Yadh Ben Achour

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Yadh Ben Achour
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Portrait de Yadh Ben Achour.

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Yadh Ben Achour (arabe : عياض بن عاشور), né le 1er juin 1945, est un juriste et universitaire tunisien, spécialiste des théories politiques islamiques et de droit public.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il naît dans une famille de lettrés, de magistrats et de hauts fonctionnaires de la haute bourgeoisie tunisoise. Fils de Mohamed Fadhel Ben Achour, il a été doyen de la faculté des sciences juridiques de Tunis, membre du conseil d'administration de l’université Senghor d'Alexandrie et membre du Conseil économique et social. Démissionnaire du Conseil constitutionnel en 1992, il a été un opposant au régime du président Zine el-Abidine Ben Ali[1],[2]. Considéré comme l'un de ses opposants, il critique également la révision constitutionnelle de 2002 permettant à Ben Ali de se représenter[2].

Vice-président de l’Association tunisienne du droit administratif en 1982 puis rédacteur en chef de la Revue tunisienne de droit entre 1980 et 1987, il est membre du bureau exécutif de l’Association internationale de philosophie du droit et membre de l’Institut de droit international. Il occupe aussi le poste du conseiller juridique de la mission des Nations unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental et de juge au tribunal administratif de la Banque africaine de développement. Il enseigne également à l'Institut de recherches et d’études sur le monde arabe et musulman.

Lors de la révolution tunisienne de 2011, il est nommé à la tête d'une commission de réforme des textes et des institutions, chargée de débarrasser le droit tunisien des dispositions du régime déchu de Ben Ali[3]. Cette commission fusionne ensuite avec les révolutionnaires et représentants de partis et d'associations réunis au sein du Conseil pour la protection de la révolution pour devenir la Haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution, de la réforme politique et de la transition démocratique[2]. À sa tête, il met en place les institutions chargées de veiller sur la transition démocratique en Tunisie[2].

Il est élu membre du Comité des droits de l'homme des Nations unies le 7 mai 2012 en remplacement d'Abdelfattah Amor mort le 2 janvier[4]. En novembre 2017, il s'y déclare favorable à l'élimination prénatale des fœtus handicapés[5].

Il est également membre fondateur de l'Académie internationale de droit constitutionnel et membre de l'Académie tunisienne des sciences, des lettres et des arts.

Il est le premier titulaire de la chaire Averroès dédiée à l’islam méditerranéen et contemporain, créée au sein de l’Institut méditerranéen de recherches avancées de l’université d'Aix-Marseille[6].

Distinctions et récompenses[modifier | modifier le code]

Professeur émérite à l'université de Tunis, il est nommé chevalier de l'Ordre de la République tunisienne en septembre 1981[7], officier de l’Ordre de la République tunisienne en juillet 1990 puis chevalier de l'Ordre tunisien du mérite éducatif en juillet 1991. Le 6 novembre 2004, il est nommé docteur honoris causa à l’université Laurentienne de Sudbury (Canada)[8], dont il est professeur associé. Le 23 novembre 2011, il est décoré des insignes de commandeur de l’Ordre tunisien de la République[9],[10]. En 2012, il reçoit le Prix international de la démocratie (de) remis à Bonn[11]. En 2017, il est le lauréat du Prix Tahar-Haddad pour la promotion des études et des recherches en sciences humaines et sociales[12] et docteur honoris causa de l'université de Genève[13] et à l'université d'Aix-Marseille[14].

Principales publications[modifier | modifier le code]

