Jean-Baptiste Mondino

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Jean-Baptiste Mondino
Naissance
Nationalité
Activités
Photographie, Réalisateur de vidéo-clips, Réalisateur de publicités
Distinctions
MTV Music Awards meilleur réalisateur 1985
Victoire de la Musique meilleure vidéo 1987
Victoire de la Musique meilleure vidéo 1991
Victoire de la Musique meilleure vidéo 1993
Victoire de la Musique meilleure vidéo 1994

Jean-Baptiste Mondino, né le à Aubervilliers, est un réalisateur de publicités, clips et photographe français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Dès 1974, il renoue avec un principe de mise en images utilisé par le chanteur Antoine dans le scopitone Les Élucubrations d'Antoine : ne plus faire de la simple chanson filmée, mais enchaîner des plans inattendus dans un mini-film dont la chanson ne constitue plus qu'une bande-son.

Il réalise en 1981 son premier clip-vidéo avec Paradis pour le chanteur Alain Chamfort[1] et pour lui-même en 1983 avec La danse des mots[2] sous le nom de Mon Dino.

Il est reconnu pour ses fréquentes collaborations avec Madonna et ses réalisations et photos pour Les Rita Mitsouko, Thomas Fersen, Prince, Alain Bashung, Étienne Daho, Vanessa Paradis, Alain Chamfort, Björk, Texas et bien d'autres.

Il a également réalisé de nombreux films publicitaires, notamment pour les parfums Jean Paul Gaultier (dont Le Mâle) ou des photos pour le sac Lady Dior.

Il a fondé la société de production Bandits en 1989.

Débuts[modifier | modifier le code]

Mondino débute dans les années 1970 en tant que directeur artistique dans l'agence de publicité Publicis. Il collabore au magazine Façade. Au début des années 1980, il crée des concepts de pochettes de disques que réalise son partenaire le photographe Gérard Rufin. En 1981, il réalise la pochette de l'album Dernières balises (avant mutation) d'Hubert-Félix Thiéfaine. Mondino devient photographe à son tour et continue de réaliser des pochettes de disques dont beaucoup pour le label de Taxi Girl Mankin Records créé par Alexis Quinlin manager de groupes de rock, tout en commençant une carrière dans la photo publicitaire. Il évolue vers la mode et, en parallèle, commence une carrière de réalisateur de video-clips.

Art du vidéo-clips[modifier | modifier le code]

Ses premiers clips sont Paradis pour le chanteur français Alain Chamfort[1], Little Darlin pour la chanteuse française Sheila, tous les deux en 1981, puis Quelqu'un comme toi pour le groupe new-wave français Taxi Girl, Soleil, soleil d'Ahmed Fakroun en 1983 et La danse des mots pour lui-même fin 1983[2].

Ses premiers projets sont réalisés en couleur. Pour Paradis le thème traité est celui du suicide en devenir d'un couple, joué entre autres par Alain Chamfort. Dans Little Darling, Sheila est entre deux mondes, l'un réel et l'autre futuriste, dans Quelqu'un comme toi le groupe de Daniel Darc évolue dans un cadre bucolique, avec un long plan séquence de plus de trente secondes en noir et blanc qu'il utilise pour la première fois en introduction du vidéo-clip. Dans Soleil, soleil avec le chanteur lybien Ahmed Fakroun, Mondino propose une vidéo qui met en scène Coluche en téléspectateur passif devant son écran télévisé, regardant le chanteur et la silhouette d'une danseuse orientale[3]. Ce vidéo-clip est similaire au clip de C'est comme ça qu'il réalise en 1987 pour les Rita Mitsouko.

De ses premiers exercices, La danse des mots devient un tournant dans la conception et la réalisation. Le contexte est différent, la vidéo est à la fois ludique et dynamique avec une explosion de couleurs. Sous la forme d'un rap, le photographe se met en scène, pour la seule fois à ce jour, avec différents participants, futurs acteurs ou chanteurs, tels que Ged Marlon, Farid Chopel, Caroline Loeb, Tristan et quelques enfants évoluant autour des voyelles des lettres de l'alphabet en forme de cubes, avec des jouets et des personnes animés. La créativité importante et nouvelle de ce vidéo-clip a permis son entrée de façon permanente dans la bibliothèque du Musée d'art moderne de New York[4].

En 1984, il acquiert une réputation d'envergure internationale avec le tube Cargo de nuit, le premier clip d'Axel Bauer. Il utilise à cette occasion le noir et le blanc complètement pour la première fois. Pour Cargo de nuit comme pour l'ensemble de ses clips des années 1980, il utilise avec un sens aigu l'esthétisme, émaillé d'érotisme et d'élégance, mettant en valeur ses personnages (hommes, femmes ou enfants) et les lieux (ouverts ou fermés, extérieurs ou intérieurs) à égalité, en équilibre avec un jeu de lumière à l'image des grands metteurs en scène du cinéma.

