Crucifiement

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 Cet article traite du supplice du crucifiement en général. Pour le crucifiement de Jésus de Nazareth, voir Crucifixion.
Antonello da Messina, La Crucifixion, 1475.

Le crucifiement est une des anciennes méthodes d'exécution consistant à placer le supplicié sur une croix, un support en forme de T ou un arbre et à l'attacher par divers moyens (clous, cordes, chaînes, etc.). Il existe plusieurs variantes du supplice que l'on retrouve à différentes périodes et dans différentes civilisations.

Histoire[modifier | modifier le code]

Dans la mythologie grecque, le supplice de Sétée rappelle le crucifiement de la captive troyenne par les Grecs à leur retour de la guerre de Troie dont la date est estimée au XIVe ou XIIIe siècle av. J.-C.[1]. Les historiens font remonter cette pratique aux Perses, s'appuyant sur Hérodote qui rapporte dans ses Historíai[2] que Darius Ier fait crucifier 3 000 Babyloniens. Des récits bibliques[3] suggèrent que le supplice est peut-être plus ancien, vers le VIIe siècle av. J.-C.[4] Le crucifiement est ensuite appliqué en Inde puis s'étend tout autour du bassin méditerranéen chez les peuples barbares[5], Phéniciens, Scythes, Celtes, Bretons. Il est plus tard appliqué par les Grecs, notamment par Alexandre le Grand, et les Carthaginois, notamment dans la répression de la guerre des Mercenaires. Les sources textuelles grecques et latines (Hérodote, Thucydide, Tacite) mentionnent que ces peuples utilisent plusieurs techniques (supplicié pendu ou cloué à un poteau, un arbre, une croix de forme variée) mais ces sources doivent être maniées avec précaution car la terminologie employée est insuffisante pour déterminer la différence entre un crucifiement et d'autres formes de suspension[6].

Le crucifiement est peut-être dérivé de l'empalement des Assyriens, ces deux supplices étant faciles à mettre en œuvre, ne nécessitant que peu de préparation et ayant un aspect dissuasif sur les témoins de la scène. Il est originellement associé à des sacrifices humains religieux et à une méthode d'exécution[7].

Chez les Romains, cette peine est infamante et réservée, en général, à ceux qui ne sont pas citoyens romains. Pratiquée surtout entre les Ier siècle av. J.-C. et Ier siècle, elle est attestée à partir de 217 av. J.-C. pour des esclaves (servile supplicium)[8] et sera appliquée ensuite aux brigands et aux pirates, parfois aux prisonniers de guerre et aux condamnés pour motifs politiques, et exceptionnellement à des nobles, parfois même des citoyens romains lorsque la gravité de leur crime les faisaient considérer comme déchus de leurs droits civiques[9]. Les Romains codifient ce supplice et rendent la hauteur du support proportionnelle à la gravité de la faute, augmentant ainsi la visibilité du crucifié[10]. Appien mentionne qu'après la défaite de Spartacus en 71 av. J.-C., six mille de ses partisans furent crucifiés le long de la Via Appia, de Rome jusqu'à Capoue[11]. Les Romains connaissaient aussi le crucifiement privé, supplice infligé par un maître à son esclave[12].

L'Ancien Testament précise que la peine capitale appliquée chez les Juifs est la lapidation, le crucifiement n'étant donc pas une peine prévue par la loi juive. Des ennemis des Juifs sont cependant crucifiés sous Alexandre Jannée[13] et sur ordre du légat romain Varus[14]. Selon le Nouveau Testament, Jésus de Nazareth est condamné à mort par le préfet romain Ponce Pilate et exécuté par crucifiement ; on parle dans ce cas de sa crucifixion. Le culte de la croix répandu par Hélène explique une désaffection de ce supplice, puis son interdiction par Constantin et son remplacement par l'exécution sub furca[15] : le condamné est attaché à un poteau en forme de Y majuscule puis fouetté jusqu'à ce que mort s'ensuive. Thème infamant dans la culture chrétienne aussi bien que dans le paganisme gréco-romain (pour qui la beauté corporelle constitue par excellence l'attribut du Divin), la représentation du Christ en croix est rare dans l'art paléochrétien[16].

Déroulement de l'exécution chez les Romains[modifier | modifier le code]

Gravure de la fin du XVIe siècle représentant une mise en croix.

