Maison à colombages

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Maisons à colombages du XVe siècle rue Verrerie à Dijon en Bourgogne.
Maisons à colombages dans le centre d'Ochsenfurt (Allemagne).
Maisons à colombages à Pont-Audemer.
Maisons à pans de bois (XVIe siècle) à Vannes.

Une maison à colombages ou maison à pans de bois (expression plus adaptée lorsque la maison est à plusieurs étages), est une maison constituée de deux éléments principaux :

  • Une ossature de bois, constituée de pans de bois. Les pans de bois sont constitués de sablières hautes et basses, de poteaux, de décharges et de tournisses.
  • Le hourdage, qui forme les murs et qui a un rôle de remplissage et de raidisseur. Il est fait de briques (crues le plus souvent), de moellons ou de matériaux légers comme le torchis ou le plâtre.

Le terme de « colombage » utilisé couramment pour désigner un ensemble de « pans de bois » vient du mot colombe (n.f.), attesté en 1334 au sens de « jambage de porte », « poutre dans un mur » et poutre dans « solive de charpente », lequel est un doublet du terme « colonne » attesté sous la forme columbe en 1080 ; le /b/ épenthétique est lié à la difficulté de prononciation du groupe /mn/ du latin classique columna, colonne[1].

Cette technique, connue dans l’antiquité romaine sous le nom d'opus craticium, a été utilisée en France au moins dès le Haut Moyen Âge jusqu’au XIXe siècle. Cependant, dès le XVIIe siècle et durant tout le XIXe siècle, on plâtre les façades des maisons à pans de bois afin de leur donner un aspect plus luxueux et moderne. Mais de nombreuses maisons à colombage subsistent un peu partout en Europe et des plans de restauration sont mis en œuvre afin de conserver ce type d’habitat considéré comme un patrimoine architectural.

Les différentes techniques de construction à colombages[modifier | modifier le code]

Matériaux utilisés[modifier | modifier le code]

Exemple de mise en œuvre de torchis, écomusée d'Alsace.

Les murs de la maison reposent généralement sur des éléments de maçonneries (le solin) qui protègent le bois de l’humidité du sol. Parfois, tout le premier niveau est fait de pierres.

Le remplissage (hourdage) est généralement fait de torchis (argile, de la paille, du sable, et de la chaux), matière isolante et imperméable. La brique a aussi été utilisée, recouverte d’une couche de plâtre pour lisser le tout.

La technique des bois longs[modifier | modifier le code]

Bois courts et bois longs du XVIIe et XVIIIe siècles, sur une place de Rouen.

La technique des bois longs a été utilisée principalement au début du Moyen Âge. Pourtant relativement simple, elle a été assez rapidement abandonnée en raison de plusieurs facteurs. Les poteaux montent d’un seul trait, du bas de la maison vers le haut. Les pièces horizontales viennent alors s’assembler dans les pièces verticales.

Les raisons de son abandon sont multiples. Tout d’abord, beaucoup de ces maisons étaient construites à même le sol, sans isolation du bois qui pourrissait donc facilement. Les maisons en longs pans qui sont actuellement conservées ont été construites avec un mur de soubassement, prévenant ainsi le pourrissement des bois. De plus, à partir du XIIIe siècle, le bois long se raréfie, tout particulièrement en ville. Il était en outre bien difficile d’apporter de longs poteaux dans les ruelles étroites et sinueuses des villes médiévales. Cette technique a donc été abandonnée progressivement pour laisser place à la technique des bois courts. Elle a par ailleurs été interdite dans les voies publiques de certaines grandes villes, afin d’éviter la communication du feu d’un côté d’une rue à l’autre[2].

Cependant à certains endroits, on assiste à la réapparition de la technique du bois long dès le milieu du XVIIe siècle et plus généralement au XVIIIe siècle, favorisée en partie par la disparition des encorbellements, dans des villes comme Vernon ou encore davantage à Rouen.

La technique des bois courts[modifier | modifier le code]

La technique des bois courts a donc généralement pris le pas sur les bois longs. On n’utilise plus de longs pans mais des bois plus courts qui facilitent la construction, tout particulièrement en ville. Un poteau forme un niveau. Cette forme de construction va permettre le développement des maisons à encorbellement.

L’encorbellement[modifier | modifier le code]

Article détaillé : encorbellement.
Encorbellements primitifs à Rouen, rue du Petit-Mouton (XIVe siècle).
Les encorbellements assombrissent complètement la ruelle des Chats à Troyes.

