Devo

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Devo

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Devo au Festival international de Benicàssim (2007)

Informations générales
Pays d'origine Kent, Akron, Ohio, États-Unis
Genre musical Punk rock, new wave, post-punk, art punk,synthpop, electronic rock
Années actives 1972–1991 puis 1996–présent
Labels Warner Bros, Virgin, Enigma, Rykodisc, Rhino, Stiff, Restless Records
Site officiel www.clubdevo.com
Composition du groupe
Membres Mark Mothersbaugh, Gerald Casale, Robert Mothersbaugh, Robert Casale, Jeff Friedl
Anciens membres Bob Lewis, Peter Gregg, Fred Weber, Rod Reisman, Jim Mothersbaugh, Alan Myers, David Kendrick, Josh Freese

Devo (le groupe de désévolution) est un groupe américain de rock d'electro-punk ou de new wave proto-industrielle, originaire d'Akron en Ohio.

Évolution[modifier | modifier le code]

Il s'est produit pour la première fois en 1972 et il est parvenu à une réelle célébrité à partir de 1978, avec la parution de Are we not men? We are devo..

Les cofondateurs Gerald Casale, Mark Mothersbaugh, et Bob Casale étaient étudiants à l'université d'État de Kent (Ohio) quand la Garde Nationale tira sur des étudiants et en tua quatre lors d'une manifestation contre l'invasion du Cambodge par les États-Unis, le « moment pivot » de leur formation, selon le cofondateur Gerald Casale.

La musique de Devo et leurs performances scéniques mêlaient des thèmes de science-fiction kitsch, un humour surréaliste "pince-sans-rire" et un commentaire social satirique dans des chansons pop aux synthétiseurs discordants dont les signatures rythmiques étaient souvent inhabituelles.

Le groupe se construisit délibérément une image "pseudo-scientifique" (geeky) qui leur permettait aussi de faire des commentaires souvent provocateurs sur l'état de la société américaine. Et, comme Frank Zappa, sous l'extérieur clownesque, il y avait une musicalité sérieuse et un contenu socio-politique.

Devo étaient probablement aussi connus pour leur image que pour leur musique, mettant des uniformes qui plagiaient la culture industrielle et le consumérisme pop, tels les costumes de protection chimique jaunes durant la période Q: Are We Not Men?, l'assortiment de coiffes de plastique, de masques et des caractéristiques chapeaux « pots de fleurs » (domes d'énergie) pour Freedom of choice—dont le but était (selon le groupe) de canaliser leur énergie sexuelle dans leur voix.

Mark Mothersbaugh portait aussi un masque pour créer son célèbre alter-ego Booji Boy (prononcé Boogie Boy), qui symbolisait la régression infantile que Devo voyait dans la plupart de la culture américaine. Ce personnage figurait dans beaucoup de prestations scéniques, tout comme le père de Booji Boy, le Général Boy (joué par le propre père de Mothersbaugh), qui satirisait les figures de l'autorité américaine.

Devo étaient des pionniers dans la vidéo musicale ; la vidéo Whip it devint une accroche des débuts de MTV, et leurs nombreux films promotionnels et clips vidéos sont devenus des repères importants dans le développement de ce genre. Ils furent aussi des pionniers dans la production de cassettes vidéo longue durée comme The Truth About De-Evolution et The Men Who Make The Music, qui mêlaient des clips video conceptuels autoproduits, des extrait de leurs concerts/performances et des parties de pseudo-documentaires. Devo ont créé et dirigé beaucoup de leurs propres vidéos et citent Beautiful World comme leur exemple favori de ce travail.

Devo étaient grandement influencés par le Krautrock allemand et la musique de groupes européens comme Neu!, Can et le travail de production de Conny Plank, et ils furent certainement l'une des rares formations américaines capables d'incorporer ces influences tout en ayant une large publicité et un succès critique. D'autres influences probables étaient les iconoclastes américains Frank Zappa, Captain Beefheart, et les Residents. Ils furent l'un des premiers groupes américains à faire appel aux services du remarquable producteur, artiste et musicien britannique Brian Eno, qui produisit quelques groupes phares de la New Wave américaine dont Talking Heads.

Dans les notes du leur album Greatest Hits figure une retranscription d'une interview des années 1970 dans laquelle le groupe décrit sa musique comme industrielle, qui implique la déshumanisation (désévolution) de leur contenu musical autant que du son réel. Dans ce contexte, le terme précède son application ultérieure au label de groupes d'avant-garde des années 1970 comme Throbbing Gristle. Leur mécanisation de la musique populaire, par les synthétiseurs et les instruments déconstruits (parfois leurs guitares cassées tombant en morceaux sur scène) inspira les formations de pop industrielles les plus modernes de la fin des années 1980 et du début des années 1990.

