Jean-Pierre Dionnet

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Jean Pierre Dionnet

Jean-Pierre Dionnet, né le à Paris, est un producteur, scénariste, journaliste, éditeur de bande dessinée et animateur de télévision français. Cofondateur de Métal hurlant et des Humanoïdes Associés en 1974, il a découvert ou introduit en France de nombreux auteurs et joué « un rôle décisif dans la bande dessinée contemporaine[1] ». Grand amateur de rock, il a cocréé en 1980 Les Enfants du rock tandis qu'en cinéphile averti, il a présenté Cinéma de quartier sur Canal+ de 1989 à 2007. Dans les années 1990, il a contribué à la popularisation du cinéma asiatique via sa société de production.

Biographie[modifier | modifier le code]

Des débuts de libraire et de critique[modifier | modifier le code]

Internat chez les Oratoriens, Jean-Pierre Dionnet est dès son enfance un grand lecteur de bande dessinée, ses préférences allant à Carl Barks, aux bandes dessinées de Spirou et aux publications Arédit (Aventures Fiction, Choc, Commando, Sidéral, etc.)[2]. En parallèle avec ses études universitaires, il est vendeur aux puces, puis commis de librairie à la librairie Futuropolis. Il écrit également des articles sur les comic books, à l'époque méprisés par les premiers critiques de bande dessinée qui leur préféraient les comic strips d'avant-guerre[2]. Il publie dans des revues aussi diverses que Futuropolis, Comics 130, Pogo, Phénix ou Alfred[3].

Les années bande dessinée[modifier | modifier le code]

En 1971, présenté par Philippe Druillet, il entre comme scénariste d'actualités et de récits courts chez Pilote, l'hebdomadaire des éditions Dargaud[2]. Pour la même maison, il crée avec Raymond Poïvet sa première bande dessinée d'envergure, Tiriel, publiée en 1974 dans l'éphémère mensuel Lucky Luke. Désireux d'écrire des histoires de science-fiction, il se sent cependant peu à l'aise à Pilote, où Goscinny ne veut pas d'autres séries de ce genre[2].

En 1974, il s'initie à la direction éditoriale en assistant Nikita Mandryka sur L'Écho des savanes, où il fait entrer Francis Masse et René Pétillon[3]. À la même époque, il prépare pour les éditions Nathan le magazine Snark mais le projet est tué dans l'œuf[2].

En décembre 1974, Dionnet, les auteurs de Pilote Druillet et Mœbius, et son ami Bernard Farkas décident de fonder Les Humanoïdes Associés pour publier une revue de science-fiction trimestrielle, rééditer Le Bandard fou et « préparer plein d'autres choses »[4]. En janvier suivant paraît le premier numéro de la revue Métal hurlant, dont il est le rédacteur-en-chef. Il y publie de très nombreux auteurs-phares des années 1970 et 1980, de Richard Corben à François Schuiten ou Frank Margerin, en passant par Marc Caro avant qu’il ne fasse carrière dans le cinéma, ou Jodorowsky déjà connu des initiés pour ses films étranges. Il publie lui-même certaines de ses histoires (Les Armées du conquérant et Arn avec Jean-Pierre Gal, Exterminateur 17 avec Enki Bilal, la suite de Tiriel, etc.).

Tout en axant le magazine autour de la science-fiction et du fantastique, Dionnet cherche à assurer une diversité maximale de thème et de styles graphiques, faisant cohabiter le classicisme de Paul Gillon ou de Chantal Montellier avec les délires graphiques de Philippe Druillet ou Mœbius[5]. Il double le magazine d'une politique d'albums, afin de donner de la valeur aux Humanoïdes Associés[6].

À la fin des années 1970, Métal hurlant est publié dans 17 pays. Heavy Metal la version américaine du mensuel, est lancé en 1977. En 1981 sort en salles Métal hurlant, la machine à rêver (Heavy Metal en version originale) (en France ), film composé de plusieurs histoires inspirées de bandes dessinées publiées dans Heavy Metal. Ce succès public n'empêche pas de grave difficultés financières, dues à une gestion erratique dans les premiers temps[6].

Télévision et bande dessinée (années 1980)[modifier | modifier le code]

En 1980, sur Antenne 2, il participe à la création de l’émission télévisée Les Enfants du rock et obtient à cette occasion avec Philippe Manœuvre et avec « Sex Machine », le premier 7 d’Or jamais décerné.

S'il continue à diriger Métal Hurlant durant cette période, il n'y écrit plus beaucoup de scénarios à partir de 1982, sinon le second volume d'Arn en 1987. Il désire en effet éviter de se répéter[5]. En juillet 1984, il déclare ressentir « une très grande lassitude » vis-à-vis de Métal Hurlant[6], et en abandonne la rédaction-en-chef l'année suivante. En 1988, il revient à la bande dessinée en devenant pour quelques années conseiller éditions chez Albin Michel, où il publie quelques albums. Mais la télévision l'occupe plus.

En effet, de 1989 à décembre 2007, il présente Cinéma de quartier chaque semaine sur Canal+, histoire de remettre en lumière les petits et les grands maîtres européens du cinéma populaire des années 1960, de Mario Bava à Dario Argento ou à Terence Fisher. Parallèlement, il participe sur la chaîne du câble ciné Cinéfil (devenue par la suite Ciné classics) à l'émission hebdomadaire Le Club dans laquelle quatre chroniqueurs présentent les films diffusés la semaine suivante, aux côtés de Pierre Tchernia, Olivier Barrot, Christine Haas, Jean Ollé-Laprune, Jean-Jacques Bernard ou Denis Parent. Il a également créé Quartier interdit en collaboration avec Yannick Vallet, une émission sur le cinéma gore et d’horreur diffusée sur Canal+ à la fin des années 1990.