Ce terme est dérivé de corbel, forme ancienne de corbeau. L’encorbellement a pu se développer grâce à la technique des bois courts. Ce système de construction permet de porter une charge en surplomb sur le nu d’un mur. Les maisons vont donc avoir un ou plusieurs étages, en saillie sur le rez-de-chaussée.

On en trouve dès le XIVe siècle. Au cours du temps, cette technique va se perfectionner, ce qui va permettre la multiplication des encorbellements. Certaines maisons pouvaient avoir deux, trois, voire exceptionnellement quatre étages en encorbellement.

L’encorbellement primitif était fort simple : le poteau du rez-de-chaussée portait le sommier et s’évasait vers le haut en portant le pigeard ; la première sablière du premier étage était directement posée dessus. Ce système va évoluer vers un assemblage plus compliqué : le sommier repose sur le pigeard. Il y a deux sablières, une inférieure, correspondant au mur du rez-de-chaussée et une supérieure, servant au mur du premier étage.[pas clair]

La construction en encorbellement avait plusieurs avantages : elle permettait de gagner un peu de place dans les étages, mais surtout elle évitait aux eaux de pluie de s’écouler sur la façade; ainsi, chaque étage en encorbellement protégeait l’étage inférieur.

Cependant, au fur et à mesure ce système a été interdit. À Rouen, par exemple, il fut interdit dès 1520, au prétexte de « faire circuler l’air pour lutter contre la peste », plus tard un arrêt du Parlement de Normandie le proscrit pour l'ensemble de la Province, mais les effets se feront attendre. À Paris, il fut interdit plus tardivement, en 1667. Il comportait en effet aussi de nombreux désagréments. Les rues médiévales, assez étroites, se trouvaient ainsi encore plus réduites, ce qui les assombrissait. D’autre part, ce système posait des problèmes de sécurité lors des incendies, assez courants dans les villes médiévales. Un autre facteur qui est à prendre en compte est celui de la nouvelle influence de l’architecture italienne.

L’essentage ou bardage[modifier | modifier le code]

Essentage décoratif dans les rues de Rouen.

L’essentage consiste à recouvrir les poutres, le plus souvent les pignons avec des « essentes », c'est-à-dire des bardeaux (petites planches de bois, tuiles de bois) ou des ardoises. C'est un terme dialectal de l'ouest, en français standard on parlera de « bardage » de bois ou d'ardoise.

Il assure une protection durable du bois situé du côté de la maison qui se trouve exposé aux intempéries.

Historique[modifier | modifier le code]

La maison antique[modifier | modifier le code]

Façade de la maison antique en opus graticium à Herculanum.

Les colombages en bois étaient un mode de construction courant dans les habitations romaines. Les charpentiers utilisent comme technique de construction l’opus craticium puis l’opus incertum.

La maison gothique[modifier | modifier le code]

Maison des 12 apôtres, Montluçon (Allier).

Le type de la maison dite gothique, car sa période de construction correspond à la fin du gothique, s’est développé après la guerre de Cent Ans et 1520. Le rez-de-chaussée comporte parfois une boutique. Elle était constituée d’un ouvroir qui donnait sur la rue, ouvert la journée, et que l’on fermait la nuit avec des volets de bois. Les étages étaient bien souvent en encorbellement. Cette période est d’ailleurs l’âge d’or de ce type de construction, qui connut parfois des abus. Le toit est à pignon sur rue, avec ferme débordante, portée par des pigearts. Il y a un système de surcroît afin de plus facilement utiliser le comble.

Les fenêtres de la maison gothique prennent de l’importance. En effet, elles sont souvent regroupées par plusieurs afin de donner davantage de clarté à l’intérieur; parfois même, elles se développent sur toute la largeur de la façade.

Le décor de la maison se fait à cette époque plus présent : tout élément en bois peut être sculpté. C’est ainsi que les sablières, pigearts, meneaux, traverses, encadrements des fenêtres et des portes sont sculptés.

Les maisons dites gothiques étaient peintes, parfois dans des tons assez vifs, mais le plus souvent avec du sang de bœuf. Cette peinture a disparu au cours du temps ou a tout simplement été ôtée plus tard ; de nos jours, lors de leur restauration, ces maisons sont repeintes.