Histoire[modifier | modifier le code]

Formé en 1972, l'inspiration originelle de Devo fut L'Étrange Naissance de l'Homme (The Beginning Was the End) d'Oscar Kiss Maerth : une thèse anthropologique pseudo-scientifique qui attribue l'avènement de l'homme à un accident causé par des singes cannibales et fous de sexe qui ont développé des outils pour s'exploiter sexuellement l'un l'autre et se nourrir des cerveaux l'un de l'autre. Cette métaphore traverse tout le travail de Devo, comme une abstraction de la société moderne.

Le noyau du groupe est Mark Mothersbaugh, au chant et au synthétiseur, et Gerald V. (Gerry) Casale, bassiste du groupe et principal auteur des paroles. La première formation de 1972 comprenait Gerald Casale (basse), Mark Mothersbaugh (claviers), Bob Lewis (guitare soliste), Bob Casale (guitare rythmique), Rod Reisman (batterie) and Fred Weber (voix). Bob Mothersbaugh (guitare soliste) and Jim Mothersbaugh (batterie) s'ajoutèrent aux versions ultérieures du groupe.

La consécration[modifier | modifier le code]

L'avènement de Devo vint en 1976 lorsque leur court métrage The Truth About De-Evolution gagna un prix au Festival du Film d'Ann Arbor ; Iggy Pop et David Bowie le virent là-bas et les soutinrent pour obtenir un contrat d'enregistrement avec Warner Bros. Records. À cette époque, Alan Myers remplaça Jim Mothersbaugh à la batterie. Après le départ de Bowie pour cause d'engagements antérieurs, leur premier album Q: Are We Not Men? A: We Are Devo! dont le titre reprend les paroles du morceau principal Jocko Homo, fut produit par Brian Eno et comprenait une reprise radicale de (I Can't Get No) Satisfaction des Rolling Stones et le titre controversé Mongoloid. Le 17 décembre 1978, ils interprètent ces titres vêtus de combinaisons jaunes sur la scène du théâtre de l'Empire à Paris, dans l'émission rock Chorus d'Antoine de Caunes[1]. La même année, Lewis gagna un procès contre le groupe pour vol de propriété intellectuelle.

Bien qu'ils aient commencé par un mélange d'instruments rock traditionnels et d'effets électroniques, Devo adoptèrent une instrumentation très électronique, voire totalement, durant les années 1980, devenant une des premières formations américaines à se produire sur scène uniquement avec des synthétiseurs ; ils furent aussi un des premiers groupes au monde à utiliser des microphones de radio et des casques-micros sur scène.

Devo s'impliqua activement dans l'Église des Sous-Génies au début des années 1980. En concert, ils jouaient trois fois, assurant leur première partie eux-mêmes, feignant être un gentil groupe de rock chrétien appelé Dove (colombe) - the band of love. Ils avaient aussi enregistré des versions « E-Z Listening Muzak » de leurs propres chansons à diffuser avant leurs concerts. En 1982, ils apparurent dans le film de Neil Young Human Highway.

Devo resta populaire dans nombreux pays et gardait un large et fidèle public en Australie. L'émission nationale de pop télé des années 1970/80 Countdown fut l'un des premiers programmes au monde à diffuser ses clips vidéo, et un support radio important lui fut offert par la station de rock non commerciale de Sydney Double Jay (2JJ), qui fut l'une des premières stations de radio rock hors des États-Unis à programmer ses disques, et (jusqu'à ce que Whip it devienne un tube) était certainement la seule station de tout le pays à passer sa musique.

Un succès déclinant[modifier | modifier le code]

Leur popularité et leurs ventes décrurent les années suivantes, mais ils continuèrent avec les albums New Traditionalists (1981), Oh, No! It's Devo (1982), Shout (1984), et Total Devo (1988).

Après la sortie de Smooth Noodle Maps en 1990, le groupe arrêta d'enregistrer et assura quelques concerts dont un mémorable à Paris à l'Élysée Montmartre, ou de courtes tournées dont celles de 1996, 2000, 2004, et 2005. En 2001, des membres de Devo formèrent The Wipeouters, clamant que c'était en fait la réunion du premier garage band qu'ils avaient entamé au début de leur adolescence.

Mothersbaugh connut un succès considérable en écrivant et produisant de la musique pour la télévision (en commençant par Pee Wee's Playhouse), les jeux vidéo, des dessins animés et films d'animation. En 1985, il sortit une cassette solo sous un emballage élaboré, Musik for Insomniaks, qui fut par la suite enrichi et ré-édité en double CD. Sa compagnie, Mutato Musika, employa les guitaristes de Devo Bob Mothersbaugh et Bob Casale, le premier comme compositeur et le second comme ingénieur du son. Gerry Casale, le bassiste du groupe, réalisa les vidéos d'autres groupes de rock, dont Rush et Foo Fighters.

En 2003 le groupe fit une version spéciale de Whip It pour les publicités de la marque Swiffer. Buena Vista Music Group, une filiale de Disney a sorti Devo 2.0, un disque de reprises de morceaux de Devo par des enfants-acteurs (dont Nathan Norman (en)).

