Abou Bakr As-Siddiq

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Abou Bakr As-Siddiq
أبو بكر الصدّيق
L'empire du califat d'Abou Bakr à son apogée, 634.
L'empire du califat d'Abou Bakr à son apogée, 634.
Titre
Calife et Commandeur des croyants
Prédécesseur Mahomet
Successeur Omar ibn al-Khattâb
Biographie
Date de naissance v. 573
Lieu de naissance La Mecque, Péninsule Arabique
Date de décès
Lieu de décès Médine, Arabie
Père Othmân Abu Quhafa (en)
Mère Salma Oumm al-Khayr (en)
Enfants Abd ar-Rahmân (en)
Abdullah
Aïcha
Asmaa bint Abu Bakr
Mohammed (en)
Oumm Koulthoûm (en)
Résidence La Mecque et Médine

Abû Bakr As Siddîq (v. 573 - 23 août 634) de son vrai nom Abdu Llâh (ou 'Atîq) Ibn Abî Quhâfah (أبو بكر عتيق “الصديق” بن أبي قحافة)[1],[2], surnommé al-Siddîq (le Véridique)[3], est un compagnon du prophète Mahomet, devenu ensuite dirigeant religieux, politique et militaire. Il fut le successeur du prophète Muhammad et premier calife de l'islam, de l'an 10 à 12 après l'Hégire c'est-à-dire de 632 à 634 en datation grégorienne.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né à la Mecque, c'est un riche commerçant et aussi un membre éminent d'un des clans de la tribu Quraych[4].

Succession[modifier | modifier le code]

Selon la tradition sunnite, il fut le premier homme à embrasser l'islam[5] après la première femme de Mahomet, Khadija, et les deux fils adoptifs du Prophète.

Selon des sources chiites, ce serait Ali, le cousin du prophète qui vivait dans la maison du prophète, qui aurait le premier embrassé l'islam suivi de Zayd fils adoptif du prophète.

Lors de l'hégire, Abou Bakr était le seul à quitter, avec le prophète Mahomet, la Mecque pour s'installer à Médine. Dieu l'a cité dans le Coran, au cours de ce périple, dans le passage coranique signifiant [Le deuxième des deux, pendant qu'ils étaient dans la caverne, il dit à son compagnon: "n'aie crainte, Allah est avec nous"], ce message est clair et est adressé pour exprimer que Abou Bakr avait plutôt une crainte pour le messager de Dieu et non pour lui. Au cours de la maladie qui fut fatale pour l'envoyé de Dieu, ce dernier désigna Abû Bakr pour diriger les prières en son absence. À la mort du prophète Mahomet, Abû Bakr fut choisi pour lui succéder par les muhajirun et les Ansâr, au détriment de Ali et Abbâs (membres de la famille du prophète)[4], lors d'une élection organisée notamment par Omar ibn al-Khattâb[3]. Il devint donc le premier calife: khalîfat rasûl Allâh (successeur de l'envoyé de Dieu).

Califat[modifier | modifier le code]

Guerres de Ridda

En juin 632, Abu Bakr est élu calife (successeur du prophète Mahomet).

Selon Tabari, Abu Bakr aurait ordonné à ses soldats : " Evitez la trahison. Si vous faites du butin, ne dérobez rien. Si vous êtes victorieux, ne tuez ni les femmes ni les enfants sans armes. Ne détruisez rien, ne coupez pas les arbres fruitiers, n'égorgez pas le bétail, à l'exception de ce que vous mangez. Il y a en Syrie, des prêtres chrétiens qui ne cherchent querelle à personne. Ne les inquiétez pas et ne tuez aucun d'entre eux."[6]

À la suite de sa nomination s'élevèrent des mouvements de contestation chez les bédouins et se diffusa dans toute l'Arabie. C'est la période de la Grande Apostasie : ridda. Abû Bakr doit maîtriser les révoltes de tribus de Hedjaz et Nejd, la première rejetant l'islam et la seconde refusant de lui payer la zakat. La tribu des Banû Tamîm, menée par la prophétesse Sajah[7], et menaçant Médine, fut vaincue par le chef militaire Ikrima. La plus sérieuse opposition vint de Musaylima, membre des Banu Hanifa (en), vaincu par Khalid ibn al-Walid à la bataille d'Al-Yamâma[8],[4]

Après cette bataille au cours de laquelle près de 1 200 musulmans dont 39 grands compagnons et 70 maîtres-récitateurs du Coran perdirent la vie, `Omar incita Abû Bakr à envisager la préservation des versets révélés. C'est à Zayd ibn Thâbit qu'échut la tâche de compiler l'ensemble des versets en un seul livre. Ce livre, une fois achevé, fut gardé par Hafsa, une des épouses de Mahomet et fille de Omar ibn al-Khattâb.[réf. souhaitée]

Ayant établi sa suprématie, il entraîna ses généraux à la conquête de l'Arabie tout entière, et fut victorieux lors d'expéditions dans les territoires du nord et d'incursions en Mésopotamie et en Syrie (Bataille d'Ajnadayn, menée également par Khalid ibn al-Walid)[3].

Décès[modifier | modifier le code]

Abû Bakr mourut le 22 Joumada Al-Thani de l'an 13 du calendrier Hégire, ce qui correspond au 23 août 634[9] selon le calendrier Grégorien, à l'âge de 63 ans à la ville de Médine, de suite d'une maladie dont il ne put récupérer à cause de son grand âge. Peu avant, et après avoir consulté les compagnons proches et les influents, ils firent d'Omar son successeur.

