Hamza (lettre)

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La hamza (en arabe هَمْزَة) est un signe de l'alphabet arabe qui note le « coup de glotte » [ʔ]. Bien que ce phonème fonctionne en arabe comme une consonne à part entière, et qu'elle serve en particulier de consonne radicale à de nombreuses racines, la hamza n'est pas considérée comme une lettre de cet alphabet. De ce fait, sa notation est atypique, mal stabilisée, et relativement complexe.

La hamza se présente le plus souvent avec un « support », et se comporte alors comme un diacritique ; mais est parfois écrite en ligne comme une lettre régulière. Les règles d'écritures de la hamza et de son support éventuel dépendent de la nature de la hamza, de sa place dans le mot, du vocalisme et de la syllabation.

Il existe deux types de hamza :

  1. la hamza stable, qui appartient à la structure consonantique du mot et se prononce toujours ;
  2. la hamza instable, attaque vocalique que l'on ne trouve qu'en début de mot, et qui ne se réalise comme un coup de glotte que si le mot en question est en début de phrase ou se trouve après une pause. Ailleurs dans l'énoncé, la hamza et sa voyelle ne se prononcent pas.

Historique[modifier | modifier le code]

Evolution du Aleph.

Valeurs variables du « coup de glotte »[modifier | modifier le code]

La hamza n'est pas considéré comme une lettre dans la doctrine classique ; et contrairement aux 28 lettres de l'alphabet arabe, elle n'a aucun équivalent dans aucun autre script sémitique. Elle n'a vu le jour que vers le VIIIe siècle. L'invention de ce nouveau graphème hamza est étroitement liée à une modification de la signification de la lettre alif, qui, au VIIIe siècle, a perdu son sens historique, pour devenir un signe de prolongation des voyelles.

Dans les alphabets sémitiques dérivés de l'alphabet araméen, le coup de glotte correspond normalement à la première lettre de l'alphabet, Aleph.

Mais l'arabe étant plus dépendant des voyelles que son modèle nabatéen[1], la nécessité d'indiquer celles-ci s'est fait très rapidement sentir. À cette fin, l'arabe utilisa les trois lettres alif, ya et waw comme signe de prolongation, pour indiquer respectivement les voyelles longues â, î et û. Ce rôle de signe de prolongation était déjà présent en nabatéen et en araméen[2].

Sur le plan phonétique, par ailleurs, le « coup de glotte » était plus ou moins marqué suivant les dialectes. Sa position de consonne faible entre deux voyelles se transformait souvent en une simple articulation entre ces voyelles, qui, suivant les couples de voyelles considérées, pouvait prendre la forme d'un allongement ou d'une semi-voyelle, se retrouvant alors transcrit par l'une des trois lettres alif, ya et waw. Dans ce contexte phonétique, le ya et le waw conservent également leur rôle de semi-consonne (valant respectivement y et w), mais le alif perd complètement son rôle de consonne, et ne sert plus que comme lettre de prolongation du a, qu'il soit ou non substitut du coup de glotte.

C'est dans ce contexte que l'alphabet arabe s'est fixé, et que les premières version du Coran ont été mises par écrit.[3] Dans cette notation, les trois lettres alif, ya et waw peuvent correspondre à un signe de prolongation d'une voyelle, ou à la trace d'un coup de glotte ; et le ya et le waw peuvent de plus avoir leur rôle originel de semi-consonne.

Cependant, si l'alphabet arabe a été fixé en référence à un dialecte sans coup de glotte, le dialecte de référence pour la transmission orale du Coran avait en revanche conservé le « coup de glotte » comme consonne à part entière. Il était donc nécessaire de préciser son emplacement aux endroits où il apparaissait. La hamza fut alors introduite comme signe diacritique, dérivée du ʿayn phonologiquement similaire, pour indiquer l'emplacement de ce coup de glotte, en complément aux trois lettres alif, ya et waw qui en avaient noté l'articulation. Ces trois lettres sont à présent conservées comme « support » ou « siège » de la hamza, mais sont en principe sans valeur phonétique.