La Renaissance[modifier | modifier le code]

Durant la Renaissance, on constate peu de modifications dans la technique de construction. Le principal fait réside en la disparition progressive des encorbellements, due aux interdictions. On utilise davantage la pierre ; certaines maisons à pans de bois ont les deux premiers niveaux construits dans ce matériau. La principale innovation est dans la décoration, qui a tendance à s’inspirer des décors italiens : on abandonne peu à peu le décor gothique pour des pilastres, chapiteaux, moulurations, volutes, corniches… Les parties les plus ornées sont les sablières, fenêtres et portes.

Les XVIIe et XVIIIe siècles[modifier | modifier le code]

Les maisons se font à cette époque plus sobres. On continue de construire dans le style des bois courts ; mais les fenêtres s’allongent et les façades sont en général plus sobres et s’adaptent aux lignes droites de l’ordonnance générale.

Exemples actuels[modifier | modifier le code]

France[modifier | modifier le code]

Beaucoup de villes françaises, ainsi que des villages et hameaux, comptent de beaux exemples de constructions à colombages :

La Normandie orientale est probablement avec l'Alsace, la région qui en compte le plus grand nombre, la Normandie occidentale n'en étant pas tout à fait exempte.

Traditionnellement, la maison rurale (de type modeste) de Normandie orientale jusqu'à la Dives est une maison à colombages, longue et dépourvue d'étage (« longère »). Son toit est recouvert de chaume avec un faîtage d'iris et le solin est constitué de silex et / ou parfois de pierre calcaire.

Chaumière normande du Lieuvin (Eure).

La maison citadine, quant à elle, est bien représentée dans une ville comme Rouen qui recèle des maisons de référence, dont les structures font essentiellement appel aux poteaux verticaux longs et rapprochés, technique des débuts du colombage.

Le pays d'Auge est réputé pour ses constructions à pans de bois. Des villes et villages comme Honfleur, Pont-l'Évêque ou Beuvron-en-Auge, des villas de style balnéaire comme la villa Strassburger à Deauville, des châteaux et des manoirs comme le château de Crevecœur-en-Auge ou le manoir de Coupesarte sont des éléments marquants de ce type d’architecture.

Pont-l'Évêque.

Le Vexin normand avec Lyons-la-Forêt ; le Roumois avec Le Bec-Hellouin ou Vieux-Port; le Lieuvin avec Pont-Audemer ou Bernay ; le Pays d'Ouche avec Conches, Broglie ou la Ferrière-sur-Risle ; le Pays de Caux avec Varengeville-sur-Mer, avec des villages de vallées comme celle de la Scie ; etc. abritent aussi de beaux exemples de demeures à colombages.

Plus à l'ouest, la Bretagne compte également un grand nombre de centres-villes qui ont conservé leur architecture médiévale. En Haute-Bretagne, il y a Dinan, Vitré, Rennes et ses deux quartiers en colombages, quartier Saint-Georges et quartier Saint-Michel, Châteaugiron, Fougères, etc. Seul le département de la Loire-Atlantique, situé dans la Bretagne historique, compte un nombre limité de bâtisses à pans de bois, sa préfecture Nantes par exemple, n'en compte qu'une dizaine.

En Basse-Bretagne, il y a Vannes, Pontivy, Tréguier, Quimper, Morlaix, etc.

Les maisons à pans de bois de Morlaix dite « maisons à lanterne » ont une particularité qui les rend uniques : elles s'organisent autour d'un hall (ou « patio couvert ») qui s'élève sur trois à quatre niveaux et qui est doté d'une gigantesque cheminée dont le conduit va jusqu'à la charpente, ainsi d'un escalier à vis doté d'une passerelle dont les montants sont sculptés (d'où le nom de pondalez ou pont-galerie en breton donné aussi à ces bâtisses). Deux de ces escaliers sont exposés au Saint-Louis Art Museum (Missouri, États-Unis) et au Victoria and Albert Museum de Londres.

Angers, Maison d'Adam.

L'Anjou et la Touraine conservent de beaux exemples également, comme la Maison d'Adam à Angers ou à Tours, avec la Place Plumereau, qui constituent des références en la matière.

Le centre de la France compte aussi de nombreuses bâtisses à colombage, dans une ville comme Bourges par exemple, qui en possède près de 450.

