Étienne-Jules Marey

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Étienne-Jules Marey
Image illustrative de l'article Étienne-Jules Marey
Portrait vers 1850
Naissance 5 mars 1830
Beaune (France)
Décès 15 mai 1904
Paris (France)
Nationalité Drapeau de France France
Champs Physiologie, Photographie
Institutions Membre de l'Académie des sciences, professeur au Collège de France
Renommé pour Inventeur de la chronophotographie

Étienne-Jules Marey, né à Beaune le 5 mars 1830 et mort à Paris le 15 mai 1904, est un physiologiste français. Considéré à son époque comme un touche-à-tout atypique, il est un pionnier de la photographie et un précurseur du cinéma.

Sommaire

[modifier] Biographie

Il fait ses études secondaires à Beaune, puis ses études de médecine à Paris, de 1849 à 1859. De 1869 à 1904, il est professeur au Collège de France, et titulaire de la chaire d'Histoire naturelle des corps organisés. En 1859[1], il met au point son sphygmographe, et le présente à l’Académie des Sciences en 1860, avec un collaborateur, Auguste Chauveau (1827-1917), l'appareil enregistre les battements artériels grâce à un sismographe sur papier noirci à la fumée, c'est une amélioration de celui de 1853[2] de l’allemand Vierordt (1818-1884)[3]. En 1870, il commence à construire des oiseaux mécaniques, en 1874 il a un assistant, Victor Tatin (1843-1919), qui comme lui est fasciné par les possibilités du vol mécanique[4]. Il rencontre aussi Alphonse Pénaud (1850-1890), qui lors d'une conférence à la Société française de navigation aérienne, fin 1873, pour l'étude théorique du vol des oiseaux, imagine un appareil photographique qui pourrait prendre plusieurs épreuves successivement à quelques centièmes de seconde d'écart[5]. En 1878, il devient membre de l'Académie des sciences. Son intérêt se porte sur l'étude du mouvement chez les êtres vivants. Aussi, après la découverte des travaux de Muybridge, qu'il rencontre en 1881, il va utiliser la photographie comme outil pour ses recherches.

[modifier] La chronophotographie (vers 1882)

Pélican volant, photographié par Marey vers 1882. Il trouva un moyen de saisir plusieurs mouvements en une seule photographie.
Fusil photographique

Marey met au point, en 1882, le fusil photographique qui lui permet de photographier « sur nature » un être en mouvement sur douze poses. Cette « caméra » a l'avantage d'être légère et mobile. Il ne l'utilise que quelques mois, mais l'invention est restée célèbre.

En 1882, Marey crée également la Station physiologique du Parc des Princes à Boulogne sur Seine, subventionnée par l'État français : le ministère de la Guerre s'était intéressé aux travaux de Marey sur la « méthode de marche » de l'armée allemande, vainqueur en 1870.

La même année, il invente la chronophotographie sur plaque fixe (au gélatinobromure) : à l'aide d'un seul objectif — contrairement à la méthode de Muybridge qui utilise plusieurs objectifs — et avec des sujets clairs sur fond noir, une plaque photographique est exposée plusieurs fois par un obturateur rotatif.

En 1889, Marey abandonne la plaque de verre, et passe au film celluloïd, qui vient d'être introduit en France. Il invente alors un mécanisme astucieux capable de faire avancer le film en synchro avec l'ouverture de la fente de l'obturateur. Il s'agit donc bien des premières images de « cinéma », mais le film n'étant pas perforé, de gros problèmes d'équidistance des clichés se posent.