Hésitations et tolérances modernes dans l'écriture[modifier | modifier le code]

Coran de 671 : des diacritiques ont été rajoutés sur une écriture koufique.

L'écriture de cette hamza a toujours été une difficulté, même en arabe classique, parce qu'elle était absente des premiers manuscrits coraniques, et parce qu'elle disparaît dans de nombreux environnements phonétiques[3].

De nos jours, les règles gouvernant le support de la hamza sont toujours en principe celles de l'arabe classique (et ses priorités « i, u, a, ø »), mais les académies ont introduit des tolérances nouvelles dans la pratique moderne[3]. En position initiale, la hamza (toujours supportée par un alif) tend à ne plus être qu'implicite, en particulier lorsqu'elle est mobile ; et quand elle est notée, l'est sans faire la différence entre l'initiale « '’i » (notée avec une hamza souscrite إ) et les autres (avec hamza suscrite أ).

L'arabe est réticent à écrire deux waw de suite ; et les académies acceptent que le support puisse être assez systématiquement[3] un ʾalif maqṣūra quand il doit être suivi d'un waw :

On écrira ainsi شُئُون (cu'ûn, chose, affaire, racine شءن) au lieu d'un régulier[4] mais inesthétique شُؤُون

De même, quand la hamza suit une voyelle longue de même support qu'elle, l'écriture moderne tend à l'écrire en ligne alors que cette forme n'existe pas dans l'écriture classique pour la hamza médiane.

On écrira ainsi دَءُوب (da‘ûb, travailler, racine دءب) au lieu d'un théorique[5] دَؤُوب

D'autre part, le support de la hamza tend à se lexicaliser : alors que ce support dépend théoriquement des voyelles environnantes, une hamza finale tend à rester invariable même lorsque le suffixe grammatical varie[3].

Variantes dans la prononciation[modifier | modifier le code]

Manuscrit koufique où la hamza a été rajoutée à l'encre verte.

La hamza marque à la base une articulation faible entre consonnes formant diérèse : le « coup de glotte » léger dans « i’u », semi-consonne sourde, fait la différence d’avec une liaison par semi-voyelle « iyu », qui apparaît nécessairement s’il n’y a pas de suspension de la vocalisation. Par ailleurs, en début de syllabe la hamza est une réattaque vocalique ; en fin de syllabe fermée elle se traduit par une légère emphase et un repos de la voix pendant l’aspiration[6].

La hamza marque fondamentalement une diérèse. C’est une semi-consonne neutre, qui peut disparaître quand il n’y a pas de rencontre entre deux voyelles, ou au contraire être renforcée par un W ou un Y lorsque l’articulation doit être plus marquée ou adoucie et est alors vocalisée. C'est cette transformation facile de la hamza en une voyelle longue qui a historiquement conduit à sa position particulière dans l'alphabet ; et cette transformation se fait encore sentir de nos jours.

En arabe moderne, la hamza en milieu de mot tend à se prononcer sans marquer l’arrêt vocalique ; et les supports ئ et ؤ se transforment en lettres de prolongation ya ي et waw و dès qu’ils sont précédés ou suivis d’une voyelle, à l’exception cependant de ئِ et ؤُ. C’est à cause de cette assimilation que les verbes à troisième radicale hamzée se confondent aussi assez souvent avec les verbes nommés proprement défectueux, c'est-à-dire, dont la dernière radicale est un ya ou un waw [6].

En particulier, les séquences de type « i’i » et « u’u » sont de fait équivalentes à « iyi » ou « uwu », qui ne se distingue pas des voyelles longues correspondantes. De même, si « a’a » est équivalent d’un « â » long, ceci peut expliquer qu’un « â » long devant une lettre redoublée par un teschdid s’écrit parfois avec un alif madda ( آ )[7], comme dans ضَآلُّونَ (ḍâllûn, errant), ce qui n’est plus une anomalie s’il est l’équivalent de ḍa-’al-lûn.