Chez les Romains, chez qui ce châtiment était un supplice infamant et servile[17], le condamné était attaché et/ou cloué bras écartés avec des cordages (effet de garrot) sur une poutre (patibulum[18]) sur laquelle était attachée le motif de sa condamnation (titulus). Le patibulum, doté d'une mortaise, était fixé, soit au sommet (crux commissa en forme de T), soit en dessous (crux immissa) d'un pieu (stipes) qui était ensuite fiché en terre — la croix de Jésus était vraisemblablement une crux immissa puisque, selon les Évangiles, un écriteau était fixé au sommet, et relativement haute puisqu'un soldat lui donne à boire avec une éponge imprégnée d'eau vinaigrée (boisson distribuée aux légionnaires) au bout d'une branche d'hysope. Les pieds, encloués ou attachés, reposaient parfois sur une console en bois fixée sur le montant vertical. Le condamné pouvait aussi être cloué à un arbre.

La peine était parfois précédée de supplices préliminaires (flagellation), censés « préparer » le condamné au crucifiement, sans l'achever prématurément[19]. Le supplicié devait ensuite porter sa croix[20] (ou selon les sources, uniquement le patibulum) jusqu'au lieu de l'exécution, toujours hors de la ville, généralement sur un promontoire ou une croisée des chemins[21],[22] afin de mettre son supplice bien en évidence aux yeux des passants.

Des travaux récents montrent que les pieds étaient cloués soit au niveau du calcanéus (cas du squelette d'un crucifié, Jehohanan (en), retrouvé dans la banlieue de Jérusalem en 1968), soit dans l'espace de Mérat (entre le 3e cunéiforme, le 2e cunéiforme et l'os naviculaire)[23].

Aspects cliniques[modifier | modifier le code]

Des expériences pseudo-médicales pratiquées par les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale montrent que la mort survient par asphyxie après une durée variable allant d'une dizaine de minutes à une heure suivant que les pieds du condamné sont lestés ou libres[23]. En effet, le crucifié a le souffle coupé à cause de la traction exercée par son seul poids sur son diaphragme, et il est donc obligé d'utiliser les muscles des épaules, pectoraux et intercostaux pour relever son corps et s'aider à respirer. Il peut s'appuyer sur ses pieds quand ceux-ci reposent sur une console, mais le corps retombe quand les muscles des jambes se fatiguent à leur tour. Naturellement, le condamné finit par souffrir de crampes, causant une alternance entre blocage et détente respiratoire, ce qui provoque finalement une mort lente par asphyxie. Pour accélérer la mort, les membres du condamné peuvent être brisés à la barre de fer (crurifragium). Le condamné ne peut plus alors se redresser et s'épuise plus rapidement[23]. Des expériences plus récentes ont conclu dans le même sens.

Une dizaine d'hypothèses tentant d'expliquer les circonstances de la mort sur la croix par l'intermédiaire de connaissances médicales ont été proposées au cours des XIXe et XXe siècles par un éventail de personnes, dont des médecins, des historiens, et même des mystiques[24].

En 2006, le médecin généraliste John Scotson a examiné plus de 40 publications sur la cause de la mort des crucifiés et les théories allaient de la rupture cardiaque à l'embolie pulmonaire[25].

Dès 1847, en s'appuyant sur Jean 19:34, le médecin William Stroud a proposé la théorie de rupture du cœur comme cause de la mort du crucifié et cette théorie influença par la suite un certain nombre d'autres experts[26],[27].

La théorie de l'asphyxie a fait l'objet de plusieurs expériences qui simulent la crucifixion chez des volontaires sains et de nombreux médecins conviennent que la crucifixion provoque une perturbation profonde de la capacité de la victime à respirer. Un des symptômes de l'asphyxie exhaustive est que la victime crucifiée trouve progressivement de plus en plus difficile d'obtenir assez de souffle pour parler[28]. Les expériences du chirurgien Pierre Barbet suggèrent que le crucifié devait utiliser ses pieds percés pour lever son corps afin de décontracter ses muscles thoraciques inspiratoires et expiratoires[29]. En effet, le poids du corps reposait exclusivement sur les jambes. Il arrivait parfois que les jambes des condamnés soient brisées afin d'accélérer l'étouffement. Le supplicié mourait ainsi d'asphyxie après une période d'auto-torture importante passée à tenter desserrer le blocage mécanique de la cage thoracique en se soulevant sur ses pieds[30].

La théorie de la cadence cardio-vasculaire est une explication moderne répandue qui suggère que le crucifié meurt d'un choc profond. Selon cette théorie, la flagellation, les coups, et la fixation du condamné à la croix le laissent déshydraté, faible et gravement malade. Aussi, le crucifié était exposé à un jeu complexe de blessures physiologiques simultanées : la déshydratation, les traumatismes massifs et le déchirement des tissus souples (en particulier à la suite de la flagellation), la respiration insuffisante, et l'effort physique intense, auraient provoqué en lui une carence cardio-vasculaire[31],[32].

