Islam en Bulgarie

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La mosquée Bania Bachi, construite en 1576 par l'architecte ottoman Sinan.

Il y'a une très grande population de musulmans bulgares.

La population de confession musulmane de Bulgarie comprend surtout des bulgares,des Tatars de Dobroudja et des Bulgares musulmans : les Pomaques. Les deux premières communautés vivent principalement au nord-est de la Bulgarie, la troisième au sud, dans les Rhodopes. Il y a aussi des Roms musulmans : les Çingene, et des musulmans d'origine kurde, circassienne, syrienne, libanaise ou palestinienne en petit nombre. Selon un recensement officiel réalisé en 2011, la population compte 546 004 sunnites, 27 407 chiites, 3 728 autres musulmans[1].

Composition[modifier | modifier le code]

La majorité des musulmans bulgares, les Pomaques, sont de confession sunnite de rite hanafite, cette forme de l'islam avait été favorisée par l'Empire ottoman qui a occupé le pays pendant près de cinq siècles. Cependant, il existe aussi des branches comme les Bektachis : soufis considérés comme une branche du chiisme. Près de 84 000 personnes appartenant à ces communautés vivent dans la région de Razgrad, Sliven et Tutrakan (nord-est de Roussé). Ce sont principalement des descendants de Bulgares s'étant convertis à l'islam pendant l'époque ottomane apparemment principalement pour diverses raisons dont un intérêt pour un meilleur statut économique et social même s'il existe aussi des cas de conversions forcées[2]. Ils ont adopté l'alévisme en raison de sa tolérance envers les coutumes nationales et religieuses bulgares. Par exemple, certains maintiennent des pratiques orthodoxes comme la communion et le respect des saints. Cette intégration de coutume orthodoxe dans l'islam a provoqué l'émergence d'un syncrétisme qu'on ne trouve qu'en Bulgarie. Cette communauté reste fermée aux étrangers, et méfiante vis-à-vis des sunnites.

Selon des sources non officielles, les alévis représentent entre 18-20% et la population turcophone du pays, 13% selon les chiffres officiels.
Selon une enquête réalisée par Irène Mélikoff en 1985, le nombre d'alévis en Bulgarie est d'environ 90 à 100 000. Le recensement du 4 décembre 1992 dénombre 83 537 habitant qui se définissent comme alévis.
Ce chiffre est certainement sous-estimé dans la mesure où les qizilbash et les bektachi de Bulgarie ne se définissent pas en tant qu'alévi comme en Turquie.
La population alévie est concentrée dans les provinces de Razgrad, Ruse, Silistra et Sliven.

Édifices et communauté[modifier | modifier le code]

En 1987, les musulmans bulgares possédaient 1 287 mosquées où les fidèles étaient guidés par les khodzhai (ou hodja). La communauté musulmane de Bulgarie avait comme chef religieux un mufti, accompagné de huit autres régionaux, qui servaient pour une durée de cinq ans. La mosquée de Tombul, construite en 1744, est la plus grande du pays.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les musulmans ont été persécutés par le régime de Todor Jivkov. Cette persécution s'explique par le comportement de l'Église orthodoxe bulgare qui les considérait comme des étrangers alors qu'ils étaient pour la plupart ethniquement bulgares ou vivaient sur ces terres depuis le début des cinq siècles d'occupation ottomane commencée en 1396, voire davantage. Ensuite les régimes communistes ont déclaré l'islam contraire à l'idéologie communiste et aux traditions bulgares. Les Turcs vivant en Bulgarie ont également été persécutés par la méthode d'assimilation violente du gouvernement bulgare.

Avec la chute du régime communiste de Jivkov en 1989, les musulmans ont bénéficié d'une plus grande liberté religieuse. De nouvelles mosquées ont été construites dans beaucoup de villes et de villages. Certains villages pratiquent l'enseignement et l'apprentissage du Coran, ce qui était formellement interdit sous les communistes. Les musulmans ont également édité leur propre journal, Musulmani disponible en bulgare et en turc. Un parti politique, le Mouvement des droits et libertés (MDL) à l'origine créé pour défendre les intérêts de la minorité turque majoritairement musulmane, s'adresse désormais à toutes les minorités ethniques.

Notes et références[modifier | modifier le code]

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Islam in Bulgaria » (voir la liste des auteurs).

  1. http://censusresults.nsi.bg/Census/Reports/2/2/R10.aspx
  2. (en) Gabor Agoston et Bruce Masters, Encyclopedia of the Ottoman Empire, Infobase Publishing,‎ , 650 p. (ISBN 0816062595, lire en ligne), p. 101

Annexes[modifier | modifier le code]

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