprises[modifier | modifier le code]

Otis Redding en a fait une version soul devenue célèbre. La chanson a également été reprise par Jimi Hendrix, Nancy Sinatra, Sergio Mendes, Electric Light Orchestra, Whitesnake, James Taylor, Cheap Trick, Sham 69, Bad Brains, Type O Negative, Oasis, Daniel Ash, Randy California, Lee Moses, etc. Les Bidochons en ont fait une parodie intitulée Des trippes. Jose Feliciano dans l'album tribute to the Beatles. Elle est également citée par le groupe Dream Theater dans la chanson Octavarium.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c (fr) Steve Turner, L’Intégrale Beatles: les secrets de toutes leurs chansons [« A Hard Day’s Write »], Hors Collection,‎ 1999 (ISBN 2-258-06585-2), p. 86
  2. Jann S. Wenner, « John Lennon: The Rolling Stone Interview », Rolling Stone,‎ 1970 (consulté en 28/05/2008)
  3. Mark Lewisohn, The Complete Beatles Recording Sessions, Hamlyn, 1988
  4. Barry Miles, Many Years From Now, les Beatles, les sixties et moi, Flammarion, 2004
  5. « Beatles - Day Tripper / We Can Work It Out », The Official UK Charts Company (consulté en 28/05/2008)
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Single no 1 au Royaume-Uni
5 août 1965 (trois semaines)
The Spencer Davis Group
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