Crucifiement au Japon[modifier | modifier le code]

Le crucifiement (haritsuke)[33] a été pratiqué au Japon parmi d'autres supplices durant l'époque Sengoku[34]. On a souvent évoqué une influence consécutive à l'arrivée de Chrétiens mais cette pratique de supplicier des gens sur des cadres — plus exactement que des croix — remonte au XIIe siècle, même s'il semble que la symbolique chrétienne ait été assimilée lorsqu’il s'est agit de supplicier des Chrétiens au XVIe siècle[35]. Le supplicié était ligoté à deux barres horizontales sur une poutre verticale et, une fois la croix érigée, transpercé de traits de part et d'autre. Le corps était laissé durant trois jours. Au XVIe siècle, à l'époque de Toyotomi Hideyoshi, le crucifiement tête en bas était courant. Il a existé une variante pour les Chrétiens crucifiés  : en bord de mer à marée basse pour que la marée montante les submerge jusqu’à la tête, pour un supplice (appelé mizuharitsuke) qui pouvait durer plusieurs jours[33]. Le crucifiement était encore pratiqué au Japon dans la deuxième partie du XIXe siècle[36].

Récit dans le Coran[modifier | modifier le code]

Le Coran mentionne plusieurs fois le crucifiement . Dans la Sourate Al-A'raf (Coran 7:124), Fir'awn (Pharaon en arabe) dit qu'il va crucifier ses propres sorciers pour avoir accepté la religion de Moïse[37].

« Et les magiciens se jetèrent prosternés. Ils dirent : « Nous croyons au Seigneur de l’Univers, au Seigneur de Moïse et d’Aron. ». « Y avez-vous cru avant que je ne vous (le) permette ? dit Pharaon. C’est bien un stratagème que vous avez manigancé dans la ville, afin d’en faire partir ses habitants. Vous saurez bientòt... Je vais vous couper la main et la jambe opposées, et puis, je vous crucifierai tous. ». Ils dirent : « En vérité, c’est vers notre Seigneur que nous retournerons. » »

— Coran 7:124

De même, dans la sourate Youssouf (Joseph dans l'islam), Joseph prédit à un de ses compagnons de cellule après avoir interprété son rêve qu'il sera crucifié par le Pharaon[38]:

« ô mes deux compagnons de prison ! L’un de vous donnera du vin à boire à son maître ; quant à l’autre, il sera crucifié, et les oiseaux mangeront de sa tête. L’affaire sur laquelle vous me consultez est déjà décidée. »

— Coran 12:41

Le crucifiement dans la jurisprudence islamique[modifier | modifier le code]

Dans la sourate Al-Ma'ida (La table servie), le crucifiement est décrit comme forme de punition. Dans la jurisprudence islamique (fiqh), il existe quatre punitions différentes en cas de crimes graves.

« La récompense de ceux qui font la guerre contre Dieu et Son messager, et qui s’efforcent de semer la corruption sur la terre, c’est qu’ils soient tués, ou crucifiés, ou que soient coupées leur main et leur jambe opposées, ou qu’ils soient expulsés du pays. Ce sera pour eux l’ignominie ici-bas ; et dans l’au-delà, il y aura pour eux un énorme châtiment. »

— Coran 5:33

Théâtralisation aux Philippines[modifier | modifier le code]

Crucifixion par dévotion à San Fernando, Pampanga, Philippines, Pâques 2006.

Chaque année aux Philippines, des Chrétiens se font volontairement fouetter et crucifier (parfois même avec des clous) afin d'endurer les mêmes souffrances que le Christ[39]. Ils ne restent pas longtemps ligotés à la croix. Quelquefois ils se font percer les membres. C'est par le ligotage qu'ils tiennent suspendus à la croix. Cette pratique n'est pas approuvée par l'Église catholique et n'est pratiquée que par un groupuscule de sectes présentes dans le pays.