Le noir et blanc, sa créativité et sa maîtrise technique de la réalisation et des nuances de la lumière deviennent la signature de Mondino dans les années 1980. À partir de 1984, le photographe français est sollicité dans le monde entier, il réalise avec soin les vidéo-clips d'Un autre monde du groupe rock français Téléphone fin 1984, de The Boys of Summer du chanteur américain Don Henley en 1985, du sombre Russians du chanteur anglais Sting en 1985, tous en noir et blanc. Durant cette période, il revient à quelques reprises à la couleur, avec les stylisés Slave to Love de Brian Ferry en 1985, Mia Bocca de Jill Jones en 1987, ou C'est comme ça avec le groupe français les Rita Mitsouko en obtenant la Victoire de la Musique de la meilleure vidéo pour l'année 1987.

Le 13 septembre 1985 au Radio City Music Hall de New York, Mondino reçoit la récompense du meilleur réalisateur de clip de l'année aux MTV Video Music Awards pour The Boys of Summer de Don Henley[5], une première reconnaissance du travail de l'artiste français dans le domaine de l'image et du son. The Boys of Summer est le grand gagnant de cette soirée, il reçoit trois récompenses supplémentaires avec celles de la meilleure vidéo pour son interprète, de la meilleure direction artistique dans une vidéo pour Bryan Jones et de la meilleure photographie dans une vidéo pour Pascal Lebègue[5].

Durant sa carrière, il a mis en scène régulièrement des clips pour Alain Bashung, Vanessa Paradis, Madonna, ainsi que pour Keziah Jones, Björk et David Bowie.

Photographies[modifier | modifier le code]

Grand passionné de musique et surtout de guitare, il a publié un recueil de photos Guitar eros (ISBN 3829602340), images d'inconnus, de musiciens français ou internationaux, stars montantes ou reconnues, toujours autour de cet instrument. On y retrouve des portraits de Mondino lui-même, Cat Power, Madonna, Raphael, Brian Molko, Vanessa Paradis, Vanessa Contenay-Quinones, Lenny Kravitz, Ben Harper, Tom Waits, Electric Lady, Karl Lagerfeld, Damien Saez (on a d'ailleurs aussi entendu parler d'eux à cause de la photo de l'affiche de la tournée de Saez J'accuse où Jean Baptiste Mondino avait photographié une femme nue dans un chariot de supermarché, et qui a par la suite été censurée), Les Naast...

En 2011, il réalise la pochette du premier album du DJ SebastiAn, intitulé Total. En 2012, il réalise la pochette de nouvel album d'Olivia Ruiz, le calme et la tempête.

En 2012, il photographie Carla Bruni-Sarkozy qui renoue avec son métier de mannequin pour la publicité de la marque Parrot.

En 2013, il réalise la pochette de l'album Love Songs de Vanessa Paradis.

Il est le père Mahaut Mondino[6].

Influences[modifier | modifier le code]

Parmi ses influences il cite Guy Bourdin et Erwin Blumenfeld que ce premier lui a permis de découvrir et dont il s'est inspiré pour sa campagne pour Dior. En parlant d’Erwin Blumenfeld il dit : « Je suis tombé par hasard sur une de ses photos et quand j’ai finalement découvert l’ensemble de son œuvre, je trouvais incroyable qu’on puisse être tellement en avance sur son époque et l’être encore aujourd’hui. Sa photographie n’est pas classique mais futuriste. Les couleurs, le graphisme, la liberté, l’élégance... Il est sous-évalué et beaucoup reste à découvrir. Je suis, et serai toujours, inspiré par son travail. Il donne le courage de continuer et de prendre davantage de risques. Un véritable artiste. »[7] Quant à Guy Bourdin, Jean-Baptiste Mondino et Madonna se sont vus assignés devant la justice américaine par le fils du photographe considérant que l'exploitation qu'ils avaient faite des clichés de son père dans le clip "Hollywood" de la star américaine relevait du non-respect des droits d'auteur[8]. L'affaire semble s'être arrangée à l'amiable, selon les usages en vigueur aux États-Unis car aucune source n'est disponible concernant l'issue de cette plainte.

Récompenses[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (fr) « Alain Chamfort de 1976 -1981 », sur www.historique.alain-chamfort.net (consulté le 4 mai 2015)
  2. a et b Source : L'année du Rock 1984-1985. Vidéo-clips : Dites-le avec des clips, pages 176-181, Marjorie et Paul Alessandrini, éd. Calmann-Lévy.
  3. (en) « Ahmed Fakroum biographie », sur www.ahmedfakroun.com (consulté le 8 mai 2015)
  4. « MUSIC VIDEO: THE INDUSTRY AND ITS FRINGES - Liste - 6-30 Septembre 1985 » [PDF], The Museum of Modern Art Department of Film (MOMA)
  5. a et b (en) Larry McShane, « MTV presents video music awards », sur www.news.google.com, The Day, New London, Connecticut,‎ (consulté le 4 mai 2015)
  6. LA CHANTEUSE À SUIVRE ? MAHAUT MONDINO !, ELLE
  7. « L'histoire : Blumenfeld, clairs de femmes », Vanity Fair,‎ (lire en ligne)
  8. « Madonna en justice pour plagiat », Le Nouvel Observateur,‎ (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]