Iblis

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Iblis[1] ou Shaytān[2] est, selon l'Islam, un djinn ayant refusé de se prosterner devant Adam par orgueil et ayant de ce fait été chassé du Paradis. Il aurait été tout d'abord élevé au Paradis, avec les Anges, pour le récompenser de son bienfait sur Terre[pas clair]. Iblis avait été dévoué à Dieu, été le meilleur parmi les meilleurs[réf. souhaitée]. Devoir se prosterner devant un être n'ayant pas fait ses preuves tel (Adam) était jugé par lui inacceptable. Il aurait donc refusé ouvertement d'obéir à Dieu.

Les Anges, eux, obéissent à Dieu et le louent sans s'en lasser. Ils furent créés uniquement pour cela et en conséquence désobéir à Dieu ne leur est pas faisable dans la vision musulmane (le christianisme considère au contraire Satan comme un ange à part entière séparé de Dieu bien avant la création de l'homme).

Iblis n'est donc pas considéré en islam comme un de leurs semblables mais un djinn doté d'un libre arbitre, comme les Humains, et aurait choisi en son âme et conscience de ne pas se prosterner devant Adam prétextant que, créé lui-même de feu sans fumée, il ne devait nulle déférence à Adam, juste constitué d'argile. Maudit par Dieu, Iblis est condamné pour l'Eternité à l'Enfer en dépit de son statut privilégié antérieur auprès du Seigneur.

Il a demandé, et obtenu de celui-ci, d'user de son existence - qui s'achèvera lors du Jugement dernier - pour égarer l'ensemble de l'Humanité.

Associé à l'orgueil et au mal il est alors progressivement assimilé à Satan, qui est son équivalent dans la culture chrétienne et occidentale, sans bénéficier du statut prométhéen qui est le sien dans la Genèse, où il offre à l'homme l'accès à la connaissance du bien et du mal[3].

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le mot Iblis prend ses origines du mot ablasa, qui signifie "désespérer". Iblis signifie donc "celui qui n'a plus d'espoir" (de se repentir dans ce cas).

Iblis dans le Coran[modifier | modifier le code]

« Et c’est là que Nous Dîmes aux anges الْمَلَائِكَةِ (al-mala’ikati) de se prosterner devant Adam, ce qu’ils firent, à l’exception d’Iblis qui refusa de le faire et s’enfla d’orgueil. Il se trouva alors du coté des mécréants[4],[5]. » En effet Iblis voyant que l'homme était fait d'argile et de glaise et que lui était fait de feu refusa de s'agenouiller devant la création d'Allah. Dieu lui ordonna donc de sortir du paradis. Iblis lui demande alors de lui accorder un délai jusqu'au Jugement Dernier pour qu'il puisse tenter les descendants d'Adam, afin de montrer à Dieu qu'ils étaient faibles. Dieu lui accorde cette requête, et promet l'enfer à ceux qui écouteront ses conseils en se détournant de la parole de Dieu mais lui dit aussi que ses vrais serviteurs ne le suivraient pas dans la voie du mal et de la dépravation.
« [Iblis] dit : “ ô mon Seigneur, donne-moi donc un délai jusqu'au jour où ils (les gens) seront ressuscités”. [Allah] dit : tu es de ceux à qui ce délai est accordé, jusqu'au jour de l'instant connu” [d'Allah]. Il dit : “Ô mon Seigneur, parce que Tu m'as induit en erreur, eh bien je leur enjoliverai la vie sur terre et les égarerai tous, à l'exception, parmi eux, de Tes serviteurs élus.” [Allah] dit : “Voici une voie droite [qui mène] vers Moi. Sur Mes serviteurs tu n'auras aucune autorité, excepté sur celui qui te suivra parmi les dévoyés. Et l'Enfer sera sûrement leur lieu de rendez-vous à tous." [6]. »

Shaytan (ou Iblis) est l'équivalent de Lucifer chez les chrétiens dans le christianisme. Toutefois, Lucifer est un archange, mais Iblis est un djinn.