La hamza peut se rencontrer en position quiescente, en fin de syllabe. Dans ce cas, elle peut transformer la voyelle précédente en longue et supprime la hamza[8] La hamza ne portant pas de voyelle il n’y a dans ce cas pas de diérèse à faire, son effet principal est de transformer la syllabe précédente en syllabe longue. Le même effet peut être obtenu en remplaçant la hamza par une lettre de prolongation. On aura dans les deux cas la même « lettre faible », jouant soit le rôle de lettre de prolongation, soit celui de support de la hamza. Cette transformation est obligatoire dans les syllabes commençant et se terminant par une hamza. Dans ce cas, la deuxième hamza est supprimée de l’écriture pour ne laisser que la lettre de prolongation.

Formes écrites[modifier | modifier le code]

Forme de la hamza isolée.

La hamza peut s'écrire isolément, comme s'il s'agissait d'une lettre de l'alphabet arabe, ou sous forme de diacritique. Quelle que soit sa position, la hamza a toujours la même forme, et ne se lie ni devant ni derrière. En revanche, sa taille varie suivant qu'elle est en ligne ou sous forme de diacritique.

Lorsqu'elle est écrite en ligne, sans support, elle prend toujours la forme d'une lettre « isolée », et sa taille est comparable à celle des autres lettres :

تَفَاءَل (tafâ'al, optimiste, racine فءل).

On peut également rencontrer une hamza en position haute sans support propre. Cette hamza haute peut suivre une lettre qui prend alors une forme finale (ou isolée), mais qui peut également prendre une forme médiane (ou initiale) et se lier à la lettre qui suit la hamza, laquelle est dans ce cas écrite au-dessus de la liaison entre les deux lettres qui l'encadrent.[9]

هَتْـٔة (hay'at, forme extérieure, racine هيء).

En milieu de mot, la hamza est normalement portée par un alif, un waw ou un ya, s'accordant suivant les voyelles qui la précèdent et la suivent (l'ordre de priorité étant ya, waw, alif et absence de voyelle). Le ya homologue au i est en réalité sans points, un ʾalif maqṣūra. Ainsi, dans une écriture entièrement voyellée, les trois supports se présenteront ainsi :

  • Dans رَئِيس (ra'îs, le chef), la hamza est entre un a et un i (long), et est portée par un ʾalif maqṣūra : ئــئــئ ئ‬
  • Dans فُؤَاد (fu'âd, le cœur), elle est entre un u et un a (long), et est portée par un waw : ؤــؤــؤ ؤ
  • Dans رَأْس (ra's, la tête), elle est entre un a et une absence de voyelle, et est portée par un alif : أــأــأ أ

Noter dans ces exemples que le support et sa hamza reçoivent eux-mêmes normalement des diacritiques, traduisant la voyelle qui suit la hamza, et que cette voyelle peut elle-même recevoir une lettre de prolongation. Une exception majeure, toutefois, est que l'on ne fait jamais suivre deux alif l'un derrière l'autre. Un alif-hamza se prolonge par l'apparition du madda : c'est un signe en forme de tilde que l'on place au-dessus de l'alif, pour indiquer qu'il faut le prononcer comme une hamza ayant pour voyelle un "â" long. On aura ainsi :

قُرْآن (qur'ân , le Coran), où آ note la séquence 'â, donc à la fois la hamza (dont le support est dans cette position un alif), la voyelle a, et sa lettre alif de prolongation.

La hamza théoriquement supportée par un alif peut être portée par un lam-alif, notamment lorsque le support fait sa ligature avec le préfixe el défini :

الإِنْتِظَار (el-'intizâr, le parking — noter que la hamza reste considérée comme « en position initiale » derrière le el).

Une hamza peut se rencontrer sur d'autres lettres dans les écritures dérivées de l'alphabet arabe.

  • Dans l'alphabet perso-arabe, une hamza peut être supportée par un  : هٔــهٔــهٔ هٔ
  • Dans l'alphabet pachto, supportée par un Ḥā : ځــځــځ ځ
  • Dans l'alphabet khowar, supportée par un  : ݬــݬــݬ ݬ‬

Ecriture de la Hamza stable[modifier | modifier le code]

Il faut considérer sa place dans le mot graphique (et non dans le mot prononcé) : dans أَلسَّمَاءُ as-samāʾu, « le ciel (cas sujet défini) », hamza est la dernière lettre (et non le dernier phonème). En effet, le u final est la voyelle casuelle, qui n'est pas prononcée dans la conversation courante ; ce pourrait d'ailleurs être un tanwīn : سَمَاءٌ.

