Islam en Belgique

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Islam en Belgique
Description de cette image, également commentée ci-après
Religion Islam
Pays Belgique
Population musulmane 781 887 musulmans (2016)

Voir aussi

Islam par pays

Mosquée Yunus Emre à Genk (communauté turque)

La pratique de l'islam en Belgique est relativement nouvelle et est plus particulièrement observée dans les communautés d'immigrations belges. C'est la deuxième religion la plus répandue en Belgique après le christianisme

Suivant l'étude démographique du sociologue Jan Hertogen, publiée le [1], la Belgique compte alors 781 887 musulmans, soit 7 % de la population[2].

Histoire et contexte[modifier | modifier le code]

En 2012, la grande majorité des musulmans en Belgique est originaire du Maroc (plus de 450 000 personnes avec leurs descendants) et de la Turquie (220 000 individus)[3]. dont la plupart sont venus comme travailleurs immigrés à partir des années 1960. Les lois Jean Gol (1984, d'application le ) facilitant l'acquisition de la nationalité belge par un regroupement des différentes options (naissances, mariages…) et accordant automatiquement la nationalité par filiation maternelle transformeront l'immigration de travail en immigration de peuplement.

Pour Pierre Vermeren, qui parle de « désastre », l'expérience de l'immigration marocaine explique la particularité de l'islam en Belgique. Venant pour leur plus grande partie du Rif marocain, la religion de ces fidèles serait caractérisée par une « hostilité viscérale au régime marocain et à son islam » et, de fait, verserait plus facilement dans « le salafisme voire le chiisme, en rupture complète » avec l'islam des autorités marocaines[4].

La grande mosquée de Bruxelles est en grande partie liée à l’implantation de l’islam en Belgique[5]. Elle conférait principalement à ce moment, en plus de son rôle de célébrations religieuses, un lieu de rassemblement pour les personnes issues de l’immigration de pays musulmans. Les pratiquants de ce culte y trouvaient un regroupement de personnes de la même ethnie avec qui ils pouvaient forger des liens[6]. Aujourd’hui, dans les quartiers Nord et Nord-Ouest de la capitale, figure la majorité de la population musulmane de Bruxelles[7].

La Belgique fut le premier pays d’Europe à reconnaître l'islam par l'inscription du culte dans la loi du modifiant la loi du sur le temporel des cultes[8]. La conséquence immédiate fut l’organisation de cours de religion musulmane dans les écoles publiques, dont la prise en charge était organisée par le CIC (Centre Islamique et Culturel), organe de chef de culte informel abrité dans la grande mosquée. À la suite des problèmes rencontrés dus à la complexité du culte islamique, un Commissariat royal à la Politique des immigrés (CRPI) fut créé et c’est dans son premier rapport de 1989 qu’une élection fut jugée indispensable. En parallèle le CIC avait également mis en place une procédure électorale pour la création d’un Conseil supérieur des musulmans de Belgique. C'est à ce moment que de nombreuses controverses firent surface, le gouvernement et le CRPI considérant le scrutin du CIC comme nul, tandis que l’imam-directeur du CIC estimait que l’État n’avait pas à se mêler des affaires religieuses comme indiquées dans la Constitution belge. Bien que les élections du CIC se poursuivirent, le gouvernement décida de créer un Conseil provisoire des sages pour l’organisation du culte islamique de Belgique, invitant les membres du CIC à y siéger, mais ceux-ci refusèrent et maintinrent leur propre procédure électorale. Une fois élu, ce Conseil supérieur des musulmans ne fut pas reconnu par le gouvernement belge et il déchargea le CIC de certaines de ses prérogatives.

Toutefois, le Conseil provisoire des sages n’étant pas un organe de chef de culte, il représentait davantage les piliers belges que la diversité musulmane du pays[9]. Ce n’est qu’en 1994 que la situation fini par sortir de l’impasse avec la création de l’Exécutif des musulmans de Belgique (EMB). Cet organe provisoire, composé d’aucun représentant religieux, suscita de vives critiques de la communauté musulmane[10]. En 1998, l’EMB proposa une assemblée de 68 membres, qui seraient définis par quatre catégories : Marocains, Turcs, Belges et autres, avec comme objectif de considérer l’EMB comme l’organe de chef de culte[11].

En 2017, la Wallonie compte 140 mosquées, soit environ deux fois plus qu'en 2007. La progression du nombre de lieux de culte serait semblable à Bruxelles et en Flandre[12].