Actualité du groupe[modifier | modifier le code]

Nouveau contrat avec WB, et nouvel album en 2010 Something For Everybody.

Tournée américaine durant l'été 2010 rencontrant un grand succès.

Le 17 février 2014 le guitariste Bob Casale décède[2].

Membres du groupe[modifier | modifier le code]

Discographie[modifier | modifier le code]

  • Be Stiff Maxi-45 tours (1977)
  • Q: Are We Not Men? A: We Are Devo! (1978)
  • Duty Now for the Future (1979)
  • Freedom of Choice (1980)
  • Dev-o Live (1980) (re-released in a expanded, limited (5000 copies) édition Rhino Handmade en octobre, 1999)
  • New Traditionalists (1981)
  • Oh, No! It's Devo (1982)
  • Shout (1984)
  • E-Z Listening Disc (1987)
  • Total Devo (1988)
  • Now It Can Be Told: DEVO at the Palace (1989)
  • Smooth Noodle Maps (1990)
  • DEVO Live: The Mongoloid Years (1992)
  • Adventures of the Smart Patrol (1996)
  • DEVO Live 1980 (2005) (Double CD)
  • Something for Everybody (2010)
  • New Traditionalists: Live 1981 Seattle (2013)

Compilations[modifier | modifier le code]

  • Devo's Greatest Hits (1990)
  • Devo's Greatest Misses (1990)
  • Hardcore Devo 1974-77, Volumes 1 & 2 (1991) (previously unreleased 4-track demos)
  • Pioneers Who Got Scalped (2000)
  • Recombo DNA (2000) - une compilation de maquettes et de raretés (seulement sur through Rhino Handmade)
  • The Essentials (2002) - Remasterisation audio numérique
  • Whip It and Other Hits (2003)
  • DEVO BOX (2008) : coffret contenant leurs 7 premiers albums (7 CD)
  • Something Else for Everybody: Unreleased Demos and Focus Group Rejects 2006-2009 (2014)

En tant que groupe d'accompagnement[modifier | modifier le code]

  • Hugh Cornwell et Robert Williams : Nosferatu (1979) (Mark Mothersbaugh & Bob Mothersbaugh on coécrit et joué sur le morceau Rhythmic Itch)
  • Jermaine Jackson : Let Me Tickle Your Fancy (1982) (accompagnement sur la chanson-titre)
  • Toni Basil : Word of Mouth (1983) (accompagnement sur leur propres reprises de Devo Space Girls, Be Stiff and Pity You)
  • David Byrne : Feelings (1997) (accompagnement sur Wicked Little Doll)
  • Martini Ranch : Holy Cow (1988) (Bob Casale a produit How Can the Labouring Man Find Time for Self-Culture? tandis que Mark Mothersbaugh contribua aux accompagnements vocaux.)

The Wipeouters[modifier | modifier le code]

  • P'Twaaang!!! (2001)

Mark Mothersbaugh, quelques productions solo et bandes originales[modifier | modifier le code]

  • Musik for Insomniaks, Volumes 1 and 2 (1988)
  • Casino (1995)
  • Joyeux Mutato (1999), Christmas music (sorti en deux versions différentes)
  • Rushmore (1999)
  • The Royal Tenenbaums
  • The Rugrats Movie
  • Mystery Men
  • Music for Edward Gorey, une sortie privée de 300 CD gravés à la main
  • The Life Aquatic avec Steve Zissou (2005)
  • Bande son jeu vidéo "Sims 2"
  • Thème du dessin animé "les razmoquets"

Simples[modifier | modifier le code]

  • 1976 - Mongoloid (Booji Boy Label)
  • 1977 - (I Can't Get No) Satisfaction (Booji Boy Label)
  • 1978 - Be Stiff (Stiff Records)
  • 1978 - Come Back Jonee
  • 1979 - The Day My Baby Gave Me a Surprize
  • 1979 - Secret Agent Man
  • 1979 - Flimsy Wrap
  • 1980 - Girl U Want
  • 1980 - Whip It
  • 1980 - Gates of Steel
  • 1980 - Freedom of Choice
  • 1981 - Through Being Cool
  • 1981 - Working in a Coalmine
  • 1981 - Beautiful World (Picture Disc)
  • 1982 - Jerkin' Back 'n' Forth
  • 1982 - Peek-a-Boo!
  • 1983 - That's Good (Picture Disc)
  • 1983 - Theme from Doctor Detroit
  • 1984 - Are You Experienced?
  • 1985 - Here to Go
  • 1985 - Shout
  • 1988 - Disco Dancer
  • 1988 - Baby Doll
  • 2007 - Watch Us Work It! (maxi vinyl)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Concert de Devo - Chorus sur ina.fr
  2. Bob Casale, Devo mais pas moins homme, Jean-Christophe Féraud, Libération, 19 février 2014.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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