Hamza tahri à l'initiale[modifier | modifier le code]

  • Elle a toujours le support ʾalif et elle est toujours suivie d'une voyelle ; c'est un diacritique ;
  • elle se place au-dessous du ʾalif si la voyelle qui suit est /i/, long ou bref, que le texte soit vocalisé ou non : إِ et إ notent tous deux ʾi, comme dans le prénom ʾIbrāhīm, écrit إِبْرَاهِيم ou إبراهيم ;
  • elle se place au-dessus du ʾalif dans les autres cas : ʾa est noté أَ ou أ, tandis que ʾu est écrit أُ ou أ, par exemple ; ainsi أَنْتَ ou أنت ʾanta, « toi (masculin) » ; أُسْبُوع ou أسبوع ʾusbūʿ, « semaine » ; أَيْنَ ou أين ʾayna, « où », etc.

Hamza à la finale[modifier | modifier le code]

  • Son support varie selon le timbre de la voyelle qui précède ;
  • si c'est /a/, /i/ ou /o/ suivis de hamza, celle-ci est un diacritique et ses supports sont respectivement ʾalif, yāʾ hamza (sans points), wāw : مُبْتَدَأ mubtadaʾ, « commencement » ;
  • dans les autres cas (après sukūn, lettre d'allongement, etc.), hamza n'a pas de support et c'est une lettre (elle peut donc en théorie recevoir le sukūn) : شَيْء šayʾ, « chose » ; بَاْء bāʾ, « lettre B », ضَوْء ḍawʾ, « lumière » (avec sukūn : ضَوْءْ).

Hamza rafik au milieu du mot[modifier | modifier le code]

Lorsque la Hamza suit une voyelle longue ou une diphtongue (donc, doit être écrite derrière une lettre infirme ا, و, ي) :

  • Derrière un Yā, qu’il soit voyelle longue (-īʾ-) ou diphtongue (-ayʾ-), le support de la hamza est toujours un second Yā, sans points.
  • Derrière un Waw voyelle longue (-ūʾ-), la Hamza est toujours en ligne.
  • Derrière un Waw diphtongue (-awʾ-), la Hamza est en ligne, ou supportée par la voyelle suivante (sauf pour awʾū, cas où la Hamza est toujours en ligne : وْءُو et non وْؤُو).
  • Derrière un Alif long, si l’autre voyelle est un kesra ِـ long ou court, la Hamza est au-dessus d'un Yā ى sans point. Si l’autre voyelle est un dhamma ـُ court, la Hamza est au-dessus d'un Waw و. Dans les autres cas, la Hamza est en ligne.

Lorsque la Hamza suit une consonne, et sépare deux voyelles identiques ou différentes :

  • Si l’une ou l’autre voyelle est un kesra ِـ , la Hamza est au-dessus d'un Yā ى sans point (رئة / riʾa / poumon). ;
  • Sinon si l’une ou l’autre voyelle est un dhamma ُـ, la Hamza est au-dessus d'un Waw و (سؤال / suʾāl / question) ;
  • Sinon si les deux voyelles sont un fatha ـَ, la Hamza est au-dessus d'un Alif ا (سأل / saʾala / demander).

Si l’une ou l’autre des « voyelles » que sépare la hamza est un djezma ْ, la hamza prend donc pour support la lettre infirme associée à l’autre voyelle. (بئر / bi'r / puits, مؤمن / mu'min / confesseur, croyant, رأس / ra's / tête). Si la Hamza reste non-vocalisée (et que la suit donc une consonne), la voyelle avant la Hamza est décisive. Si la Hamza suit une consonne non vocalisée, la voyelle qui suit la Hamza est décisive selon le même principe.