En 2020, les subventions allouées par l'État fédéral belge aux imams représentent trois millions d'euros par an[13]. De surcroît, l'Exécutif des musulmans de Belgique reçoit du gouvernement fédéral belge entre 500 000 et un million d'euros par an[14].

Démographie[modifier | modifier le code]

Mosquée Al-Amal à Anderlecht (communauté marocaine)
Mosquée Mimar Sinan de Cheratte (communauté turque)
Mosquée Hatice de Charleroi-Broucheterre (communauté turque)

La communauté musulmane belge est largement urbaine et réside principalement dans la Région de Bruxelles-Capitale. Ainsi, suivant l'étude de Hertogen de , 23,6 % des Bruxellois sont musulmans[2], avec de grandes disparités entre les communes : si l'on dénombre une proportion de 49,3 % à Saint-Josse, de 41,2 % à Molenbeek-Saint-Jean ou encore de 38,5 % à Schaerbeek, des communes affichent des proportions de moins de 12 % à l'instar de Berchem-Sainte-Agathe (11 %), Ganshoren (10,7 %) et Uccle (6 %)[réf. nécessaire].

Dans son ouvrage L’iris et le croissant (2011), le sociologue Felice Dassetto avance des chiffres semblables et affirme qu’un quart des Bruxellois serait d’origine musulmane, « soit entre 250 000 et 300 000 personnes, dont une moitié de pratiquants »[15].

La Flandre et la Région wallonne affichent, les deux, des moyennes de 4 % de musulmans, avec des concentrations dans les agglomérations comme Anvers qui avec 81 933 personnes représentant 17,1 % de la population accueille la première communauté musulmane de Belgique[réf. nécessaire]. En chiffres absolus, après Anvers, on dénombre les plus importantes communautés du pays à Schaerbeek (45 781), Bruxelles (44 599), Molenbeek-Saint-Jean (34 083), Gand (29 926), Liège (28 341), Anderlecht (27 227) et Charleroi (25 962)[réf. nécessaire].

La moitié de la communauté turque habite en Flandre[16]. Les villes les plus influencées par la communauté turque sont, à part Bruxelles, les villes néerlandophones d'Anvers, de Gand et de Genk[17].

Les centres de la communauté marocaine sont situés à Bruxelles et en Wallonie francophone, particulièrement dans les villes industrielles comme Liège et Charleroi.

La proportion de musulmans dans l'ensemble de la Belgique est passée, en 4 ans, de 6,3 % à 7 % de la population belge[2].

Le sociologue Jan Hertogen a réalisé des études en 2011, 2013 et 2015 dont les principaux résultats sont indiqués dans les tableaux ci-dessous :

Pourcentage de musulmans par région[18]
Région 2011 2013 2015
Drapeau de la Région de Bruxelles-Capitale Région de Bruxelles-Capitale 22,4 % 22,6 % 23,6 %
Drapeau de la Région flamande Région flamande 4,5 % 4,7 % 5,1 %
Drapeau de la Région wallonne Région wallonne 4,4 % 4,5 % 4,9 %
Drapeau de la Belgique Belgique 6,3 % 6,5 % 7,0 %
Pourcentage de musulmans dans quelques communes[18]
Commune 2011 2013 2015
Anderlecht 27,6 % 28,6 % 30,2 %
Anvers 16,7 % 17,5 % 18,8 %
Bruges 1,2 % 1,6 % 1,8 %
Charleroi 14,3 % 15,2 % 16,3 %
Molenbeek-Saint-Jean 39,1 % 38,5 % 41,2 %
Saint-Josse-ten-Noode 47,0 % 43,7 % 45,0 %
Schaerbeek 37,2 % 37,1 % 37,3 %
Ville de Bruxelles 29,3 % 29,8 % 31,0 %

Projections[modifier | modifier le code]

D'après les extrapolations de Jan Hertogen, corroborées par une étude du Pew Forum of Religion and Public Life menée en 2011, la Belgique pourrait compter 1 149 000 de musulmans en 2030, représentant alors 10,2 % de la population[19]. Cependant des chercheurs comme Felice Dassetto récusent la pertinence de cette approche quantitative accusée de « souleve[r] un épouvantail démographique » en réduisant tout individu d’origine musulmane à des « religieux », en ignorant les indifférents, les agnostiques et autres athées[20].