Producteur et distributeur de films (années 1990)[modifier | modifier le code]

Fin 1990, il fonde la société « Des Films qui », avec Studio Canal et la collection « Asian Classics » d’abord, puis avec Pathé avec la collection « Asian Star » ensuite, a fait connaître, hors Asie, des metteurs en scène comme Takeshi Kitano, Hayao Miyazaki, Johnnie To, Tsui Hark, Kim Ki-duk, Lee Chang-dong ou Takashi Miike.

Ayant déjà produit ou coproduit plusieurs films dont Durian Durian de Fruit Chan, Le Petit Poucet et La Vie promise de Olivier Dahan, il a actuellement plusieurs projets en développement : Max, d’après le roman de Howard Fast, en association avec Manuel Munz, Mr Clubb & Mr Cuff, d’après une novella de Peter Straub et qui sera réalisé par Kyle Cooper, Dragon Fin’s Soup d’après l’écrivain thaï, S. P. Somtow.

Retour à la bande dessinée[modifier | modifier le code]

À soixante ans, il a décidé de se réinventer, abandonnant pour un temps la télévision et la distribution de films pour se consacrer pleinement à l’écriture de bandes dessinées.

Après avoir donné une suite à la saga Exterminateur 17 avec Igor Baranko chez Casterman (trois volumes, 2003-2008), il lance en librairie en 2011 Des dieux et des hommes, une grande série chorale et collective sur l’histoire de l’Amérique de 1929 à 2147, dans un monde parallèle où les dieux vont remplacer les hommes. Le projet, édité par Dargaud, est prévu pour trente albums, à raison de six par an pendant cinq ans.

Par ailleurs, sur son blog L’Ange du Bizarre, il parle chaque jour de tout ce qui lui passe par la tête dans tous les domaines de la culture et de l’inculture… Il a été membre permanent du jury du Grand Prix de l’Imaginaire (GPI) jusqu'en 2013. Il en a démissionné en 2013.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Bandes dessinées[modifier | modifier le code]

Jean-Pierre Dionnet est scénariste de toutes ces œuvres, et les collaborateurs indiqués en sont les dessinateurs, sauf précision.

Revues[modifier | modifier le code]

  • Environ 40 récits courts et gags dans Pilote et ses suppléments, avec différents auteurs, 1971-1974.
  • Jean Cyriaque, avec Solé, quatre récits courts dans Pilote, 1972-1975.
  • Tiriel, avec Raymond Poïvet, dans Lucky Luke, 1974.
  • « Super Parano », avec Nikita Mandryka, dans L'Écho des savanes no 15, 1975.
  • Les Armées du Conquérant, avec Jean-Claude Gal, dans Métal hurlant, 1975-1977.
  • Jules l'Éclair, avec Nikita Mandryka, quatre récits courts dans Métal Hurlant, 1975-1980.
  • Exterminateur 17, avec Enki Bilal, Les Humanoïdes Associés, 1976-1977.
  • Sept récits courts dans Métal Hurlant, avec divers auteurs 1977-1984.
  • Les Envahisseurs de Bobigny, avec Margerin, deux récits courts dans Métal Hurlant, 1978.
  • Arn, avec de Jean-Claude Gal, dans Métal Hurlant :
  1. La Vengeance d'Arn, 1980-1981.
  2. Le Triomphe d'Arn, avec Bill Mantlo et Picaret (coscénaristes), 1987.

Albums[modifier | modifier le code]

  1. La Vengeance d'Arn, 1981.
  2. Le Triomphe d'Arn, avec Bill Mantlo et Picaret (coscénaristes), 1988.
  1. L'Alliance, 2003.
  2. Retour à Ellis, 2004.
  3. Des larmes de sang, 2008.
  • Des Dieux et des hommes, Dargaud :
  1. La Fin du commencement, avec Laurent Theureau, 2011.
  2. Entre chiens et loups, avec Roberto Baldazzini et Corrado Mastantuono, 2011.

Essais et critiques[modifier | modifier le code]

Essais[modifier | modifier le code]

Rubriques de magazines[modifier | modifier le code]

  • Venez quand vous aurez le museau propre, dans Pilote, 1973-1974.
  • Éditoriaux de Métal Hurlant, 1975-1987.
  • Divers rédactionnels dans Métal Hurlant, 1975-1987.
  • Le retour du mange-livres, dans Métal Hurlant, 1975-1977.
  • À toute berzingue, dans Métal Hurlant, 1976-1984.
  • Résurrection, dans Métal Hurlant, 1985.
  • Mange livres et autres pensées fines, dans Métal Hurlant, 2002-2004.

Nouvelles[modifier | modifier le code]

  • « Les Confessions d'un lecteur fou », dans Métal Hurlant no 2, 1975.

Divers[modifier | modifier le code]

  • « Entretien avec Jean-Pierre Dionnet (mené par Julien Sévéon) - Parcours d'un passionné », dans Parcours Fnac : le souffle asiatique, 2002, p. 4-7.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Gaumer (2004), p. 239
  2. a, b, c, d et e Dionnet (1984), p. 45
  3. a et b Gaumer (2004), p. 238
  4. Éditorial, Métal Hurlant no 1, 1975. Cité sur bdoubliees.com
  5. a et b Dionnet (1984), p. 46
  6. a, b et c Dionnet (1984), p. 47

Documentation[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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