[modifier] Ses autres travaux

Appareil enregistreur de Marey

Si le nom de Marey est bien connu dans l'histoire du cinéma pour ses recherches dans la prise de vue du mouvement, il n'en reste pas moins un scientifique dans plusieurs autres domaines :

  • la décharge électrique du poisson torpille
  • hydrodynamique : il invente une soufflerie aérodynamique pour visualiser, à l'aide de fumée, les flux d'air qui rencontrent un obstacle
  • dynamique des fluides

[modifier] Marey et l'art

Les résultats de ses travaux sur le mouvement, ses chronophotographies parfois abstraites, influencent des artistes du XXe siècle :

Ainsi que sur l'hydrodynamique

  • Clip de la chanson See The Sea (Red) de Vitalic réalisé par ART10 (2009)

[modifier] Publications

  • Physiologie médicale de la circulation du sang (1863)
  • Études physiologiques sur les caractères graphiques des battements du cœur (1865)
  • Du mouvement dans les fonctions de la vie
  • Du vol des oiseaux, La Revue scientifique 14, 21 août, 11 septembre et 2 octobre 1869 (Texte en ligne)
  • La Machine animale. Locomotion terrestre et aérienne (1873-1874)
  • Physiologie expérimentale (1875)
  • Pression et vitesse du sang (1876)
  • Moteurs Animés. Expériences de physiologie graphique La Nature, N°278 - 28 septembre 1878 et N°279 - 5 octobre 1878
  • La Méthode graphique dans les sciences expérimentales (1878) (Texte en ligne)
  • La Circulation du sang à l'état physiologique et dans les maladies (1881) (Texte en ligne)
  • Études pratiques sur la marche de l'homme. Expériences faites à la station physiologique du Parc des Princes., La Nature, N° 608 - 24 janvier 1885
  • Le vol des oiseaux (1890) éd. G. Masson - Préface publiée dans La Revue scientifique 19 octobre 1889
  • Des appareils enregistreurs de la vitesse, La Nature, N°878 - 29 mars 1890 (Texte en ligne)
  • « La chronophotographie : nouvelle méthode pour analyser le mouvement dans les sciences physiques et naturelles », dans Revue générale des sciences pures et appliquées, no 2, 1891, p. 689-719 [texte intégral [PDF]] 
  • Mouvements de natation de la raie, La Nature, N°1029 - 18 Février 1893 (Texte en ligne)
  • Le Mouvement Des Liquides Étudié Par La Chronophotographie La Nature, N°1040 - 6 mai 1893 (Texte en ligne)
  • avec Georges Demenÿ, Études de physiologie artistique faites au moyen de la chronophotographie (1893)
  • Des mouvements que certains animaux exécutent pour retomber sur leurs pieds, lorsqu’ils sont précipités d’un lieu élevé, La Nature, N°1119 - 10 Novembre 1894 (Texte en ligne)
  • Le Mouvement, Paris, G. Masson, 1894 [lire en ligne] 
  • La Station physiologique de Paris, La Revue scientifique 29 décembre 1894 (Texte en ligne) et 6 janvier 1895 (Texte en ligne)
  • Analyse des mouvements du cheval par la chronophotographie, La Nature, N°1306 - 11 Juin 1898 Texte en ligne

[modifier] Bibliographie

  • Michel Frizot, Photo poche n°13 : Étienne-Jules Marey, Centre National de la Photographie, Actes Sud, 1990.
  • Collectif, La passion du mouvement au XIXe siècle : Hommage à Étienne-Jules Marey, Musée Marey, Beaune, 1991. Catalogue de l'exposition.
  • Michel Frizot, Étienne-Jules Marey : Chronophotographe, Nathan, 2001.

[modifier] Note et référence

  1. (fr) Marey Max Planck Institute for the History of Science
  2. (fr) Études d'histoire et de philosophie des sciences Par Georges Canguilhem
  3. [PDF] Qui est-il ? Étienne-Jules Marey (1830-1904) p.2 à 6, par Jean-Claude Léonard et Christian Morin - Editorial SO.F.O.P
  4. (en) The work of Etienne-Jules Marey (1830-1904) p.53, by Marta Braun
  5. (fr) Corps en mouvement p.122, par Alain Vaillant

[modifier] Article connexe

[modifier] Liens externes

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