Lieu de culte[modifier | modifier le code]

Il existe près de 328 mosquées recensées en Belgique[21]. Les villes de Bruxelles et d'Anvers totalisent près de 40 % des lieux de prière du pays. Voir la Liste de mosquées de Belgique.

Reconnaissance[modifier | modifier le code]

Jusqu'en 2017, seules 81 mosquées ont réussi à obtenir une reconnaissance officielle des autorités, ce qui leur donne accès à d'éventuels subsides pour financer leurs activités. Cependant, les mosquées non reconnues font état de difficultés procédurales qui peuvent durer des années avant d'aboutir à une reconnaissance.

La plupart des établissements agissent sous la forme juridique d'ASBL[22].

La mosquée qui est reconnue devient un lieu public. Avec la reconnaissance, la mosquée passe alors sous le contrôle et la tutelle de l’Exécutif des musulmans de Belgique. La surveillance devient beaucoup plus facile. Cela permet aussi d’avoir une liste bien détaillée de tous les fidèles qui fréquentent la mosquée, avec leurs coordonnées. Ce qui est une obligation ministérielle[23].

Histoire[modifier | modifier le code]

L'histoire des mosquées en Belgique reste assez méconnue. En 1978, la transformation du pavillon oriental au parc du Cinquantenaire est aboutie grâce aux financements de l'Arabie Saoudite[24], et la plus grande mosquée en Belgique était inaugurée. Cependant, elle n'est plus la plus grande mosquée de Belgique depuis les transformations de la mosquée al Khalil, située à Molenbeek. Et, bien qu'il s'agisse de la première mosquée reconnue en tant que telle, il ne s'agit pas du premier lieu de culte musulman dans le pays.

Déjà en 1968, un groupe de pionniers de l'immigration marocaine en Belgique (Mohamed Nekkach, Ahmed Diyani, Ahmed Msawri, Le feqih El Asri, Si hamadi, Ahmed El Hayek, Abdeslam Sghiar, Mohamed El Himdi) faisait l'acquisition d'un local à la chaussée de Jette (Koekelberg) pour 100 francs par mois afin d'établir un premier lieu de culte pour les musulmans vivant à Bruxelles. À cette époque, la mosquée a enregistré une affluence d'une centaine de personnes une semaine après son ouverture. Cette mosquée était financée par les fidèles par des cotisations à hauteur de 100 francs (environ 2,48 euros). Ces rentrées d'argent servaient à financer les fidèles qui se proposent pour diriger les prières (les imams), et servaient également à financer l'ensemble des activités d'entretien, etc.

La première mosquée du pays (deux maisons au centre), vue depuis la rue Sainte-Marie, sa précédente localisation.

Ce lieu de culte a ensuite déménagé à la rue de l'école à Molenbeek-Saint-Jean, puis a déménagé à la rue Sainte-Marie, et pour finir il s'est établi définitivement au boulevard de Nieuport 8 1000 Bruxelles en 1971. La mosquée porte actuellement le nom de Mosquée Hamza, et n'a pu obtenir une reconnaissance officielle que depuis une dizaine d'années.

Diyanet[modifier | modifier le code]

À Bruxelles, près la moitié des mosquées turques sont des mosquées de la Diyanet, gérées par le Directorat turc des Affaires religieuses, une institution liée à l’État turc. Depuis 1982, la gestion et la coordination pour la Belgique est assurée par la fondation religieuse islamique Belçika Turk Islam Diyanet Vakfı (B.T.I.D.V.). Le personnel religieux de ces mosquées est perméable à l'infiltration d'éléments proches des mouvements nationalistes turcs. Pris isolément, ils peuvent volontiers se prononcer pour un islam politique et surtout pour un pouvoir autoritaire. Les positions idéologiques courantes dans ces mosquées officielles sont naturellement pro-gouvernementales et finalement assez proches de celles des organisations immigrées nationalistes[25].

En juillet 2021, le ministre flamand des Affaires intérieures et administratives, de l'Intégration et de l'Égalité des chances Bart Somers travaille sur un nouveau décret interdisant les financements des religions depuis l'étranger. Il déclare : « Il n'est pas possible que le régime d'Erdogan essaie de s'emparer des Flamands par le biais des mosquées. » Lors d'une audition au Parlement flamand, Mehmet Üstün, président de l'Exécutif des musulmans de Belgique (EMB), s'est plaint et a demandé au moins une période de transition, ce que le ministre a refusé[26].