Le Sud-Ouest et le Massif central abritent par endroit ce type architectural : Limoges, et plus précisément le quartier des bouchers (rue de la Boucherie) ou celui de la Cité. On compte aussi de beaux exemples en Dordogne et dans le Gers. On en trouve aussi en Auvergne, comme à Thiers, Montferrand, Châteldon ou encore Billom ou en Lozère comme à La Canourgue. Au Pays basque apparaît une architecture particulière à pan de bois dont l'aire se prolonge au nord dans les Landes de Gascogne comme à Casteljaloux, et au sud jusqu'aux abords de la Vieille Castille. Ce type est ou a été largement présent en Gascogne, jusqu'en Lomagne, en vallée moyenne de Garonne, en basse vallée du Lot, en Entre-deux-Mers, et au-delà vers la Saintonge[3]... La cité épiscopale d'Albi et les nombreuses bastides du sud-ouest, conservent de nombreux bâtiments à colombage, remplis de terre crue, de briques de terre cuite, de torchis ou de petit appareillage de pierre.

Hôtel du Pirou (Thiers, P-de-D).

Dans la Bresse du XVe siècle, ont été créées des maisons en pans de bois démontables et transportables, sans fondations, reposant sur un socle en bois appelé cheule. Les pans de bois reposant sur le cheule étaient chevillés. Après les pans de bois, on posait directement la toiture et ce n’est qu’ensuite que les interstices muraux étaient hourdis avec des briques ou du torchis. On trouve des exemples de torchis pauvre en chaux formée de terre grasse et de branches d’aulne rouge ou noir dans cette région.

En Champagne-Ardenne subsistent de nombreuses maisons à colombage, en particulier l'exceptionnel ensemble du centre de Troyes ; de nombreuses églises à pans de bois dans les départements de la Marne : Outines du XVIe siècle, Châtillon-sur-Broué, Drosnay du XVIIe siècle, Givry-en-Argonne et dans l'Aube : la plus récente Troyes en 1830[réf. nécessaire], Mathaux, Chauffour-lès-Bailly, Bailly-le-Franc, Lentilles, Mathaux Soulaines-Dhuys[4].

Drosnay, Marne, l'église XVIIe siècle.

Le Porcien, canton des Ardennes compte aussi nombre de bâtiments à pans de bois et torchis : maisons et granges, mais aussi une église à Montmeillant, ainsi que des halles à Wasigny, Saint-Jean-aux-Bois ou encore Chesnois-Auboncourt.

En Lorraine, trois zones géographiques comportent de nombreuses maisons à pans de bois et de constructions très différentes :

  • Le département de la Meuse, présente à lui seul deux zones très distinctes[5] :
    • Dans le Barrois, au Sud du département, notamment à Bar-le-Duc, sont édifiées de belles maisons au rez-de-chaussée de pierre blonde surmontées d'étages en encorbellement.
    • Plus au Nord, l'Argonne propose autour de Beaulieu-en-Argonne des fermes à l'architecture unique et plus récente (XIX°) de fermes parées de bois.
  • L'Est de la Moselle, du Pays des étangs jusqu'au Vosges du Nord, présente de belles architectures à pans de bois de style germanique telles que visibles sur le versant alsacien[6].

La Bourgogne est aussi marquée par la construction de très nombreuses maisons en pans de bois comme à Dijon ou à Auxerre[7]?

Place de la cathédrale, Colmar.

En Alsace, la technique du pan de bois fait largement appel à la triangulation pour permettre une répartition des charges. L'influence des techniques observable dans le Bade-Wurtemberg voisin est bien visible. Les structures sont plus complexes et plus évoluées, les reports de masses pour dégager des ouvertures larges et le blocage des pivotements à l'aide de renforts obliques sont très utilisés. Certaines poutres apportent des éléments décoratifs représentant des losanges, barrés ou non de croix de saint Antoine, des chaises curules ou, notamment dans la région du Kochersberg, une figure stylisée d'homme "Mànn", bras et jambes écartées… Les bois apparents sont souvent sculptés et les renforts taillés en doucine.

L’Alsace compte encore un grand nombre d’exemples de structures à colombages, avec des villages entiers ayant conservé leurs maisons d’époque, notamment au sud, le Sundgau, au Nord en Outre-Forêt (Seebach, Hunspach, Hoffen, Betschdorf…) et dans les vignobles, Ribeauvillé, Kaysersberg, Riquewihr, Obernai. Il est intéressant d'observer l'évolution homogène de l'architecture du nord au sud de cette région. L'Écomusée d'Alsace à Ungersheim (Haut-Rhin) présente une trentaine de maisons des diverses sous-régions alsaciennes.

À Strasbourg, le quartier de la Petite France, la maison Kammerzell, le restaurant Buerehiesel au Parc de l'Orangerie, les quartiers du Vieux-Colmar Maison Pfister, le Koïfhüs sont également remarquables par leur architecture avancée.