Abû Bakr est enterré dans une chambre attenante à la « Mosquée du Prophète », Masjid al-Nabawi, à Médine, à droite de la tombe de Mahomet.

« Abou-Bekr avait exprimé le désir d'être enterré à côté du Prophète, de manière que sa tête fût à la hauteur des épaules de Mo'hammed. »

— d'après Tabarî, traduit par H. Zotenberg, La chroniques, histoires des Prophètes et des rois

Relations avec Mahomet[modifier | modifier le code]

Abû Bakr était le compagnon du Prophète depuis le début de la révélation jusqu'à sa mort. Ce dernier a pris maintes fois sa défense :

« N'allez-vous pas laisser tranquille mon compagnon ! N'allez-vous pas cesser, et laisser tranquille mon compagnon ! Lorsque je vous ai dit : " Ô peuple, je suis le Messager d'Allah auprès de vous ! Vous m'avez répondu : " Menteur !", sauf Abû Bakr qui, lui, m'a cru »

— rapporté par Abu ad-Darda'a al-Ansari dans le recueil Sahih al-Bukhari

« Quand j'ai invité les gens à embrasser l'islam, tous ont pris un temps de réflexion et d'hésitation, excepté Abû Bakr : il ne s'est pas retenu, et n'a pas hésité »

— Rapporté par Ibn Ishaq

« S'il m'avait été permis d'avoir pour ami intime quelqu'un d'autre que Allah, cela aurait été Abû Bakr. Seulement il est mon frère et mon compagnon »

— [réf. souhaitée].

Famille[modifier | modifier le code]

  • Père: 'Uthmân Ibn Amîr Abî Quhâfah
  • Mère: Umm Ul Khayr Salmah
    • Frère: Mu'taq
    • Frère: Utayq (présumé le plus jeune)
    • Frère: Quhâfah Ibn 'Uthmân
    • Sœur: Fadrah
    • Sœur: Qarîbah
    • Sœur: Ummu 'Âmir
    • Lui-même: 'Atîq (ou 'Abdu Llâh) (présumé l'aîné de la fratrie)
      • Épouse: Qutaylah Bint 'Abd Il 'Uzzah (dont il a divorcé)
        • Fille: Asmâ° Bint Abî Bakr
          • Petit-fils: 'Abdu Llâh Ibn Az Zubayr (qui serait le premier né des Muhâjirîn)
          • Petit-fils: 'Abdu Llâh Ibn 'Abd Ir Rahmân Ibn Abî Bakr
          • Petit-fils: Muhammad Ibn 'Abd Ir Rahmân Ibn Abî Bakr
          • Petit-fils: 'Urwah Ibn Az Zubayr
          • Petite-fille: Hafsah Bint 'Abd Ir Rahmân Ibn Abî Bakr
            • Arrière petit-fils: Hishâm Ibn 'Urwah
            • Arrière petit-fils: Abû Sulaymân Ibn Muhammad Ibn 'Abd Ir Rahmân Ibn Abî Bakr
            • Arrière petit-fils: Talhah Ibn 'Abdi Llâh Ibn 'Abd Ir Rahmân Ibn Abî Bakr
        • Fils: 'Abdu Llâh Ibn Abî Bakr
      • Épouse: Umm Rûmmân Bint 'Âmir Al Kinâniyyah
      • Épouse: Asmâ° Bint Umays al-Khath'amiyyah (d'abord épouse de Ja'far Ibn Abî Tâlib, puis après le décès de Abu Bakr, épouse de 'Alî Ibn Abî Tâlib)
        • Fils: Muhammad Ibn Abî Bakr
          • Petit-fils: Al Qâsim Ibn Muhammad Ibn Abî Bakr
            • Arrière petite-fille: Farwah Bint Al Qâsim
      • Épouse: Habîbah Bint Khârijah Al Khazrajiyyah
        • Fille: Umm Kulthum Bint Abî Bakr.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. arabe : abū bakr aṣ-ṣiddīq ben abī quḥāfa
  2. Une interprétation, généralement considérée comme erronée, consiste à donner au nom le sens de « père de la jeune fille pure » (bikr), dans la mesure où Aïcha était vierge quand Mahomet l'a épousée.
  3. a, b et c Janine Sourdel et Dominique Sourdel, Dictionnaire historique de l'islam, Paris, Presses Universitaires de France, coll. « Quadrige - Dicos Poche », (ISBN 978-2130545361), « Abû Bakr 'Abd Allâh ibn Abi Quhâfa »
  4. a, b et c Philippe Sénac, Le monde musulman : des origines au XIe siècle, Armand Colin, coll. « Cursus », , 201 p. (ISBN 978-2-200-35353-7), p.29 à 31
  5. http://www.diploweb.com/forum/islam07092.htm
  6. Tabari, Les chroniques (tome II); Les Quatre premiers califes; Abu Bakr, Editions Actes Sud Sindbad, , 117 p., p 13
  7. Sajâh bint al-Hârith ben Suwayd at-Taghlibîya
  8. Al-Yamâma (arabe : al-yamāma, اليمامة), ville et région au centre de l'Arabie saoudite dans la région du Nadj, à 80 km au sud-est de Riyad.
  9. 22 jumada ath13 A-thani .H.

Articles connexes[modifier | modifier le code]