Financement[modifier | modifier le code]

L'observatoire des religions et de la laïcité, rapportait en 2012, que le culte islamique bénéficiait de 2,1 % des financements destinés aux différents cultes par l'État belge, contre 85,8 % destinés au culte catholique et 8 % pour la laïcité[27].

Les mosquées sont généralement financées par les fidèles qui contribuent avec des dons allant de quelques euros, à quelques milliers d'euros pour les plus fortunés.

Influence extérieure et salafisme[modifier | modifier le code]

Établir un diagnostic qui définirait s'il existe ou non une influence extérieure dans les mosquées belges reste un exercice assez difficile. Par définition, une mosquée est un lieu de culte islamique, universel et qui est défini dans la religion islamique comme étant « La maison de Dieu ». Par conséquent, la sacralité du lieu et son caractère universel interdisent, par principe, l'exclusion d'individus qui porteraient des opinions contraires au consensus. Donc, à moins que la présence d'individus présente un risque immédiat et réel pour l'ordre public, tout le monde peut assister et/ou participer aux prières (même non musulmans). Ce qui fait qu'il n'est pas rare que des personnes de courants philosophiques contradictoires se croisent le vendredi à la mosquée sans que la croyance de l'un trouble celle de l'autre.

Partant du postulat qui établit l'universalité des mosquées, seuls les lieux de cultes ouverts Au public sont à prendre en compte dans toute analyse qui vise à déceler la présence ou non de courants religieux se réclamant du salafisme.

Pour commencer, le salafisme se définit comme étant une doctrine prônant le retour aux valeurs fondamentales de l'islam.

Au-delà de cette définition, il n'existe pas d'outils intellectuels, ou de caractéristiques propres qui permettraient de définir où commence le salafisme et où il se termine.

Ce problème se complique davantage quand on évoque le concept de « Mosquée Salafiste ». Une tentative de mettre en lumière ce concept aboutit à deux éventualités :

  1. Il s'agit d'une mosquée dirigée par des personnes se réclamant du salafisme.
  2. Ou d'une mosquée prêchant le salafisme.

Il n'existe pas, à présent de chiffres ou d'éléments statistiquement crédibles qui fourniraient un nombre précis, qui nous indiqueraient la proportion de mosquées dirigées par des salafistes, surtout qu'on ne sait pas précisément ce que c'est le salafisme et ce qu'il n'est pas.

Pour la seconde possibilité, le problème subsiste alors dans les contours de ce que serait un discours salafiste et ce qui ne serait pas. D'autant plus qu'il n'existe pas non plus de chiffres établissant le nombre d'établissements concernés.

Répartition des mosquées en Belgique[modifier | modifier le code]

Nombre de mosquées par localisation
Localisation Nombre
Anvers 55
Brabant-Wallon 5
Brabant-Flamand 11
Bruxelles-Capitale 77
Hainaut 36
Liège 33
Limbourg 40
Luxembourg 3
Namur 4
Flandre occidentale 37
Flandre orientale 7
Autres 20

Attentat contre une mosquée d'Anderlecht[modifier | modifier le code]

En mars 2012, une mosquée chiite est victime d'une attaque par un individu motivé par la situation en Syrie. L'imam, d'origine marocaine, mais qui a étudié pendant sept ans la théologie chiite dans une université en Iran, décède à la suite de l'incendie criminel[28]. Azzedine Laghmish, du centre culturel chiite incendié témoigne à la RTBF : « Une dizaine de fidèles attendaient pour la prière et une personne est rentrée avec un sac. Dedans, il y avait une bonbonne d'essence qu'il a jetée au centre de la salle. Une des personnes l'a attrapé (l'auteur, NDLR) et on a découvert qu'il y avait une hache dans le sac. Le feu a pris rapidement. L'imam de la mosquée a essayé d'étouffer le feu, il s'est retrouvé isolé dans une pièce et a été intoxiqué »[29]. L'auteur Rachid El Boukhari, un Marocain de 35 ans, était arrivé illégalement du Maroc en Italie en 2007. Il se rend deux ans plus tard à Bruxelles, où il reçoit un ordre de quitter le territoire. Il vit de petits boulots, notamment de la vente de légumes. Rachid El Boukhari se présente comme un « sunnite ». Très peu pratiquant, il regardait par contre beaucoup la chaîne de télévision Al Jazeera[30]. Il avait expliqué son geste comme une vengeance à l'encontre des musulmans chiites, responsables, selon lui, de crimes envers des musulmans sunnites en Syrie. Il a été condamné à 27 ans de prison[31]