Allemagne[modifier | modifier le code]

Malgré les nombreuses destructions durant la Seconde Guerre mondiale, plus d'un million de maisons à colombages subsistent en Allemagne. Les constructions de ce type imprègnent toujours de nombreux centres historiques de villes et de villages. Seules les régions situées au sud de la Bavière sont exemptes de ce type de construction. Il en va de même dans la plus grande partie de l'Autriche.

Les différences régionales de style sont très importantes, mais certaines caractéristiques se rencontrent dans des zones très vastes. Ainsi on retrouve, par exemple, des aspects typiques des colombages de Franconie jusqu'en Alsace. Les colombages de Basse-Saxe, par exemple à Hildesheim, sont caractérisés par de nombreux et riches motifs ornementaux que l'on retrouve plus rarement en Allemagne centrale ou méridionale. En Allemagne, plusieurs maisons à colombages furent reconstruites après la guerre, par exemple le Pain de Sucre renversé de Hildesheim.

Aux XVIIIe et XIXe siècles, les murs de colombages furent souvent habillés avec du bois ou de l'ardoise, ce qui rend souvent difficile l'identification de ce type de construction.

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Brésil[modifier | modifier le code]

Suite à l'immigration allemande on trouve également des maisons à colombages au Brésil.

Pays basque[modifier | modifier le code]

La plupart des bâtiments basques traditionnels à colombages sont des maisons de ferme isolées (en basque baserriak). Leurs étages supérieurs ont été construits avec des pans de bois courts, appelés bois courts. Cette technique permet la construction d'étages en encorbellements. Dans les fermes les plus anciennes et, s'il existe, au troisième étage, les murs étaient parfois recouverts avec des bardeaux verticaux. De grands trous ont été laissés dans le pignon de la façade principale, assurant ainsi la ventilation. Les poutres sont peintes, de préférence en rouge foncé. L´hourdage est comblé par du torchis sur lattis ou des gravats mis dans un mortier d'argile, puis blanchi à l'enduit de chaux, ou appareillés avec des briques. Bien que l'ensemble de l´ossature portante soit en bois, le boisage est seulement visible sur la façade principale, qui est généralement orientée vers le sud-est.

Malgré l'idée qu'on se fait de la fermette basque typique comme étant un bâtiment à colombage, celle-ci comporte pourtant des murs extérieurs et des murs portants en maçonnerie (cailloux, briques ou, idéalement, pierres de taille) et cela, toujours quand les moyens financiers le permettaient. Le colombage était souvent perçu comme un signe de pauvreté, même si ce n'était pas toujours le cas. Le bois de chêne étaient en général moins cher que la maçonnerie. Quand le budget nécessaire à la construction était limité, c'étaient surtout les murs des étages supérieurs qui étaient construits, dans la plupart des cas, en pans de bois. Les baserriak encore existants avec les façades de l´étage supérieur à colombages ont été bâtis entre le XVe et le XIXe siècle et se retrouvent dans toutes les régions basques au climat océanique, à l'exception de la Soule, bien qu'elles soient surtout concentrées dans le Labourd.

Certaines maisons-tour médiévales basques (dorretxeak) comportaient un étage supérieur à colombage en encorbellement.

Dans une moindre mesure, des maisons à colombages se trouvent également dans les villages et villes en tant que maisons mitoyennes en rangée, telle que le montre la photo du village d’Ustaritz.

On constate un renouveau de cette technique du colombage pour construire des maisons de style néobasque qui rappellent les anciennes fermes, mais qui respectent plus ou moins les principes de la construction traditionnelle basque.

Danemark[modifier | modifier le code]

De nombreuses maisons à colombages sont visibles aussi bien dans les villes que dans la campagne danoise. L'habitat rural traditionnel évoque celui de Normandie orientale de par la longueur, la faible largeur et le toit de chaume de ses maisons. Cependant, la technique du colombage y est de nature différente et basée sur des bois courts.

États-Unis et Australie[modifier | modifier le code]

Les constructions à colombages ont été introduites par les immigrants européens au XVIIe siècle en Amérique du Nord et au XIXe siècle en Australie. Aux États-Unis l'influence britannique était dominante, mais on y retrouve également des caractéristiques des colombages des Pays-Bas, d'Allemagne du nord et de France. Il reste par exemple une maison à colombage à La Nouvelle-Orléans, ville qui abritait majoritairement des maisons à pans de bois construites par les Français avant le grand incendie du XVIIIe siècle. La ville a été rebâtie différemment pendant la domination espagnole au siècle suivant.