Représentation dans l'art[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) David W. Chapman, Ancient Jewish and Christian perceptions of crucifixion, Tübingen, Germany, Mohr Siebeck, (ISBN 978-3161495793, présentation en ligne).
  • Philippe Charlier, Male mort. Morts violentes dans l'Antiquite, Paris, Fayard, (ISBN 9782213635644), p. 143-161.
  • Martin Hengel, La Crucifixion dans l'Antiquité et la folie du message de la croix, éd. Cerf, coll. « Lectio Divina » no 105, 1981.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Lycophron, Alexandra, [lire en ligne] [(grc) lire en ligne], 1075-1082.
  2. Hérodote, Histoires I, 128 ; III, 125 ; III, 132.
  3. Dt 21,22 et Js 8,29 dans la Bible Segond.
  4. (en) David W. Chapman, Ancient Jewish and Christian Perceptions of Crucifixion, Mohr Siebeck, , p. 133.
  5. Au sens grec ou romain : dont on ne comprend pas la langue.
  6. David W. Chapman, Ancient Jewish and Christian Perceptions of Crucifixion, Mohr Siebeck, , p. 101.
  7. Martin Hengel, La Crucifixion dans l'Antiquité et la folie du message de la Croix, Cerf, , p. 36.
  8. Tite-Live, Histoire romaine [détail des éditions] [lire en ligne], XXII, 33, 2.
  9. Gerald O'Collins (en), « Crucifixion », Anchor Bible Dictionary, Volume 1, 1992, p. 1207–1208.
  10. Martin Hengel, La Crucifixion dans l'Antiquité et la folie du message de la Croix, Cerf, , p. 72-84.
  11. Si dans le film de Stanley Kubrick, Spartacus est crucifié, le vrai Spartacus meurt en combattant. Plutarque, Vie de Crassus, XI, 10 et Florus, Histoire du peuple romain, II, 14.
  12. Lex Libitina Puteolana de la fin du Ier siècle av. J.-C. Cité par Charlier, p. 144.
  13. Flavius Josèphe Guerre des Juifs 1, 97s.
  14. Flavius Josèphe, Antiquités juives 17, 295.
  15. Sozomène, Histoire ecclésiastique, I, 8 ; Aurelius Victor, XLI, 4.
  16. Jacques de Landsberg, L'art en croix. Le thème de la crucifixion dans l'histoire de l'art, Renaissance Du Livre, , p. 6.
  17. C'est-à-dire réservé à l'origine aux esclaves, puis étendu à tous les étrangers non libres de l'Empire romain, coupables de crimes : fuite (pour les esclaves), brigandage, sédition, etc. Les citoyens romains, avaient droit, quant à eux, à la peine honorable de la décapitation ; il leur était même accordé le droit de se suicider, et ainsi avoir leurs dispositions testamentaires respectées. Les affranchis, en revanche, perdaient leur statut du fait de leur crime, redevenaient esclaves, et partant, subissaient le même sort que ceux-ci.
  18. Qui a donné le mot français « patibulaire », c'est-à-dire « qui mérite de porter une croix ».
  19. Quinte-Curce, VII, 11, 28.
  20. Plutarque et [[Artémidore (homonymie)|]][Qui ?] parlent de cette coutume dans divers endroits.
  21. Voir par exemple Plaute, Miles gloriosus.
  22. Charlier, p. 144.
  23. a, b et c Charlier, p. 146.
  24. (en) Matthew W Maslen et Piers D Mitchell, « Medical theories on the cause of death in crucifixion », Journal of the Royal Society of Medicine, vol. 99, no 4,‎ , p. 185 (DOI 10.1258/jrsm.99.4.185)
  25. John Scotson Medical theories on the cause of death in crucifixion Journal of the Royal Society of Medicine, Aug 2006.[1]
  26. William Stroud, 1847, Treatise on the Physical Death of Jesus Christ London: Hamilton and Adams
  27. William Seymour, 2003, The Cross in Tradition, History and Art ISBN 0-7661-4527-1
  28. Columbia University. Page de Pierre Barbet sur la Crucifixion
  29. (en)Schéma de crucifié avec inhalation passive et exhalation active
  30. (en) Frederick T. Zugibe, The Crucifixion of Jesus: A Forensic Inquiry, Rowman & Littlefield, , p. 107
  31. The Search for the Physical Cause of Christ's Death BYU Studies
  32. The Physical Death Of Jesus Christ, Study by The Mayo Clinic qui citent des études de Bucklin R (The legal and medical aspects of the trial and death of Christ. Sci Law 1970; 10:14-26), Mikulicz-Radeeki FV (The chest wound in the crucified Christ. Med News 1966;14:30-40), Davis CT (The crucifixion of Jesus: The passion of Christ from a medical point of view. Ariz Med 1965;22:183-187), and Barbet P (A Doctor at Calvary: The Passion of Out Lord Jesus Christ as Described by a Surgeon, Earl of Wicklow (trans) Garden City, NY, Doubleday Image Books 1953, p. 12-18 37-147, 159-175, 187-208).
  33. a et b Petra Schmidt, Capital Punishment in Japan, éd. Brill, 2002, p. 13, extrait en ligne.
  34. (en) Charles Alexander Moore et Aldyth V. Morris, The Japanese mind: essentials of Japanese philosophy and culture, University of Hawaii (Honolulu), University of Hawaii Press, (ISBN 9780824800772, OCLC 10329518, lire en ligne), p. 145.
  35. Dani Botsman, Punishment and Power in the Making of Modern Japan, éd. Princeton University Press, 2007, p. 17 extrait en ligne.
  36. Dani Botsman, Punishment and Power in the Making of Modern Japan, éd. Princeton University Press, 2007 extraits en ligne.
  37. Coran 7:124.
  38. Coran 12:41.
  39. BBC News | ASIA-PACIFIC | In pictures: Philippines crucifixions.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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