Impact politique et social[modifier | modifier le code]

Avec plus de 200 associations, l’islam serait, selon Dassetto, « après le soccer [football], la réalité organisée la plus mobilisatrice à Bruxelles. Plus que l’Église catholique, plus que les partis politiques, plus que les syndicats. »[15]

Perception[modifier | modifier le code]

À la suite d'un sondage effectué par l'institut Ipsos en 2014[32], il apparaît que les Belges sont, avec les Français, parmi les occidentaux qui sur-évaluent le plus le nombre de musulmans et d'étrangers dans leur pays : les Belges interrogés estiment que la population serait composée de 29 % de musulmans, ce qui représente une perception éloignée de près de 23 % supérieure à la réalité[33].

Selon un sondage publié en , 74 % des personnes sondées considèrent que l'islam n'est pas une religion tolérante et 43 % d'entre eux pensent qu'être Belge et musulman n'est pas compatible. Parmi les musulmans qui ont été sondés, 70 % des personnes interrogées se sentent toujours perçues comme des étrangers, malgré leur nationalité belge. 60 % d'entre eux estiment que l’islam est « trop attaqué »[34].

Formation des imams[modifier | modifier le code]

Selon le quotidien Le Monde, une des particularités de l'islam en Belgique serait qu'en grande partie des imams seraient formés en Arabie saoudite, les autres viendraient des pays d’origine des populations immigrées, formant ainsi des mosquées « marocaines », « turques »[35].

Partis politiques[modifier | modifier le code]

Chiisme en Belgique[modifier | modifier le code]

Personnalités politiques chiites[modifier | modifier le code]

  • Dyab Abou Jahjah, militant politique proche du Hezbollah
  • Redouane Ahrouch, Lhoucine Aït Jeddig et Abdelhay Bakkali Tahiri, du parti ISLAM
  • Isabelle Praile, ancienne vice-présidente de l'Exécutif des musulmans de Belgique. Elle y représentait les chiites et les convertis de Belgique[36]. Très engagée au niveau communautaire chiite, Praile est la figure la plus médiatique du chiisme belge[37].

Lieux de cultes chiites[modifier | modifier le code]

  • Mosquée Rida (Centre Culturel et islamique Imam Reda en référence à Ali ar-Rida), fondée en 1994, à Anderlecht, rue Docteur Meersman, principal lieu de culte chiite en Belgique (Grande Mosquée chiite belge, avec école, bibliothèque et librairie)
  • Mosquée Ar-Rahman (ou Arrahmane ; chiites marocains), située également à Anderlecht, rue Georges Moreau, dans le même quartier (Cureghem)
  • Mosquée Al-Hadi, située dans le même quartier que les deux premières, rue de l'Instruction, a fermé au début des années 2010.
  • Mosquée Jaafarya (chiites pakistanais), rue de la Colonne et rue Van Male de Ghorain (deux entrées) à Molenbeek
  • Mosquée El Hassan (chiites irakiens), rue d'Enghien à Molenbeek
  • Mosquée Al-Houda (chiites turcs), rue de Moorslede à Laeken (À noter qu'une mosquée de Somaliens sunnites a porté le même nom à Molenbeek, mais a fermé vers 2016.)

Frères musulmans en Belgique[modifier | modifier le code]

Les Frères musulmans sont devenus en Belgique des acteurs de premier plan depuis les années 1980, grâce à leur dynamisme et leur capacité d'organisation[38].

  • Mosquée al Khalil, la plus grande de Belgique, qui abrite la Ligue d’Entraide Islamique et plusieurs écoles. C'est dans cette mosquée qu'ont été formés la plupart des prédicateurs bruxellois influents, comme Adil al-Jattari.
  • Complexe Éducatif et Culturel Islamique de Verviers qui dirige la mosquée Assahaba, la plus grande de Wallonie[39],[40]. Elle organise des cours de langue arabe, une école de devoirs, des activités sportives et de formations, des conférences, des animations, une librairie etc.[41] L'islamologue Michaël Privot y a été élu en 2004 au Conseil d’Administration, avec fonction de trésorier. Il en devient secrétaire adjoint en 2007[42],[43].
  • Yacob Mahi, enseignant de religion islamique d'origine marocaine, intellectuellement et spirituellement proche de Tariq Ramadan[44],[45]. Très médiatique, Mahi s'est fait connaître par le biais de polémiques[46] et par une condamnation pour faits de mœurs et de violence physique sur des élèves[47].