Flandre et Pays-Bas[modifier | modifier le code]

L'ossature bois, autrefois de règle dans toute l'aire de culture néerlandaise, a été très tôt remplacée par la construction 100 % briques. D'abord utilisée comme matériau de remplissage, la brique a commencé à se généraliser dès la fin du Moyen Âge. Le phénomène s'est étendu à tout le nord de la France, où le pan de bois ne s'observe qu'exceptionnellement, à l'est de l'Angleterre, ainsi que dans le nord de l'Allemagne. D'une manière générale, la construction en briques caractéristique de l'Europe du Nord-ouest est issue de l'architecture à pan de bois.

Pologne[modifier | modifier le code]

On rencontre des maisons à colombages au nord de la Pologne, dans les anciennes régions prussiennes. En polonais le colombage est désigné par « mur prussien » et est considéré comme typiquement allemand. C'est pour cette raison qu'après la Seconde Guerre mondiale beaucoup de ces maisons ont été recouvertes de crépi afin de masquer le colombage.

République tchèque[modifier | modifier le code]

On retrouve de nombreuses maisons à colombages dans certaines parties de la République tchèque, en particulier dans les districts autrefois germanophones de Bohême. Ces bâtiments présentent des similitudes avec les constructions des régions voisines allemandes. Les plus connues sont les maisons de la région de l'Egerland.

Royaume-Uni[modifier | modifier le code]

L'architecture médiévale anglaise avait vu la construction de nombreuses maisons à colombages qui ressemblaient souvent aux constructions françaises.

De nombreuses villes et régions anglaises comptent encore de belles constructions à colombages, tel York, East Anglia, Warwickshire, Worcestershire, Herefordshire, Shropshire ou Cheshire. Dans ce dernier comté, le manoir Little Moreton Hall est un des plus beaux exemples de maison à colombages anglais.

Suède[modifier | modifier le code]

Les constructions à colombages ne se rencontrent que dans l'extrême sud de la Suède, dans les provinces anciennement danoises de Scanie (en particulier à Ystad et Lund) et de Halland. Style et solutions techniques reproduisent les modèles danois.

Turquie[modifier | modifier le code]

Quelques maisons a colombages subsistent en Turquie, notamment dans les vieux quartiers d'Istanbul, à Safranbolu et à Ankara.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Alain Rey, Dictionnaire historique de la langue française, Éditions Le Robert (ISBN 2850365327)
  2. Eugène Viollet-le-Duc, Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle.
  3. Pierre Deffontaines, "La moyenne Garonne - Agenais Bas-Quercy" (p.32-33 de la réimpression de l’édition de 1932 par Librairie Quesseveur, Agen, 2000).
  4. « Les étonnantes églises en pans de bois », sur Tourisme du Département de l'Aube (consulté le 29 septembre 2010)
  5. http://www.culture.gouv.fr/culture/sites-sdaps/sdap55/maison.html
  6. http://www.maisons-paysannes.org/delegations/un-chantier-en-moselle-la-maison-d-emilie.html Maisons à pans de bois de la Moselle sur MFP57
  7. Bulletin du Centre d'études médiévales d'Auxerre lire

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Cdt Raymond Quenedey, L’Habitation rouennaise : étude d’histoire, de géographie et d’archéologie urbaines, Paris, 1926
  • Maurice Ruch, La Maison alsacienne à colombage, éditions Berger-Levrault, Paris, 1977, Préface de P. Pflimlin
  • Maurice Ruch, La Maison traditionnelle d’Alsace, éditions J.P. Gyss, Barembach, 1986
  • Daniel Leloup, La maison urbaine en Trégor aux XVe et XVIe siècles, Presses universitaires de Rennes, 1996
  • Daniel Leloup, Maisons en pan-de-bois de Bretagne, éditions Ouest-France, 2002
  • Daniel Leloup, Maisons à colombages de France, éditions Le Chasse-marée, 2007
  • Erwann Le Franc, La maison urbaine en Bretagne méridionale,-1ère partie : le XVIIe siècle, Bulletin et Mémoires de la Société Polymathique du Morbihan, tome CXXXIII, 2007, p. 333-368
  • L'architecture en pan de bois : datations, techniques constructives et exemples de restauration des maisons en pan de bois, journées d'échanges autour de l'architecture en pan de bois, recueil des interventions, lundi 14 mai et mardi 15 mai 2012 au Palais des arts et des congrès, Vannes, éditions Ville de Vannes, 2011

Liens externes[modifier | modifier le code]