De la nature d'Iblis[modifier | modifier le code]

La nature d'Iblis a fait l'objet d'une abondante littérature en islam. Pour s'en tenir au Coran, il est inclus sans qualification particulière quatre fois dans l'assemblée des anges invités à se prosterner devant Adam : S38[7]. En revanche, il est qualifié de "djinn"[8], et il lui serait fait allusion dans la S72, v. 4, no 40 intitulée post-Révélation "Les djinns" : "notre insensé". Il se dit lui-même créé du feu S7, v. 12 et S38, v. 76, les djinns étant créés avant l'homme "du feu des fournaises ardentes" : S15, v. 27, no 54. (Les anges créés de Lumière[9]. Il convient donc de distinguer Coran et interprétations : s'il est couramment admis qu'Iblis est le plus important des djinns, avant la création des hommes, Iblis par son adoration pure de Dieu a été récompensé et autorisé à assister à l'assemblée des anges. Après la création du premier homme Adem (Adam), Dieu ordonne à tous les anges de se prosterner, tous obéissent à l'exception d'Iblis rempli d'orgueil (Coran). Dieu dit dans le Coran "J'ai créé les hommes et les djinns pour qu'ils m'adorent. Les anges ne sont faits que pour nous servir et obéir a notre volonté". Donc lorsque Dieu demande à Iblis de se prosterner, ce dernier aurait dû le faire mais Dieu l'ayant créé pour servir un seul maître et Iblis obéissant à ses instincts et au premier ordre de Dieu qui était de ne servir que Lui, refuse en prétextant être fait de feu alors que l'homme était fait d'argile. L'homme a autre chose que de l'argile et de la glaise en lui car Dieu a dit : "je vais créer un homme fait d'argile et de glaise et je lui insufflerai un peu de moi même".(référence) Iblis n'étant pas le "maître du mal" mais son agent, il représente dans l'islam la part du mal dans l'homme c'est-à-dire pour être plus précis son inspirateur. Ainsi, selon la religion musulmane, Dieu a insufflé l'âme à la glaise pour en faire l'homme, et Iblis a tenté l'homme afin de lui insuffler sa part de mal.

« Tout bien qui t'atteint vient d'Allah, et tout mal qui t'atteint vient de toi-même[10]. »

L'homme a donc la possibilité de choisir entre le bien et le mal ; il possède son libre arbitre du fait que son âme vient de Dieu et le mal en lui du Chaïtan. Il possède alors la possibilité de lutter contre sa part de mal. Si le Chaïtan est un "tentateur", un "diviseur", il est surtout présent en chaque homme, ce qui donne un sens au mot Jihad, la lutte contre le mal en soi. Il est donc nécessaire à tout un chacun de trouver la voie qui est la meilleure.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. en arabe إبليس, au pluriel ابالسة abālisah
  2. en arabe شيطان, au pluriel شياطين shayāṭīn
  3. Bakounine analysera de ce côté prométhéen dans Dieu et l'État
  4. Malek Chebel, Le Coran : II. La Vache, 34, Fayard,‎ , 581 p. (ISBN 978-2-213-64747-0), p. 17.
  5. Le Coran, « La Vache », II, 34, (ar) البقرة
  6. Le Coran, « Hedjr », XV, 37-44, (ar) الحجر
  7. , v. 71 à 76, n°38 de la chronologie "orthodoxe"; S7, v. 11, n°39; S17, v. 61, n°50; S2, v 34, n°87"
  8. S18, v. 50, n° 69"
  9. Noor
  10. Le Coran, « Les Femmes », IV, 79, (ar) النساء

Annexes[modifier | modifier le code]

  • G. Basetti Sani, Il peccato di Iblis e degli angeli nel Corano, Iperbole, Palermo 1987
  • C. Saccone, Iblis, Il Satana del Terzo Testamento. Santità a perdizione nell'Islam. Letture coraniche II, Centro Essad Bey, Padova 2012 (Amazon, Kindle Edition)

Articles connexes[modifier | modifier le code]