Il faut prendre en compte la voyelle (ou l'absence de voyelle) qui précède la hamza (ici V¹) et celle qui la suit (V²) pour déterminer quel sera son support :

  • si V¹ est un ā et V² une fatḥa, la hamza n'a pas de support et prend la forme indépendante :
شَاءَ  šāʾa « il a voulu »
La Hamza s'écrit aussi dans la ligne (en-dehors de support) lorsque la dhamma ou la fatha de la Hamza (= voyelle après pause et accompagnée d'un léger "h" expiré et/ou coup de glotte) sont précédées (=V¹) par la lettre "Waw" sukūn.
  • dans les autres cas, il faut comparer V¹ et V² ; la hamza prendra comme support la consonne liées à la voyelle la plus forte, selon la hiérarchie [i] > [u] > [a] > sukūn :
    • ainsi, dans le cas où V¹ et V² sont [a] et sukūn, le support sera un ʾalif :
raʾs, « tête », رَأْس ([a] puis sukūn[10])
    • autre exemple :
حَقَائِب ḥaqāʾib, « valises » (support yāʾ hamza car [i] > [a])

Exception : مِائَة miʾa, « cent » (on attendrait مِئَة).

Hamza instable[modifier | modifier le code]

La hamza dite « instable » n'apparaît qu'à l'initiale ; elle représente toujours le son suivi d'une voyelle mais à la différence de la hamza stable, l'instable ne se manifeste que si le mot qui la porte est en début de phrase ou après une pause. Ailleurs, la hamza et sa voyelle sont élidées.

Cette hamza instable est portée par un ʾalif dit « prosthétique ».

Cette écriture est induite par la structure syllabique de l'arabe : une syllabe y est soit une syllabe ouverte (de la forme « consonne + voyelle »), soit une syllabe fermée (de la forme « consonne + voyelle + consonne »). De ce fait, un mot en début d'énoncé ou après une pause ne peut pas commencer par deux consonnes ; pour pouvoir prononcer deux consonnes, elles doivent nécessairement être précédées par une voyelle (de même qu'en français, espérer a ajouté une voyelle devant son origine sperare).

Mais comme dans la structure syllabique de l'arabe, une syllabe ne peut pas non plus commencer par une voyelle, on ajoute formellement une hamza qui sert de consonne artificielle, et permet de porter la voyelle initiale. Ce ʾalif et sa hamza traduisent dans ce cas une « attaque vocalique », c'est-à-dire le fait de débuter une énonciation par une voyelle.

Mots portant une hamza instable[modifier | modifier le code]

On trouvera donc une hamza instable dans deux cas :

  • Les mots commençant par deux consonnes, c'est-à-dire dont la première consonne ne porte pas de voyelle ; c'est le cas :
    • au début de certaines formes verbales : l'impératif de la première forme et des formes vii à x ; l'inaccompli des formes vii à x ;
    • pour certains mots d'origine étrangère comme istūdiyū.
  • Les mots commençant par une voyelle, c'est le cas :
    • au début de l'article ٱل, du pronom relatif, et du mot اَللّٰه Allāh, « Allah (Dieu) » ;
    • au début de certains noms, parmi lesquels ٱِبْن ʾibn, « fils » et ٱِسْم ʾism, « nom ».

Écriture de la Hamza instable à l'initiale[modifier | modifier le code]

Dans un texte vocalisé, on ne l'écrit pas au moyen de la lettre ou du diacritique hamza mais on garde le ʾalif de support seul, sans marque. Comme aucun mot ne commence par une voyelle, un ʾalif seul en début de mot dans un tel texte ne peut que porter une hamza instable et sa voyelle ; on peut aussi noter la voyelle sans la hamza, voire écrire les deux (plus rarement) : ʾal, « le, la », s'écrit le plus souvent ال, sinon اَل, et dans les ouvrages didactiques أَل (pour des raisons didactiques). La graphie اَل ne doit cependant pas faire penser que le mot se prononce al.

Comme la notation de la hamza instable est très flottante, on trouvera souvent de nombreuses orthographes pour un même mot.

Prononciation de la Hamza instable élidée[modifier | modifier le code]

La hamza instable ne servant qu'à marquer une syllabe-béquille aidant à la prononciation, il est normal qu'elle disparaisse ailleurs qu'en début d'énoncé, lorsqu'elle est précédée d'une voyelle.