Terrorisme[modifier | modifier le code]

  • Ligue des musulmans de Belgique (LMB)[48] qui a notamment organisé les Foires musulmanes de Bruxelles et créé, en septembre 2016, la LMB Scout Bruxelles.

La Ligue des musulmans de Belgique (LMB), dont les membres sont d'origine marocaine, est listée depuis 2014 comme une organisation terroriste par les Émirats Arabes Unis[49],[50],[51].

Mouridisme en Belgique[modifier | modifier le code]

Tabligh en Belgique[modifier | modifier le code]

  • Mosquée Al Imrane, rue des Osiers à Molenbeek

Salafisme en Belgique[modifier | modifier le code]

  • Markaz Al-Forqane (cours pour enfants et adultes, conférences, bibliothèque et librairie), rue de Menin à Molenbeek
  • Mosquée Assalam (unique mosquée salafi en Belgique), cité du Festinoy à Ghlin (banlieue de Mons[53],[54])

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Migratieachtergrond in mijn gemeente: % per nationaliteit. Voor elke nationaliteit, EU, continent… een gemeentekaart, l'étude de Jan Hertogen sur laquelle se basent ces chiffres.
  2. a b et c Riccardo Guiterrez, « 781.887 musulmans vivent en Belgique: découvrez la carte, commune par commune », sudinfo,‎ , p. 7 (lire en ligne).
  3. (nl) « Verkiezingen 2012 eigen-wijs », sur www.npdata.be
  4. Comment la Belgique est devenue le sanctuaire du désastre, Pierre Vermeren, lefigaro.fr, 16 novembre 2015
  5. MANÇO U. (sous la direction de), Voix et voies musulmanes de Belgique, Bruxelles, Publications des Facultés universitaires Saint-Louis, 2000, p. 17-23.
  6. Torrekens 2009, p. 151-152.
  7. Torrekens 2009, p. 145.
  8. Loi du 19 juillet 1974 modifiant la loi sur le temporel des cultes du 4 mars 1870, M.B., 29 juillet 1974.
  9. SSägesser et Torrekens 2008, p. 7-15.
  10. Sägesser et Torrekens 2008, p. 80.
  11. Sägesser et Torrekens 2008, p. 15-18.
  12. « La Wallonie compte 140 mosquées : deux fois plus qu’il y a 10 ans »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), bruxelles.lacapitale.be, 29 juillet 2017
  13. Françoise De Halleux ; L'islam en Belgique, en chiffres. Plus de 200 mosquées toujours pas reconnues, La Capitale, 9 décembre 2020, page 11
  14. Marie-Cécile Royen, « Islam : comment la Belgique est devenue un modèle », sur Le Vif/L'Express, (consulté le )
  15. a et b Bruxelles est aussi une ville musulmane, lactualite.com, 24 mars 2016
  16. (en) Jan Blommaert et Jef Verschueren, Debating Diversity : Analysing the Discourse of Tolerance, Routledge, (ISBN 0-415-19138-6).
  17. (en) Christina Moutsou, « Merging European Boundaries: A Stroll in Brussels », dans Jaro Stacul et Helen Moutsou, Kopnina, Crossing European Boundaries: Beyond Conventional Geographical Categories, Berghahn Books, (ISBN 1-84545-150-3).
  18. a et b (nl)Moslims in België per gemeente 2011, 2013, 2015 par Jan Hertogen
  19. (en) The Future Global Muslim Population : Projections for 2010-2030, Pew Research Center, (lire en ligne), p. 15, 124.
  20. Riccardo Guiterrez, « Bruxelles, musulmane en 2030 ? », Le Soir,‎ , p. 12 (lire en ligne).
  21. « Les mosquées en Belgique », sur www.lavigerie.org (consulté le ).
  22. « Selon l'OCAM, "un nombre croissant de mosquées sont sous l'emprise du wahhabisme" en Belgique », lalibre.be,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  23. « La reconnaissance de deux nouvelles mosquées à Verviers permettra plus de contrôle : On en a marre d’avoir des radicaux ici », sur Sudinfo.be, (consulté le )
  24. Grande mosquée de Bruxelles
  25. Ural Manço, Des organisations socio-politiques comme solidarités islamiques dans l'immigration turque en Europe, Les Annales de l'Autre Islam, Institut national des langues et civilisations orientales, no 4, page 133, 1997
