Islam en Malaisie

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L'article 3, paragraphe 1 de la constitution malaisienne stipule :

"L'islam est la religion de la Fédération; mais les autres religions peuvent être pratiquées en sécurité et en paix dans toutes les parties de la Fédération."

La Malaisie est un pays majoritairement musulman. L’islam y est vécu d'une manière assez répressive. Comme en témoigne l'interdiction, sous peine de sévères châtiments aux musulmans de changer de religion[1][2][3].

Histoire[modifier | modifier le code]

Jusqu'au début du XIXe siècle, l'actuelle Malaisie fait partie du même monde que l'archipel indonésien. La diffusion de l'islam s'y fait dans le cadre de réseaux marchands. Ce mode de diffusion avait déjà été le cas auparavant pour le bouddhisme et le vishnouisme[4].

Des marchands musulmans étrangers commerçaient avec l'Asie du Sud-Est insulaire et la Chine depuis des siècles. Ce sont surtout les sources étrangères, notamment chinoises mais aussi européennes, qui donnent des éléments permettant d'établir les jalons d'une histoire de la diffusion de l'islam en Asie du Sud-Est insulaire. On voit ainsi une diffusion à partir de Sumatra vers la péninsule Malaise, la cité-État de Malacca jouant un rôle fondamental.

Le contexte de cette diffusion est l'essor du commerce international entre d'une part, les Moluques productrices d'épices et la Chine et d'autre part, l'Inde et le Moyen-Orient. Ce commerce passe nécessairement par le détroit de Malacca. Situé au point le plus étroit de ce détroit, Malacca devient vite une escale obligée de ce commerce florissant, dominé par les marchands musulmans.

Comme pour l'archipel, on peut attribuer le succès de l'islam auprès des souverains et des classes dirigeantes des cités portuaires de la péninsule par plusieurs facteurs :

  • Nombre des marchands étrangers étaient liés à des confréries soufies, dont la spiritualité présentait un attrait et pouvait se couler dans les conceptions religieuses traditionnelles des habitants de l'archipel.
  • L'islam apportait une conception individualiste des rapports sociaux et la notion de protection des intérêts par le contrat, ce qui ne pouvait manquer de séduire les milieux marchands.
  • Religion prosélyte, l'islam encourageait les nouveaux musulmans à promouvoir leur foi.
  • Enfin, la menace que représentait l'expansionnisme portugais a favorisé l'émergence d'une conscience commune chez les souverains musulmans.

Les habitants de la péninsule deviennent en fait musulmans sans s’en rendre compte. Un indice est le mot adat, qui désigne la coutume et les traditions antérieures à l'arrivée de l'islam et distinctes de lui. Ce mot est d'origine arabe. On peut donc penser qu'à un moment, les gens aient éprouvé le besoin de nommer quelque chose qui était intrinsèque à leur existence et dont ils n'avaient pas conscience, et qu'ils n'aient pu le faire qu'avec un mot étranger.

« Jusqu'au XIVe siècle, les musulmans ne représentaient pas plus de 10 % de la population malaise. »

Jusque dans les années 1970, beaucoup de musulmans malais vivaient un islam libéral, comme les musulmans indonésiens. À cette période, une vague de raidissement de l’islam est apparue (suscitée par différents conflits sociaux et ethniques, liés aux partis Al-Arqam et au Islam Se-Malaysia), de sorte qu’aujourd'hui, la Malaisie vit dans un islam rigoureux. Les Malais, qui représentent 50,4 % de la population totale, sont quasiment tous musulmans. Environ 70 % des malaisiennes d’origine malaise portent le foulard. L’habit malais traditionnel, d’origine islamique, est également porté par beaucoup de Malais.

L'islam contemporain[modifier | modifier le code]

Actuellement, l’islam est la religion d'État, précisément le sunnisme d’école chaféite. Certains termes islamiques, comme le mot Allah, sont interdits aux non-musulmans à l’oral et à l’écrit, ce qui a créé une polémique[5]. En octobre 2013, la Cour d'appel malaisienne a validé l'interdiction par le gouvernement de l'usage du mot « Allah » par les non-musulmans, infirmant la décision de 2009 d'une Cour de première instance[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Apostasie en Malaisie: La vue masquée : (en) Apostasy in Malaysia: The hidden view http://asiapacific.anu.edu.au/, 10 novembre 2011
  2. Lina Joy: Permet de ne pas sauter à la polémique : (en) Lina Joy: Lets not leap to polemics http://www.malaysiakini.com/, 31 mai 2007
  3. Menaces de mort contre Lina Joy, luttant pour sa vie et la liberté religieuse : (en) Death threats against Lina Joy, fighting for her life and religious freedom http://www.asianews.it/, 28 aout 2006
  4. Pierre-Yves Manguin, "Southeast Sumatra in Protohistoric and Srivijaya Times: Upstream-Downstream Relations and the Settlement of the Peneplain", From Distant Tales: Archaeology and Ethnohistory in the Highlands of Sumatra (Dominik Bonatz, John Miksic, J. David Neidel et Mai Lin Tjoa-Bonatz éds.), Cambridge Scholars Publishing, Newcastle upon Tyne (2009), p. 438
  5. Le magazine catholique Herald avait utilisé le mot Allah pour parler de Dieu : (en) Non-Muslims not to use 35 Islamic terms: Diktat Zeenews.com, 1( janvier 2010
  6. (fr) « Malaisie : "Allah" interdit aux non-musulmans », Mathilde Tarif, Le Journal International, 26 octobre 2013

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]