Ailleurs qu'en début d'énoncé ou qu'après une pause, la hamza est élidée avec sa voyelle, puisque la syllabe prosthétique n'a plus lieu d'être. L'écriture, cependant, continue à la noter au moyen du ʾalif waṣla : ٱ, qui ne porte jamais de voyelle, puisque celle-ci est aussi amuïe. Ce diacritique est cependant rarement écrit, dans les faits.

  • Toute voyelle longue qui précède une hamza élidée est abrégée, sans que l'écriture ne le montre : فِي , « dans » suivi du syntagme الْفُنْدُق ʾal-funduq, « l'hôtel », s'écrit فِي ٱلْفُنْدُق, prononcé fi l-funduq alors qu'il est en réalité écrit fī ʾal-funduq. De manière plus courante, la graphie sera في ٱلفندق voire, encore plus couramment, في الفندق, sans waṣla.
  • Si le mot précédent se termine par une voyelle casuelle, celle-ci est maintenue et sert de liason : قُبَّعَةُ ٱلسَّيِّدَة, qubbaʿat-u s-sayyida, le chapeau de la dame, mais قُبَّعَةِ ٱلسَّيِّدَة, qubbaʿat-i s-sayyida, du chapeau de la dame.
  • Enfin, quand la lettre qui précède est une consonne fermant la syllabe (portant donc le sukūn) mais pas une consonne de prolongement, une voyelle de liaison est ajoutée. Elle est en général réalisée /i/, sauf dans quelques cas où elle est /u/ pour des raisons d'harmonisation vocalique, notamment après les désinences personnelles en /um/, ou /a/ après la préposition من. Exemples : كتبتِ البنت, katabat-i l-bint, "la jeune fille écrivit" ; عليكمُ السلام, `alaikum-u s-salâm, "[que] la paix [soit] sur vous" ; منَ النّاس, min-a n-nâs, "des hommes, parmi les hommes".

La hamza instable élidée peut même ne pas être écrite, quand plusieurs mots avec une telle hamza se suivent. Ainsi, la célèbre formule d'ouverture du Coran بِسْمِ ٱللَّهِ, bi-smi-llāhi « au nom de Dieu », s'analyse بِ bi (particule de serment) suivi de إِسْمِ ʾismi, « nom » (portant une hamza instable) puis de اَللّٰه « ʾAllāh », (aussi avec hamza instable). Les deux derniers mots débutant chacun par une hamza instable élidée, une seule est écrite, au moyen du ʾalif waṣla, celle pour ʾAllāh.

Position dans le dictionnaire[modifier | modifier le code]

Dans un dictionnaire arabe classique, les entrées sont triées par racines. Dans le cas où la hamza est une lettre radicale, il faut faire attention à ce que son support peut être variable, et apparaître dans l'écrit sous la forme de l'une ou l'autre des lettres faibles, ya, waw ou alif.

Conventionnellement, la hamza apparaît toujours comme un alif dans les têtes de section (alif-hamza), et occupe par conséquent le premier rang dans l'ordre alphabétique. Dans la recherche d'une racine hamzée, il faut donc remplacer le siège de la hamza par un alif, et le rechercher à cette position dans l'ordre alphabétique.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Histoire de l'écriture, James Février, Payot 1984, p. 269.
  2. The Encyclopaedia of Islam. New Edition. Band 3. 1971; S. 150–152
  3. a b c d et e Modern Written Arabic: A Comprehensive Grammar. El Said Badawi, Michael Carter, Adrian Gully. Routledge, 2015. ISBN 1317929837.
  4. Kazimirski, racine شءن.
  5. Kazimirski, racine دءب.
  6. a et b A grammar of the Arabic Language, W. Wright (1874), §132.
  7. A grammar of the Arabic Language, W. Wright (1874), §25.
  8. Grammaire arabe à l'usage des élèves de l'École Spéciale des Langues Orientales Vivantes. Antoine Isaac Silvestre de Sacy, Imprimerie Royale, 1831. §187.
  9. Cf Kazimirski , racine هيء.
  10. la hamza en question n'est pas suivie d'une voyelle : elle porte donc elle-même le sukūn

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]