  26. (nl) Bruno Struys, « Minister Somers wil komende jaren opnieuw moskeeën erkennen, maar kunnen ze deze keer zonder buitenlands geld? », sur De Morgen, (consulté le )
  27. « Le financement réel des cultes en Belgique », sur o-re-la.org, (consulté le ).
  28. Ophélie Delarouzée et Hugues Dorzée, « L’imam chiite adulé devenu « martyr » », sur Le Soir, (consulté le ).
  29. RTBF, « Mosquée d'Anderlecht: le suspect se dit motivé par la situation en Syrie »,
  30. D.Ha., « Mosquée Rida: voici l’auteur de l’attentat », sur La DH, (consulté le ).
  31. Rachid El Boukhari avait mis le feu à la mosquée Rida à Anderlecht et causé la mort de l'imam: 27 ans de prison, rtl.be, 6 décembre 2014
  32. (en) Ipsos MORI, « Perils of Perception », sur http://fr.slideshare.net, .
  33. Perils of Perception cité par « Les Belges surestiment fortement le nombre de musulmans en Belgique », Le Soir,‎ (lire en ligne).
  34. Noir Jaune Blues: constat d'échec pour le vivre-ensemble en Belgique, rtbf.be, 9 janvier 2017
  35. A Molenbeek, « il est facile d’échapper à la police », lemonde.fr, 18 novembre 2015
  36. « Islam : la crise de légitimité de l’Exécutif des musulmans de Belgique exaspère les musulmans », sur Saphirnews (consulté le ).
  37. « Bienvenue chez les chiites* », sur Parlemento.com, (consulté le ).
  38. https://www.revuenouvelle.be/IMG/pdf/026-031_Mare_chal.pdf
  39. Michaël Bouche, « Pourquoi Verviers est un haut lieu de l'extrémisme en Belgique », sur 7sur7, (consulté le )
  40. Marie-Cecile Royen, « Pourquoi Verviers ? », sur levif.be, (consulté le ).
  41. Sous la direction de Corinne Torrekens (docteure en sciences politiques et sociales de l'Université libre de Bruxelles, spécialiste de l'intégration des musulmans), « Rapport de la recherche « Radicalisation » dans le cadre de la création du SAFER – Ville de Verviers ; L’impact des questions de terrorisme et de radicalisation sur le vivre-ensemble à Verviers », (consulté le ), p. 16
  42. Assmaâ Rakho Mom, « Houarria Fettah : première femme imam d'Europe », sur Saphirnews, (consulté le )
  43. Willy Wolsztajn, « Éteignez le projo sur Michaël Privot », sur Centre communautaire laïc juif, (consulté le )
  44. Ian Hamel, « Tariq Ramadan recrute un enseignant condamné dans une affaire de mœurs », sur Le Point, (consulté le )
  45. Jean Martin, « L'imam Sadek Charaf (1936-1993), une vocation : de l'aube d'une formation au crépuscule d'une prédication », sur Les cahiers de l'Islam (consulté le )
  46. Bosco d’Otreppe, « Yacob Mahi, une voix toujours critiquée (portrait) », sur La Libre Belgique, (consulté le )
  47. L’islamologue Yacob Mahi définitivement condamné, dhnet.be, 13 octobre 2021
  48. Marie-Cecile Royen, « Le Qatar et le Koweït financent la Ligue des musulmans de Belgique », sur levif.be, (consulté le ).
  49. « List of groups designated terrorist organisations by the UAE », sur The National (consulté le ).
  50. « La Ligue des musulmans de Belgique comparée à Al Qaeda par les Emirats », La Dernière Heure/Les Sports,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  51. Christophe Lamfalussy, « La Ligue des musulmans de Belgique jugée "terroriste" par les Emirats », sur La Libre Belgique (consulté le ).
  52. Montasser AlDe'emeh et Jan Lippens, « L'imam de la grande mosquée de Bruxelles : "Nous avons besoin d'un islam belge" », sur levif.be, (consulté le ).
  53. C.T., « Le premier prêche post-attentat à la mosquée de Ghlin », sur sudinfo.be, (consulté le ).
  54. « Quelle est la signification du terme As-Salafiyyah ? », sur blogspot.com (consulté le ).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]