  • L’État nouveau et la philosophie politique et juridique occidentale, éd. Bibliothèque de droit et de sciences politiques et économiques, Tunis, 1980
  • Politique, religion et droit dans le monde arabe, éd. Cérès, Tunis, 1992[15]
  • Normes, foi et loi en particulier dans l'islam, éd. Cérès, Tunis, 1993
  • Contentieux administratif, éd. Cérès, Tunis, 1995
  • (ar) Conscience et droit : l’esprit civique et les droits modernes, éd. Centre culturel arabe, Beyrouth/Casablanca, 1998
  • Le rôle des civilisations dans le système international : droit et relations internationales, éd. Bruylant, Bruxelles, 2003
  • Introduction générale au droit, éd. Centre de publication universitaire, Tunis, 2005
  • La Cour européenne des droits de l'homme et la liberté de religion, éd. Pedone, Paris, 2005
  • « Les droits de l'homme et leur contraire », Aspects (hors-série), éd. Archives contemporaines, 2008, pp. 113-124 (extraits en ligne)
  • Aux fondements de l'orthodoxie sunnite, éd. Presses universitaires de France, coll. « Proche Orient », Paris, 2008, rééd. Cérès, Tunis, 2008[16]
  • Droit administratif, éd. Centre de publication universitaire, Tunis, 2010
  • (it) La tentazione democratica. Politica, religione e diritto nel mondo arabo, éd. Ombre Corte, Vérone, 2010
  • La deuxième Fâtiha. L'islam et la pensée des droits de l'homme, éd. Presses universitaires de France, coll. « Proche Orient », Paris, 2011, rééd. Cérès, Tunis, 2011[17]
  • Tunisie : une révolution en pays d’islam, éd. Cérès, Tunis, 2016[18]
  • Quel islam pour l'Europe ? (avec François Dermange), éd. Labor et Fides, Genève, 2017

Références[modifier | modifier le code]

  1. Isabelle Mandraud, « En Tunisie, le nouvel exécutif prépare les élections », Le Monde,‎ (ISSN 0395-2037, lire en ligne)
  2. a, b, c et d Isabelle Mandraud, « La Tunisie va connaître de vraies élections libres », Le Monde,‎ , p. 6 (ISSN 0395-2037, lire en ligne)
  3. « Un gouvernement d'union nationale est en place en Tunisie », Le Devoir,‎ (ISSN 0319-0722, lire en ligne)
  4. « Tunisie - Iyadh Ben Achour élu au comité des droits de l'Homme des Nations Unies », sur businessnews.com.tn, (consulté le 7 mai 2012)
  5. « ONU : le "droit à la vie" sur la sellette », sur genethique.org, (consulté le 7 novembre 2017)
  6. Interview de Yadh Ben Achour par Marie Verdier, « L’islamisme va montrer ses limites avec le temps », sur la-croix.com, (consulté le 18 novembre 2017)
  7. « Décrets et arrêtés », Journal officiel de la République tunisienne, no 58,‎ 18-22 septembre 1981, p. 2161 (ISSN 0330-7921, lire en ligne [PDF])
  8. « Lauréats et lauréats de titres honorifiques de l’université Laurentienne (ordre chronologique) », sur laurentienne.ca (consulté le 14 décembre 2015)
  9. « Des personnalités décorées par le président de la République par intérim », sur leaders.com.tn, (consulté le 23 décembre 2015)
  10. « Décret », Journal officiel de la République tunisienne, no 92,‎ , p. 2745 (ISSN 0330-7921, lire en ligne [PDF])
  11. « Yadh Ben Achour, lauréat du Prix de la Démocratie 2012 », sur businessnews.com.tn, (consulté le 18 décembre 2015)
  12. « Foire Internationale du Livre de Tunis 2017 : rencontre-débat avec les lauréats des prix de la création littéraire », sur tap.info.tn, (consulté le 27 mars 2017)
  13. « Le Pr Yadh Ben Achour fait docteur honoris causa par l’université de Genève », sur leaders.com.tn, (consulté le 12 juin 2017)
  14. « Après Genève, Aix-Marseille Université nomme le Pr Yadh Ben Achour docteur honoris causa », sur leaders.com.tn, (consulté le 3 juillet 2017)
  15. Hédi Dhoukar, « Yadh Ben Achour : Politique, religion et droit dans le monde arabe (collection Enjeux), 1993 », Hommes et migrations, vol. 1169, no 1,‎ , p. 57-59 (lire en ligne)
  16. Benoît Bourgine, « Yadh Ben Achour, Aux fondements de l'orthodoxie sunnite (coll. Proche Orient), 2008 », Revue théologique de Louvain, vol. 41, no 4,‎ , p. 604 (lire en ligne)
  17. Catherine Le Thomas, « Yadh Ben Achour, La deuxième Fâtiha ; l'islam et la pensée des droits de l'homme », sur assr.revues.org, octobre-décembre 2011 (consulté le 10 mars 2017)
  18. Frida Dahmani, « Littérature : Tunisie, une révolution en pays d’islam, de Yadh Ben Achour », sur jeuneafrique.com, (consulté le 30 décembre 2016)

Liens externes[modifier | modifier le code]