Juke-box

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Jukebox (homonymie).
Musée du juke-box au Texas
Juke-box Wurlitzer de la chaîne de restaurant Memphis Coffee
Juke-box Wurlitzer 3500 Zodiac de 1971

Un juke-box est un appareil public capable de jouer automatiquement de la musique enregistrée, traditionnellement sur des disques. Il s'agit généralement d’une machine payante, où l'on sélectionne le morceau à jouer avec un système de touches (alphabétiques et numériques) après avoir inséré une pièce de monnaie. Le juke-box, qui est désormais un objet de collection, se trouvait le plus souvent dans les bars ou les cafés américains.

Histoire[modifier | modifier le code]

Avant l'invention du phonographe, on trouvait déjà des boîtes à musique ou des pianos automatiques (Pianola), équipés de monnayeurs, dans les fêtes foraines ou d’autres lieux publics.

Le phonographe public apparaît avant les équipements domestiques. Installé par Louis Glass le 22 novembre 1889 dans un salon du Palais Royal de San Francisco, il fournit les premiers enregistrements sonores disponibles, gravés sur des cylindres. Au début, les appareils n’étaient capables que de lire un seul morceau, d’environ deux minutes, mais ils se perfectionnèrent rapidement pour offrir un choix entre plusieurs enregistrements. En 1910 le cylindre fut supplanté par le disque.

Le terme juke-box apparaît dans les années 1930 aux États-Unis, dérivé du mot argotique juke-joints qui désigne un bar où l'on danse. À cette époque, on utilise également juke-bands pour désigner les groupes de musique qui s'y produisent.

En 1946, sort le modèle 1015 de Wurlitzer, qui connaît un grand succès, à grand renfort de publicité. Il est produit à environ 60 000 exemplaires. Avec sa forme arrondie, ses « bubbles tubes » et ses couleurs attrayantes, il représente l'archétype du juke-box. C'est une machine aux possibilités modestes, capable de lire seulement 24 disques sur une seule face.

Le disque 78 tours est utilisé dans les juke-box jusqu'en 1950, année où la société Seeburg fabrique un appareil lisant les disques vinyles 45 tours. À cette époque, quatre grandes compagnies, surnommées les « big four » se disputent le marché américain : Wurlitzer, Seeburg, Rock-Ola et AMI. Le juke-box standard contient alors quarante disques 45 tours[1].

Le juke-box est traditionnellement un meuble imposant, trônant au milieu du bar. Certains modèles, comme le Seeburg 3W-1 ou le Wurlitzer 5250, peuvent s’accrocher sur le mur. On parle alors en anglais de « wallbox ». Ce sont en fait des commandes à distance permettant de sélectionner une chanson sans avoir à se déplacer jusqu'au jukebox. Certaines possèdent même des haut-parleurs intégrés. Il existe aussi des modèles appelés « hideway » qui sont des châssis-mécanique dissimulés sous le bar avec une batterie de wallboxes à chaque table. C'étaient des installations très prisées dans les diners.

La demande chute largement dans les années 1970, et les sociétés cessent progressivement leur production. Face à la crise, même Wurlitzer USA fermera ses portes en 1974 après l'échec commercial de leur dernier modèle 1050. À partir des années 1990, les Compact Discs remplacent les disques vinyles sur le modèle OMT 50 CD, puis on trouve ensuite des juke-box entièrement numériques, recevant les morceaux par internet ou via une ligne de communication propriétaire. Le nombre de titres disponibles s'en trouve naturellement accru, de même que la possibilité d’établir des statistiques d’audience, ce qui offre de nouvelles possibilités commerciales. Mais l'écoute musicale s'est désormais largement individualisée, grâce notamment aux baladeurs, et le renouveau du concept juke-box est plus qu'incertain. En revanche, les appareils existants sont devenus des pièces de collection recherchées, en particulier le modèle 1015 de Wurlitzer et tous les modèles d'avant-guerre.

L’industrie du juke-box a été rentable dès sa création. Elle a connu son âge d'or à partir des années 1940 et jusqu’au début des années 1970. On estime qu'environ deux millions de machines ont été produites pendant cette période. L’image du juke-box est maintenant traditionnellement associée à l'essor de la musique rock’n'roll, bien que l'on y ait également écouté beaucoup de swing durant la décennie précédente. Aujourd'hui, il n'existe plus que Deutsche-Wurlitzer en Allemagne, Rock-Ola Mfg aux États-Unis et Sound Leisure Ltd. au Royaume-Uni qui commercialisent des « réplicas » du 1015 en versions 45 tours ou 100 CD.

Diversification des producteurs[modifier | modifier le code]

La relative similarité de la fabrication, des pièces électroniques et électroniques et du matériel nécessaire pour construire un juke-box muni d'un monnayeur avec d'autre machines de divertissements avec monnayeur a amené plusieurs grands fabricants de juke-box à se lancer dans d'autres secteur du divertissement. Ces entreprises commercialiseront par exemple des flippers, des jeux d'arcade, des machines à sous et des jeux vidéo d'arcade. Dès les années 1930, Rock-Ola produit un grand nombre de flippers[2] ainsi que des jeux d'arcade et des machines à sous. Durant son histoire, Seeburg crée quelques machines à sous, et après la Seconde Guerre mondiale, crée des jeux d'arcade. Lors de l'émergence des jeux vidéo en 1973, Seeburg comptant parmi les plus grands manufacturiers de juke-box, rachète Williams Electronics en 1973 et se lance jeux vidéo d'arcade, jusqu'à sa faillite en 1979 où une partie de l"entreprise est rachetée par Stern Electronics créant l'entreprise Stern Seeburg. Pourtant, ni AMI (fusion de AMI et Rowe[3]), ni Wurlitzer, ni Rock-Ola ne se lancent dans le secteur, mais dès le succès de Space Invaders en 1980, Rock-Ola créé une division jeu vidéo et commercialise plusieurs jeux d'arcade. Rock-Ola abandonne rapidement le secteur de l'industrie vidéoludique au moment du krach du jeu vidéo de 1983.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Christopher Pearce, Les juke-box de collection, Soline 1991
  • Daniel Lesueur, Histoire du disque et de l'enregistrement sonore, Carnot 2004

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) What Does Top 40 Mean? - Bill Lamb, About.com
  2. (en) Flippers Rock-Ola
  3. (en) AMI - Automatic Musical Instruments Co. ••• Rowe/AMI

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens externes[modifier | modifier le code]